Christine Belcikowski

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Vu par Georg Wilhelm Friedrich Hegel et par Michel Foucault, le Neveu de Rameau

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En la personne de Jean François Rameau, Hegel et Michel Foucault ne s'intéressent pas à l'homme historique, mais au personnage que Diderot met en scène dans Le Neveu de Rameau et qui s'y trouve désigné par le pronom « Lui ».

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À propos de François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix

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J'ai pu consulter dans une collection privée la correspondance que François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix, Ariège, a entretenue de 1787 à 1791, chaque fois qu'il séjournait dans sa famille à Toulouse, avec Pierre Paul Alard, son procureur fondé, par ailleurs receveur des décimes (1) du diocèse de Mirepoix. À cette correspondance s’ajoute celle qu’ont échangée dans le même temps Pierre Paul Alard et Antoine Darquier [de Pellepoix], receveur général du clergé de France pour la généralité de Toulouse, par ailleurs receveur des impositions de l'Élection de Lomagne. Cet ensemble de correspondances provient de la maison Lamarque, de Rieucros, Ariège (2). Pauline Alard, petit-fille de Pierre Paul Alard, a épousé Dominique Paul Lamarque, le 25 novembre 1856 à Pamiers. Le couple et sa descendance ont vécu ensuite à Rieucros.

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Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage

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Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Tiré des évangiles de Matthieu en 3:4 et de Marc en 1:6, ce verset a inspiré le Saint Jean Baptiste dans le désert de Jérôme Bosch.

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Jérôme Bosch. Saint Jean Baptiste dans le désert (~1489). Volet supérieur d’un retable d’autel. Musée Lázaro Galdiano, Madrid. Poésie de la méditation et mémoire de l'histoire des enfants de Dieu. Pour voir le tableau en grande résolution, cliquez ici, puis cliquez encore sur l'image ainsi obtenue.

I. Matthieu, chapitre 3, et Marc, chapitre 6

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Tiré du Nouveau Testament, le verset reproduit ci-dessus fait écho à ceux des chapitres 10, 12 et 16 du livre de l'Exode, dans l'Ancien Testament.

II. Exode, chapitre 10

12 Le Seigneur dit à Moïse : « Étends la main sur le pays d’Égypte pour que viennent les sauterelles ; qu’elles montent sur le pays d’Égypte et qu’elles dévorent toute l’herbe du pays, tout ce qu’a laissé la grêle. »
13 Moïse étendit son bâton sur le pays d’Égypte, et le Seigneur fit lever sur le pays un vent d’est qui souffla tout ce jour-là et toute la nuit. Au matin, le vent d’est avait amené les sauterelles.
14 Des nuées de sauterelles montèrent sur tout le pays d’Égypte et se posèrent sur l’ensemble du territoire. Jamais auparavant et jamais depuis lors, il n’y eut une telle masse de sauterelles.
15 Elles recouvrirent tout le pays, qui en fut obscurci. Elles dévorèrent toute l’herbe du pays et tous les fruits des arbres épargnés par la grêle ; il ne resta rien de vert ni sur les arbres ni dans les prairies, par tout le pays d’Égypte.
16 Pharaon se hâta d’appeler Moïse et Aaron, et leur dit : « J’ai péché contre le Seigneur votre Dieu, et contre vous.
17 Et maintenant, je t’en prie : une fois encore, enlève ma faute. Priez le Seigneur votre Dieu, pour qu’il écarte de moi cette mort. »
18 Moïse sortit de chez Pharaon et pria le Seigneur.
19 Le Seigneur changea le vent d’est en un très fort vent d’ouest qui emporta les sauterelles et les précipita dans la mer des Roseaux. Il ne resta plus une seule sauterelle sur tout le territoire d’Égypte.

III. Exode, chapitre 12

1 Dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
11 Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur.

Exode, chapitre 16

13 Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp.
14 Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.
15 Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » Qu’est-ce que c’est ? car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger.
31 La maison d’Israël donna à ce pain le nom de « manne ». C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel.

En guise de commentaire

On a les sauterelles qu'on mérite.
Il y a du miel dans la Création.

Chacun reste libre de se figurer ici à quoi pense ou rêve, dans le désert, le Saint Jean de Jérôme Bosch.

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Ce désert-là n'est point, au vrai, aussi désert que l'on s'y attendrait. Dans un paysage peuplé d'animaux qui pourrait être celui du matin du monde, tel qu'au cinquième jour de la Création, le doigt du saint pointe vers l'agneau qui voisine au premier plan du tableau avec une racine, de forme vaguement humaine, dont on voit qu'après avoir forcé son chemin dans la pierre, elle a donné naissance à une plante de grande taille, porteuse de fortes épines et de fruits étranges.

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Profondeur de l'espace, allégorie de la profondeur du temps. Il y a eu, dans ce paysage du matin du monde, un sixième jour déjà, puisque, figuré en aval des animaux, Jean le Baptiste l'habite là maintenant sous nos yeux. Et il y a eu, au terme de l'histoire de la Création, l'avénement de l'Agneau déjà, l'Agneau qui vient sauver le péché du monde.

Chacun reste libre de se demander ici s'il y a un rapport, et lequel ? entre le mode de vie qui est celui de Jean le Baptiste au désert, et les préconisations issues de l'école de pensée qui aiguise aujourd'hui la critique de l'anthropocène.

Charles Addams. Le Styx

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The River Styx. Cartoon for The New Yorker, published November 7, 1953, with their copyright stamps and notations on verso. Watercolor, ink and wash on board. 305x343 mm; 12x13 1/2 inches, on 15x19 1/4-inch board. Signed Chas Addams, [Charles Addams], in lower left image. Cf. Christine Belcikowski. Styx et contrainte magique du serment. Le sort de l’écrivain.

Analogies. Fontaines

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Ci-dessus, de gauche à droite : 1. Hubert Robert. L'abreuvoir (détail). 1804. Musée Cognacq-Jay. 2. À Mirepoix, vestige de la fontaine de la Nation, qui date de novembre 1790. Cf. Fontaines de Mirepoix – Fontaine de Rousset, fontaine de la Nation

« La poétique des ruines fait advenir le passé dans le présent. » (1), observe Charlotte Guichard dans La griffe du peintre. La poétique des ruines fournit ici comme ailleurs l'une de ces « images dialectiques » dont Walter Benjamin dit dans Paris Capitale du XXe siècle. Le livre des passages qu'elles sont « ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation », i.e. une image de ce qui advient sur le mode de la ruine à la fois comme survivance de l’Autrefois et comme avenir du Maintenant. (2)

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1. Charlotte Guichard. La griffe du peintre, p. 152. Seuil. 2018.

2. Cf. Christine Belcikowski. De Mirepoix à Pamiers, on change de pays – 3. Quand l’Autrefois rencontre le Maintenant, ou l’étincelle dialectique.

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