Christine Belcikowski

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Quelques images de l'exposition Toulouse Renaissance

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Je ne vais jamais au musée des Augustins sans photographier d'abord, depuis le cloître, la petite Notre Dame de Grasse (fin du XV siècle) et, réfléchie par la vitre de la salle dans laquelle elle se tient, la cohorte de gargouilles qui lui font cortège.

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Dans les allées du cloître, les baies gothiques donnent à voir aux visiteurs du musée des images somptueusement déformées.

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Il y a des visages qui vous regardent, du haut des anciens chapiteaux.

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L'exposition se tient dans l'ancienne chapelle du couvent des Augustins. Impossible, quand on pousse la porte, de ne point céder à la fascination du regard mystérieux que nourissent, yeux fermés, les prophètes et les sybilles en terre cuite (1523) du sculpteur Jean Bauduy.

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Ci-dessus : détail d'un tableau, antérieur à 1860, sur lequel on voit, en haut à droite sur l'image, l'un des prophètes de Jean Beauduy dans le déambulatoire de la basilique Saint Sernin.

« Placés à l’origine dans le déambulatoire du chœur de la basilique Saint-Sernin, ces prophètes et sybilles furent délogés lors des travaux entrepris par Viollet-le-Duc à partir de 1860. Les prophètes prédisent la venue du Christ Sauveur, tandis que les sibylles annoncent les mystères joyeux ou douloureux de la vie du Christ. Si leur mise en couleurs brillante a disparu, ces sculptures n’ont rien perdu de la finesse de leur exécution, qui les a longtemps fait passer pour des masques mortuaires. Leur disposition d’origine, à 2,50 m du sol, explique leur inclinaison : elles sont légèrement penchées pour mieux s’adresser au fidèle ». (1)

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Voici comment on se représente Tholosa au XVIe siècle.

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Ci-dessus : détail des stalles réservées aux chanoines autour du chœur.

Inspirés par les figures de la mythologie gréco-romaine, les ébénistes de la Renaissance, dans le mobilier des églises, laissent libre cours à 'imagination d'êtres hybrides, mi-humains mi animaux.

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Ci-dessus : meuble orné de figures exotiques.

Christophe Colomb découvre les "Indes" en 1492. Montaigne, dans ses Essais, consacre un chapitre aux « Cannibales ». Les ébénistes contemporains intègrent dans leurs créations la figure de 'l'Indien".

Voici maintenant deux hommes importants du XVIe siècle toulousain.

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Ci-dessus : restauré en 1664 par possiblement Hilaire Pader (1617-1677), ancien portrait de Jean de Bernuy (Burgos, v. 1475 - Toulouse, 1556), principal représentant d'une famille castillane venue à Toulouse à la fin du XVe siècle, riche marchand pastelier qui a fait édifier, entre autres, l'hôtel de Bernuy.

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Ci-dessus : daté de la fin du XVIe siècle, portrait de Jean de Bertrand, ou Jean de Bertrandi (Toulouse, 1482 - Venise, 1560), membre important du Parlement de Toulouse, devenu ecclésiastique après son deuxième veuvage (1549) ; garde des sceaux en 1551, évêque de Saint-Bertrand de Comminges en 1555, puis archevêque de Sens en 1557, puis cardinal la même année.

Parmi les nombreuses pièces présentées dans l'exposition, je me suis bien sûr spécialement arrêtée devant les enluminures échappées à la destruction des antiphonaires de Philippe de Lévis, qui a été évêque de Mirepoix de 1497 à 1537.

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Ci-dessus : Maître de la lettrine au Saint Sébastien. Vision d'Isaïe. Circa 1510-1520. Texte du cartel correspondant : « Détachée d'un antiphonaire (disparu) sans doute commandé pour la cathédrale de Mirepoix, cette miniature représente la vision céleste du prophète Isaïe, émergeant au premier plan d'un paysage profond, la main levée pour se protéger des rayons de la figure divine. Le motif de feuillage doré de la lettrine montre une connaissance du vocabulaire ornemental de l'enluminure de la Renaissance italienne. »

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Ci-dessus : Maître de la lettrine au Saint Sébastien. Vision de Saint Paul. Circa 1510-1520. Texte du cartel correspondant : « Agencé au-devant d'une architecture de style Renaissance, rehaussée de panneaux de marbres colorés, le traitement de l'apôtre Saint Paul relève d'une même virtuosité picturale, visible dans le rendu des volumes et de l'espace et dans l'expression du personnage. »

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Ci-dessus : Antoine Olivier (connu de 1510 à 1537). Adoration de Mages (1333-1535) figurant dans l'un des antiphonaires de Philippe de Lévis. Texte du cartel accompagnant cette enluminure : « Dans une opulente initiale E, les mages qui entourent la Vierge sont tirés de modèles italiens. Une colonne rompue de sabre vert signe la fin du paganisme. Alors que le peintre fait preuve de son talent dans le rendu de l'espace, de la lumière et des volumes, la présence d'une mouche peinte en trompe-l'œil sur le tronc de l'arbre témoigne de son érudition : ce détail illusionniste est une citation de la fameuse mouche de Giotto, que celui-ci aurait placée sur le nez d'une figure que peignait Cimabue, son maître, qui aurait vainement tenté de la chasser. »

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Ci-dessus : Antoine Olivier. Pentecôte (1333-1535) figurant dans l'un des antiphonaires de Philippe de Lévis. Texte du cartel correspondant : « Dans cette lettre S élégamment fleurie, l'architecture classique devant laquelle se détachent la Vierge et les apôtres montre une profonde connaissance du répertoire renaissant. »

« L'auteur des enluminures du somptueux antiphonaire destiné à la cathédrale de Mirepoix, qui a suscité bien des hypothèses, est désormais identifié. Il s'agit d'Antoine Olivier, fils d'un peintre verrier toulousain ». Le cartel ne dit malheureusement pas comment les historiens de l'art sont parvenus à cette identification.

Voici encore l'enlèvement du petit Saint Étienne par le Diable, détail de la Naissance de Saint Étienne, très grande tapisserie commandée en 1532 pour la cathédrale Saint Étienne et créée par Jean Puechaut d'après un carton d'Antoine Olivier. Texte du cartel correspondant : « Dans un cadre architectural à l'antique, orné de trophées et de médaillons, plusieurs scènes figurent la naissance du Saint, son ondoiement, son enlèvement par le Diable et, à l'arrière-plan, le pieux ermite qui le recueille. »

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Ci-dessus : détails de la Naissance de Saint Étienne. Enlèvement du petit Saint Étienne par le Diable.

Voici maintenant une petite partie d'un très long plan de redressement du cours de l'Hers-Mort, tel qu'élaboré au XVIe siècle, jamais mis en œuvre au demeurant.

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Ci-dessus : situé à la hauteur de Merville (Haute-Garonne)saint, détail du plan de redressement du cours de l'Hers.

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Ci-dessus : détail du même plan ; repésentation du château dit le « Petit Paradis ».

Je me suis arrêtée aussi devant la Multiplication des pains, œuvre d'un anonyme languedocien, datée de 1556, ordinairement conservée au musée de Narbonne.

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Ci-dessus : détail de la Multiplication des pains.

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Ci-dessus : autre détail de la Multiplication des pains. Oh ! l'alignement des profils, et les yeux en amande !

L'exposition Toulouse Renaissace accorde une large place aux œuvres de Nicolas Bachelier (1487-1556), maître-maçon, ingénieur, architecte et sculpteur, actif au milieu du XVIe siècle, installé à la tête d'un important atelier.

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Ci-dessus : autre exemple de l'influence de l'antiquité gréco-romaine.

Le présent article fait état d'une promenade subjective. Tant d'autres pièces sont à voir dans l'exposition Toulouse Renaissance ! Cette exposition se termine hélas le 24 septembre 2018. Pardon pour les quelques points blancs ou éclairs bleus qui déparent certaines photos. Ils résultent des spots qui éclairent les vitrines. Le diable veut que, même au prix de diverses acrobaties, le photographe ne puisse pas toujours les éviter.

1. Musée des Augustins. Sculptures. Renaissance. Jean Bauduy.

À Mirepoix, l'ancien café du Centre

Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaire

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Ci-dessus : A. Faure. À Mirepoix, ancien café Rouan, dit café du Centre. Collection particulière.

Observez la guérite, au bout du Grand Couvert. À quoi servait-elle ? Quelqu'un s'en souvient-il ?

