Christine Belcikowski

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La place des femmes dans le Panthéon Nadar

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Ci-dessus : le Panthéon Nadar. 1851.

Félix Tournachon (1820-1910), dit Nadar, illustre photographe, est aussi un grand caricaturiste. En 1851, il broche dans son Panthéon Nadar les portraits de 249 écrivains et journalistes de son temps.

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Le Panthéon Nadar comprend seulement 11 femmes. Le buste de George Sand (1804-1876), née Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, trône sur une colonne située au départ du cortège panthéonesque. Au pied de la colonne, on reconnaît Balzac, Chateaubriand, Frédéric Soulié, Victor Hugo, etc.

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Ci-dessus : 9 femmes sur un plateau.

Les bustes de 9 autres femmes constituent l'ornement du plateau que porte sur sa tête Ernest Legouvé (1807-1903), écrivain connu, entre autres, pour ses conférences sur les droits des femmes et son cours au Collège de France sur l'histoire morale des femmes (1847). Il publiera en 1864 La Femme en France au XIXe siècle, et en 1884 Une éducation de jeune fille.

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Ci-dessus : Elizabeth Harriet Beecher Stowe à côté d'Ernest Legouvé.

Le visage d'une autre femme encore figure en arrière-plan, à côté de celui d'Ernest Legouvé plateauphore. Il s'agit du visage de Madame H. Becker Stowe (1811-1896), auteur de La Case de l'oncle Tom et autres textes d'inspiration abolitionniste.

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Les bustes rassemblés sur le plateau d'Ernest Legouvé supporter des dames, sont ceux des femmes suivantes :

144. Mme Charles Reybaud (1802-1870), née Henriette Étiennette Fanny Arnaud, romancière.
145. Mme Amable Tastu (1798-1885), née Sabine Casimire Amable Voïart, poète, polygraphe.
146. Mme Desbordes Valmore (1786-1859), poète.
147. Comtesse d'Agoult (1805-1876), alias Daniel Stern, née Marie Catherine Sophie de Flavigny, romancière, historienne, essayiste.
148. Mme Anaïs Ségalas (1811-1893), née Anne Caroline Menard, poète, dramaturge, romancière.
149. Mme Louise Collet (1810-1876), née Louise Révoil de Servannes, romancière, historiographe, auteur d'une célèbre correspondance avec Gustave Flaubert.
150. Mme de Girardin (1804-1855), née Delphine Gay, alias Charles de Launay, romancière, dramaturge, journaliste.
151. Mme Clémence Robert (1797-1872), poète, auteur de romans historiques d'inspiration féministe et républicaine.
152. Mme Esquiros (1819-1886), née Adèle Julie Battanchon, poète, auteur d'autres textes représentatifs du romantisme socialiste, membre actif du Club des femmes et de la Société de l'éducation mutuelle des femmes en 1848, co-fondatrice, avec Eugénie Niboyet et Louise Colet, de La Voix des Femmes en 1848, puis de L'Opinion des Femmes en 1851.

Un beau plateau ! Mais pourquoi, hormis la correspondance de Louise Collet, qui nous renseigne, dit-on, sur le grand Flaubert, ne lit-on plus les œuvres des 9 auteurs, autrices, auteuses, supporté.e.s par l'incomparable et parfaitement oublié Ernest Legouvé ci-dessus ? Pourquoi ne les réédite-t-on pas ?

Lecteurs, lectrices, encore un effort ! On trouve la plupart de ces œuvres sur le site numérique de la BnF, Gallica.

Classé dans : Histoire Mots clés : aucun

De la nostalgie comme d'une soie qui luit

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Maintes fois, à l’heure des amis,
nous avons parlé de la nostalgie
comme d’une soie qui luit
quand on la déplie,
et qui crie ! criiie !
quand d’aventure,
pourquoi ? pourquoi ?
quelqu’un la déchire.

Qui a dit, méchant médicastre 1,
que la nostalgie est travers de l’âme,
qu’elle se mire dans un puits sans fond,
qu'elle risque d'y choir
et de finir là,
pourrissante comme feuille morte ?

Foin des médicastres !
Nostalgie n’est pas maladie.
Vois comme la soie luit
quand on la déplie.
Vois sur cette soie,
à l'heure des amis,
comme le passé brille
et comme il éclaire
le vif de l'heure qui vient
au regard des heures qui ont fui.
Un vaste et tendre apaisement.
C'est l'heure exquise...

