Christine Belcikowski

Publications 4

De la nostalgie comme d'une soie qui luit

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Maintes fois, à l’heure des amis,
nous avons parlé de la nostalgie
comme d’une soie qui luit
quand on la déplie,
et qui crie ! criiie !
quand d’aventure,
pourquoi ? pourquoi ?
quelqu’un la déchire.

Qui a dit, méchant médicastre 1,
que la nostalgie est travers de l’âme,
qu’elle se mire dans un puits sans fond,
qu'elle risque d'y choir
et de finir là,
pourrissante comme feuille morte ?

Foin des médicastres !
Nostalgie n’est pas maladie.
Vois comme la soie luit
quand on la déplie.
Vois sur cette soie,
à l'heure des amis,
comme le passé brille
et comme il éclaire
le vif de l'heure qui vient
au regard des heures qui ont fui.
Un vaste et tendre apaisement.
C'est l'heure exquise...

Foin des médicastres !
D'où venons-nous ?
Où allons-nous ?
Nostalgie, ô déroulé d'une soie
dont la moire illustre, à l'heure des amis,
le vif d'un commencement qui demeure sans retour,
et qui se découvre,
aujourd'hui comme hier,
chaque fois commençant...

1. On doit au médecin alsacien Johannes Hofer, dans sa thèse secondaire intitulée Dissertatio curiosa medica, de nostalgia, vulgo : Heimwehe oder Heimsehnsucht, en 1688, la création du mot « nostalgie », à partir de deux mots grecs : νοστος , retour, et αλγος, algie. Johannes forge ce mot, dans une perspective strictement physio-pathologique, à propos du « mal du pays » dont souffrent les mercenaires suisses qui ont quitté leurs alpages pour servir en France ou en Italie.

Le vent d'autan

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Le vent d’autan
qui chauffe le sang
fait ouvrir
grand sur la rue
portes et fenêtres.
Dans l’ombre d’une pièce
qui baille au nord,
table, chaises, bahut,
canapé, poste de TV,
se souviennent du temps,
just married,
la fièvre les tenait
du maintenant, c’est pour toujours !
Je passais au bord de la fenêtre,
et je les entendais s'animer
d'un frisson de feuilles mortes.
L'automne vient.
Un grillon se tient
à la porte de la maison.

Traduction de Pensar como una montaña par mon ami Juan Antonio Millón

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No has aprendido a pensar como una montaña
pero cuando no vas a la montaña
la montaña viene a ti.
Ella a solas se eleva,
avanza, se acrecienta
acrecienta, acrecienta,
y te lleva en su sombra,
más alto, más alto,
siempre más alto.
hasta ese cielo de pura gloria,
que es la razón de su alzada.
Así es como piensa la montaña.
Pero tú,
que no has aprendido a pensar como una montaña
no olvides que todo pensamiento viene de ti
bajo la forma de alzada.

Cf. Juan Antonio Millón. Sendas y divagaciones.

Penser comme une montagne

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Tu n’as pas appris à penser comme une montagne,
mais quand tu ne vas pas à la montagne,
c’est la montagne qui vient à toi.
Elle se soulève toute seule,
elle s’avance, elle grandit,
grandit, grandit,
et elle t’emporte dans son ombre,
plus haut, plus haut,
toujours plus haut,
jusqu’à ce ciel de pure gloire
qui est raison du soulèvement.
C’est là comme la montagne pense.
Mais toi,
qui n’a pas appris à penser comme la montagne,
n’oublie pas que toute pensée vient à toi
sur le mode du soulèvement.

Sous l'aile froide

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Sous l'aile froide, roide,
du vent qui nous emporte,
nos chairs, qui se souviennent
de leur gloire estivale,
s'éjouissent encore un peu
du baiser de lumière
que vient poser sur elles,
surgi d'une trouée
dans le ciel bas et lourd,
le doigt de Dieu,
— ou qu'est-ce ?
Ploc ! un marron tombe,
tombe, tombelaine.
Les dés roulent.

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