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Les deux mariages de Délia Clauzel et de Georges Schiff Giorgini. Seconde partie

Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaire

1. René Laforgue, Délia Laforgue, Georges Schiff Giorgini, de 1949 à 1945

En 1939, jugeant inéluctable la défaite de la France, René Laforgue tente de négocier auprès du Docteur Mathias Heinrich Göring, cousin du Maréchal Hermann Göring, la possibilité d'une future parution de la Revue française de psychanalyse sous la tutelle allemande, et celle d'une publication allemande de son dernier livre, La psychopathologie de l'échec. Il espère en effet voir son livre « reconnu sur l’une et l’autre rive du Rhin, lui, Français né Allemand, de sorte qu’il s’adresse symétriquement, afin d’en promouvoir le contenu, au Dr Göring à Berlin et à Jean Ballard à Marseille, l’éditeur des Cahiers du Sud ! » (1). D'après Paul Jury, jésuite et psychanalyste en son temps [un brin misogyne peut-être ?], Laforgue écoute trop Délia », qui le pousserait alors dans des voies « dangereuses » (2). Interrogée par Élisabeth Roudinesco après la mort de René Laforgue, Délia Laforgue mentionne « le fait que René Laforgue avait été sollicité pour participer aux activités de l’Institut psychanalytique de Berlin » (3). Quoi qu'il en soit, rendu suspect aux yeux des Nazis par son adhésion à la Ligue internationale contre le racisme, René Laforgue n'obtient rien du Docteur Göring, à Berlin. En 1942, il publie sa Psychpathologie de l'échec chez Jean Ballard, à Marseille, alors capitale de l'exode auquel se trouvent contraints nombre d'écrivains et d'artistes , qui, du fait de l'oppression totalitaire, « ne sont plus rien ». (4)

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En 1942, la réussite du couple que forment René Laforgue et Délia Clauzel-Laforgue se trouve couronnée par la naissance d'une petite fille. C'est pour René Laforgue, qui le désirait tant, son premier enfant. La fillette est hélas mongolienne. René et Délia Laforgue auront la douleur de la perdre en 1946. René Laforgue, qui « avait longtemps refusé de voir la fragilité de son enfant », gardera de cette disparition une « impression atroce » (5). Le couple adoptera par la suite une autre fillette. On ne dispose d'aucun renseignement sur cette adoption.

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Ci-dessus : maison du Docteur et de Madame Laforgue aux Chaberts, écart de Garéoult, près de La Roquebrussane, dans le Var.

À partir de 1942, repliés sur leur propriété des Chaberts, où ils avaient l'habitude d'accueillir des analysants dans le cadre d'un joyeux « club des piqués »  _ Françoise Dolto a pratiqué les vendanges de Garéoult —, René et Délia Laforgue ajoutent à ces "piqués" des Juifs et des réfractaires au STO. René Laforgue facilite le départ pour l'étranger d'Olivier Freud [fils de Sigmund Freud] et de Henny Fuchs, son épouse, et il dirige la cure d'Eva Freud, une des filles du couple, qui refuse de quitter la France. (6)

« Giorgini Schiff sera arrêté par les Allemands en septembre 1943, à la suite de l’armistice italien », dixit Patrick Modiano dans Un pedigree. (7)

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Ci-dessus : photographie du camp de de concentration de Flossenbürg, lors de sa libération le 23 avril 1945.

Comme indiqué par Patrick Modiano dans Un pedigree, notent Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, « Georges Schiff Giorgini est arrêté par les Allemands en 1943, à la suite de l’armistice italien. Il est alors déporté au camp de Flossenbürg, en Bavière ». Il ne cesse d’y rendre aux Français emprisonnés avec lui « de très grands services », précise le rapport établi en 1950 pour lui attribuer la légion d’honneur. »

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Ci-dessus : Archives nationales. Base Léonore. Cote : 19800035/718/81737. Georges Schiff Giorgini.

2. Georges Schiff Giorgini et Michela Giorgini, de 1946 à 1978

Libéré en 1945, Georges Schiff Giorgini reprend rapidement ses activités. En 1946, il épouse Michela Belmonte, 23 ans, née à Padoue le 30 octobre 1923, fille de Belisario Belmonte, officier, et de Gemma Lucchesi.

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Ci-dessus : Michela Belmonte en 1942. Université de Pise. Michela Schiff Giorgini.

« Homme d'une grande intelligence, de trente ans l'aîné de Michela, Georges Schiff Giorgini est à son écoute et saura l'accompagner, l'encourager, et lui donner les moyens financiers de réaliser ses rêves. En effet, la vie mondaine et effrénée qu'elle mène d'abord auprès de son mari à Paris, où elle rayonne de beauté et de charme, ne correspond pas à ce qu'elle recherche : elle aspire à une existence plus profonde, plus vraie. C'est alors qu'elle entreprend une série de voyages à travers le monde : l'Amérique, l'Afrique, l'Asie... de longs périples solitaires en quête du passé, préparés scrupuleusement sur tous les plans, tant archéologiques que philosophiques. C'est en Inde et surtout au Cambodge qu'elle sent naître en elle le sentiment qui va devenir une passion et une vocation dès le premier contact avec l'Égypte. »

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Ci-dessus : Michela Schiff Giordini en 1957. Université de Pise. Michela Schiff Giorgini.

« Quand l'appel irrésistible s'est fait sentir, au crépuscule, au pied du grand sphinx de Giza, j'ai tout abandonné pour le suivre... Après plusieurs séjours d'étude au pays des pharaons, Michela Schiff Giorgini décide de monter une mission de fouilles, encouragée et assumée financièrement par son mari. Elle entreprend, sous le patronage de l'université de Pise, une expédition à Soleb (Nubie soudanaise). » (8)

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Ci-dessus : xxx.

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Ci-dessus : Michela Schiff Giorgini dans les années 1960, à l'université de Pise. Université de Pise. Michela Schiff Giorgini.

De 1957 à 1977, Michela Schiff Giorgini viendra presque chaque année travailler à Soleb d'octobre à mars, et elle deviendra ainsi la célèbre dame de Soleb. Georges Schiff Giorgini, son mari, âgé alors de 70 ans, meurt le 15 décembre 1965, dans leur Villa des deux peupliers, à Neuilly.

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Ci-dessus : 15 décembre 1965. Décès de Georges Schiff Giorgini. Archives nationales. Base Léonore. Cote : 19800035/718/81737. Georges Schiff Giorgini.

En 1971, l'université de Pise décerne à Michela Schiff Giorgini le doctorat honoris causa.

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Ci-dessus : Michela Schiff Giorgini e il Rettore Ranieri Favilli in occasione del conferimento del diploma di Benemerito della scuola e della cultura (1976; Foto Frassi).Université de Pise. Michela Schiff Giorgini.

En 1977, Michela Schiff Giorgini s'installe au Soudan afin d'y mener à bien la publication de la totalité de ses travaux sur le temple de Soleb. Elle se retire ensuite en Espagne pour y achever son œuvre. À son départ du Soudan, son travail, son dévouement sont encore reconnus par la médaille d'or de la Science et de la Culture de la République du Soudan. À l'université de Khartoum, on lui remet le doctorat honoris causa. D'autres honneurs lui sont encore réservés : en Italie, commandeur du Mérite, médaille d'or du Mérite des Arts et des Lettres de l'université de Pise ; en France, chevalier de l'ordre national du Mérite, et chevalier de la Légion d'honneur. Michela Schiff Giorgini meurt d'une méningite fulminante à Benissa (Alicante), le 3 juillet 1978, à l'âge de 55 ans.

3. René Laforgue et Délia Laforgue, de 1946 à 1997

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Ci-dessus : René Laforgue.

En 1946, l'année où René et Délia Laforgue perdent leur petite fille, John Leuba, médecin et psychanalyste suisse, qui a été secrétaire de la Société psychanalytique de Paris en 1934, et qui, après la période d'interruption due à la guerre, succède cette année-là à René Laforgue à la présidence de cette société, accuse son prédécesseur d'avoir collaboré avec les Nazis. La conduite de René Laforgue pendant l'Occupation fait alors l'objet d'un procès en épuration devant le Conseil de l'Ordre. René Laforgue en sort acquitté faute de preuves. Françoise Dolto entre autres, l'une de ses analysantes, l'a soutenu. Jacques Lacan aussi. Et Délia Laforgue le défendra toujours bec et ongles. Mais il ne se remettra jamais d'une telle épreuve.

