« Fin de l'année 1657, en laquelle y a eu de baptisés huictante-sept, à ce comprins quatorze qui sont du faux coing, autremant appelés bastards ». Signé Davelha prêtre et vicaire. AD11. Carcassonne. Paroisse Saint Michel. Baptêmes. 1646-1658. Document 100NUM/AC69/GG30. Vue 148.
En numismatique, le mot « coing » [aujourd'hui coin] désigne la pièce d'acier trempé, gravée en creux, qui sert à frapper les pièces de monnaie et les médailles ; et le mot « faux coing », la pièce d'acier, faite à l'imitation du coin officiel, dont les faux-monnayeurs se servent pour frapper de la fausse monnaie.
De façon sexuellement très suggestive, Maître Davelha oppose ici la procréation ou la frappe des enfants légitimes, i.e. conçus dans le cadre du mariage, à la procréation des enfants bâtards, dont il assimile la frappe à celle de la fausse monnaie.
17 septembre 1669. Décès d'Antoine Espinasse. AD31. Avignonet-Lauragais. Baptêmes, mariages, sépultures. 1600-1674. Document 2 E IM 8900. Vue 128.
« Anthoine Espinasse le mesme jour environ les 10 heures de nuit, qui se déroba du lict où sa fame estoit, et se jetta dans la grande fontaine. Le lendemain ensepveli au mesme endroit que dessus. »
Faute d'autres éléments d'information, on se trouve confronté là au mystère d'une destinée dont on ne saura jamais rien. Telle que formulée, la rédaction de l'acte de décès semble absurde, mais elle donne à envisager des abîmes de solitude.
20 septembre 1669. Décès de M. de Castel. AD31. Avignonet-Lauragais. Baptêmes, mariages, sépultures. 1600-1674. Document 2 E IM 8900. Vue 128.
« M. de Castel, payeur des offices du Canal royal, obiit au logis de la Croix blanche le 20me septembre 1669. Ensepveli mesme jour. Il mourut environ six après minuit. »
Il pourrait s’agir ici du « Jean Castel, dont le nom se trouve mentionné aux Archives départementales de l'Aude dans la série C, répertoire numérique des sous-séries 1 C à 73 C. Diocèse civil de Carcassonne.
13 C 85-101. Comptes de recettes et de dépenses rendus par les syndics du diocèse, et pièces à l'appui. 1596-1764. Nº 90. Jean Castel : 1650-1652 et 1658-1659.
13 C 102-134. Comptes des receveurs des tailles et pièces à l'appui. 1574-178. Nº 117. Jean Castel, receveur ancien : 1636, 1639, 1642, 1648, 1654, 1663, 1666, 1669.
Ici, point d'absurde de la destinée. Le « receveur ancien », devenu « payeur des offices du Canal royal », est mort à la tâche à Avignonet. Le tronçon de Toulouse à Naurouze, sur lequel on construit alors l'écluse d'Encassan, sise sur le territoire de la communauté d'Avignonet, n'a été commencé qu'en 1667 et définitivement mis en service qu'à la fin de 1673. Le logis de la Croix d'or n'est sans doute pas pas la maison éclusière d'Encassan, dont on ne connaît pas la date exacte d'édification, mais plutôt l'auberge d'Avignonet dans laquelle M. de Castel s'est arrêté au cours d'un déplacement relatif à aux premiers travaux d'aménagement de ladite écluse d'Encassan.
Ci-dessus : vue de la maison éclusière d'Encassan aujourd'hui.
Je m'efforce de débrouiller, ces derniers temps, la foisonnante généalogie de la famille de Polastre.
Cette famille semble descendre pour partie de Pierre Polastre, dit le Vieux, marchand de Montmaur (Aude), bourgeois d'Avignonet-Lauragais (Haute-Garonne), sieur de Lourmarède, marié à Renée de Rigaud, fille de Balthazard de Rigaud (†1551/) et de Francoise de Pradines.
Les descendants de Pierre Polastre le Vieux ont tenu ou partagé en leur temps les seigneuries de Nogaret (Haute-Garonne) et d'Engarrevaques [aujourd'hui Garrevaques, Tarn), et encore celles de Peyrefitte-sur-l'Hers (Aude), et de Bélesta en Lauragais ()Haute-Garonne ; et ils ont donné plusieurs conseillers du Roi au Parlement de Toulouse, plusieurs présidents à la sénéchaussée du Lauragais, ainsi que plusieurs officiers dans les régiments royaux.
Au cours de mon enquête, qui se poursuit toujours, j'ai noté que Cécile de Polastre, fille de Grégoire de Polastre, président de la sénéchaussée du Lauragais, et de Jeanne d'Aymeric, a été la troisième et dernière épouse de Pierre Jean Fabre, dit Pierre Jean de Fabry, médecin alchimiste, qui a été célèbre en son temps.