Christine Belcikowski

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À propos de Louise Gabrielle Soumet, fille d'Alexandre Soumet et de Madame Blondel de la Rougerie

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Née le 17 mars 1812 à Paris, Louise Gabrielle Soumet est la fille illégitime d'Alexandre Soumet et de Madame Blondel de la Rougerie, mariée ailleurs (1). Le nom de sa mère ne figure pas sur son acte de naissance, mais les contemporains n'ont pas manqué de le révéler. Alexandre Soumet se charge seul par la suite du soin de cette enfant adorée. En 1814 toutefois, il publie La Pauvre Fille, poème rendu immédiatement célèbre par son caractère touchant et qui le restera jusqu'à aujourd'hui. « Oh ! pourquoi n'ai-je pas de mère ? » (2)

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Portrait de Madame d'Altenheim, née Louise Gabrielle Soumet. Lithographie de Thierry Frères.

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16 août 1834. Mariage de Gaspard Augustin Beuvain et de Louise Gabrielle Soumet. AD92. Sèvres. Mariages. 1834. Document E_NUM_SEV144. Vue 239. N.B. On ne sait d'où vient que Gaspard Augustin Beuvain se fera appeler par la suite « Beuvain d'Altenheim ». Né le 27 février 1812 à Metz, section 3, (Moselle) , âgé de 22 ans comme Gabrielle Soumet, alors étudiant, Gaspard Augustin Beuvain est l'unique fils de feu Jean Claude Beuvain, comptable des vivres de la IIIe division des troupes napoléoniennes, mort à Cossino (Kowno, Russie) en décembre 1812, et de Jeanne Sophie Lambert, sa veuve, épouse en secondes noces de Louis Eugène Thierry, négociant, demeurant à Paris rue de la Chaussée d’Antin, nº 37. Une jeune fille sans mère épouse en tout cas ici un jeune homme sans père. Les deux époux se sont bien trouvés.

Le 16 août 1834, après avoir mené auprès de son père une existence choyée et riche de rencontres avec les écrivains du temps, qui ont volontiers célébré son étonnante beauté, Louise Gabrielle Soumet épouse à Sèvres Gaspard Augustin Beuvain d'Altenheim, alors étudiant, plus tard inspecteur général de l'Éducation nationale. Le 24 juillet 1836, elle met au monde 5, rue Saint-Florentin à Paris, Ier arrondissement, adresse de l'appartement parisien de son père, la petite Alexandrine Marie Anne Beuvain d'Altenheim.

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24 juillet 1836. Acte de naissance d'Alexandrine Marie Anne Beuvain d'Altenheim. État-Civil reconstitué de Paris. Naissances. Beurton (1855)-Beuvart (1847) Naissances. V3E/N 188. Vue 83/100.

En 1836 encore, Gabrielle Soumet entre dans la carrière littéraire avec un recueil de poèmes intitulé Les Filiales. En guise d'exergue à cet ouvrage, elle reproduit La Pauvre Fille, le poème publié par son père deux ans après sa naissance à elle. « Oh ! pourquoi n'ai-je pas de mère ? », disait « la pauvre fille » née en 1812 ; la petite Alexandrine Marie Anne Beuvain d'Altenheim née en 1836 a, quant à elle, le bonheur d'avoir une mère en la personne de Louise Gabrielle Soumet.

En 1836 toujours, Gabrielle Soumet publie dans le tome III du Livre rose. Récits et causeries de jeunes femmes, La cloche de Saint-Bruno, chapitre deuxième d'un ouvrage inédit qui semble par la suite n'avoir jamais vu le jour.

En 1837, « Gabrielle d'Altenheim née Soumet » publie des Vers à M. de Monmerqué, éditeur des Lettres de Mme de Sévigné, et Un mariage à Saint-Germain l'Auxerrois, le 30 mai 1837, texte également en vers. De façon apparemment opportuniste, Gabrielle Soumet célèbre dans cet épithalame le mariage de Ferdinand d’Orléans, fils de Louis-Philippe, et d'Hélène de Mecklembourg Schwerin. Fermée depuis la Révolution, l'église de Saint-Germain l'Auxerrois a été rouverte à cette occasion : « Dieu ne s'exile pas des temples insultés ». Dans la scène du mariage royal, Gabrielle Soumet revisite sans doute l'émotion de son propre mariage ainsi que le regret du mariage qui a manqué à son père :

« Le Prêtre.
À genoux, mes enfants, afin que Dieu bénisse
Votre pieux amour, et que je vous unisse
Pour être l'un à l'autre et vous donner la main
Sans vous quitter jamais tout le long du chemin. »

Gabrielle Soumet revisite là sans doute aussi la mémoire de la foi monarchiste et religieuse d'Alexandre Soumet, son père :

« Le Prêtre.
Allez ; n'oubliez pas l'autel qui vous rassemble...
L'Ange de la Gloire.
Allez, nobles époux, jeune orgueil de la France...
Heureuse comme vous du nœud qui vous unit,
À chaque élan du cœur la France vous bénit. »

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Beurton (1855) Beuvart (1847) Naissances V3E/N 18830 mai 1837. Mariage de Ferdinand d’Orléans et d'Hélène de Mecklembourg Schwerin. Grande Imagerie Pellerin. Ferdinand d'Orléans mourra d'une chute accidentelle le 13 juillet 1842.