Certains des psychanalystes et historiens de la psychanalyse actuels considèrent que René Laforgue constitue un exemple vivant de sa La psychopathologie de l'échec. René Laforgue a probablement souffert, en tout cas, du sentiment d'une sorte d'illégimité d'origine. Il est né de parents qui, enfants illégitimes tous deux, n'ont pas obtenu l'autorisation de se marier à l'église. Premier disciple français de Freud, il s'est vu en 1927 détrôner par Marie Bonaparte, la Princesse Bonaparte, dans l'affection du Maître. Il a créé de nouveaux concepts psychanalytiques que le Maître a boudé ou refusé de valider. Né pauvre, ses confrères lui ont reproché de travailler à se faire une clientèle riche. Né Allemand, devenu Français en vertu de l'histoire tourmentée de son Alsace-Lorraine natale, il a pâti aux yeux de ses pairs de sa germanité originelle, trop facile à dénoncer dans le contexte de l'époque. Anti-communiste déclaré, hanté par la crainte de la menace que ferait peser l'impérialisme soviétique sur l'Europe occidentale, il compte dans le milieu psychanalytique nombre de détracteurs qui ont été « résistants, juifs en général, marqués par la clandestinité, par l’horreur du génocide qui a frappé leurs proches, et fortement engagés dans les réseaux organisés par le P.C.F. » (9)

Dans son Dictionnaire de psychanalyse, Elisabeth Roudinesco montre que, « si Laforgue fut maudit par le mouvement psychanalytique, ce fut moins en raison de sa prétendue collaboration avec l'ennemi, que pour sa pratique didactique, jugée transgressive et inadaptée aux normes de l'IPA (Association psychanalytique internationale). » (10)

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En 1947, René Laforgue publie encore aux éditions du Mont-Blanc un Talleyrand. L'homme de la France : essai psychanalytique sur la personnalité collective française, livre dans lequel il défend la lucidité et l'opportunisme politique de Talleyrand.

En 1948, recrus d'épreuves, « la situation très confuse de l’après-guerre, plus un deuil familial (nous avions perdu notre petite fille en 1946)... » (11), René et Délia Laforgue décident de partir au Maroc, pays avec lequel Délia a des liens familiaux, où Madeleine Louise Marie Henriette Thomas, sa mère, possède un domaine près de Camp Marchand (aujourd'hui Rommani), à une dizaine de kilomètres de Rabat, et où l'un de ses frères, conseiller chérifien, est un commensal de la famille royale.

Le couple Laforgue s'installe à Casablanca, avenue du Vélodrome, dans la villa La Clarté, proche de celle de Madame Desmarais, riche héritière des établissements Félix Potin et des pétroles Desmarais Frères d'Alsace. Cette ancienne patiente et amie des Laforgue contribue par la suite à la construction d'un superbe Institut psychanalytique, situé entre les deux villas, institut dans lequel René Laforgue officiera désormais, en compagnie d'autres praticiens, embrassant ici le statut de pionnier de la psychanalyse en terre d'Islam. » (12)

En 1950, René Laforgue se rend au premier congrès mondial de la psychiatrie (Paris), et il profite de la tribune pour dénoncer « le fanatisme des sociétés psychanalytiques ». Dans cette dénonciation, il ne se trouve pas isolé. « Les particularités de sa pratique, jugée depuis l’origine peu ” orthodoxe ” — Laforgue poursuit des relations sociales avec ses étudiants en analyse —, ont contribué à former autour de lui un cercle de partisans résolus à le défendre. Françoise Dolto et Juliette Favez-Boutonier sont d’anciens membres de ce « Club des piqués »que formaient ses analysés lors des vacances psychanalytiques passées en commun aux Chaberts. Les liens transférentiels considérables qui ont été ainsi tissés déterminent des blessures narcissiques considérables chez ceux qui assistent à la déconsidération, à l’opprobre même qui atteint l’image idéalisée de leur analyste. » (13)

En 1953, consommant ainsi sa rupture avec la génération psychanalytique dont il est issu, René Laforgue démissionne de la Société psychanalytique de Paris (SPP) pour adhérer à la nouvelle Société française de psychanalyse (SFP). Françoise Dolto et Juliette Favez-Boutonier, entre autres, le suivent.

À l'Institut psychanalytique de Casablanca ainsi qu'à la villa La Clarté, où René Laforgue reçoit comme toujours de nombreux disciples, Délia Laforgue continue de soutenir activement son mari. Claude Igert, médecin militaire qui a fait partie des disciples en question, porte ici témoignage :

« Ceux d’entre nous qui furent accueillis à la villa La Clarté, savent combien madame Laforgue participait activement et avec quelle distinction, aux tâches multiples de son mari, sachant créer autour de lui le climat propice aux échanges fructueux, qu’elle animait de sa vivacité d’esprit, et enrichissait de sa grande culture. Collaboratrice spécialement éclairée par son expérience psychanalytique personnelle, elle offrait au Docteur Laforgue cette chance très rare d’avoir à ses côtés un témoin intime de ses pensées et de ses problèmes les plus techniques, capable de discuter, comme de mettre au point avec lui, la rédaction de ses ouvrages. » (14)

Nanti d'une riche patiente européenne, René Laforgue, dans les années 1950, fait sur ce point-là encore l'objet de vives critiques de la part de ses rivaux de la Société psychanalytique de Paris. La plupart d'entre eux réprouvent sa conception et sa pratique d'une psychiatrie qu'ils jugent de type essentialiste, par là différentialiste, partant, colonialiste ou néo-colonialiste. Interrogée sur cette question, Délia Laforgue, non sans naïveté, répondra à Élizabeth Roudinesco en ces termes :

« Mon mari était très intéressé par la psychologie arabe et le super-ego arabe. Cela lui a permis de beaucoup élargir ses conceptions sur cette question. Il a eu, dit-elle, plusieurs Arabes en traitement. » (15)

René Laforgue partage en effet avec plusieurs de ses confrères installés au Maroc, dont C.A. Pierson, le concept de « super-ego » variable selon les races ou les peuples, désignant ici « un déterminisme profond, collectif et religieux, qui, dépassant l’individu, commanderait ses actes. Aucun rationalisme, aucune dialectique matérialiste ne saurait ébranler totalement ces fondations souterraines, ces archétypes structuraux, sur lesquels s’échafaudent les superstructures les plus modernes en apparence » (16). La validité conceptuelle de ces « archétypes structuraux » fera plus tard l'objet de nombreux débats entre analystes jungiens et analystes freudiens. (17)

On sait, dit par exemple A. Gibeault, tenant de la théorie jungienne, que « Freud et Jung n’étaient pas si éloignés l’un de l’autre par la nécessité de fonder l’universalité de la vie psychique sur une structure universelle : de ce point de vue, le recours freudien aux fantasmes originaires et l’hypothèse jungienne de l’inconscient collectif répondent à la même exigence épistémologique. Freud a toujours insisté sur la primauté du sexuel au sens de la sexualité infantile. [...]. Mais la théorie des archétypes jungiens est plus générale que celle des fantasmes originaires, car elle entend décrire le fonctionnement psychique sans donner de primauté à la sexualité infantile » (18). Sans être un tenant de la théorie jungienne, René Laforgue a soutenu de longue date, et plus encore dans ses années marocaines, la primauté des archétypes structuraux de l'inconscient collectif sur celle des fantasmes originaires de la sexualité infantile.

En 1956, la déclaration d'indépendance duMaroc suscite chez les Laforgue une angoisse quasi paranoïaque, analogue à celle que leur avait inspirée le péril rouge au lendemain de la guerre de 1939-1945. Ils décident alors de rentrer en France. Ils s'installent cette au Plan-de-Grasse cette fois, et plusieurs membres de « la bande marocaine à Laforgue »  les y rejoignent. Peu ou prou désengagé de la Société française de psychanalyse, René Laforgue poursuit là sa pratique habituelle, lit, écrit, mais ne publie plus.

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Ci-dessus : René Laforgue circa 1960.

