Christine Belcikowski

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À propos de François Tristan de Cambon, dernier évêque de Mirepoix. IV. Un prélat contre-révolutionnaire

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Partisan du progrès en matière d'agriculture, d'aménagement du territoire, de développement des transports, etc. ; partisan aussi d'un certain progrès de l'esprit critique en matière de pratique religieuse, Monseigneur de Cambon s'illustre cependant à partir de juillet 1789 par le caractère farouche de la résistance qu'il oppose aux idées de la Révolution. Il est et demeure un descendant de la vieille noblesse de robe, à ce titre nullement acquis aux chimères de l'égalité républicaine, car convaincu, comme Montesquieu, de la seule excellence du principe monarchique — « Un Dieu, Une Loi, un Roi ».

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Matthew Hilton. Un autre jardin

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31 janvier 18h30. Matthiew Hilton tient, à sa façon, le petit discours qu'on attend de l'artiste avant son vernissage. Il s'agit d'un discours à deux voix. L'artiste remercie pour son accueil l'Association d'Art Contemporain qui gère l'Espace des Carmes et il détaille, non sans malice, tout le bien qu'il pense de la ville de Pamiers. À côté de lui, un comédien,comme au piquet, se retourne de temps en temps vers le public pour dire divers extraits de De La Franqui à Ramonville, texte autobiographique signé Matthiew Hilton..

Ci-dessous, quelques-unes des œuvres exposées...

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Estampes extraites de Comment j'ai débusqué les bêtes. Rencontres érotiques, livre d'artiste de Matthiew Hilton et de Philippe Parage, lithographe, publié en 2010. Cf. Matthiew Hilton. My way of loving beasts ; traduction française. Cf. Christine Belcikowski. Matt Hilton. Comment j'ai débusqué les bêtes ; Matt Hilton expose à la librairie Ombres Blanches. Comment j’ai débusqué les bêtes

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Extrait de Comment j'ai débusqué les bêtes. Rencontres érotiques.

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Matthiew Hilton.

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Matthiew Hilton.

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Matthiew Hilton.

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Matthiew Hilton. Banderolle, comme toutes les pièces photographiées ci-dessous.

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Compliments aussi au comédien, qui, dans le jeu avec l'artiste, a fait montre de belles qualités de pongiste.

À lire aussi :
Estampes, et autres, de Matt Hilton à la Grange de Mercus
D’un coin l’autre – Matt Hilton expose à la galerie Inspiré
À la Galerie de la Porte d’Amont. Matt Hilton. Stick charts et autres objets
Une visite à l'atelier de Matt Hilton
L’atelier du lithographe
À propos de Matt Hilton printmaker

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Choses vues de Pierre Sidoine sculpteur à la Maison des Essarts, à Bram

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De gauche à droite, Pierre Sidoine et son Pollio.

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La Balançoire de Pollio. Détail.

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La Balançoire de Pollio. Détail.

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La vaine puissance des sentiments.

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La vaine puissance des sentiments. Détail.

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Passage de l'Aquator. Détail.

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Passage de l'Aquator. Détail : sous la proue de l'Aquator, cache-sexe métalliques Kirdi (Cameroun).

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Passage de l'Aquator. Détail.

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Passage de l'Aquator. Détail. Cherchez la signature de Pierre Sidoine.

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Jules Ier de Crapot Peujaud. Détail : dans la tête de Jules...

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Janet’s whim, ou le caprice de Jeannette. Détail.

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Le Cheval 2.3. Détail.

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Le Cheval 2.3. Détail. Cherchez la signature de Pierre Sidoine.

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Don Miguel de la Cocotología. Détail.

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Mishima 133K . Détail.

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Mishima 133K. Détail.

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Mishima 133K. Détail.

Sans paroles.

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Pierre Sidoine. La Balançoire de Pollio

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Mensurarum rationes, quae in omnibus operibus videntur necessariae esse, ex corporis membris collegerunt, uti digitum, palmum, pedem, cubitum.
« Le système des mesures dont la nécessité se manifeste en toute œuvre, on l’a emprunté au corps humain comme le doigt, la main, le pied, la coudée. »
Marcus Vitruvius Pollio, dit Vitruve (ca 90 av. J.-C. – ca 15 av. J.-C.) De architectura. Livre III. Chap. 1, 5.

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Ci-dessus : vue de La Balançoire de Pollio en cours de création.