En 1838, réitèrant ainsi l'hommage rendu à son père dans ses Filiales de 1836, Gabrielle d'Altenheim née Soumet publie ses Nouvelles Filiales, édition augmentée de l'opus précédent.

Après avoir vécu quelque temps à Paris, 5, rue Saint-Florentin, chez Alexandre Soumet, la petite famille Beuvain déménage en 1838 à Auch, où Gaspard Beuvain d'Altenheim a été nommé sous-inspecteur de l’école primaire. La famille déménage plusieurs fois encore, au gré de la carrière de Gaspard Beuvain d'Altenheim. Nommé en 1839 inspecteur, celui-ci exerce sa fonction de 1839 à 1844 à La Rochelle, où Alexandre Soumet, déjà malade, vient faire de longs séjours auprès de sa fille adorée. Nommé en 1844 à Versailles, puis en 1846 à Paris, Gaspard Beuvain d'Altenheim devient en 1850 inspecteur général.

À partir de 1840, tout en continuant de prodiguer à son père les soins les plus tendres, Gabrielle Soumet entreprend de collaborer à la rédaction des ouvrages que celui-ci, en raison de sa maladie, peine à achever. Père et fille signent ainsi conjointement Le Gladiateur, tragédie en cinq actes représentée à la Comédie-Française le 24 avril 1841 ; Le Chêne du roi, comédie en trois actes et en vers représentée à la Comédie-Française le 24 avril 1841 ; Jeanne Grey, tragédie en cinq actes et en vers, en 1844.

En 1843, Gabrielle d'Altenheim née Soumet publie en son nom propre un roman poétique en vers, intitulé Berthe Bertha. Alexandre Soumet meurt le 30 mars 1845 au nº 129 de l’avenue des Champs-Élysées, son ultime résidence à Paris.

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Eugénie Foa. Atelier Becquet Frères, Paris. Source : Bibliothèque de Bordeaux.

Entre 1846 et 1848, Gabrielle d'Altenheim née Soumet noue des liens avec un cercle de femmes qui se réclament, pour certaines, de la mouvance du parti « socialiste » saint-simonien, et pour toutes, de la cause des femmes telle que celles-ci l'entendent alors. Elle devient ainsi l'amie de Rebecca Eugénie Rodrigues-Henriques, alias Eugénie Foa, femme de lettres, sœur d'Olinde Rodrigues, chef et principal financier de la religion saint-simonienne.

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Jeanne Deroin (en haut). Gravure anonyme de 1848.

Gabrielle Soumet devient ainsi encore l'amie d'Eugénie Niboyet, d'Adèle Esquiros, de Jeanne Deroin, et d'Anaïs Ségalas, qui ont été, à l'aube du féminisme contemporain, des pionnières du journalisme au féminin.

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Adèle Esquiros (à gauche), caricaturée par Nadar ; Anaïs Segalas (à droite), par Émile Lassalle, en 1840. In Galerie de la presse, de la littérature et des beaux-arts. 1841.

Galvanisée par la Révolution de 1848 et la nomination du poète Lamartine au poste de ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire, rappelant à cette occasion qu'Alexandre Soumet fut « le digne confrère ou plutôt le digne frère en poésie de l'auteur des Méditations, de Jocelyn et des Harmonies, Gabrielle d'Altenheim née Soumet publie Le Siècle à Lamartine, poésie, suivi du Manifeste de Lamartine aux agents diplomatiques.

Avant de décliner son poème, Gabrielle d'Altenheim née Soumet profère à propos des événements de 1848 cette déclaration enthousiaste :

« Au moment où commence une vie nouvelle, au moment où, après tant d'orages intellectuels, le soleil de la pensée monte à l'horizon, saluons tous ce réveil du jour, cette aube qui promet une chaleur si nécessaire à l'humanité en souffrance ; apportons, chacun selon nos forces, une pierre à cet édifice social dont la base est inébranlable ! soyons tous ouvriers dans l'oeuvre immense ! Travaillons, chantons, prions, aimons, comme dit le Christ, notre maître à tous ! Plus de bandeaux sur les yeux, faits pour voir la lumière ; plus de bâillons sur les bouches, faites pour la parole vivifiante ou le verbe divin ; plus de fers aux mains, qui doivent tracer la route nouvelle ; plus de boulets aux pieds, qui doivent courir dans ce droit chemin ; plus de fardeaux sur les coeurs, qui doivent battre à l'unisson de tous les cœurs fraternels ! Le siècle est grand, le moment est magnifique, et l'on se sent fier de voir commencer cette transformation du monde social, cette ère sublime où l'humanité, chrysalide immense, prend des ailes pour voler au soleil de la liberté. »