Le 1er mai 1961, René Laforgue écrit à Marie Bonaparte pour lui dire qu'il a conservé et mis à l'abri les lettres qu'il a reçues d'elle, et de Freud également :

« Vos lettres sont retrouvées et en sécurité avec celles de Freud. Ce n'est pas sans une certaine émotion que je les ai relues. Elles me rappellent une époque où candidement je croyais que la psychanalyse pouvait rendre les hommes meilleurs. Si j'arrive à vous écrire avec un certain détachement c'est que je ne compte plus sur la reconnaissance de ceux à qui j'ai essayé de rendre service. Plus nous croyons savoir ce que nous faisons, plus me semble-t-il, nous sommes ignorants des motifs qui nous font agir. » (19)

En 1962, René Laforgue, qui souffre de problèmes de santé, retourne à Paris avec son épouse afin d'y bénéficier de meilleurs soins. Le couple réside dès lors au 62 bis de la rue de la Tour (XVIe arr.), dans l'immeuble dont Délia, après son divorce de 1937, a conservé la propriété ou la jouissance. Le 6 mars 1964, René Laforgue meurt des suites d'une intervention chirurgicale.

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Ci-dessus : 6 mars 1964. Décès de René Joseph Laforgue. Archives nationales. Base Léonore. Cote : 19800035/380/51012. René Joseph Laforgue.

Après la mort de son mari, Délia Laforgue s'installe à Genève avec sa fille adoptive. Là, elle se consacre à la publication des œuvres complètes de René Laforgue aux éditions Mont Blanc (Genève), « non sans avoir procédé aux remaniements et aux corrections qu’il avait eu lui-même l’intention d’apporter à son œuvre », selon les dires mêmes de l’éditeur (20).

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Le 9 novembre 1997, Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette Clauzel, dite Délia, meurt à Genève à l'âge de 88 ans.

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Ci-dessus : 9 novembre 1997. Décès de Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette Clauzel, dite Délia. État-civil de Paris. Naissances. 1909. XVIe arrondissement. 16 16N 101_C. Vue 10.

4. Ellis Schiff Giordini en 2003

Le 15 septembre 2003, Ellis Schiff Giorgini formule auprès du tribunal chargé du règlement des litiges relatifs aux biens des victimes de l'holocauste une requête en hérédation du compte de Delia Schiff-Giorgini, sa mère. Voici la sentence rendue par ce tribunal (21). [N.D.R. La sentence se trouve assortie de la mention suivante : « All awards are published, but where a claimant has requested confidentiality, as in this case, the names of the claimant, any relatives of the claimant other than the account owner, and the bank have been redacted ». « Tous les montants sont publiés, mais lorsqu'un requérant a demandé la confidentialité, comme en l'espèce, les noms du demandeur, des membres de la famille du demandeur autres que celui du propriétaire du compte et de la Banque ont été expurgés ». Comme toutes les personnes en question se trouvent nommées dans les deux articles que je consacre à Délia Clauzel, j'ai pris la liberté de rétablir les noms de ces personnes dans la traduction française de la sentence.].

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Ci-dessus : Claims Resolution Tribunal. In re Holocaust Victim Assets Litigation. Case No. CV96-4849.

« The Claimant submitted a Claim Form identifying the Account Owner as his mother, [REDACTED] (also known as Delia) Schiff-Giorgini, née [REDACTED], who was born on 15 May 1909 in Paris, France, and was married to [REDACTED] (also known as [REDACTED]) Schiff-Giorgini on 12 March 1928 in Paris. The Claimant stated that his parents were divorced on 11 February 1937, and that his mother remarried on 23 June 1939 in Paris, to [REDACTED]. According to the Claimant, his mother, who was Jewish, was a housewife who resided in Paris until 1931 at 1 rue de Buenos Aires, and subsequently at 62 rue de la Tour until 1939. The Claimant stated that his mother fled at the beginning of the Second World War to the town of Gareoult in the south of France, where she remained in hiding from the Nazis until 1945, whereupon she returned to Paris. The Claimant further stated that his mother died on 9 November 1997 in Geneva, Switzerland. In support of his claim, the Claimant submitted extracts of his mother’s birth and marriage certificates, which indicate that she resided in Paris, France and that she was married to [REDACTED]; an extract of his own birth certificate; an excerpt from Les Maréchaux de la Revolution et de la Monarchie de Juillet: Leur Familie et Leur Descendance (The Marshals of the Revolution and the July Monarchy: Their Families and Their Descendants), 2 indicating that [REDACTED] is the son of [REDACTED] and [REDACTED] (also known as Delia) [REDACTED], who was married to [REDACTED] until 1937; and an excerpt from Who’s Who in France (fifth edition), indicating that [REDACTED] married Mlle. (Miss) Delia [REDACTED] on 12 March 1928. The Claimant indicated that he was born on 17 December 1931 in Paris. »

« Le requérant présente un formulaire de réclamation, identifiant le propriétaire du compte comme étant sa mère, [Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette] (également connue sous le nom de Delia) Schiff-Giorgini, née [Clauzel], qui est née le 15 mai 1909 à Paris, en France, et a été mariée à [Giorgio] (aussi connu sous le nom de [Georges]) Schiff-Giorgini le 12 mars 1928 à Paris. Le requérant a déclaré que ses parents ont divorcé le 11 février 1937 et que sa mère s'est remariée le 23 juin 1939 à Paris, avec [René Joseph Laforgue]. Selon le requérant, sa mère, qui était juive [!], était une femme sans profession qui a résidé à Paris jusqu'à 1931 au 1 rue de Buenos Aires, puis au 62 rue de la tour jusqu'au 1939. Le requérant a déclaré que sa mère a fui au début de la seconde guerre mondiale à Garéoult, dans le sud de la France, où elle est restée cachée aux Nazis jusqu'en 1945, après quoi elle est retournée à Paris [!]. Le requérant ajoute que sa mère est décédée le 9 novembre 1997 à Genève (Suisse). À l'appui de sa réclamation, le requérant présente des extraits des certificats de naissance et de mariage de sa mère, qui indiquent qu'elle a résidé à Paris, en France, et qu'elle a été mariée avec [Georges Schiff Giorgini] ; un extrait de son propre acte de naissance ; un extrait des (les maréchaux de la révolution et la monarchie de juillet : leurs familles et leurs descendants, indiquant que [Ellis Schiff Giorgini] est le fils de [Georges Schiff Giorgini] et de [Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette] (également connue sous le nom de Delia) [Clauzel], qui a été mariée à [Georges Schiff Giorgini] jusqu'à 1937 ; et un extrait du Who's Who en France (cinquième édition), indiquant que [Georges Schiff Giorgini] a épousé Mlle Delia [Clauzel] le 12 mars 1928. Le requérant indique qu'il est né le 17 décembre 1931 à Paris. »

On remarque ci-dessus que la déclaration de Ellis Schif Giorgini, seul survivant en 2003 de la famille Schiff Giorgini-Clauzel, comporte des erreurs, des approximations et des omissions étonnantes.

Délia Clauzel-Laforgue, arrière-arrière petite-fille du très ariégeois Maréchal Clauzel, n'était pas juive, mais divorcée depuis 1937 de Georges Schiff Giorgini, juif de nationalité italienne. En 1940-1941, Délia Clauzel-Laforgue n'a pas fui à Garéoult pour s'y cacher des Nazis jusqu'en 1945. C'est René Laforgue, son mari, qui, membre de la Ligue internationale contre le racisme jusqu'en 1939, a jugé préférable de s'y réfugier. Après 1945, Délia Clauzel-Laforgue et René Laforgue sont bien retournés pour quelque temps à Paris ; mais ils se sont ensuite installés au Maroc, où ils ont vécu jusqu'en 1956. Après 1964, Délia Clauzel-Laforgue s'est retirée à Genève avec sa fille adoptive. Qu'est devenue depuis 1997, cette fille adoptive dont Ellis Schiff Giogini ne mentionne pas l'existence ? À noter que celle-ci est peut-être décédée, puisque « the CRT notes that there are no other claims to this account », le Claims Resolution Tribunal note qu'il n'y a pas d'autre requérant pour ce compte.

Que faut-il penser de la déclaration d'Ellis Schiff Giorgini, en particulier de l'allégation selon laquelle « sa mère était juive » ? Que faut-il penser du recours au Claims Resolution Tribunal, « in re Holocaust Victim Assets Litigation » ?

« The CRT concludes that the Claimant has plausibly identified the Account Owner. »

Le CRT conclut que le requérant a plausiblement identifié le propriétaire du compte.

« The CRT also notes that the name Schiff-Giorgini appears only once on the February 2001 published list of accounts determined by the Independent Committee of Eminent Persons Investigation (“ICEP” or the “ICEP Investigation”) to be probably or possibly those of Victims of Nazi Persecution. »

Le CRT note aussi que le nom Schiff-Giorgini n'apparaît qu'une seule fois sur la liste des comptes publiée le 2001 février, liste déterminée par le Comité indépendant d'investigation des personnalités éminentes (« ICEP » ou « enquête ICEP ») comme étant probablement ou peut-être celles de Victimes de persécutions nazies.

