Christine Belcikowski

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1830. La guerre des Demoiselles. Une querelle plus ancienne

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En 1827, suite à la publication du Code forestier, qui, afin de préserver les droits des grands propriétaires et de réserver à l'industrie la production du charbon, interdit aux paysans le pâturage et réduit sévèrement l'usage des forêts, en particulier les droits de ramassage de bois, de coupe, de marronnage, de chasse, de pêche et de cueillette, les habitants de la vallée de Massat (Ariège), puis ceux du département de l'Ariège tout entier, se soulèvent, et, déguisés en Demoiselles, ils s'en prennent aux gardes forestiers, gendarmes, charbonniers, et maîtres de forge. La guerre des Demoiselles durera jusqu'en 1832, puis, de façon plus sporadique, jusqu'en 1872.

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Le 18 juin 1973, l'affaire du Bosc

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Le 18 juin 1973, deux gendarmes se rendent dans une communauté installée au Bosc, près de Foix, Ariège. Constatant que trois hommes et un enfant se promènent là tout nus, ils leur dressent un procès verbal pour attentat à la pudeur. La presse nationale s'esbaudit de l'affaire. Le procès des culs nus s'ouvre le 20 novembre 1973 à Foix. Dans L'Obs, Cabu raconte...

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Vive la Science ! La musique mécanique

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Le 15 novembre dernier, Gérard Letraublon, ingénieur, passionné d'histoire des technologies, président de l'association Vive la Science !, a donné, avec le concours de Jean Jacques Trinques, facteur de pianos, une superbe conférence dédiée à la musique mécanique. Je m'efforce de rapporter ci-dessous un peu de cette communication, riche et variée.

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À Mirepoix, un certain Rabinel-Calzan lors de la fête de la déesse Raison

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Ci-dessus : Jean Baptiste Milhaud, député de la Convention, dans son uniforme de représentant du peuple aux armées. D'abord attribué à Jacques Louis David, ce tableau l'est maintenant à Jean François Garneray (1755-1837), élève de David.

« Milhaud, Soubrany, Chaudron-Rousseau, terrorisèrent le département de l'Ariège et abolirent le culte complètement. Ils expédièrent beaucoup de victimes au tribunal de Paris. Chaudron-Rousseau fut un persécuteur aussi acharné que Monestier et Dartigoyte. »

1. Milhaud, Soubrany, Chaudron-Rousseau, missionnaires de l'abolition du culte catholique et promoteurs du culte de la Raison

Ancien élève de l'École nationale supérieure du génie maritime, sous-lieutenant dans un régiment colonial en 1790, élu député du Cantal, régicide, Édouard Jean Baptiste Milhaud, dit Cumin (1) Milhaud (1766-1833) est envoyé le 9 nivôse an II (29 décembre 1793) à l'armée des Pyrénées orientales, d'où il sévit alors en Ariège et dans la Haute-Garonne. Il épouse le 9 juillet 1794 Marie Anne Lignères. Rallié ensuite à Napoléon Bonaparte, nommé général, puis comte d'Empire. Le 24 décembre 1824, il épouse en secondes noces Louise Admirat. En 1830, il se rallie à Louis-Philippe.

Fils d'Amable Soubrany de Verrières, trésorier général de France à Riom, Pierre Amable Soubrany de Macholles (1752-1795), dit Soubrany, ancien du régiment Royal-Dragons, régicide, est nommé le 9 nivôse an II (29 décembre 1793) représentant en mission à l'armée des Pyrénées-Orientales, d'où il sévit en Ariège et dans la Haute-Garonne. Après la chute de Robespierre, accusé de participation à l'insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795) et condamné à mort, il se suicide et il est guillotiné déjà défunt.

Initialement agriculteur, marié à Catherine Rousseau, élu député de la Haute-Marne, Guillaume Chaudron dit Guillaume Chaudron-Rousseau (1752-1816), est envoyé en mission dans les Pyrénées-Orientales et dans la Haute-Garonne en mars 1793, d'où il sévit également en Ariège. Arrêté après la chute de Robespierre, amnistié le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), il retourne ensuite à l'anonymat, dans sa Haute-Marne natale.

Pierre Laurent Monestier (1755-1796), dit Monestier de la Lozère, avocat, élu député de la Lozère le 5 septembre 1791, est envoyé en mission le 9 nivôse an II (29 décembre 1793) dans le Lot-et-Garonne et dans les Landes. Il achète le château et les terres de l'ancienne seigneurie d'Onet (2), vendus alors au titre des biens nationaux. Devenu commissaire du Directoire, il épouse le 5 prairial an III (24 mai 1795) une aristocrate (3). Il meurt en 1796 à Tarbes, au retour des eaux de Barèges.

