Christine Belcikowski

Publications 4

Jour de nuages

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Jour de nuages
la lanterne de l’aube est sourde
le pas des arbres, suspendu
les bêtes de l’herbe se tiennent cachées
la lessive s’oublie
dans la main de la nuit
le temps vient ainsi de quitter
l’’été avant l’heure
l’heure avant l’instant
quoi l’instant ?
bleu du ciel
chair et corps
les enfants s'amusent
et après ?
ruine de l’âme

Le peu de l'échappée

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ὥσπερ ἀπὸ τῶν Σειρήνων
« ... comme pour échapper aux Sirènes... » (1)

Le peu de l’échappée se dit pour moi
sans paroles inutiles
dans l’ imagination des sirènes,

ou encore dans la surprise d'écrire
quand les mots poussent libres
comme des fleurs...

Mais, belle, l'échappée,
demeure comme,

comme de de peser des œufs de mouche
dans des balances en toile d'araignée (2)
,
comme de peigner le rien,
comme de souffler dans l'air
des bulles, des bulles de savon !

Mais, belle, l'échappée,
demeure comme,

comme on prend vessies pour lanternes
— aux yeux au moins des éteigneurs
éteigneurs de réverbères, s'entend.

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1. Platon. Le Banquet, 216a.

2. Ainsi disait Voltaire de Marivaux. Propos rapporté par Gustave Larroumet, in Marivaux, sa vie et ses oeuvres : d'après de nouveaux documents, pp. 77-78, Hachette, Paris, 1894.

Table gardée

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اللوح المحفوظ
Al-Lawh al-Mahfoûdh, « table gardée », livre où Dieu inscrivit les destins de toute créature avant même que celle-ci ne soit créée.

Table gardée,
théâtre de verdure,
long défilé des rives qui coassent,
des breils plantés de peupliers,
oh ! le vibrant colloque des feuilles,
bouches d’argent
comme d’un Saint Jean,
qui parle au vent !
Table gardée,
théâtre du couchant,
pente des ombres qui descendent
pli à pli des montagnes,
souffle d’un pas
qui s’avance invisible au jardin,
serait-ce celui d’un ange,
ombre d’une chair qui va
cherchant son corps ?
Table gardée,
théâtre de la nuit,
mirage des constellations,
rien ne bouge au front des anciennes maisons,
minuit est entré dans ma chambre,
je dors dans la glace de l’armoire.

Perspective café

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La scène est à Mirepoix — comme on dit au théâtre, au XVIIe siècle du moins —, sous le Grand Couvert. Mais, vu que les images sortent d'un iPhone, tenez donc cette scène pour une page de roman-photo.

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Espaces

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Espaces… zzz… embrouillés
espaces où passe … ssshhh… le serpent
parmi la ronce
espaces où se tisse le fil de la Vierge
Notre Dame des airs
chut ! … l’épeire diadème
veille
sur le pas sans retour du jardin
qui flamboie
espaces où s’étire, la nuit,
dans la maison d’antan … oh ! … la trace
de la limace sur le tapis d’orient
espaces où dans le vague de la vie
les livres poussent puis s’effondrent
… catastrophe … comme des tours
tours et détours des espaces qui s’embrouillent
sentiers qui ne mènent nulle part
... nulle part ... âme errante
carrefour désorienté

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