« The Claimant has made a plausible showing that the Account Owner was a Victim of Nazi Persecution. The Claimant stated that the Account Owner was Jewish, and that she was forced to go into hiding in southern France in order to escape the Nazis. »

Le requérant a fait la démonstration plausible de ce que le propriétaire du compte était une victime de persécution nazie. Le prestataire a déclaré que le propriétaire du compte était juif et qu'elle a été forcée de se cacher dans le sud de la France pour échapper aux nazis.

« The Claimant has plausibly demonstrated that the Account Owner is his mother by submitting documents including an excerpt from Les Maréchaux de la Revolution et de la Monarchie de Juillet: Leur Familie et Leur Descendance (The Marshals of the Revolution and the July Monarchy: Their Families and Their Descendants), indicating that the Claimant is the son of [REDACTED] and [REDACTED] (also known as Delia) [REDACTED], who was married to [REDACTED] until 1937. »

Le requérant a fait la plausible démonstration de ce que le propriétaire du compte est sa mère, en présentant des documents dont un extrait des Maréchaux de la Révolution et de la monarchie de Juillet : leur famille et leur descendance indiquant que le requérant est le fils de [Georges Schiff Giorgini] et [Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette] (connue aussi sous le nom de Delia) [Clauzel], qui a été mariée avec [Georges Schiff Giorgini] jusqu'à 1937.

« The Bank’s records indicate that the account was closed to fees by the Bank. »

Les registres de la Banque indiquent que le compte a été fermé par la Banque.

« The CRT has determined that an Award may be made in favor of the Claimant. First, the claim is admissible in accordance with the criteria contained in Article 18 of the Rules Governing the Claims Resolution Process, as amended (“the Rules”). Second, the Claimant has plausibly demonstrated that the Account Owner was his mother, and that relationship justifies an Award. Finally, the CRT has determined that neither the Account Owner nor her heirs received the proceeds of the claimed account. »

Le CRT a conclu qu'une sentence peut être rendue en faveur du requérant. Premièrement, sa requête est recevable, car conforme aux critères énoncés dans l'article 18 des règles régissant le processus de règlement des réclamations (règlement amendé). Deuxièmement, le requérant a plausiblement démontré que le propriétaire du compte était sa mère et que ce lien de parenté justifie ladite sentence. Enfin, le CRT a déterminé que ni le propriétaire du compte ni ses héritiers n'ont reçu le produit du compte revendiqué.

« Pursuant to Article 29 of the Rules, when the value of an account is unknown, as is the case here, the average value of the same or a similar type of account in 1945 is used to calculate the current value of the account being awarded. Based on the ICEP investigation, in 1945 the average value of an account of unknown type was 3,950.00 Swiss Francs. The current value of this amount is calculated by multiplying it by a factor of 12.5, in accordance with Article 31(1) of the Rules, to produce a total award amount of 49,375.00 Swiss Francs. »

En vertu de l'article 29 des règles, lorsque la valeur d'un compte est inconnue, comme c'est le cas en l'espèce, la valeur moyenne dudit compte, ou d'un type de compte similaire en 1945, est utilisée pour calculer la valeur actuelle du compte concerné. Sur la base de l'enquête ICEP, en 1945, la valeur moyenne d'un compte de type inconnu était de 3 950,00 francs suisses. La valeur actuelle de ce montant est calculée en la multipliant par un facteur de 12,5, conformément à l'article 31, paragraphe 1, des règles, de telle sorte qu'on obtient un montant total de 49 375,00 francs suisses.

« The Claimant should be aware that, pursuant to Article 20 of the Rules, the CRT will carry out further research on his claim to determine whether there are additional Swiss bank accounts to which he might be entitled, including research of the Total Accounts Database (consisting of records of 4.1 million Swiss bank accounts which existed between 1933 and 1945). »

Le requérant doit savoir que, conformément à l'article 20 du règlement, le CRT procédera à d'autres recherches sur sa réclamation afin de déterminer s'il existe d'autres comptes bancaires suisses auxquels il pourrait avoir droit, et que ces recherches seront étendues à la base de données constituée des registres des 4,1 millions de comptes bancaires suisses qui existaient entre 1933 et 1945.

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En 2003, montant de l'ancien compte bancaire de Délia Clauzel : 49,375.00 Swiss Francs, soit 43 868.82 Euros. Le déblocage de ce compte-là vaut peut-être bien, de la part d'Ellis Schiff Giorgini, quelques omissions ou approximations...

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1. Nils Gascuel. Dans le Midi de Lacan. Le mouvement psychanalytique dans le midi de la France. Chapitre 13 : Le double jeu de Laforgue, p. 156. Éditions Érès. 2016.

2. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, p. 353. Éditions Érès.

3. Élisabeth Roudinesco et Michel Plon. Dictionnaire de la psychanalyse. Seconde édition, p. 616. Éditions Fayard. 2000.

4. Cf. Nils Gascuel. Dans le midi de Lacan. Chapitre 5 : « Marseille, capitale européenne de la culture 1940 », p. 60 sqq.

5. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, p. 339.

6. Anna Freud deviendra, elle aussi, psychanalyste.

7. Patrick Modiano. Un pedigree, p. 19. Gallimard. Coll. Folio. 2011.

8. Nathalie Beaux. Michela Schiff Giorgini. La dame de Soleb.

9. Alain de Mijolla (1996). « La scission de la Société Psychanalytique de Paris en 1953, quelques notes pour un rappel historique ». In Cliniques méditerranéennes, p. 9-30. 1996.

10. Élisabeth Roudinesco et Michel Plon. Dictionnaire de la psychanalyse. Seconde édition, p. 616.

11. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, p. 408.

12. Cf. Alain de Mijolla. La France et Freud. Tome 1. « 1946-1953 : Une pénible renaissance ». PUF. 2012.

13. Mijolla Alain de (1996). La scission de la Société Psychanalytique de Paris en 1953, quelques notes pour un rappel historique. In « Cliniques méditerranéennes ». 1996. Nº 49-50, p. 9-30.

14. Délia aide son mari. Jalil Bennani. « Psychanalyse en terre d'Islam

15. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, p. 408.

16. C.A. Pierson. « Paléophrénie réactionnelle. Psychopathologie de l’impulsion morbide en milieu Nord-Africain ». Maroc médical, avril 1954, p. 646. Cité par Jalil Bennani in Psychanalyse en terre d'Islam, p 23.

17. Cf. Christian Gaillard, etc. « Archétypes et/ou fantasmes originaires. Une rencontre et un débat entre analystes freudiens et analystes jungiens ». In Cahiers jungiens de psychanalyse 2011/1 (n° 133).

18. Ibidem.

19. Lettre citée par Alain de Mijolla in La France et Freud T.2 1954-1964 : D'une scission à l'autre. Année 1961. PUF. 2012.

20. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, p. 402.

21. Classé dans : Philosophie, Histoire Mots clés : aucun

Les deux mariages de Délia Clauzel et de Georges Schiff Giorgini. Première partie

Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaire

En 2005, dans Un pedigree, récit en forme « de constat ou de curriculum vitae », écrit, dit-il, pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne », Patrick Modiano évoque la personne de Georges Schiff Giorgini, banquier et homme d'affaires italien avec qui Albert Modiano (1912-1977), son père, a entretenu des relations mystérieuses.

« Les autres relations de mon père sous l’Occupation, du moins celles que je lui connais : un banquier italien, Georges Giorgini-Schiff et son amie Simone qui se mariera plus tard avec le propriétaire du Moulin-Rouge, Pierre Foucret. Giorgini-Schiff avait ses bureaux 4 rue de Penthièvre. Mon père lui a acheté un très gros diamant rose, la « croix du Sud » qu’il tentera de revendre après la guerre, quand il n’aura plus un sou. » (1)

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Ci-dessus : palazzo Giorgini à Pise.

Né le 14 janvier 1895 à Pise, fils de Roberto Schiff, éminent chimiste, professeur à l'université de Pise, descendant d'une famille juive anciennement venue d'Allemagne, et de Matilde Giorgini, descendante par son père de l'illustre famille Paleologo, et par sa mère de l'illustre écrivain Alessandro Manzoni (2), Georges Schiff Giorgini, comte Paleologo, est un banquier et administrateur de sociétés richissime.

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1. Le Gaulois : littéraire et politique. 29 mars 1928.

