Gabriel Fauré
né à Pamiers

 

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Maison natale de Gabriel Fauré

 

A Pamiers, Ariège, je me suis arrêtée rue Gabriel Péri, anciennement rue Major, devant la maison natale de Gabriel Fauré.

Pourquoi s'arrête-t-on devant la maison natale d'un artiste ?

Hormis la plaque commémorative, la façade du 17 rue Gabriel Péri n'a rien de particulier. Datées de la même époque, toutes les maisons de la rue présentent un air de famille. Je sais de plus que Gabriel Fauré n'a pas vécu dans cette maison, puisque dès sa naissance, en 1845, note Philippe Fauré-Fremiet, son fils, il fut envoyé en nourrice à Verniolle, près de Varilhes, puis, quelques années plus tard, rapatrié à Montgauzy, près de Foix, où Toussaint-Honoré Fauré, son père, avait été nommé en 1849 Directeur de l'Ecole Normale.

Toussaint-Honoré Fauré

Je m'arrête pourtant devant le n°17 de la rue Gabriel Péri afin de réaliser quelques clichés.

Il y a, me semble-t-il, dans la maison natale d'un artiste quelque chose de mystérieusement augural. Sous le couvert d'une façade ordinaire, l'oeuvre tourne silencieusement vers nous son visage limbique, ou comme in nuce. Je vois la maison natale, par effet de métonymie, comme une figure du possible, d'où, en vertu d'un postulat personnel, comme une taciturne préfiguration du futur. J'accumule ainsi des photographies du possible, comme d'autres accumulent des images pieuses dans leur livre de messe.

Gabriel Fauré, vers 1860

Il y a, sur un plan plus large, une sorte de correspondance entre le paysage natal, ses lointains, ses ciels, et le rêve qui nous anime, l'oeuvre, obscure ou brillante, que nous poursuivons.

Philippe Fauré-Fremiet évoque cette question dans le beau livre de souvenirs qu'il dédie en 1957 à son père.

Je n'ai jamais bien pris au sérieux les théories qui subordonnent rigoureusement le caractère des hommes au climat, mais je crois volontiers à de secrètes harmonies, à la vie spirituelle de la nature, à certaines attractions sympathiques qui font graviter les âmes à naître là où l'âme des choses leur est fraternelle. [...] L'Ariège, avec ses douceurs inconnues de la Grèce, sa lumière spiritualisée, est bien le pays où il devait naître. [...] La vision des sommets heureux fut pour lui comme un symbole. Passionnément épris de lumière, il n'a pas craint les détours les plus mélancoliques pour chercher la sérénité, la sérénité quasi surhumaine, la sérénité dans le ravissement.

Le Mont Vallier, vu depuis les Pujols, près de Pamiers

Evoquant tour à tour les voyages d'Ulysse et le canevas de Pénélope, les masques du jour et les moires de la nuit, Gabriel Fauré cultive dans son oeuvre une tension dialectique entre L'Horizon chimérique et la vision des sommets heureux.

A l'arrière-plan du second quatuor, les Pyrénées sont là-bas,debout, pâles, blanches, décolorées comme des fantômes et pourtant radieuses, comme dit Marie-Louise Escholier.

Dans l'andante du second quatuor que je me souviens avoir traduit, et presque involontairement, le souvenir bien lointain d'une sonnerie de clocher qui, le soir, à Montgauzy, tu vois si cela date de loin, nous arrivait d'un village appelé Cadirac, lorsque le vent soufflait de l'ouest.

Gabriel Fauré, Lettre du 11 septembre 1906

L'artiste fut autrefois, au coeur du paysage ariégeois, cet enfant à la sauterelle, dont Philippe Fauré-Fremiet fait revivre la lointaine silhouette.

Le vieux curé de Rieucros venait le chercher en carriole et l'emmenait passer deux ou trois jours dans sa cure. Un jour, on vit passer la Croix dans les champs, portée par un enfant de choeur. C'était Gabriel, âgé de cinq ans, qui procédait solennellement à l'inhumation d'une sauterelle.

Philippe Fauré-Fremiet souligne toutefois que jamais son père n'a songé à décrire musicalement sa terre natale.

J'ai dit combien ce paysage a marqué l'âme de mon père, quelle leçon de grâce, de grandeur et de confiance il y trouva - et la preuve que, jusque dans les choses visibles, toute la beauté du monde peut s'exprimer avec mesure.

Cependant, [...] il ne s'est pas intéressé au folklore. Peut-être, comme tous les hommes nés dans les pays du soleil [...], Gabriel Fauré s'est-il défié de l'Illusion.

Ce qui compte, c'est autre chose que la spatiale réalité du monde, autre chose qu'il est possible de percevoir et de retrouver pour peu que l'on dispose d'un magique pouvoir d'évocation, et ce pouvoir est justement la musique.

Philippe Fauré-Fremiet, Réflexions sur la confiance fauréenne

Le refus de l'Illusion induit chez Gabriel Fauré celui de la représentation pittoresque. Il se double toutefois d'une mystérieuse faculté d'abandon aux vibrations harmoniques qui peuplent la réalité, dans sa profondeur indicible.

Philippe Fauré-Fremiet parle magnifiquement de cette faculté d'abandon, i. e. de la confiance fauréenne. Conformément au sentiment de son père, il laisse la dite confiance sans pourquoi.

Du souvenir de la sonnerie de cloches qui, le soir, à Montgauzy, lui arrivait d'un village voisin, lorsque le vent soufflait de l'ouest, - souvenir qu'il se souvient d'avoir traduit, presque involontairement, dans l'Andante du Second Quatuor -, Gabriel Fauré dit seulement ceci :

Sur ce bourdonnement s'élève une rêverie qui, comme toutes les rêveries, serait littérairement intraduisible. Seulement n'est-il pas fréquent qu'un fait extérieur nous engourdisse ainsi dans un genre de pensées si imprécises qu'en réalité elles ne sont pas des pensées et qu'elles sont cependant quelque chose où on se complaît ? Désir de choses inexistantes peut-être...

Gabriel Fauré, vers 1889
Huile de John Singer Sargent
Paris, Musée de la musique

 

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte...

Op. 83 no.1 "Le ciel est, par-dessus le toit si bleu, si calme"

Texte de Paul Verlaine (1844-1896)
Musique de Gabriel Fauré, "Prison", Op. 83 no. 1, 1896

 

Bibliographie

Philippe Fauré-Frémiet, Gabriel Fauré, seconde édition, suivie de Notes sur la confiance fauréenne et de Note sur l'interprétation des oeuvres, éditions Albin Michel, 1957

Jean Dardigna, Gabriel FAURÉ, Pamiers et l'Ariège , Association
" Musiques au Pays de Gabriel Fauré "

Textes des poèmes qui ont inspiré les Mélodies de Gabriel Fauré

 

Iconographie :

Maison natale de Gabriel Fauré ; vue du Mont Vallier depuis Les Pujols : clichés personnels

Portraits de Toussaint-Honoré Fauré et de Gabriel Fauré :
The Classical Music Pages Quarterly
Classical Composers Database
Musique et Memoria
musicologie.org

 

Curiosa

Claudio Colombo, interprétation des Mélodies de Gabriel Fauré per 2 pianoforti, digital piano Yamaha P80, soundcard M-Audio Delta 1010LT
Format MP3
Téléchargement gratuit.

 

 

 

Juillet 2005