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Lamartine. Gravure extraite du Siècle à Lamartine

Puis Gabrielle d'Altenheim née Soumet, avec une grandiloquence dont on ne sait si elle relève de la flagornerie ou de la naïveté politique, encense en la personne d'Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, chef de file du mouvement révolutionnaire de février 1848 et ministre du gouvernement provisoire auto-proclamé, le « fils » de la « sainte poésie » guidant le siècle vers des lendemains meilleurs, voire une figure nouvelle du « Christ rédempteur » :

« La sainte poésie étend sa noble égide ;
Un de ses fils aimés est l'homme qui nous guide,
Il peut laisser dormir sa lyre sur son cœur,
Car le siècle lui doit son élan vainqueur !
Il a pris sur son front l'épineux diadème
          Imitant le Christ rédempteur,
Et, puissant comme lui, pour le peuple qu'il aime
Il a parlé, prié de toute sa hauteur ;
Et partout, maintenant, où le bien peut se faire,
Il vient, il vient, élargissant la sphère
          De son hymne consolateur !!! »

On se souviendra ici qu'a l'issue des élections du 9 mai 1848, le gouvernement provisoire auto-proclamé mis en place le 24 février 1848, cède sa place au gouvernement moins progressiste et de moins en moins démocratique de la Seconde République. Lamartine ne fait pas partie de ce nouveau gouvernement. Il n'aura donc exercé son ministère « christique » que durant l'espace de trois mois !

Dans le même temps, Gabrielle d'Altenheim Soumet entre au Bureau du Comité d'organisation de la Société de la Voix des Femmes, société éditrice de La Voix des femmes : journal socialiste et politique : organe des intérêts de toutes, dirigé par Mme Eugénie Niboyet.

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La Voix des Femmes. 3 avril 1848.

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Eugénie Niboyet. « Mme Niboyet n’avait pas, eût dit M. Prudhomme, été favorisée de la nature. Elle était notamment affectée d’un strabisme assez prononcé. Revenant de voyage, elle se trouva en diligence avec la tragédienne Georges et l’acteur Rosambeau. Mlle Georges était dans l’intérieur, Mme Niboyet dans le coupé et Rosambeau sur l’impériale. On arrive aux barrières de Paris. Les employés de l'octroi s’avancent. L’un d’eux grimpe sur la diligence en débitant la formule consacrée : Avez-vous rien à déclarer ? — Moi, non certes, riposte Rosambeau, mais méfiez-vous, mon ami. Il y a des énormités dans l'intérieur et surtout, dans le coupé, quelque chose de louche ! (3)

Laure Adler, dans À l'Aube du féminisme : les premières journalistes (1830-1850), évoque le mode de rédaction de la Voix des Femmes et, plus largement, le style de l'œuvre sociale à laquelle s'applique la Société de la Voix des Femmes :

« Toutes ensemble fabriquent la Voix des Femmes, journal collectif. Le soir, elles se réunissent et décident de la composition du numéro suivant. Pas de hiérarchie à respecter ni de journalisme professionaliste exigé. Celles qui veulent écrire donnent leurs papiers. Souvent ils ne sont pas signés, ou d’une initiale seulement : c’est qu’elles disent travailler pour l’humanité. "C’est parce que nous faisons œuvre commune, une œuvre sociale, que nous avons dédaigné de signer nos articles."

Œuvre sociale en effet. À l’inverse de la presse des femmes bourgeoises de la Monarchie de Juillet, la Voix des Femmes va fonctionner comme lieu de réunion où les femmes sont appelées à venir exposer leur situation. Très vite, il deviendra un lieu d’entr’aide où des chômeuses et des femmes se sentant isolées viendront se réfugier. [...].

"Pour nous, il n’y a plus ni de riches, ni de pauvres, de distinction de croyance, d’âge, de rang, de profession, nous sommes toutes sœurs et nous devons nous tendre la main, nous aider mutuellement."

Elles vont expérimenter leur sororité dans les réunions qu’elles vont provoquer. Car trois jours après le lancement du journal, l’association fraternelle de la Voix des Femmes est définitivement constituée et deux comités se forment : l’un pour la rédaction du journal, l’autre pour l’enseignement public à donner aux femmes. Le local du journal servira de lieu de réunion. Celles qui viennent parlent de leurs problèmes professionnels. Bourgeoises et prolétaires s’apostrophent : les premières parlent éducation, enseignement ; les secondes parlent chômage, baisse de salaire. Ensemble elles s’organisent : les unes proposent une quête nationale quotidienne autorisée par le maire de chaque arrondissement, la quête étant faite par une brigade composée d’une ouvrière, d’une dame et d’un garde national, le tout étant annoncé par la Voix des Femmes qui aura préalablement envoyé une lettre à tous les maires concernés. D’autres se regroupent : ainsi les commerçantes décident de donner un concert avec loterie au profit des ouvrières sans travail. Les artistes préparent activement une représentation au profit de leurs sœurs sans travail » (4). Etc.

