Christine Belcikowski

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Portes (Manses) au XVIIIe siècle

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Tiré du compoix de Portes de 1752, voici en plusieurs vues le plan 7 dudit compoix, correspondant au cœur du village. Celui-ci se trouve délimité alors au nord par le ruisseau de Liège, à l'est par un chemon de service, au sud par l'allée du seigneur, à l'ouest par le ruisseau de la Canal. Entrecoupées de quelques vues d'ensemble, les vues partielles réunies ci-dessous se suivent, au regard du plan, de gauche à droite en partant du bas.

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À propos de la famille et de la seigneurie de Plaigne

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Le 24 mars 1683, Anne de Ferroul, ou de Ferrouil, dame de Plaigne, veuve de Guy du Faur de Pibrac, et Michel du Faur de Pibrac, son fils, vendent la seigneurie de Plaigne à Pierre Hippolyte de Béon, seigneur marquis de Cazaux. En 1693, François Paul de Béon, chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de la Capelle Lieuvron et du temple de Bordeaux, grand prieur de Toulouse, oncle de Pierre Hippolyte de Béon, fonde au château de Plaigne, à l'intention de François Paul II de Béon, son petit-neveu, chevalier de Malte, la commanderie de Plaigne Béon Cazaux. Cf. Christine Belcikowski. Mystères dans l’histoire de la famille de Béon Cazaux et dans celle de la commanderie de Plaigne.

Le registre paroissial de Plaigne débute en 1737. Enregistré en 1693 et conservé dans le fonds de Malte des Archives municipales de Toulouse (1), l'inventaire des titres et archives de la commanderie de Plaigne Béon Cazaux fournit de façon éparse, concernant la famille et la seigneurie de Plaigne, nombre de renseignements difficiles à trouver ailleurs. Voici les noms, faits et dates qu'on peut y glaner, mêlés ci-dessous à d'autres renseignements moins directs, tirés de l'œuvre de quelques généalogistes de réputation fiable.

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De quelques culs-de-lampe et autres figures vus à l'église Saint Martin de Limoux

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Ci-dessus : enfermé dans une cage de verre ou de plexiglas, détail du reliquaire de Saint Martin.

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Ci-dessus : autre détail du reliquaire de Saint Martin. Ici-bas, ce qui reste des saints...

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Ci-dessus : fruit d'un don de la famille de Béon Cazaux, autel de la chapelle Saint Éloi dans laquelle, des années 1650 aux années 1720, ladite famille de Béon Cazaux a célébré baptêmes, mariages, funérailles, et où le corps de François Paul II de Béon Cazaux, commandeur de Plaigne depuis 1685 a été inhumé le 16 juin 1716 (1). Outre François II de Béon Cazaux, et peut-être Hippolyte de Bertrandy de Lévis Lomagne (2), on a inhumé ici le 20 mai 1685 Bernard II de Béon Cazaux (3) ; le 16 mai 1716, Magdeleine Loubens de Béon Cazaux (4) ; le 1er juin 1722, Marie de Béon Cazaux (5). Ce qui reste des enfants des familles puissantes...

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Ci-dessus : Saint Éloi continue de trôner en effigie au-dessus de l'autel et des dalles sous lesquelles reposent les corps de divers membres de la famille aujourd'hui éteinte de Béon Cazaux.

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1. 16 juin 171. Sépulture de François II de Béon Cazaux. Archives départementales de l'Aude. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG97 1715-1717. Vue 32.

2. Cf. Christine Belcikowski. Enquête sur la descendance de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy

3. 20 mai 1685. Sépulture de Bernard II de Béon Cazaux. Archives dép. de l'Aude. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG67 1683-1686. Vue 98.

4. le 16 mai 1716, Magdeleine Loubens de Béon Cazaux. Archives dép. de l'Aude. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG97 1715-1717. Vue 29.

5. 1er juin 1722. Sépulture de Marie de Béon Cazaux. Archives dép. de l'Aude. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG101 1721-1722. Vue 28.