Foin des médicastres !
D'où venons-nous ?
Où allons-nous ?
Nostalgie, ô déroulé d'une soie
dont la moire illustre, à l'heure des amis,
le vif d'un commencement qui demeure sans retour,
et qui se découvre,
aujourd'hui comme hier,
chaque fois commençant...

1. On doit au médecin alsacien Johannes Hofer, dans sa thèse secondaire intitulée Dissertatio curiosa medica, de nostalgia, vulgo : Heimwehe oder Heimsehnsucht, en 1688, la création du mot « nostalgie », à partir de deux mots grecs : νοστος , retour, et αλγος, algie. Johannes forge ce mot, dans une perspective strictement physio-pathologique, à propos du « mal du pays » dont souffrent les mercenaires suisses qui ont quitté leurs alpages pour servir en France ou en Italie.

Le retable de la chapelle Saint Jérôme à Ax-les-Thermes

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Ci-dessus : chapelle Saint Jérôme à Ax-les-Thermes circa 1900.

Édifiée à l'instigation de la confrérie des Pénitents bleus sous l'épiscopat de François de Caulet, évêque de Pamiers de 1644 à 1680, la chapelle Saint Jérôme date de 1670. Le maître autel et le retable qui le surmonte constituent un bel exemple du style baroque pyrénéen du XVIIe siècle. Placé contre le mur du chevet plat, le retable comprend, dans le cadre d'un triptyque rythmé par des pilastres en stuc imitant le marbre, un tableau représentant le Christ en croix, et, de part et d'autre de ce tableau, deux statues en bois doré, l'une représentant Saint Jérôme, et l'autre, Marie Madeleine.

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Ci-dessus : vue du maître autel et du retable aujourd'hui.

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Ci-dessus : armes de Pierre Marceillac, évêque de Pamiers de 1916 à 1947.

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Ci-dessus : Marie Madeleine pénitente, inspirée des classiques du temps.

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Ci-dessus : Tiziano Vecellio, dit le Titien. Madeleine repentante. Circa 1565.

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Ci-dessus : Saint Jérôme au désert. Œuvre inspirée des classiques du temps.

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Ci-dessus : Saint Jérôme au désert par Artus Wolffort (1581-1641). Lille. Musée des Beaux-Arts.

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Ci-dessus : Christ, d'après le Christ sur la Croix de Pierre Paul Prud'hon (1758-1823). « Le tableau représente le Christ en croix avec à ses pieds, le serpent et un crâne humain. L'arrière-plan de la composition est occupé par un paysage boisé et la vue de la ville de Jérusalem avec le temple. » (1)

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Ci-dessus : Pierre Paul Prud!hon. Le Christ sur la Croix. La Madeleine et la Vierge sont à ses pieds. 1822. Tableau commandé au peintre pour orner la cathédrale de Metz ; entré au Louvre en 1823 ; exposé au Salon de 1824.

« Ce tableau est l'une des œuvres religieuses les plus copiées au cours du XIXe siècle et ce, dès sa création : copie à l'église de Mâcon, saône-et-Loire ; copie commandée en 1842, exécutée par M. de Briges, don de Napoléon III à La Ferté-Alais, Essonne ; copie par Adèle Ferran, 1841, cathédrale de Toul, Meurthe-et-Moselle ; copies commandées vers 1847, église de Sancerre et église de Saint-Métréol-sous-Sancerre, Cher ; copie par Henner, 1854, église d’Altkirch, Haut-Rhin ; copie datée de 1855 par Frédéric Hierthès, tableau disparu, Le Roc, Lot ; copie donnée par Napoléon III vers 1860 à l'église Saint Génitour au Blanc, Indre ; copie par Astoin, 1861, église d’Orlu, Ariège ; copie sans date, cathédrale de Noyon, Oise ; copie par M. Auger, offerte par Napoléon III en 1866 à l'église du Mesnil Saint-Denis, Yvelines ; copie par Julian Rodolphe, offerte par Napoléon III en 1861 à l'église Saint-Martin-de-Seignanx, Landes, pour faire pendant à un tableau, aujourd'hui disparu, représentant saint Martin ; copie par Zoé Mouha, donnée par Napoléon III en 1853 à Saint-Rome de Tarn, Aveyron ; copie par Astoin à l'église de Camjac, Aveyron, 1862, œuvre disparue ; copie à l'église Saint Martin de Liorac-sur-Louyre, Dordogne ; copie à l'église Saint Priest de Vinon, Cher ; etc. » (2)

Sur la Base Palissy de l'Inventaire général du patrimoine, le tableau de la chapelle Saint Jérôme à Ax-les-Thermes se trouve attribué à Constantin Jean Marie Prévost (1796-1865), peintre de l'école toulousaine, exposant au Salon à partir de 1824 à 1845, professeur de dessin à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse, et conservateur du Musée des Augustins de 1835 à 1860. Toujours d'après la base Palissy, le Christ de Constantin Jean Marie Prévost a été commandé à l'artiste en 1839 pour la somme de 1500 francs, achevé en 1841, puis donné à la commune d'Ax-les-Thermes par l'État en 1875.