Gabrielle Soumet signe dans La Voix des femmes « G.S. », i.e. des mêmes initiales que George Sand. On a pu lui reprocher ainsi de vouloir récupérer ou usurper la voix de George Sand, qui a pourtant toujours refusé de s'engager dans la cause féministe, aux motifs que 1º conformément au mot de son ami Pierre Leroux, « il n'y a pas deux êtres différents, l'homme et la femme, mais un seul être humain sous deux faces » ; 2º les femmes n'ont, selon elle, aucune chance de pouvoir faire avancer leur cause à l'époque considérée ; 3º elles risquent en revanche de sombrer là dans le ridicule, qui tue finalement, comme on sait.

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George Sand. La cigogne politique. In Le Monde illustré. 16 août 1884.

À propos de George Sand qui se plaignait de ce que les journalistes de La Voix des femmes aient eu l'outrecuidance de faire savoir dans leurs colonnes qu'elles soutenaient sa candidature à l'Académie-Française [alors interdite aux femmes], Firmin Maillard, dans La légende de la femme émancipée : histoires de femmes, pour servir à l'histoire contemporaine, prête malicieusement aux journalistes incriminées les propos suivants :

« — Nous avons fondé un journal, est-ce une faute ? Mme George Sand n'écrit-elle pas dans les journaux ?
— Quant aux initiales G. S., elles appartiennent à Mme Gabrielle Soumet, dont le nom est assez beau, assez populaire pour qu'elle ne tienne pas à se débaptiser.
La Voix des Femmes finit un peu solennellement en lui [George Sand] disant que la République n'a pas aboli les privilèges du talent, mais elle les a limités en leur imposant des devoirs.
Attrape, George Sand ! » (5)

Ami de jeunesse de Victor Hugo et d'Alfred de Vigny, ancien collaborateur du Conservateur littéraire, puis de la Muse Française, le comte Gaspard de Pons se montre en revanche très sévère en 1860, dans le second volume de ses Adieux poétiques, à propos de l'évolution politico-littéraire de Louise Gabrielle Soumet, alias Madame d'Altenheim, fille unique du poète et dramaturge Alexandre Soumet.

Rendant hommage à « l'ange » qui a publié les Filiales en 1836, Gaspard de Pons fustige ensuite la femme et le type d'écrivain-journaliste que Gabrielle Soumet, alias Mme d'Altenheim, est devenue après 1848.

Il dédie d'abord ces vers enthousiastes à la « vierge poëte » des années profondes :

« Mon luth n'a point d'écho pour les vers d'une femme,
Faibles comme sa voix, légers comme son âme,
Mes accords jusqu'aux siens descendront-ils ? Oh ! non.
Non, pour que je célèbre une vierge poëte,
Non, pour qu'en son honneur j'embouche la trompette,
Il faut qu'elle ait d'un ange et la lyre et le nom.

C'est alors, c'est ainsi, qu'à ses pieds tous les âges,
Tous les hommes viendront apporter leurs hommages,
Et non un concert passager,

Admire la Muse au front pur
Qui fait mentir l'oracle exhalé de ta tombe ;
Non seulement elle a le chant du rossignol :
Bien plus, douce et chaste colombe,
Elle a de l'aigle dans son vol.

Oui, c'est qu'un aigle fut son père ;
L'emportant droit au ciel, au beau ciel qu'elle espère,
C'est lui qui fit passer dans son sein virginal
L'électrique ardeur du tonnerre :

Sois sourde aux hurlements d'une foule égarée,
Qui blasphème des lois la raison consacrée,
À d'absurdes écarts qui se laisse emporter. »

Gaspard de Pons reproche ensuite à « l'ange » que fut Gabrielle Soumet du vivant de son père, ou, du moins, dans le regard de dernier et de son cercle, d'être devenue Mme d'Altenheim, et, à partir de ce moment-là, de « n'avoir pas pu résister à l'entraînement de la mode ou de ce qui lui a semblé tel », autrement dit d'avoir trempé sa plume dans l'encrier des journaux féministes et adhéré à la cause des « bas bleus à jupes rouges », comme on disait alors.

« Mlle Gabrielle Soumet est devenue, depuis que cette pièce a été composée, Mme Daltenheym, l'auteur des Filiales, recueil que son ceur a mis sous la touchante invocation de la Pauvre Fille, sa quasi-sœur, et dont le passé a justifié tout le bien que je disais de son jeune talent ; mais je n'ai pas voulu changer le nom sous lequel je lui avais consacré ce morceau, d'autant plus que ce n'est pas ma faute si une Muse nous paraît toujours plus Muse et plus angélique sous la couronne virginale, et que c'est bien d'ailleurs, je pense, au nom de Soumet qu'il est juste de rapporter la part de gloire qui doit revenir à ses vers. Et puis... allez lui demander à elle-même (ou à la notoriété publique) toutes les autres raisons qui militent en faveur du parti que j'ai pris à cet égard ; car, j'en suis bien fâché, mais je dois avouer que les vers qu'elle a publiés après la mort de son père et sa conduite personnelle ont également prouvé qu'elle n'était ni Muse ni ange, et qu'elle n'avait d'angélique que le nom qu'elle avait reçu au baptême. Or, encore une fois, ce n'est pas de ma faute s'il n'existe plus que Mme Daltenheym, et si Mlle Gabrielle Soumet pour qui j'avais fait la pièce que voici, est bien morte et enterrée.