Avec La Balançoire de Pollio, Pierre Sidoine sculpteur développe une sorte de méditation en acte sur « le système des mesures dont la nécessité se manifeste en toute œuvre ». Revisitant ainsi la leçon de Vitruve, et plus originairement encore celle des grands Anciens, pour qui l’homme, selon Protagoras (1), ou Dieu, selon Platon (2), serait effectivement « la mesure de toutes choses », partant, jusque dans ses dimensions corporelles, le modèle du système des mesures qui confèrent à l’œuvre de l’art firmitas, utilitas, venustas, pérennité, utilité, beauté. Circa 1490, Léonard de Vinci, a réalisé à la plume, encre et lavis sur papier, son célèbre dessin représentant L’homme de Vitruve.

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Léonard de Vinci. L'homme de Vitruve. Gallerie dell'Accademia de Venise.

Concernant les dimensions du corps humain, Vitruve observe qu’elles s’inscrivent, à partir du nombril dans un cercle, et à partir du pubis dans un carré, lesquels cercle et carré se trouvent ainsi reconduits à leur statut de formes a priori ou formes divines, tandis que la proportionnalité dimensionnelle du corps humain se trouve élevée, elle, au rang d’exemplum (3) de l’ordre cosmique ou ordre divin.

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Ci-dessus : cercle et carré. Vue de La Balançoire de Pollio en cours de création.

Pierre Sidoine, dans La Balançoire de Pollio, applique à un santon articulé du XIXe siècle, haut de 63 cm, acheté chez un antiquaire, ce même statut d’exemplum. Ce santon naïvement sculpté se trouve inscrit à partir du nombril dans une structure tridimensionnelle composée d'un cercle de métal de 78 cm de diamètre, et à partir du pubis d'un carré d'un peu plus de 78 cm de côté, fait de métal aussi. L’ensemble se veut ici, à sa façon un peu libre, témoin du système des mesures qui confèrent à l’œuvre de l’art, Vitruve dixit, firmitas, utilitas, venustas, pérennité, utilité, beauté.

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Ci-dessus : un santon articulé du XIXe siècle. Vue de La Balançoire de Pollio en cours de création.

Or, jouant ainsi avec l’idéal vitruvien de firmitas et d’utilitas, Pierre Sidoine s’est plu à l’agrémenter de la fantaisie suivante : « J’ai conçu l’idée, saugrenue il est vrai, que ce brave homme de Vitruve, qui a été ainsi écartelé pendant plus de 600 ans, en a eu marre de sa condition… Il a donc décidé, un jour, de se relaxer et de faire un peu de balançoire... Pour rester également dans l’esprit de Léonard de Vinci, passionné qu’il était de machineries diverses, le résultat final devait, à mon sens, comporter quelques petits mécanismes — roues, arbres de transmission, manivelle, etc. —, qui m’ont pris un certain temps à concevoir, esthétiquement et techniquement ».

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Ci-dessus : manivelle et autres petits mécanismes. Vue de La Balançoire de Pollio en cours de création.

Il y a dans la mobilité de cette balançoire quelque chose qui se joue de la firmitas requise par Vitruve dans l'œuvre de l'art, par là une sorte de pied-de-nez adressé aux barbes des grands Anciens. L'utilitas se réserve, elle, de se manifester toute entière dans le pouvoir de répondre au seul besoin, humain, trop humain, qui est celui de la liberté. Quand à la venustas, qui ne la voit paraître ici, dans le complexe appareil d'une fantaisie issue du sommeil de la raison ?

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Ci-dessus : vue de La Balan de Pollio en cours de création.

Pierre Sidoine sculpteur, dans cette œuvre empreinte comme toujours d'ironie, est décidément un baroque moderne.

Rendez-vous à la Maison des Essarts (11150 Bram), où La Balançoire de Pollio sera exposée pour la première fois. Vernissage le jeudi 30 janvier à 18h. L'exposition durera jusqu'au 1er mars.

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1. Formule de Protagoras citée par Platon dans le Théétète, 152a : Φησὶ γάρ που πάντων χρημάτων μέτρον ἄνθρωπον εἶναι.

2. Platon. Lois. IV, 716c. « Dieu est la vraie mesure de toute choses ; il l’est beaucoup plus qu’un homme, quel qu’il soit ». Ὁ δὴ θεὸς ἡμῖν πάντων χρημάτων μέτρον ἂν εἴη μάλιστα, καὶ πολὺ μᾶλλον ἤ πού τις, ὥς φασιν, ἄνθρωπος·

3. Ériger quelque chose ou quelqu'un en exemplum, c'est, dumtaxat rerum magnarum parua potest res exemplare dare, « pour autant qu’une petite chose peut fournir l’exemple des grandes choses », faire varier l’échelle, par là faire venir l’invariance. Lucrèce. De natura rerum, II, v. 123-124.

