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Dessin, Le concombre masqué

Il y a dans le genre champêtre et/ou potager un charme naïf, une poésie tendre, qui souffrent l'humour. C'est rare. J'aime ce genre-là.

J'aime l'araignée et j'aime l'ortie, ... la vilaine bête, et la mauvaise herbe, dit le poète.

J'ai donc crié au loup - lequel n'est pas celui qu'on croit - lorsque je suis tombée sur un article du Monde, intitulé La mairie de Marseille n'aime pas les coquelicots et le genre champêtre (17 juin 2005), signé Michel Samson :

C'est un petit jardin carré de 23 mètres de côté, entre une tour de France Télécom et les docks où siège l'établissement public d'aménagement Euroméditerranée.

Pour la réalisation de ce square, Euromed' lance en 2002 un concours. Au jury, siègent la ville de Marseille, l'établissement public et des personnalités qualifiées. Sort victorieuse une équipe comprenant un architecte, Eric Dussol, un plasticien, Bernard Boyer, et un paysagiste, Remy Duthoit.

Dans la rigidité de ce carré, les trois décident de jouer la liberté d'herbes et de fleurs méditerranéennes qui poussent comme elles l'entendent. Hellébores de Corse, buddleias ou arbres à papillons, gattiliers, acanthes, fenouil, verveine de Buenos Aires, céanothes et cistes s'installent alors entre les dalles parallèles de calcaire blanc. Les coquelicots s'invitent et illuminent de leur rougeoiement le petit espace.

Coquelicots dans l'herbe, photo

En novembre 2004, la mairie prend possession du jardinet.

Dans les couloirs d'Euromed', un bruit court : le maire, président de l'établissement public, n'aime pas beaucoup ce jardin. Son adjointe aux espaces verts affirme aujourd'hui que "les mauvaises remontées de Marseillais qui avaient du mal à comprendre la symbolique de ce parc posaient problème".

Les graines continuent de pousser et des employés du coin d'y venir en casser une.

Le 1er juin, le service des espaces verts convoque les créateurs : l'entreprise chargée du jardin aurait du mal à entretenir les 529 mètres carrés. La surprise qui attend l'équipe est brutale : toutes les plantes du jardinet ont été arrachées, à l'exception de quelques ceanothes et de quelques cistes restés orphelins sur la terre brune.

Les paysagistes, en colère, alertent leurs amis.

Colère en retour du service des espaces verts , qui s'insurge qu'on mette "sur la place publique des petits problèmes qu'on va régler lundi prochain dans une réunion - qu'elle espère constructive". Selon la responsable , l'arrachage avait pour but de renforcer un peu l'arrosage et, "dans l'esprit d'origine, celui d'un jardin méditerranéen, de replanter des cistes et d'autres plantes". Quand on lui demande pourquoi avoir arraché si c'est pour replanter à l'identique, elle renvoie à la prochaine réunion.

Il y a plus clair que ses explications embarrassées : un courriel du secrétaire général de la mairie adressé en juin 2004 au service des espaces verts. On y lit : "Je vous confirme la demande du maire tendant à réaliser un nouvel aménagement d'espace vert sur le petit square (...). Le parti pris champêtre qui avait été choisi par l'architecte d'Euroméditerranée ne convient décidément pas, dans la mesure où le visiteur a la fâcheuse impression d'un espace non entretenu. Il s'agit donc de réaliser un petit jardin classique avec quelques plantations faciles à entretenir et, le cas échéant, quelques arbres".

Triste époque pour les coquelicots. Connaîtront-ils le sort des bleuets ? La mauvaise graine, celle des talus, est tenace toutefois.

Pendant ce temps, il y a des légumes qui sont à la fête. La lecture du Monde vaut celle de Point de Vue et Images du Monde, concernant les folles soirées du potiron.

Site du Sonar de Barcelone, photo

Dans l'article intitulé Arts numériques, trucages et pop électronique avec potiron à Barcelone (19 06 05), Stéphane Davet raconte comment, du 16 au 18 juin 2005, lors du Sonar de Barcelone, Festival international de la musique d'avant-garde et des arts multimédias, dans l'ensemble futuriste du CCCB (Centre de culture contemporaine de Barcelone) et du Macba (Musée d'art contemporain de Barcelone), dessiné par l'architecte Richard Meier, le Vegetable Orchestra montrait qu'avec des légumes pour seuls instruments (le son mat du potiron et de l'aubergine, celui plus sec de la branche de céleri ou des fanes de carottes) on pouvait reprendre un des titres fondateurs de la pop électronique (Radio Activity, de Kraftwerk) avec un navet évidé dans le rôle du compteur Geiger.

Peinture, toile d'Arcimboldo, portrait de Rodolphe II

Un orchestre de légumes ! Preuve que les légumes, les couleurs et les sons se répondent. Dans l'univers des synesthésies, le Vegetable Orchestra fait écho à Arcimboldo, tandis qu'au bal des Poireaux déjantés, le concombre masqué, - ce légume justicier, dixit Nikita Mandryka...

Image animée, le concombre masqué en mouvement

fait la nique au Légume Man de Topor...

Légume Man, image empruntée à la série télévisée

et au lapin, alias Captain Carrot, de Roy Thomas.

Captain Carrot, couverture d'un magazine de BD américain

 

Faites votre marché de musique potagère au Bhajis Garden , le paradis de la électronique. C'est en MP3. Réservé aux esthètes techno-herbivores, dont Voltaire eût été surpris qu'ils pussent exister, - lui qui, après réception du Discours sur l'origine de l'inégalité, adressait à Rousseau le compliment suivant :

J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain, et je vous en remercie. [...] On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage.

Quelques exemples de titres, disponibles sur Bhajis Garden : chipopo deadly carrot, coco atomic pistaches, symphony for the isotropic rabbit, etc.

A propos d'Antisthène, le cynique, Aristote dit que, pour ce qui est du naturel, cet homme est semblable à la plante (Métaphysique, 1006 a 14-15). Quoique sévère, l'hommage est dru. Il me plaît, en tout cas, de le prendre ainsi.

Le concombre masqué en mouvement

 

Crédits biblio- et iconographiques :

Le retour du Concombre

Victor Hugo, Les Contemplations, J'aime l'araignée et j'aime l'ortie

Les coquelicots, AFP/Mychele Daniau, in Le Monde, 17 06 05

Musée d'art contemporain de Barcelone

Topor, Légume Man , in la série télévisée TéléChat

Roy Thomas, Captain carrot, in DC Comics

Voltaire, Lettre à Rousseau

 

 

 

 

2005