Christine Belcikowski

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Saint-Just écrivain. 1789. Organt

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Publié en 1787, Organt est la première œuvre que nous connaissions de l'écrivain Louis Antoine Léon de Saint-Just. Il s'agit d'un poème composé de 22 chants, écrit dans le style du Roland furieux de l'Arioste, i.e. de la parodie du roman chevaleresque. L'histoire commence quand « lui [le bon Roi de France], l'armée et tout le peuple franc / devinrent fous... ». Le bon Roi de France, c'est dans le récit Charlemagne, ou le Magne, ou Charlot. Mais Charlemagne sert en l'occurrence de prétexte à un portrait-charge de Louis XVI, souverain dont nous savons, à la différence du Saint-Just de 1787, qu'il a tout justement fini sur « la bascule à Charlot » (1).

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Ci-dessus : 21 janvier 1793. Exécution de Louis XVI.

En 1787, l'ouvrage ne fait guère de bruit. En 1789, l'éditeur procède à une seconde publication. Comme le poème comporte divers passages pornographiques, afin d'aider au succès de cette édition, le même éditeur ajoute au titre de l'ouvrage la mention « Poème lubrique ».

« J'ai vingt ans ; j'ai mal fait ; je pourrai faire mieux », dit l'auteur quant à lui, en guise de préface à chacune des deux éditions.

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12 janvier 2019. Bénédiction de la nouvelle cloche de l'église d'Arvigna

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En Arvigna, la restauration du clocher de l'église Saint Martial et Saint Vincent touche à sa fin. La baie du clocher était vide. Un don a permis au village de faire fondre à Annecy une nouvelle cloche. Monseigneur Eychenne, évêque de l'Ariège, est venu aujourd'hui, samedi 12 janvier 2019, bénir cette cloche. L'événement s'est voulu républicain autant que catholique. L'église était pleine, de croyants et de non-croyants, réunis dans le cadre chaleureux d'un événement commun.

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Cette cloche, comme l'a fait remarquer le Père Capelle, curé de Rieucros, desservant de l'église d'Arvigna, sonnera désormais, pour tout un chacun, à la fois l'heure de la vie ordinaire, celle des travaux et des jours, et celle des baptêmes, des mariages et des sépultures.

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Monseigneur Eychenne et le Père Capelle, visiblement heureux de se trouver réunis dans cette petite église qui n'avait pas reçu d'évêque depuis bien longtemps, ont prononcé à cette occasion des paroles d'amitié, de bienveillance et de solidarité. Celles-ci nous ont tous émus.

Le Père Capelle, qui a vu partir tant de ses paroissiens, a rappelé le souvenir d'Auguste Sinaud, dernier sonneur de cloche du village, celui de Madeleine Naudy aussi, qui a vécu près de cent ans ans et qui a donné son prénom à la cloche, ainsi que celui de la famille Naudy toute entière, dont les hommes ont été assassinés, et la ferme brûlée, à la fin de l'Occupation.

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Après avoir béni la cloche, fait entendre la voix de la cloche et invité un enfant à faire entendre à son tour cette même voix, Monseigneur Eychenne a rappelé qu'indépendamment de toute croyance, il importe à chacun de nous, d'abord et avant tout, d'aimer son prochain.

La nouvelle cloche sera dans quelques jours installée sur le clocher, et cette installation donnera lieu à une inauguration le dimanche 27 janvier 2019.

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Ci-dessus : Saint Martial, l'un des deux saints patrons de l'église d'Arvigna.

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Saint-Just écrivain. 1789. Arlequin Diogène

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En 1789, dans le même temps qu'il écrit La raison à la morne (1), Louis Antoine Léon de Saint-Just broche une courte pièce intitulée Arlequin Diogène. L'original autographe a été recopié et édité pour la première fois en 1907 dans La Revue bleue.

La scène représente le bord d'un bois ; Arlequin est dans un tonneau.

Seul, la tête hors du tonneau, Arlequin se plaint de ce que « depuis six mois Perette le promène par les langueurs d'une flamme incertaine. « De ce travers, dit-il, je puis la corriger, et pour venir à bout de l'entreprise, dans ce tonneau je m'en vais me loger. Là, d'un cynique arborant la sottise, je foule aux pieds l'amour et les plaisirs. Je jouirai de sa fierté trahie. »

«N'allez pas penser, remarque Saint-Just in fine, que tout ici n'est que pour s'amuser. » (2)

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Saint-Just écrivain. 1789. La raison à la morgue

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En avril 1789, Louis Antoine Léon de Saint-Just, vingt ans alors, se trouve recherché et menacé d'enfermement à la Bastille pour avoir fait imprimer Organt, un poème « lubrique » en vingt chants, inspiré par l'affaire du collier de la reine. Caché dans Paris, il profite du vide de ses journées pour écrire une nouvelle intitulée La raison à la morne [la morgue], et inspirée cette fois par la conclusion de l'affaire Kornmann.

Apprenant que sa femme le trompe sans vergogne avec Daudet de Jossan (1), homme de confiance du prince de Montbarrey (2), Kornmann, riche banquier alsacien, magistrat de Strasbourg, la fait enfermer. Loin de se repentir, la jeune femme porte plainte. Beaumarchais, son avocat, obtient sa libération. Le sieur Kornmann est déclaré « non recevable dans sa plainte en adultère rendue contre la dame son épouse et le sieur Daudet de Jossan ». Le vice de l'épouse l'emporterait ainsi sur la vertu de l'époux dans le climat délétère de la fin de l'Ancien Régime !

Le texte de La raison à la morne, resté inédit jusqu'en 1941, fait montre d'une orthographe très personnelle. Le voici, retranscrit dans une orthographe plus courante. Les lecteurs éventuellement curieux de l'orthographe originale la trouveront reproduite dans « Un inédit de Saint-Just : la Raison à la morne », un article de Bernard Vinot publié en 1991 dans les Annales historiques de la Révolution française (3).

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Fougères

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Vieux chien, vieux maître,
vieux couverts
vieux visages,
vieux pas,
vieux et vieux, ô gué,
la bonne aventure,
s’en vont en bateau.

Cri de la scie,
cri des métaux,
cri de l’oiseau,
cri du marteau
marteau ! marteau !
cri de la feuille,
feuille ! feuille !
qui craque
et plof !
dessous la glace
de la flaque.

Magie de la porte
qui a un œil ! Elle t'a vu, elle s'ouvre,
bonne fille.
Lentilles et saucisses
au rayon grand froid.
Ils mangeaient de la saucisse de foie
et du coustelou
comme nous, l'hiver,
les Néanderthaliens.
De quoi vivre,
survivre,
en pays d'ici,
comme il va, frileux,
sa légende a fui.

« Nous sommes des fougères exagérées »,
j'aime ce mot
en forme de court-circuit,
on le trouve dans le journal
de Michel Foucault,
krá ! dit le corbeau,
crash ! la glace craque.

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