Christine Belcikowski

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Espaces

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Espaces… zzz… embrouillés
espaces où passe … ssshhh… le serpent
parmi la ronce
espaces où se tisse le fil de la Vierge
Notre Dame des airs
chut ! … l’épeire diadème
veille
sur le pas sans retour du jardin
qui flamboie
espaces où s’étire, la nuit,
dans la maison d’antan … oh ! … la trace
de la limace sur le tapis d’orient
espaces où dans le vague de la vie
les livres poussent puis s’effondrent
… catastrophe … comme des tours
tours et détours des espaces qui s’embrouillent
sentiers qui ne mènent nulle part
... nulle part ... âme errante
carrefour désorienté

La glycine a neigé

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La glycine a neigé ce jour sur le pavé du cours,
couleur de la pensée
qui neige sur le pas du promeneur,
couleur de la mémoire
qui neige dans la profondeur du temps,
couleur du monde vrai
qui neige sur le bruit du rien.
Et toi qui, du toi au moi,
léger comme une bourre de peuplier,
ne sais rien de toi,
tu neiges aussi.

Jour jaune

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Jour jaune, jour sans joie,
sans oiseaux, sans surprise, sans gloire
matin de l’âme vaine,
jaune aussi,
                le jaune suit des bleus,
           les bleus, des coups du sort,
      le sort, des dieux qui jouent aux dés,
   les dés, de rien du tout,
sinon du branle qui se donne quelque part dans le manche,
— la branloire est pérenne —
du vent, qui sème le pissenlit,
jaune aussi,
du pas cauteleux des saisons, qui fait venir le coing,
jaune aussi,
puis blet,
du rire énorme de la mer
qui se gausse du linge étendu sur le rivage,
jaune aussi,
du regard, morne plaine, de l’âme vaine,
jaune aussi.

Sculpter en mots

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D’un mot l’autre,
ménageant peu à peu la plumée secrète du lit,
sculpter une forme
qui vient, sans prévision possible,
de l’obscure poussée des forces en naissance,
du corps qui tente de penser,
de la pensée qui erre,
du songe aussi, qu’on dit sommeil de la raison.
Et quand elle est venue,
— mais vient-elle jamais
autrement qu'étrangère à elle-même
et comme abandonnée de son propre désir ? —
d'un mot l'autre,
c'est dans le rien, le blanc,
que la poésie se retire,
revenue chaque fois
au secret de son être
invisible

Action pourpre

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D’étranges animaux déambulent
dans la nuit verte.
Un noctambule siffleur
mate une sauterelle.
Un prêtre nommé Saavedra,
roule des pensées féeriques.
Rencoigné sous un porche,
un chevalier branlant
caresse sa barbiche
du dos de sa main morte.
Un loup désespéré
sort d’un club anarchiste.
Le philosophe, lui,
s’est endormi dans son poêle.
Une armure passe, vide,
elle cliquète
et s’inquiète de ramasser
son casque déplumé,
qui a roulé par terre.
L’écran du réveil clignote.
Deux mots s’affichent en lettres majuscules :
ACTION POURPRE…
Sa couleur vient du fond des mers…

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