Elle était jeune et elle n'a pu résister à l'entraînement de la mode ou de ce qui lui a semblé tel. » (6)

Le journaliste qui signe « Peccadille » dans le numéro du Français daté du 15 janvier 1883, formule, quant à lui, le point de vue qui a été celui du rieur de la fin du XIXe siècle concernant la participation de Gabrielle Soumet et autres au « club de femmes » fondé en 1848 par Eugénie Niboyet :

« La révolution de 1848 parut â Mme Niboyet être justement le moment le plus favorable pour revendiquer les droits de la femme. On revend que volontiers en république et, au début au moins, on est toujours assuré d'avoir des auditeurs. Elle recruta des amies animées de la même ardeur, Mme Eugénie Foa, Mme Gabrielle d’Althenheym, fille de Soumet, et dont le mari est mort, il y a quelques années [M. Beuvain d'Altenheym mourra au vrai le 24 juin 1883 !], haut fonctionnaire de l'Université ; Mlle Hermance Lesguillon et bien d’autres. »

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Honoré Daumier. Les Bas bleus.

« Tous ces bas bleus à jupes rouges fondèrent le club des femmes. Mme Niboyet en fut élue présidente, malgré elle, a-t-elle prétendu, mais elle se laissa faire. Les séances se tenaient dans la cave de cette grande bâtisse qu’on appellait le palais Bonne-Nouvelle (7) et dont son propriétaire ne sut jamais tirer un parti profitable jusqu’au jour où il est devenu le palais des ustensiles de ménage. La cave était vaste, un peu étouffée ; l’air n'y venait que par des soupiraux qui donnaient sur une impasse parallèle â la rue Mazagran ; mais pour un club c’était bien suffisant, et les amateurs ne manquèrent pas. »

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« Camille, je vais au Club ».

« Madame Niboyet fit fort parler d'elle en ce temple. C'était une sorte de Louise Michel, dans une note infiniment plus modérée. Elle ne demandait la mort de personne, mais c'était un apôtre convaincu de l'émancipation de la femme. [...]. Mme Niboyet et ses compagnes — elle en avait beaucoup –, étaient plutôt des « illuminées » que des révolutionnaires dangereuses. Elles eurent leur succès, pour toutes sortes de raisons, et surtout parce que les Parisiens aiment à rire. Les séances du club des femmes, dont Mme Niboyet était présidente, étaient parfois très amusantes pour les représentants du sexe fort qui allaient entendre avec une calme philosophie les réquisitoires prononcés contre eux. C'est là, si je ne me trompe, qu'une oratrice ayant exprimé l'opinion qu'il fallait que la femme se débarrassât de « son bât », s'attira d'un assistant cette réplique : « On devrait aussi débarrasser les hommes du bas bleu ! »

« Ce qui se disait dans ces réunions, vous devinez bien sans qu’on ait besoin d'insister. L'homme et surtout le mari, appelé plus volontiers le tyran, étaient arrangés de bonne façon. On n’y repoussait pas absolument l’idée de l’union libre, mais on était avant tout partisan du divorce. Un jour même, on nomma une députation chargée de réclamer de M. Crémieux, alors garde des sceaux, la proclamation immédiate du divorce. [...]. »

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Honoré Daumier. « Citoyennes... on fait courir le bruit que le divorce est sur le point de nous être refusé... constituons-nous ici en permanence et déclarons que la patrie est en danger !... », série Les Divorceuses nº 1, Le Charivari, 4 août 1848.

« Les beaux jours du club furent, en effet, de peu de durée. Les Parisiens ne sont pas toujours sérieux ni d'une retenue parfaite. « Allez donc ravauder vos bas et écumer le pot-au-feu, citoyennes ! » écrivait Proudhon. La foule s'exprimait autrement, il y eut des jours où les membres du club eurent, à la sortie, à se défendre contre une pluie de trognons de chou et de légumes fanés. Une fois, on fit la mauvaise plaisanterie d'éteindre d'un coup, au mieu de la séance, tous les becs de gaz. Un autre jour, ce fut plus grave. Un peloton de gardes nationaux pénétra dans la salle, invitant ces dames à se disperser. La résistance fut héroïque. Mme Niboyet, qui présidait, se distingua en jetant une carafe pleine d'eau â la tête d’un des envahisseurs. Il fallut céder. On prétend même que, dans la bagarre, quelques femmes reçurent le traitement qu'on inflige parfois aux petits enfants qui ne veulent pas manger leur soupe.