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Pierre Sidoine. La vaine puissance des sentiments

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Louis Ferdinand Céline, en 1957, vivait à Meudon « dans une maison pleine de pinces à linge en bois avec un ressort en fil de fer qui tenaient les feuilles de ses manuscrits » (1)

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Ci-dessus : encore en chantier dans l'atelier de Pierre Sidoine, le violoncelle et la pince à linge.

Là où en 1957, dans la maison de Louis-Ferdinand Céline, les pinces à linge servaient à tenir ensemble les feuilles des manuscrits, en 2020, chez Pierre Sidoine, une pince à linge fait couple avec un violoncelle. Il s’agit là d’une pièce ferronnée que l’artiste intitule La vaine puissance des sentiments.

Le violoncelle a censément une voix ; la pince tout aussi censément, le pouvoir d’assourdir cette voix.

Quelle voix parle dans cette œuvre étrange ? S’agit-il de celle de l’orateur dont Eugène Melchior de Vogüé dit dans Les Morts qui parlent que « dès les premiers mots, elle consomma la prise de possession physique qui lui livrait l’assemblée ; voix au timbre grave, mordante et chaude comme la vibration d'une corde.de violoncelle ; stridente d'ironie, quand sa colère fouaillait un adversaire, elle redevenait, l'instant d'après, une musique de plainte profonde. » (2)

Quel pouvoir la pince exerce-t-elle à l’endroit du violoncelle ? On use de la pince à linge sur le violoncelle pour restreindre la transmission des vibrations des cordes au chevalet et donc à la caisse de résonance via l'âme. Outre qu’il réduit par effet de sourdine l'intensité sonore du violoncelle, l’ajout de la pince à linge modifie le timbre de l'instrument.

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Ci-dessus : l'œuvre en progrès. La volupté des courbes ne va pas ici sans friselures cruelles sur les contours du violoncelle. Le sculpteur dit que « cet aspect friselé des bord du violoncelle est un résultat de la soudure. Comme la tôle est relativement mince, et pour ne pas la faire fondre et la traverser au moment de la soudure, j’ai été obligé de souder point pas point et relativement vite, ce qui donne cet aspect ». Il n'empêche. Le violoncelle se réserve ainsi de conserver sa « stridente ironie », éventuellement sa « colère », en tout cas son mordant.

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Ci-dessus : du mordant...

Il y a du style, donc de l’homme, dans la découpe stridente du couple que forment par moitiés le violoncelle, tout en courbes, et la pince à linge, toute en verticalité sévère ; dans l’ironie du titre sous l’auspice duquel le couple se trouve placé ; et dans la plainte, qui sait ? dont l’artiste se réserve le droit de renvoyer le possible au secret de son origine : la vie, l’amour, et l’art, comme ils vont chaque fois, par effet de pince, à leur fin initiale.

Pierre Sidoine invoque souvent deux textes dont il dit qu’il les a trouvés magnifiques et qu’ils ont toujours habité son esprit, L’Étranger de Charles Baudelaire et Ma liberté de Serge Reggiani. La pince, telle que l’entend Pierre Sidoine, serait donc dans La vaine puissance des sentiments ce qui fait pièce au libre jeu des courbes, partant, aux aventures de la liberté.

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Ci-dessus : dans la galerie de Pierre Sidoine, l'œuvre achevée.

On rôde là, quoi qu’il en soit, aux lisières du territoire de Magritte, ou encore aux parages d’une esthétique qui est, selon le mot de Pierre Reverdy, celle des « universaux concrets » (3). Dans le visage que les choses tournent vers nous, c'est le nôtre ici que nous voyons paraître.

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Ci-dessus : dans la galerie de Pierre Sidoine, sous une lumière rutilante, La vaine puissance des sentiments.

La sculpture se veut ainsi moment du visage partagé.

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1. Observation de Pierre Descargues, rapportée par Patrick Roegiers dans Le mal du pays. Éditions du Seuil. 2003.

2. Eugène Melchior de Vogüé. Les Morts qui parlent, p. 8. Plon-Nourrit et Cie. Paris. 1923.

3. Pierre Reverdy. Œuvres complètes. Tome 3. Nord-sud. Self defence, et autres écrits sur l'art et la poésie, p. 106. 1917-1926. Éditions Flammarion. 1993.

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