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Ce qui reste de l'ancienne maison seigneuriale de Mirepoix

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Les vues reproduites ici ont été prises le 6 septembre 2019. Elles concernent la moitié ouest de l'ancienne maison seigneuriale de Mirepoix, à laquelle on accède rue Vigarosy. Cf. Christine Belcikowski. À Mirepoix – Moulon de… la porte d’Aval, rue Courlanel, le Grand Couvert, place Saint Maurice et grande place – n°47 à 53.

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On accède à l'étage, qui surplombe une boutique, par cet escalier à palier intermédiaire, de stle Renaissance.

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Deux cheminées, de style Renaissance, ont été arrachées dans les années 1980, vendues et transportées au Brésil. Restent leurs empreintes fantômes.

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Cet ancien plafond semble, lui aussi, de style Renaissance.

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Depuis la cour intérieure, vue de la façade correspondant aux espaces visités ci-dessus.

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Vue de la façade arrière de la partie de l'ancienne maison seigneuriale qui abrite aujourd'hui le restaurant Le grain de sel.

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Vue d'une façade arrière de l'ancienne maison seigneuriale côté rue Porte d'Amont.

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Vue de la tour qui surmonte l'autre moitié de l'ancienne maison seigneuriale, côté cours Louis Pons-Tande.

L'état du lieu — un lieu patrimonial — se passe de tout commentaire.

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Au château de Bouisse, dans l'Aude

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Mirepoix → Limoux → Saint-Polycarpe → Belcastel-et-Busc → Villardebelle → Bouisse ! Au bout de la route qui va toute en virages en épingle à cheveux ! au bout de la rue qui grimpe au flanc de la motte castrale, un pan du château de Bouisse apparaît. Acheté en 1951 par René Nelli, le grand cathariste, voici comment il se présentait circa 1900...

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Ci-dessus : façade nord du château de Bouisse circa 1900. Celui-ci se trouve habité alors par diverses familles de paysans bouissois.

Et voici comment René Nelli a vu et photographié le château de Bouisse dans les années 1950...

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Ci-dessus : photo René Nelli, empruntée à l'article Le village et le château de Bouisse dans les Hautes-Corbières. Hommage à René Nelli, seconde partie, de l'excellent site À la découverte de l'Aude et escapades en Ariège.

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Ci-dessus : Ibidem.

Et voici comment nous avons vu le château de Bouisse hier soir...

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Ci-dessus : aperçu de la façade nord du château de Bouisse en 2019.

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Ci-dessus : devant la façade sud du château, un labyrinthe de buis.

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Ci-dessus : cour d'honneur et façade sud du château.

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Ci-dessus : vestige de cadran solaire, ruiné par le percement d'une fenêtre avant l'arrivée de René Nelli. Ce cadran solaire portait jadis la devise de Gilbert de Saint-Jean de Moussolens, dont la famille, après celle de Voisins, a possédé la seigneurie de Bouisse et a vécu au château de Bouisse de 1650 à 1792.

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Le château de Bouisse abrite deux cheminées monumentales, ornées de décors peints, qui datent d'environ 1660. Philippe Ramon, propriétaire actuel du château, organisait hier une soirée au profit de la restauration de ces cheminées.

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Ci-dessus : détail de la voûte de la salle du rez-de-chaussée du donjon du XIIIe siècle.

À la suite d'une conférence dans laquelle M. Ramon, en remplacement de M. Thierry Verdier, de l'université de Montpellier, qui, malade, n'a pas pu venir, a évoqué tour à tour l'histoire du château, celle de la famille Saint-Jean de Moussoulens et celle desdites cheminées, nous avons partagé dans la cour d'honneur et dans la salle du rez-de-chaussée du donjon du XIIIe siècle (tour Nord-Est) un excellent dîner-tapas fait maison, puis ri aux historiettes drôlatiques contées par Olivier de Robert.

Le 26 juin 1633, Gérard de Saint-Jean de Moussoulens, fils de François de Saint-Jean, seigneur de Lagarde (Aude), et de Catherine de Voisins, épouse Catherine Dupont de Gaut, ou de Gout, sœur ou fille de noble Antoine Dupont († 1628), seigneur de Gaut, premier consul de Montpellier.