De ce jour, le club des femmes avait vécu et c’est vainement que. plus tard, lorsqu’on discuta à l’Assemblée la loi sur les clubs, un membre du gouvernement provisoire essaya de combattre la disposition qui interdisait l’accès de ces réunions aux femmes et aux enfants. À mon avis, disait l'Excellence, la présence des femmes dans les réunions du genre de celles dont nous nous occupons est une garantie d’ordre, de modération et de convenance. Comme l'Assemblée riait fort, l'orateur pensa foudroyer ses adversaires en s’écriant : "Je ne crois pas qu'il convienne, dans la République française et dans les institutions qui s’y rattachent, de traiter les femmes comme des mineures ! — Elles sont beaucoup plus contrariées, riposta un fantaisiste, quand on les traite comme des majeures !" L'orateur fut abasourdi du coup, et les sténographes de l’Assemblée noteront immédiatement : hilarité générale. Les femmes perdirent leur cause. » (8)

Après quatre années de publication de la Voix des femmes, l'avénement de Napoléon III en 1852 scelle la fin de cet organe féministe. Gabrielle Soumet, qui publie désormais toujours sous le seul nom de Madame d'Altenheim, ou d'Altenheym, ou Daltenheim, ou d'Altenheim Soumet, reprend la publication de son œuvre propre.

Elle donne ainsi quelques ouvrages à visée édifiante, tels que Paroisse Saint-Augustin. Solennité de la dédicace. Les Sept Pardons évangéliques (1853), Les Anges d'Israël, ou les Gloires de la Bible (1856), Consolations de la foi (1861), Les Fleurs de mai. Histoire de la sainte Vierge Marie (1862), Anecdotes édifiantes (1874) ; et elle dédie encore à la mémoire de son père La Croix et la lyre, suivies d'un choix de poésies d'Alexandre Soumet (1856), puis Les Marguerites de France, suivies des nouvelles Filiales (1858), ouvrage dans lequel elle publie une version remaniée pour la scène lyrique de la Jeanne d'Arc de son père.

Dans Paroisse Saint-Augustin. Solennité de la dédicace. Sept Pardons évangéliques, Gabrielle d'Altenheim Soumet se réclame d'une poétique du cœur, inspirée du Christ qui pardonne.

Les sept pardons du Christ qui répandent sans fin
Sur tous les coeurs brisés un bonheur angélique,
Ce sont les sept couleurs du prisme évangélique,
Les sept notes d'amour du grand concert divin.

Pour rendre ces couleurs que nul siècle ne change,
Faut-il le pinceau d'un archange ?
Non !. ... Il faut pour former cet arc-en-ciel sauveur,
Un rayon de la foi sur les larmes du coeur.

Faut-il du séraphin la harpe, sainte et belle, Pour l'insigne douceur de ce concert aimant ? Non ! Le cœur humain seul peut servir d'instrument           À cette harmonie éternelle ! »

Au titre du premier des sept pardons, Gabrielle d'Altenheim Soulet évoque la figure de la Samaritaine, la « pécheresse », qui se dit « au cœur de repentir touché ». Après le Christ qui pardonne à la Samaritaine, c'est sans doute « la pauvre fille » jadis abandonnée par sa mère qui pardonne ici à la mère en question.

« Christ daigna doucement, ce qu'elle eut peine à croire,
Pour sa soif de Sauveur lui demander à boire ;
Et de l'eau de ce puits passant aux grandes eaux,
Qui firent planer Dieu sur les flancs du chaos,
Il daigna lui parler de ce profond mystère
Qu'il venait, par sa mort, révéler à la terre ;
Du puits intarissable en lui-même porté,
Fontaine jaillissant en toute éternité !
De cette eau rédemptrice où quiconque s'abreuve,
Se refait, pour le ciel, une âme toute neuve ! ...
La femme avait besoin pour laver le passé
De boire à cette source où tout est effacé ;
Et lorsqu'elle entendit, en inclinant la tête,
Son histoire tomber des lèvres du Prophète,
Elle lui dit : "Seigneur, rien ne vous est caché :
          L'austère vérité me saisit d'épouvante ;
          Donnez-moi de cette eau vivante
Qui blanchira mon cœur de repentir touché. " »

Parallèlement à cette œuvre pie, sous l'influence peut-être de son époux, Gabrielle d'Altenheim Soumet se lance dans la publication d'ouvrages à visée éducative, tels que Récits de l'histoire d'Angleterre faits aux enfants, depuis Jules César jusqu'à nos jours (1855), Récits de l'histoire de Rome païenne, depuis Romulus jusqu'à Constantin le Grand (1856), Récits de l'histoire de Rome chrétienne, depuis Constantin le Grand jusqu'à nos jours (1857), Les quatre siècles littéraires : récits de l'histoire de la littérature sous Périclès, Auguste, Léon X et Louis XIV, enrichis de fragments des chefs-d'œuvre classiques (1859), Les Fauteuils illustres, ou Quarante études littéraires faisant suite aux Quatre siècles littéraires (1860), Récits de l'histoire d'Espagne, depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours, suivis d'un tableau chronologique des dynasties collatérales de l'Espagne (1865), Fortuna, ou Notice sur une peuplade d'Océanie (1867).

