Christine Belcikowski

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Juan Antonio Millòn. Qué te decían las nubes

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Juan Antonio Millòn m'a fait l'amitié de traduire Ha nevado la glicinia, un petit texte de ma façon, publié sur mon site au printemps de cette année. Croisant ainsi l'amitié, j'ai traduit Qué te decían las nubes, texte de Juan Antonio Millòn, publié en août 2019 sur son site Sendas y divagaciones. Juan Antonio Millòn vit à Sagunt, ou Sagunto, dans la province de Valencia. Il se souvient ici de la Maroma, sommet de 2069 mètres situé dans la sierra de Tejeda, à la frontière de la province de Grenade et de celle de Málaga. J'ai buté dans son texte sur les « tejeringos », qui sont, m'a dit Juan Antonio Millòn, des churros, tout simplement des churros, de ceux qu'on aime aussi dans le Midi de la France.

Qué te decían las nubes
aquellos furiosos días
cuando la frente alzabas
a las barbas del cielo
mesadas por los tajos
lisos de la montaña.
Esparcías colores
como melodías
sobre los trazos del carboncillo
en aquellos cuadernos del verano.
Sobre las barandas y la ropa extendida
los rayos jugaban a encontrarte
con los ojos abiertos
para ocultarlos con su fulgor.
Bullía como leche en los cazos
el sopor de los despertares
mientras se desperezaban
los tejeringos en el aceite hirviendo.
Llenaban de acentos la luz día
aquellas esquilas
que pastoreaban los cabreros.
El mundo, pues, abría sus fauces
hablándote quedo
deletreándote la felicidad de su misterio
y el inmenso dolor de todo lo vivo.

Que te disaient les nuages
en ces jours furieux
quand tu faisais face
aux barbes du ciel
aumônes aux parois
abruptes de la montagne.
Tu semais des couleurs
comme des mélodies
sur les traits du fusain
dans ces cahiers du printemps.
Sur les balcons et la garde-robe étendue là
les rayons jouaient à cache-cache
avec tes yeux ouverts
pour mieux les soustraire à leur foudre.
Bouillait comme lait dans les casseroles
la torpeur des réveils
pendant que s'étiraient
les churros dans l'huile bouillante.
Emplissaient de tildes la lumière du jour
ces jacinthes
que paissaient les chèvres
Le monde ainsi ouvrait sa gargante
te parlant à l'oreille
épelant la félicité de son mystère
et l'immense douleur de tout le vivant.

Ha nevado la glicinia

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Juan Antonio Millòn m'a fait l'amitié de traduire La glycine a neigé, petit texte publié sur mon site le 4 mai 2019. On peut lire cette traduction sur son site à lui, intitulé Sendas y divagaciones. Merci, l'ami !

La glicinia ha nevado

La glicinia ha nevado hoy sobre el adoquín de los patios,
color del pensamiento
que nieva al paso del caminante,
color de la memoria
que nieva en lo profundo del tiempo,
color del verdadero mundo
que nieva sobre el rumor de la nada.
Y tú que, de ti a mí,
ligero como una pelusa de chopo,
no sabes nada de ti,
tú nievas también.

La glycine a neigé

La glycine a neigé ce jour sur le pavé du cours,
couleur de la pensée
qui neige sur le pas du promeneur,
couleur de la mémoire
qui neige dans la profondeur du temps,
couleur du monde vrai
qui neige sur le bruit du rien.
Et toi qui, du toi au moi,
léger comme une bourre de peuplier, ne sais rien de toi,
tu neiges aussi.

Charles Addams. Le Styx

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The River Styx. Cartoon for The New Yorker, published November 7, 1953, with their copyright stamps and notations on verso. Watercolor, ink and wash on board. 305x343 mm; 12x13 1/2 inches, on 15x19 1/4-inch board. Signed Chas Addams, [Charles Addams], in lower left image. Cf. Christine Belcikowski. Styx et contrainte magique du serment. Le sort de l’écrivain.

Petite chose vue au MiMa

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Madame Sosostris, famous clairvoyante,
Is known to be the wisest woman in Europe,
With a wicked pack of cards. Here, said she,
I see crowds of people, walking round in a ring.
Thank you. If you see dear Mrs. Equitone,
Tell her I bring the horoscope myself :
One must be so careful these days.
 (1)

Madame Sosostris, célèbre voyante,
est connue pour être la femme la plus sage d'Europe,
avec un jeu de cartes du diable. Voilà, dit-elle,
Je vois des foules qui tournent en rond.
Merci. Si vous voyez la chère madame Equitone,
Dites-lui que j'apporterai l'horoscope moi-même :
Il faut être très prudent, de nos jours.

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1. T.S. Eliot. The Waste Land. 1922.

Classé dans : Poésie Mots clés : aucun

Gabriel Mailhol lisait Pèire Godolin

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En 1771, Gabriel Mailhol publie chez Dupleix et Laporte, à Toulouse, Lettres aux Gascons, texte suivi des Héroïdes d'Isabelle de Vergy et du comte de Fayel, poème inspiré de la tradition médièvale. Dans ses Lettres aux Gascons, Gabriel Mailhol insère deux chansons en occitan, choisies respectivement dans la prumièro et dans la tresièmo floureto du Ramelet moundi (1617-1648) de Pèire Godolin.

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