« Sa sœur ou sa fille [d'Antoine de Gaut] fut cette spirituelle et vertueuse Catherine Gaut que le duc de Saint-Simon présenta au roi et à la reine en septembre 1632, alors qu'elle allait épouser M. de Moussoulens, gentilhomme de Toulouse, capitaine au régiment de Normandie. Non seulement leurs majestés la dotèrent de six mille écus, mais encore lui accordèrent la grâce de son frère, page de Montmorency, dont il avait suivi le parti. » (1)

Capitaine au régiment de Normandie, remarqué pour sa bravoure en 1637 à la bataille de Leucate, Gérard de Saint-Jean de Moussoulens achète en 1650 le château de Bouisse, et il est nommé en 1652 gouverneur de Termes. Catherine Dupont de Gaut meurt vers 1645, après avoir mis au monde deux enfants :

  • Louis de Saint-Jean de Moussoulens, baron de Bouisse, seigneur de Fraissé-des-Corbières, qui épousera le 28 juin 1663, en première noce, Françoise de Pompadour de Fraissé, fille de Balthazar de Pompadour, seigneur de Villesèque-des-Corbières et de Montpezat, et de Claire de Monstron d'Escouloubre de Sault ; en 1686, en secondes noces, Anne Anguille.
  • Claude de Saint-Jean de Moussoulens, prêtre, abbé de Montolieu, mort en 1701.

Après une période de travaux dédiés au bâti de son château, Gérard de Saint-Paul de Moussoulens fait édifier en 1659-1660, dans une pièce d'apparat située au rez-de-chaussée, et dans une autre pièce d'apparat située au premier étage, les deux cheminées monumentales mentionnées ci dessus. Ces cheminées sont en pierre stuquée et peinte. Les baux à besogne jusqu'ici n'ont pas été retrouvés.

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Ci-dessus : vue d'ensemble de la cheminée du rez-de-chaussée.

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Ci-dessus : vu de face, panneau situé à gauche sur le manteau de la cheminée.

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Ci-dessus : vu de face, panneau situé à droite sur le manteau de la cheminée.

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Ci-dessus : panneau situé au centre du manteau de la même cheminée. Celui-ci est vide. Ce panneau abritait peut-être un blason ou un portrait.

Il se peut que Gérard de Saint-Jean de Moussoulens ait dédié les fleurs de la cheminée du rez-de-chaussée de son château au souvenir de son épouse disparue. Mais il se peut aussi que les fleurs, si nombreuses, contenues dans un vase au col si étroit, symbolisent les vertus seigneuriales dont se réclame Messire de Bouisse.

Nous n'avons pas vu la cheminée du première étage. Jadis cachée par un faux plafond, elle est si haute qu'il faut une échelle en approcher les détails. Elle se trouve dédiée aux vertus guerrières dont se faisait fort Gérard de Saint-Jean de Moussoulens. J'emprunte les images ci-dessous au site À la découverte de l'Aude et escapades en Ariège, dont l'auteur a rencontré plus tôt le propriétaire du château de Bouisse.

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C)-dessus : figuration de Mars sur la cheminée du premier étage du château de Bouisse. Source : Le village et le château de Bouisse dans les Hautes-Corbières. Hommage à René Nelli.

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Ci-dessus : figuration de Bellone, épouse ou sœeur de Mars, sur la cheminée du château de Bouisse au premier étage. Source : Le village et le château de Bouisse dans les Hautes-Corbières. Hommage à René Nelli. Militaire dans ses formes, le château de Bouisse témoigne de l'idéal moral qui a été celui de Gérard de Saint-Jean de Moussoulens, grand capitaine engagé dans la lutte pour les valeurs d'un royaume droitement catholique.

On attend beaucoup de la restauration de ces belles peintures, témoins de cet idéal de vie qu'a vécu noblement le reste de son âge, dans un décor campagnard, un gentilhomme du XVIIe siècle.

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N.B. La Société scientifique de l'Aude a publié en 2011 un article de Colin Debuiche et de Sarah Munoz intitulé « Ambition et illusion fastueuses : Deux cheminées du XVIIème siècle au Château de Bouisse ». Tome CXL.

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1. Cf. Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, p. 62. SER2, T1. 1899.

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