La mairie de Noueilles, dans la Haute-Garonne, abrite un Christ en croix hérité de l'église paroissiale Saint Pierre. Ce Christ en croix présente une assez grande ressemblance avec celui de la chapelle Saint Jérôme d'Ax-les-Thermes.

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Ci-dessus : Anonyme. Christ en croix, originaire de l'église paroissiale de Noueilles. « Au premier plan, sur un fond sombre, le Christ, déhanché vers la gauche, est cloué sur la croix. Du sang sort de ses blessures. Sa nudité est couverte par un périzonium. Souffrant, il lève la tête vers le ciel, mais paraît serein. Au pied de la croix, des amas rocheux évoquent la colline du Golgotha. L'arrière-plan gauche est occupé par une vue d'architecture qui semble être la ville de Jérusalem. Le ciel menaçant est transpercé par un éclair rouge. » (3)

« Cette œuvre est représentative des tableaux figurant le Christ en croix qui sont conservées dans les églises du canton de Montgiscard. D'autres compositions proches de celle-ci et provenant essentiellement de modèles issus de gravures, ont été recensées dans les églises Saint-André de Montgiscard, Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Donneville, Saint Saturnin d'Ayguesvives et dans Saint-Papoul de Odars. Réalisées à différentes époques (XVIIe-XVIIIe-XIXe siècle), ces œuvres, malgré quelques différences dans le traitement de la figure du Christ et dans celui de l'architecture, reprennent la même composition. » (4)

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Christ en croix, dessiné à la mine de plomb. XVIIIe siècle. Œuvre de Me R. [illisible], prêtre et peintre, curé de [illisible].

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Ci-dessus : inscription portée au bas du Christ de la chapelle Saint Jérôme à Ax-les-Thermes. On lit clairement "d'après Prud'hon", "1875". Mais on peine à déchiffrer la ligne au-dessus... D'autant qu'en 1875, il ne peut s'agir là de la signature de Constantin Jean Marie Prévost, puisque celui-ci est mort en 1865... À moins que la date de "1875" n'ait été rajoutée au moment du don par l'État. Mais l'écriture semble la même... Que faut-il en déduire ? Je sèche.

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Ci-dessus : vue de Jérusalem ; détail du Christ ci-dessus.

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Ci-dessus : inscription au bas du Christ de la chapelle Saint Jérôme.

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Ci-dessus : au dessus du grand Christ, dans les nuées d'où fusent des rayons, une grappe d'angelots.

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Ci-dessus : dans les nuées, un oculus verse un rai de lumière sur la nef. Mort, où es ta victoire ?

1. Inventaire général du patrimoine culturel. Tableau d'autel du retable du maître-autel : Christ en croix. Chapelle Saint Jérôme. Ax-les-Thermes. Ariège.

2. Cf. Atelier de restauration de Pauline Helou-de La Grandière

3.Cf. Inventaire général du patrimoine. Noueilles

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Le vent d'autan

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Le vent d’autan
qui chauffe le sang
fait ouvrir
grand sur la rue
portes et fenêtres.
Dans l’ombre d’une pièce
qui baille au nord,
table, chaises, bahut,
canapé, poste de TV,
se souviennent du temps,
just married,
la fièvre les tenait
du maintenant, c’est pour toujours !
Je passais au bord de la fenêtre,
et je les entendais s'animer
d'un frisson de feuilles mortes.
L'automne vient.
Un grillon se tient
à la porte de la maison.

Traduction de Pensar como una montaña par mon ami Juan Antonio Millón

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No has aprendido a pensar como una montaña
pero cuando no vas a la montaña
la montaña viene a ti.
Ella a solas se eleva,
avanza, se acrecienta
acrecienta, acrecienta,
y te lleva en su sombra,
más alto, más alto,
siempre más alto.
hasta ese cielo de pura gloria,
que es la razón de su alzada.
Así es como piensa la montaña.
Pero tú,
que no has aprendido a pensar como una montaña
no olvides que todo pensamiento viene de ti
bajo la forma de alzada.

Cf. Juan Antonio Millón. Sendas y divagaciones.

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