À cet ensemble de publications édifiantes ou éducatives, souvent rééditées à Bruxelles dans des éditions augmentées, parfois reprises sous pseudonyme comme Consolations de la foi, méditations affectueuses et pensées chrétiennes, par Louis Gabriel [Mme d'Altenheim] (1861), Les Fleurs de mai. Histoire de la sainte Vierge en trente récits médités, suivie d'un choix de légendes, par Louis Gabriel [Mme d'Altenheim] (1862, ou Récits de l'histoire de France, par Hesse Gerson [Mme d'Altenheim] (1868), Gabrielle d'Altenheim Soumet ajoute un titre peut-être plus personnel, mais dont on ne sait rien, car ce titre est aujourd'hui indisponible, sinon à la BnF, après réservation, en lecture sur place : Les deux frères, ou Dieu pardonne (1863).

On peine à savoir après 1836, date de sa naissance à Paris, ce qu'il advient d'Alexandrine Marie Anne Beuvain d'Altenheim, fille unique de Gabrielle Soumet et de Gaspard Augustin Beuvain d'Altenheim. Gabrielle Soumet n'en dit jamais rien de façon directe. Son époux, réputé taiseux, encore moins.

Un hasard heureux, autre nom de la sérendipité, m'a conduite sur une page dédiée à la Chapelle de l'Assomption, 13 bis boulevard de la Falaise, Pontaillac, Vaux-sur-Mer, près de Royan.

Reproduit sur cette page, le Dossier IA17046411 de la Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel, indique que « les 7 et 23 août 1867, Auguste Jousse, propriétaire d'une bonne part des terrains de la corniche ouest de Pontaillac ainsi que de la vieille métairie alors située à l'entrée de la route qui mène à Vaux, vend une partie de cet espace au comte Henry de Verthamon, et une autre partie à Anna Beuvain, en religion soeur Marie Antoinette, membre du couvent des religieuses de l'Assomption de Bordeaux. Celle-ci rachète sa partie au comte de Verthamon le 2 juin 1869, avec un petit chalet s'y trouvant, qu'il a fait édifier entre temps. L'objectif pour les soeurs de l'Assomption est d'ouvrir une maison de campagne, avec chapelle, près de Royan où, comme de plus en plus de Bordelais, elles ont pris l'habitude de venir à la belle saison. Le nouveau quartier de Pontaillac est alors en plein développement, sous la houlette de Jean Lacaze et du comte de Verthamon qui souhaitent de leur côté la création d'un lieu de culte à Pontaillac.

La chapelle perd beaucoup de son utilité avec la construction, en 1891, de l'église Notre-Dame-des-Anges, bien plus grande et située au coeur du quartier de Pontaillac, côté Royan. Les religieuses de l'Assomption quittent Pontaillac vers 1900, semble-t-il, avant que leur ordre ne soit expulsé de France en 1906. Dès le 16 mai 1899, soeur Marie Antoinette (qui finira sa vie en Espagne) fait donation de la chapelle à la fabrique paroissiale de Vaux, et vend la villa à l'abbé Charles-Emile Mammius, curé de Vaux. Un procès-verbal descriptif de la chapelle établi le 9 juin 1899 fait état d'un autel en pierre avec marches en bois, d'une croix et de six petits chandeliers d'autel en cuivre doré, d'un confessionnel, d'un petit chemin de croix en plâtre, de statues de la Vierge, du Christ, de saint Joseph et de saint Antoine de Padoue, en plâtre.

La chapelle est située parmi les villas qui bordent la corniche ouest de Pontaillac. De style néo-roman, elle présente un simple plan rectangulaire, avec chevet plat. Ses murs gouttereaux, couronnés par une corniche à modillons, sont soutenus par des contreforts plats. Ces derniers délimitent cinq travées, alternativement percées d'occuli et de baies en plein cintre. Le choeur de la chapelle n'est pas, comme à l'accoutumée, orienté vers l'est : c'est l'entrée qui regarde vers l'orient, en surplombant la plage de Pontaillac, à l'image des villas environnantes. La façade, édifiée en pierre de taille, sur un pignon découvert, est surmontée d'une croix en pierre. Dans un arc brisé prennent place une rose, ornée de verrières, et la porte en plein cintre, sous un fronton et, là encore, une croix en pierre (les deux portes latérales, également en plein cintre, ont été ajoutées par la suite). La chapelle, qui appartient désormais à un propriétaire particulier, est devenue aujourd'hui un loft-chapelle. »

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Vue actuelle de l'ancienne Chapelle de l'Assomption à Pontaillac, Vaux-sur-mer, Charente Maritime.