Le 12 mars 1928, Georges Schiff Giorgini épouse à Cimiez (Alpes-Maritimes) Mademoiselle Délia Clauzel, fille du comte Clauzel, ministre plénipotentiaire, et de la comtesse, née Bomberghem.

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Ci-dessus : 15 mai 1909. Naissance de Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette Clauzel. État-civil de Paris. Naissances. 1909. XVIe arrondissement. 16 16N 101_C. Vue 10.

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Née le 15 mai 1909 à Paris, Marie Louise Adélaïde Jeanne Henriette Clauzel, dite Délia, est l'arrière-arrière petite-fille du Maréchal Clauzel, né à Mirepoix (Ariège). Âgée de 19 ans lors de son mariage avec Georges Schiff Giorgini, mère de Robert Georges Bertrand Guy Schiff Giorgini le 30 septembre 1928, puis d'Ellis Schiff Giorgini le 17 décembre 1931 (3), Délia Clauzel devient dans le même temps une figure de la vie parisienne, arbitre de toutes les élégances. Georges Schiff Giorgini, son mari, développe, 4 rue de Penthièvre (XVIIIe arr.), ses activités de président directeur général des sociétés suivantes : Société générale foncière (1919-1939); Société générale foncière (1939-1970); Financière et industrielle des pétroles S.A. (ex-Malopolska) ; Société générale foncière-AEF et AFN, dont Albert Modiano administrera la branche marocaine à partir des années d'Occupation(4).

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Ci-dessus : à Paris, vue du 62 rue de la Tour aujourd'hui.

Le couple Schiff Giorgini réside 1 rue de Buenos Aires (VIIe arr.) jusqu'en 1931, puis 62 rue de la Tour (XVIe arr.). Il séjourne également à la Villa Giorgini, sise à Piazza Montignoso, en Toscane.

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Ci-dessus : Villa Giorgini à Piazza Montignoso, en Toscane. Art Tribune.

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Ci-dessus : Délia Clauzel en 1928. Vogue. Octobre 1928.

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Ci-dessus : en juin 1929, à l'occasion du tournoi international de polo de Vienne, Monsieur et Madame Schiff Giorgini. Ambassades et consulats : revue de la diplomatie internationale. Juin 1929.

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Ci-dessus : Madame Schiff Giorgini, née Délia Clauzel, prix d'excellence au concours d'élégance en automobile du dimanche 20 juillet 1930 à La Baule. Delage 23 C.V. L'Ouest-Éclair. 24 juillet 1930.

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Ci-dessus : en janvier 1932, M. et Mme Schiff Giorgini ont donné un dîner suivi d'une soirée des plus réussies. Le Figaro : journal non politique. 24 janvier 1932.

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Ci-dessus : Madame Schiff Giorgini, née Délia Clauzel, en 1934. Photo Horst P. Horst pour Vogue. 15 mars 1934. Conde Nast Collection. 592324931.

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Ci-dessus, à droite sur l'image : en mars 1934 à Zurs, dans les Alpes tyroliennes, Madame Schiff Giorgini. Vogue. Mars 1934.

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Ci-dessus : « Van Cleef et Arpels ont lancé, voici un an, au lieu de l'éternel sac du soir, une boîte métallique, nette, nue, sans poignée. À cause de la matière, des pierres, du travail, c'est un bijou précieux aussi bien qu'un accessoire pratique. Ils l'ont appelée Minaudière parce qu'elle favorisait les gestes de la coquetterie. En 1935, Madame Schiff Giorgini, dans une large robe de Piguet en plumetis blanc et faille verte, paraît d'autant plus menue qu'elle manie sa Minaudière C'est un chef-d'œuvre de Van Cleef et Arpels, en émail, laque noire et or, orné d'un motif de diamants. Une amusante petite montre est dissimulée dans l'épaisseur, on peut la tirer pour consulter l'heure. À l'intérieur, d'émail noir et d'or également, se logent les accessoires ». Vogue. Juin 1935.

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Ci-dessus, de gauche à droite sur l'image : en 1935, au club de ski de Corviglia, Madame Sokal, le docteur Sangro, président du club et Madame Schiff Giorgini. Vogue. 1935.

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Ci-dessus : René Laforgue, dans les années 1930.

Le 11 février 1937, Georges Giorgini et Delia Clauzel divorcent. Le 28 juin 1839, Delia Clauzel se remarie avec René Joseph Laforgue, né le 5 novembre 1894 à Thann (Haut-Rhin), médecin psychiatre qui est depuis deux ans son psychanalyste, et qui a été de 1932 à 1937, celui de Françoise Dolto.

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Ci-dessus : 5 novembre 1894 . Naissance de René Joseph Laforgue. Archives nationales. Base Léonore. Cote : 19800035/380/51012. René Joseph Laforgue.

Après avoir étudié la médecine à Berlin et soutenu en 1919 à Paris une thèse consacrée à à « l'affectivité dans la schizophrénie », René Laforgue déploie une activité de pionnier de la psychanalyse. Cepdant qu'il noue des liens avec Freud à Vienne, et aussi avec les psychanalystes de Berlin, il crée en 1926 avec René Allendy et Édouard Pichon la Société psychanalytique de Paris, dont il devient le président. En 1927, il participe à la fondation de la Revue française de psychanalyse, impulsée par Marie Bonaparte. Il publie entre 1924 et 1939 La Psychanalyse et les névroses (en collaboration avec René Allendy) (1924) ; L'Échec de Baudelaire (1932) ; Misère de l'homme (1932) ; Clinique psychanalytique : conférences faites à l'institut de psychanalyse de Paris (1936). Adhérent à la Ligue internationale contre le racisme, il est membre de son Comité directeur jusqu'à la guerre de 1939. Attiré par les relations brillantes, il bénéficie d'une clientèle importante, qui lui a permis de s'affranchir de la pauvreté de sa jeunesse.

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Ci-dessus : mentions portées en marge de l'extrait de naissance de René Joseph Laforgue. Archives nationales. Base Léonore. Cote : 19800035/380/51012. René Joseph Laforgue.

Marié le 20 mai 1922, à Strasbourg, avec Paulette Marthe Erikson [Erichson], qui devient également analyste, René Laforgue la quitte en 1938 pour épouser Délia Clauzel le 23 juin 1939. « Le mariage avec sa seconde épouse, déjà divorcée et qui fut son analysante, fit scandale dans le groupe parisien auquel il appartenait. La famille Freud prit parti pour la première épouse, notamment Anna qui était son amie » (5). « Délia Clauzel était issue de la grande bourgeoisie de droite et passionnée d'orientalisme et d'ésotérisme » (6). Épouse de Georges Schiff Giorgini, président directeur général de sociétés basées au Maroc, sœur de Louis Bertrand Clauzel (1908-1992), ministre plénipotentaire auprès du roi du Maroc, elle nourrissait une curiosité toute particulière des mœurs et des coutumes du royaume chérifien. « À travers elle, René Laforgue s'éloigna du freudisme classique pour se tourner vers des interrogations spiritualistes » (7). Mais dès 1932, le livre Misère de l'homme, marquait déjà pour René Laforgue « le point de départ de la lutte douloureuse et tragique qu'il soutiendra contre ses confrères trente années durant. « Son itinéraire professionnel est marqué par une lutte permanente contre l’orthodoxie médicale et par une ambition acharnée. » (8)

1. Patrick Modiano. Un pedigree, p. 19. Gallimard. Coll. Folio. 2011.

2. Alessandro Manzoni (Milan, 1785-1873, Milan) est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l'un des plus importants écrivains italiens. Son roman Les Fiancés, en italien I promessi sposi, constitue l’un des écrits majeurs de la littérature italienne en tant qu'œuvre la plus représentative du Risorgimento et du romantisme italien, et œuvre qui a eu en tant que telle une grande influence sur la définition d'une langue nationale italienne. Alessandro Manzoni est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé. Il est sénateur du royaume de Sardaigne, de 1860, en plein Risorgimento, à 1861, date de la création du royaume d'Italie après l'unification de la péninsule.

3. Robert Georges Bertrand Guy Schiff Giorgini, associé aux affaires africaines de son père, épouse Jacqueline des Roys d'Eschandelys (1934-2006). Le 22 mai 1967, l'Assemblée de la Société générale foncière ratifie sa nomination au poste d'administrateur. Cf. Journal de Genève, p. 4. 29 mai 1964. Guy Schiff Giorgini mourra à l'âge de 55 ans le 19 octobre 1983 à Neuilly. Ellis Schiff Giorgini épouse Maria Milos, puis Danièle Mazerm, dont il aura deux enfants. Le 24 mai 1967, il est nommé, lui aussi, administrateur de la Société générale foncière. Cf. Journal de Genève, p. 6. 24 mai 1967.

