Christine Belcikowski

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Pourquoi au bord de la mer ?

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Le vent se souvient des plaines immenses
de la mer,
et du pas des sentiers qui cheminent suspendus
au-dessus de leurs bords écumeux.
L’air du large gonfle les voiles des navires
et le sein des lessives que les mères étendent
au front des jardins.
Le vent se souvient du petit peuple
des maisons,
tapies dans le secret de leurs portes
qui claquent
au fond d’un couloir endormi.
Le vent se souvient des journaux-catastrophe
qu’il effeuille
sans remords, comme la marguerite,
sur la table des bars.
Le vent se souvient des jupes qu'il soulève
d’aventure, oh ! la bonne aventure !
au coin des ruelles.
Le vent se souvient des chevelures, brunes ou blondes,
qu’il vaporise, pfft !
d’un souffle-rayogramme,
dans le bleu du ciel.
Et il va semant là, au passage des heures brèves
sa mémoire plus ancienne
du rire de la mer et des dieux,
sa rumeur des lointains légendaires,
sa passion d’outre-temps.

Souvenir d'une journée à Pasaia, ou Pasajes en castillan, dans la comarque basque de San Sebastián.

La nuit vient

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Le soir tombe,
l’encrier de la nuit se renverse,
son encre flue dans les arbres,
les herbes, les roses,
et le chemin se perd dans le noir du monde.
Tu as oublié d’étendre le linge sous l’appentis,
et tu ne sais plus lire la page
de ta destinée terrestre.
Confie-toi à la lanterne sourde
des étoiles
et marche aveugle au devant
des obscures palpitations des choses,
des choses comme toi,
des choses sans pourquoi.

Que la profondeur du temps s'éclaire !

Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaire

Fais-nous revenir, dit le psalmiste,
que la profondeur du temps s’éclaire !
Mais dans la rumeur des distances traversées
le jour baisse,
au jardin, les vieux arbres
tordent des bras de fantômes,
et dans la maison,
sur les photos qui jaunissent,
les yeux des morts ne parlent plus,
leurs visages sont vides
et leurs noms oubliés.
L’horloge s’est un jour arrêtée.
Seul un piano désaccordé,
qui a connu les valses d’antan,
se souvient ici d'une clarté mystérieuse,
infuse encore dans l'ivoire de ses touches.

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