Sources documentaires :

● Archives départementales de la Charente-Maritime. 180 V 4. 1866-1887 : affaires concernant des biens meubles et immeubles dans l'archiprêtré de Marennes, doyenné de Royan ; documents relatifs à la chapelle de Pontaillac. Archives départementales de la Charente-Maritime, 180 V 4. 1866-1887 : affaires concernant des biens meubles et immeubles dans l'archiprêtré de Marennes, doyenné de Royan ; documents relatifs à la chapelle de Pontaillac.

● Archives départementales de la Gironde. 3 E 42416. Acte de sous-seing privé en date du 7 août 1867 par lequel Auguste Jousse a vendu un terrain à Pontaillac, commune de Vaux-sur-Mer, à Anna Beuvain, religieuse.

● Archives départementales de la Gironde. 3E 42346. 2 juin 1869 : acte de vente d'un chalet et d'un terrain situés à Pontaillac, à Vaux-sur-Mer, par Henry de Verthamon à Marie Alexandrine Anna Beuvain Daltenheim, en religion soeur Marie Antoinette, des religieuses de l'Assomption de Bordeaux. (9)

On ne sait pas comment Gaspard Augustin Beuvin d'Aldenheim et Gabrielle Soumet, ses père et mère, ont compris et vécu l'engagement religieux de leur fille. Petie-fille d'un écrivain très catholiquement revendiqué, fille d'une mère saint-simonienne pour qui foi chétienne et engagement social, en 1848, allaient de pair, Alexandrine Marie Anne Beuvain d'Altenheim, en devenant sœur Marie Antoinette, membre du couvent des religieuses de l'Assomption de Bordeaux, a mis fin à la descendance d'Alexandre Soumet. Il se peut que son exemple, et aussi la mélancolie que son choix a pu inspirer à ses parents, aient nourri la veine religieuse que l'on remarque chez Gabrielle Soumet dans son œuvre postérieure aux années 1850. Il se peut aussi qu'Alexandrine Marie Anne Beuvain d'Altenheim ait choisi de liquider par son choix de vie le drame dont Gabrielle Soumet, sa mère, « la pauvre fille », a souffert initialement.

Gaspard Augustin Beuvain d'Altenheim meurt au terme d'une carrière bien remplie, couronnée de la légion d'honneur, le 24 juin 1883, rue Washington n°130 à Paris VIIIe .

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25 juin 1783. Acte de décès de Gaspard Augustin Beuvain Daltenheim. AD75. Paris. Décès 1783. VIIIe arrondissement. Vue 140.

Gabrielle Soumet, veuve de Gaspard Augustin Beuvain d'Altenheim, meurt le 16 mai 1886, rentière, Grande Rue nº 106 à Champigny-sur-Marne.

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17 mai 1886. Acte de décès de Gavrielle Soumet, veuve de Beuvain Daltenheym. AD94. Champigny-sur-Marne. Décès. 1886-1890. Collection communale. 18901MI 2186. Vue 21/302.

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1. Cf. Christine Belcikowski. À propos de Madame Blondel de la Rougerie, une « reine de salon » des années 1810.

2. Alexandre Soumet, La Pauvre Fille, in Souvenirs poétiques de l'école romantique, 1825 à 1840, Amsterdam, Librairie Franco-Suisse Van Bakkenes & Cie, sans date, p. 490.

3. Peccadille, in Le Français . 15 janvier 1883.

4. Laure Adler, À l'aube du féminisme : les premières journalistes (1830-1850), chapitre III : Les femmes de 48, Paris, Payot, 1979.

5. Firmin Maillard, La légende de la femme émancipée : histoires de femmes, pour servir à l'histoire contemporaine, Paris, À la librairie illustrée, sans date, p. 197.

6. Gaspard de Pons, À Mademoiselle Gabrielle Soumet. La Muse angélique. In Adieux poétiques, volume 2, Paris, Librairie Nouvelle, 1860, pp. 62-64.

7. Fondé en 1836 par le négociant André Martin Labbé, repris en 1838 par le négociant en fers André-Martin Labbé, puis en 1842 par le financier Eugène Sala, le Bazar Bonne-Nouvelle, dit Palais Bonne-Nouvelle, se situait à Paris aux nºˢ 18-20 de l'actuel boulevard de Bonne-Nouvelle. Après avoir accueilli en 1848 les révolutionnaires de février et les associations féministes, le Palais Bonne-Nouvelle a brûlé partiellement le 14 juillet 1849, puis brûlé totalement en 1899. Ensuite reconstruit, il a été démoli en 1930. Édifiée en 1953, une Poste s'élève désormais sur son emplacement.

8. Peccadille, in Le Français . 15 janvier 1883.

9. Recherches et dossier réalisés en 2015 par Yannis Suire.

Classé dans : Histoire Mots clés : aucun

1 commentaire

#1  - canelocas a dit :

Passionnant, l'itinéraire de Gabrielle Soumet et de sa fille.
A-t-on quelques informations sur la fin de vie de Marie Alexandrine Anna Beuvain Daltenheim, en religion sœur Marie Antoinette en Espagne?

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