4. Cf.Les entreprises coloniales françaises ; Société générale foncière (1919-1939) ; Les entreprises coloniales françaises. Société générale foncière (1939-1970) ; Les entreprises coloniales françaises. Française industrielle et commerciale des pétroles, puis Financière et industrielle des pétroles. ; Les entreprises coloniales françaises. Société générale foncière. Afrique équatoriale française et Afrique du Nord ; Les entreprises coloniales française. Modiano (Albert) (1912-1977).

5. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, pp. 338-339. Éditions Érès. 2000.

6. Élisabeth Roudinesco et Michel Plon. Dictionnaire de la psychanalyse, p. 616. Troisième édition. Fayard. Fayard. 2006

7. Jalil Bennani. Psychanalyse en terre d'Islam, pp. 338-339. Éditions Érès. 2000.

8. Ibidem.

Classé dans : Histoire Mots clés : aucun

Un certain Denis Cresson Testut...

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Ci-dessus : 26 août 1744. Baptême de Denis Testut. Archives dép. de l'Aude. Castelnaudary (1742-1746). Document 100NUM/AC76/GG59. Vue 116.

Le 26 août 1744, à Castelnaudary, Jean Testut, maçon, et Françoise Malric [Amalric] font baptiser un petit Denis Testut, qui pour parrain, Denis Testut, son grand-père, et pour marraine Marguerite Malric, sa tante. Denis Testut, le parrain, lui seul, a signé.

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Ci-dessus : 11 février 1766. Mariage de Denis Testut et d'Angélique Olivier. Archives dép. de l'Aude. Castelnaudary (1765-1768). Document 100NUM/AC76/GG65. Vue 68.

Le 11 février 1766, toujours à Castelnaudary, Denis Testut, maçon, qui est âgé maintenant de 21 ans, épouse Angélique Olive, 20 ans, fille de Jean Pierre Olive, ménager, et d'Anne Brousses, tous deux de la paroisse de Pieusse (Aude). Denis Testut, le marié, a signé.

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Ci-dessus : 6 juin 1767. Mariage de Denis Testut et d'Angélique Olivier. Archives dép. de l'Aude. Castelnaudary (1765-1768). Document 100NUM/AC76/GG65. Vue 126.

Le 6 juin 1767, toujours à Castelnaudary, Denis Testut, maçon, et Angélique Olive font baptiser un petit Jean Testut, qui a pour parrain Jean Testut, maçon, son grand-oncle, et pour marraine Anne Olive, épouse de Jean Bouscasse, marchand ferrant, sa grand-tante. Denis Testut, père de l'enfant, et Jean Testut, le parrain, ont signé.

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Ci-dessus : Mirepoix. Vue générale.

Le 14 août 1792, à Mirepoix, Jean Testut, coutelier, épouse Marianne Arcidet [Arcizet], veuve de Pierre Prats, meunier originaire de Castelreng (Aude) ; fille de Jean Pierre Arcizet, cordonnier, consul en 1788, et d'Anne Blanchard (1). Le 5 brumaire an II (26 octobre 1793), dans la demeure du Citoyen Louis Astre, perruquier, sous les couverts de la place, section A nº 200 (couvert du Midi), Marianne Arcizet met au monde un petit Denis Testut (2), qui décède le lendemain (3). Elle meurt à son tour dans la demeure du citoyen Astre, le 21 brumaire an II (11 novembre 1793) (4).

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Ci-dessus : 22 nivôse an II (11 janvier 1794). Mariage de Jean Testut et d'Angélique Maudet. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Mariages (1793-An X). Document 1NUM2/5MI666. Vues 53 et 55.

Le 22 nivôse an II (11 janvier 1794), à Mirepoix, Jean Testut, 27 ans et demi, coutelier, veuf de Marianne Arcidet [Arcizet], épouse en secondes noces Angélique Maudet, 25 ans, domiciliée à Mirepoix en qualité de fille de service chez le citoyen Eustache Chabaud, marchand ; fille de Paulet Maudet, brassier, et de Jeanne Marie Amoureux, domiciliés tous deux à Lapenne (Ariège). Denis Testut, sur l'acte de mariage de son fils, est dit « lui aussi coutelier ». Jean Testut, Denis Testut et Eustache Chabaud, entre autres, ont signé.

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Ci-dessus : 16 brumaire an III (6 novembre 1794). Naissance de Denis Cresson Testut. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Naissances (1793-An V). Document 1NUM1/5MI666. Vue 141.

Le 16 brumaire an III (6 novembre 1794) à Mirepoix, Jean Testut, coutelier, assisté d'Eustache Chabaud, déclare la naissance du petit Denis Cresson Testut, premier né d'une fratrie qui comptera finalement neuf enfants. L'enfant est né dans la maison de la Citoyenne Veuve Mathieu (famille de tonneliers), section A nº 106 (rue Servant, aujourd'hui rue Vigarozy). Il doit son deuxième prénom, Cresson, au calendrier révolutionnaire (5).

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Ci-dessus : section B nº 31. Ce numéro 31 abrite le ménage de Jean Testut et celui de Jean Delrieu, dit Jolibois, maçon. Extrait du rôle de la population de Mirepoix en 1800. Non paginé.

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Ci-dessus : vu aujourd'hui, emplacement du numéro 31 de l'ancienne section B.

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Ci-dessus : "Fers Enclumes Aciers". Le même emplacement a été plus tard longtemps occupé par une forge.

Le rôle de la population de Mirepoix établi en l'an VIII (1800) indique que Jean Testut et les siens vivent et travaillent à cette date section B nº 31 (aujourd'hui rue Maréchal Joffre).

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21 avril 1817. Mariage de Denis Cresson Testut et de Constance Caroline Fouet. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Mariages (An XI-1818). Document 1NUM/4E2355. Vues 459-460.

Le 21 avril 1817, toujours à Mirepoix, Denis Cresson Testut, âgé maintenant de 22 ans, coutelier, épouse Constance Caroline Fouet, 19 ans, fille de Jean François Pierre d'Elcantara Fouet, perruquier, et de défunte Marie Rives. Ce mariage a eu pour témoins François Rives, marchand ferrant ; Thomas Pie Benoît Bauzil, ancien maréchal des logis chef de l'ex-16e régiment des dragons, membre de la légion d'honneur ; Maurice Rigail, vitrier ; Arnaud Carol, cordonnier. Constance Caroline Fouet, non plus qu'aucune autre des épouses précédemment entrées dans la famille Testut, n'a su signer.

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31 août 1818. Naissance de Charles Guillaume Testut. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Naissances (1813-1825). Document 1NUM/4E2346. Vues 353.

Le 31 août 1818, à Mirepoix, Denis Cresson Testut, coutelier, déclare la naissance de Charles Guillaume Testut, son fils premier né ; et le 27 février 1821, toujours à , Mirepoix, la naissance de René Adolphe Testut. Celui-ci deviendra coutelier rémouleur, épousera le 20 avril 1858 à Mirepoix Rose Nathalie Maugard, journalière, et mourra à Mirepoix le le 27 mai 1888. Denis Cresson Testut aura encore cinq autres enfants, morts jeunes ou dont on ne sait rien.

En 1820, Denis Cresson Testut crée une entreprise de fabrication de balances. Il fonde ainsi la toute première entreprise Testut. Voilà pourquoi on s'est intéressé ici aux obscurs commencements de la famille fondatrice. C'est à Mirepoix, à partir de 1792, que Jean Testut, fils de maçon, devient coutelier ; et c'est à Mirepoix, à partir de 1817, que, mu peut-être par l'esprit révolutionnaire sous l'auspice duquel le place son deuxième prénom, Denis Cresson Testut entreprend de fabriquer des instruments de pesage, mesurage et comptage ainsi que des machines à trancher les viandes. L'entreprise connaîtra par la suite la fortune que l'on sait.

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Ci-dessus : rare balance à trébuchet créée par Denis Cresson Testut.

