Christine Belcikowski

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Folquet de Marseille. Tenso Folquet - Tostemps

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« Folquetz de Marseille si fo de Marseille, fills d'un mercadier que fo de Genoa et ac nom ser Amfos. E quand lo paire moric si.l laisset molt ric d'aver... » (1), dit la chronique. Fils d'une famille de marchands gênois émigrés à Marseille et en Arles, Folco Amfos est un bourgeois établi à Marseille en 1178, de façon dûment attestée. On lui connaît étrangement deux vies successives.

Riche héritier de son père marchand, il continue d'abord l'activité paternelle. Marié et père de famille, outre ses ses activités commerciales, il mène sous le nom de Folquet de Marseille une brillante carrière de troubadour auprès de la maison d'Aragon à Marseille, puis de la cour de Bernard Athon à Nîmes, puis de celle de Guillaume VIII à Montpellier, puis de celle de Raimon Gufridi Barral à Marseille encore. Après la bataille d'Alarcos en Espagne, qui voit la victoire du calife Abü Jûsuf sur Alphonse VIII de Castille, il compose en 1187 un poème en l'honneur de Richard Cœur de Lion, qui part pour la Croisade. Il consacre à la défense des lieux saints le dernier de ses poèmes, dédié à Alphonse II d'Aragon et à Alphonse VIII de Castille. Cet ultime poème date de 1195.

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Lettrine historiée tirée du Chansonnier provençal. Manuscrit de la seconde moitié du XIIe siècle. BnF.

Après 1195, Folco Amfos, alias Folquet de Marseille, abandonne le siècle. Il se rend avec sa femme et ses deux fils à l'abbaye cistercienne du Thoronet en Provence, il devient abbé de ce monastère, et en 1205 il est nommé évêque de Toulouse. Connu par la suite sous le nom de Foulques de Toulouse, il s'engage auprès de Saint Dominique, puis auprès de Simon de Montfort, dans la lutte contre l'« hérésie » albigeoise. La légende noire fait de lui, à ce titre, un « vilain », complice de « cruautés » et d'« injustices ». D'autres témoignages disent de lui qu'il fut un prélat remarquable, « de caractère bon et honnête », investi plutôt dans un rôle de « médiateur ». Après avoir collaboré à la création de l'Université de Toulouse, il meurt le jour de Noël de l'année 1231 et il est enterré à l'abbaye cistercienne de Grandselve, près de Toulouse. (1)

Dante place Folquet de Marseille, seul de tous les troubadours célèbres, parmi les « spiriti amanti » dans son Paradis (IX, 64 sqq.) :

Folco mi disse quella gente a cui / fu noto il nome mio...
Foulques m'appela cette nation qui connut bien mon nom...

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La nuit vient

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Le soir tombe,
l’encrier de la nuit se renverse,
son encre flue dans les arbres,
les herbes, les roses,
et le chemin se perd dans le noir du monde.
Tu as oublié d’étendre le linge sous l’appentis,
et tu ne sais plus lire la page
de ta destinée terrestre.
Confie-toi à la lanterne sourde
des étoiles
et marche aveugle au devant
des obscures palpitations des choses,
des choses comme toi,
des choses sans pourquoi.

À propos de Jean Jacques Guillaume Bauzil, peintre en miniature, d'origine ariégeoise

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Fondée en 1726 dans le capitoulat de Toulouse par le peintre Antoine Rivalz, installée dans le logis de l'Écu, la première école gratuite de dessin du royaume de France devient en 1746 Société des Beaux-arts, puis le 13 janvier 1751, par lettres patentes royales, Académie royale de peinture, sculpture et architecture de Toulouse.

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Ci-dessus : affiche du Théâtre de Toulouse en 1786. Collection de M. Paul Dupuy. Labouche éditeur.

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Ci-dessus : vue du nº 30 de la rue d'Alsace-Lorraine.

En 1769, l'Académie royale de peinture, sculpture et architecture de Toulouse déménage dans la maison dite du Petit-Versailles, du nom du théâtre que celle-ci hébergeait auparavant et dont elle accueillera encore quelques représentations avant 1789. Ladite maison s'élevait à l'angle de la rue Villeneuve et de la rue de la Porte-Nove. Son emplacement d'alors correspond aujourd'hui au nº 30 de la rue d'Alsace-Lorraine.

C'est là que, parmi d'autres professeurs, Gaubert Labeyrie, né le 27 décembre 1715 à Toulouse, mort le 25 janvier 1792 à Toulouse, « Peintre Professeur du Dessein », puis « Peintre à l'huile », établi rue du Taur, nommé peintre de la ville de Toulouse en 1735, a dispensé ses cours jusqu'à sa mort. Au nombre de ses élèves figure dans les années 1780 un certain Jean Jacques Guillaume Bauzil, qui signe en 1785 « Bauzil de Mirepoix ».

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Que la profondeur du temps s'éclaire !

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Fais-nous revenir, dit le psalmiste,
que la profondeur du temps s’éclaire !
Mais dans la rumeur des distances traversées
le jour baisse,
au jardin, les vieux arbres
tordent des bras de fantômes,
et dans la maison,
sur les photos qui jaunissent,
les yeux des morts ne parlent plus,
leurs visages sont vides
et leurs noms oubliés.
L’horloge s’est un jour arrêtée.
Seul un piano désaccordé,
qui a connu les valses d’antan,
se souvient ici d'une clarté mystérieuse,
infuse encore dans l'ivoire de ses touches.

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