« Les premières balances conçues par Denis Cresson Testut sont des balances dites « à tabac ». Produites dès 1821, il n'en reste que de très rares exemplaires. Elles sont en bronze, dotées d'un fléau à aiguille gravé du nom de la marque en son centre, et de deux plateaux en cuivre jaune dinandier et martelé, posés sur une colonne. Ces petites balances, pratiques et bon marché, ont un succès immédiat. L'innovation de la balance « Testut » réside dans la suppression des trois chaînettes permettant la suspension de la coupelle de pesée, la remplaçant par une tige en acier forgée en « col de cygne » terminée par 2 crochets, divisant ainsi le coût de fabrication par trois. Une pastille de plomb est sertie sur le socle utilisée pour le marquage « à la frappe » des poids et mesures. Cette innovation améliore la qualité de la mesure, grâce à un groupe de pesage plus robuste et plus fiable que les modèles utilisés au début du XIXe siècle. »(6)

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Ci-dessus : 18 juillet 1846. Mariage de Charles Guillaume Testut et d'Anne Marie Matter. État civil reconstitué de Paris. Mariages V3E/M 955. Vue 10. Le couple aura deux enfants : Charles Adolphe Testut, né le 14 août 1848 à Paris, et Caroline Ide Testut, née le 19 mai 1855 à Paris également.

Le 18 juillet 1846, Charles Guillaume Testut épouse à Paris Anne Marie Matter, fille de Jean Georges Matter, journalier à Alteckendorf (Bas-Rhin) et de Marguerite Klein. Succédant à Denis Cresson Testut, son père, Charles Guillaume Testut fait déplacer l'atelier de Mirepoix à Corbeil-Essonne, dans les Moulins du Perray, aujourd'hui disparus. En 1850, il fonde les « Établissements Ch. Testut », société anonyme au capital de 10 000 000 francs. Le siège social et l'atelier se situent au nº 8 de la rue Popincourt, dans le 11e arrondissement de Paris. Charles Guillaume Testut ouvre ensuite un second atelier à Viry-Châtillon

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Ci-dessus : 14 août 1848. Naissance de Charles [Auguste] Adolphe Testut. Archives de Paris. État-civil reconstitué. Naissances. V3E/N 2106. Vue 20.

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Ci-dessus : 9 mars 1878. Mariage de Charles Auguste Adolphe Testut et de Joséphine Catherine Ziegler. Archives de Paris. 1878. Mariages. 11 V4E 3986. Vue 7.

Né le 14 août 1848 à Paris, Charles Auguste Adolphe Testut, fabricant d'instruments de pesage demeurant rue Popincourt nº 10 et 12, fils de Charles Guillaume Testut et d'Anne Marie Matter, épouse le 9 mars 1878 à Paris Joséphine Catherine Ziegler, 19 ans, sans profession, demeurant avec ses père et mère à Paris, rue Popincourt nº 28, fille de Simon Ziegler, étameur, et de Marie Justine Pierre. Parmi les témoins de ce mariage figure Jules Rives, négociant, âgé de 31 ans. Sa présence constitue en la circonstance un dernier souvenir du passé mirapicien de la famille Testut. Jules Rives est en effet un cousin mirapicien de Charles Auguste Adolphe Testut, via le mariage de Denis Cresson Testut en 1817 avec Constance Caroline Fouet, fille de Marie Paule Rives.

Née le 19 mai 1855 à Paris (7), Caroline Ide Testut, fille de Charles Guillaume Testut et d'Anne Marie Matter, épouse le 23 mai 1878 à Saint-Maur des Fossés (Val de Marne) (8) Pierre Alexandre Taittinger, fils de Simon Taittinger, cultivateur en1851, journalier en 1854, briquetier en 1857, et d'Élisabeth Haudot, journalière en1854, concierge en1857. Professeur en 1878, Pierre Alexandre Taittinger devient ensuite ingénieur, puis industriel, administrateur de la Compagnie Internationale des Wagons Lits, et maire adjoint de Saint-Denis. Né le 4 octobre 1887 à Paris, Pierre Charles Taittinger, fils de Pierre Alexandre Taittinger et de Caroline Ide Testut, fondera en 1932 à Reims la maison de vins de Champagne qui porte son nom

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Ci-dessus : 7 juin 1889. Naissance de Charles Rodolphe Testut. Archives de Paris. 1889. Naissances. 11 V4E 6532. Vue 26.

Né le 7 juin 1889 à Paris, Charles Rodolphe Testut, fabricant d'instruments de pesage, fils de Charles Auguste Adolphe Testut et de Joséphine Catherine Ziegler, succède à Charles Auguste Adolphe Testut, son père, à la tête de l'entreprise de pesage Testut fondée en 1820 par son arrière-grand-père Denis Cresson-Testut. Il meurt le 15 janvier 1982 à Perreux-sur-Marne.

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D'autres usines Testut ont été créées depuis 1850 : dans l'est et le sud de la France, à Lunéville, Port-sur-Saône, Toulouse, ainsi qu'à Béthune après la fusion avec la société Aequitas en 1971 ; puis à La Mulatière près de Lyon après la reprise de l'entreprise Trayvou en 1979.

En 1982, la mort de Charles Rodolphe Testut sonne la fin de l'entreprise familiale Testut. En 1983, après avoir racheté en 1981 la société Terraillon (autre entreprise de pesage), le Groupe Bernard Tapie rachète la société Testut. En 1990, la société Lutrana (autre entreprise de pesage encore), rejoint le groupe Testut.

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En 1995, Testut se trouve transféré au CDR, filiale du Crédit lyonnais chargée de gérer les actifs industriels de la banque, dont Bernard Tapie est alors débiteur. En 1999, le groupe américano-suisse Mettler Toledo, numéro un mondial du pesage, devient propriétaire de Testut. En 2003, l'entreprise Testut fait l'objet d'une liquidation définitive.

Conclusion

L'histoire de la famille est celle d'une suite d'hommes entreprenants qui ont su évoluer, i.d. passer du métier de maçon à celui de coutelier, puis du métier de coutelier à celui de balancier ; qui ont su faire preuve d'esprit d'invention ; qui ont su développer une entreprise pour diffuser leurs inventions ; qui ont su se choisir des compagnes issues du même milieu que le leur, susceptibles de les accompagner dans leur travail quotidien ; etc. Avec ses trois mariages successifs, dans un climat économique certes différent, Charles Rodolphe Testut apparaît comme la figure de la pente descendante.

Il semble que, dans cette aventure entrepreneuriale, le souffle révolutionnaire ait joué un rôle moteur. Quand, le 16 brumaire an III (6 novembre 1794), Jean Testud déclare à Mirepoix la naissance de Denis Cresson Testut, en donnant à son fils premier-né le prénom prescrit par le calendrier révolutionnaire (9), il témoigne d'une sorte de nouvelle foi en des valeurs qui seront, malgré des traverses, celles d'un siècle de progès. À travers ses enfants et petits-enfants, il aura fait la preuve, qu'à partir de Mirepoix, un fils de maçon peut être à l'origine d'une réussite industrielle d'un siècle et demi.

Notes

1. 14 août 1792. Mariage de Jean Testut et de Marianne Arcidet [Arcizet]. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Baptêmes, Mariages (1787-1792). Document 1NUM6/5MI665. Vue 206.

2. 5 brumaire an II (26 octobre 1793). Naissance de Denis Testut. Mirepoix. Naissances (1793-An V). Document 1NUM1/5MI666. Vue 6.

3. Sixième jour de la première décade du deuxième mois de l'an II (27 octobre 1793). Décès de Denis Testut. Mirepoix. Décès (1793-An X). Document 1NUM1/5MI667. Vue 67.

4. Vingt et unième jour du deuxième mois de l'an II (11 novembre 1793). Décès de Marianne Arcidet (Arcizet). Mirepoix. Décès (1793-An X) . Document 1NUM1/5MI667. Vue 71.

5. Le prénom Cresson correspond à la date du 17 brumaire dans le calendrier révolutionnaire, créé par Fabre d'Églantine. Cf. Christine Belcikowski. Haro sur le style esclave !.

6. Source : Wikipedia. Attention : l'article comporte des erreurs concernant les prénoms des différents membres de la famille Testut.

7. 19 mai 1855. Naissance de Caroline Ide Testut. État civil reconstitué de Paris. Naissances V3E/N 2106. Vue 28.

8. 23 mai 1878. Mariage de Pierre Alexandre Taittinger et de Caroline Ide Testut. État-civil de Saint-Maur des Fossés. 94068/1NUM68_000012. Vue 150.

9. Et que penser duprénom de Caroline Ide Testut, lequel « Ide » semble inspiré de l'antiquité romaine,i.e. des valeurs chères aux idéologues de la Révolution française ?

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