Né à Mugron (Landes), avocat, élu député des Landes, régicide, Pierre Arnaud Dartigoyte, ou Dartigoeyte (1763-1812) est nommé le 31 mai 1793 représentant en mission à Bordeaux, puis envoyé dans le département du Gers pour faire appliquer le décret du 9 fructidor an I (26 août 1793) sur la levée en masse, mission qui sera renouvelée le 2 frimaire an II (22 novembre 1793), et qu'il accomplit avec une rigueur exceptionnelle. Accusé de dilapidation et de dépravation des mœurs après la chute de Robespierre, il est brièvement emprisonné. Il épouse le 21 mars 1795 une aristocrate (4). Amnistié le 15 vendémiaire an IV (7 octobre 1795), il se retire avec son épouse dans les Landes.

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Ci-dessus : porte d'entrée ogivale du château d'Onet, ancienne propriété du Chapitre de Rodez.

2. Préparation de la fête de la Raison du 20 pluviôse an II (8 février 1794) à Toulouse

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Ci-dessus : fête de la Raison célébrée le décadi 20 brumaire de l'an II dans l'église Notre Dame de Paris. On ne trouve point d'images de la fête de la Raison du décadi 20 pluviôse an II (8 février 1794) à Toulouse.

Ensemble, les différents missionnaires mentionnés ci-dessus travaillent à promouvoir, en autres, le processus de déchristianisation impulsé par la Convention. Ils encouragent à cet effet l'organisation de fêtes de la Raison dans chacun des départements dont ils sont responsables. Voici, par exemple, comment le club des Jacobins de Toulouse prépare la fête qui se donnera le décadi 20 pluviôse (8 février 1794).

Le 16 frimaire an II (6 décembre 1793), les Jacobins de Toulouse reçoivent une lettre du représentant en mission Paganel (5), qui attise leur zèle anticatholique.

« 18 frimaire. — « La Société des Jacobins, adoptant le rapport des commissaires, arrête que l'église ci-devant métropole Saint Étienne sera le lieu où sera élevé le temple de la Raison. Une députation des artistes du théâtre de la Liberté vient offrir ses services pour la célébration de cette fête.

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Ci-dessus : vue de la nef de la cathédrale Saint Étienne à Toulouse, aujourd'hui. Reste à imaginer la mise en œuvre de la fête de la Raison dans cette nef prestigieuse.

« 21 frimaire. Un membre propose et fait voter « que, dans les circonstances des notions ou des rapports philosophiques et supérieurs à la portée des vrais sans-culottes, on fasse de suite passer à l'ordre du jour, le peuple venant à nos séances pour s'instruire et non pour entendre des discussions qu'il ne convient point d'entendre ». Cet arrêté fut rapporté le 22, comme injurieux pour le peuple, et parce que « la vraie philosophie règne dans tous les cœurs ». Dans la même séance, on vote la réimpression d'un numéro du Père Duchesne, qu'on vient de lire à haute voix et d'applaudir, comme on le fait pour chaque numéro de cette feuille.
23 frimaire. Proclamation de la commune de Toulouse, prohibant tout culte extérieur et permettant tout culte intérieur. Présentation d'un enfant nouveau-né.
26 frimaire. Un membre prononce un discours sur la religion naturelle.
29 frimaire. La place Saint Étienne prendra le nom de place de la Raison. Nomination de commissaires qui se rendront au théâtre « pour déjouer les intrigants qui empêchent d'applaudir aux traits saillants de patriotisme qui se trouvent dans les pièces patriotiques », par exemple dans L'Arétaphile de Ronsin. Dans la même séance, deux commissaires sont nommés « pour présenter à la commission » l'enfant nouveau-né apporté au club dans la séance du 23.
7 nivôse. Desbarraux (6) annonce une pièce patriotique, Les Rois foudroyés par la Montagne et invite les patriotes à y assister.
19 nivôse. Le représentant en mission Paganel fait un éloge lyrique du discours de Robespierre sur le gouvernement révolutionnaire. Il termine en demandant qu'on s'entende sur un plan de décoration du temple de la Raison.
20 nivôse. Le Comité d'instruction est chargé de préparer des lectures patriotiques pour les cérémonies décadaires.
21 nivôse. La Société avait exclu les prêtres des fonctions publiques. Paganel demande qu'on revienne sur cette exclusion en ce qui concerne les prêtres défroqués, ceux qui avaient vraiment abdiqué. Sa motion est adoptée. »

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Ci-dessus : Jacques René Hébert. Le Père Duchesne, nº 120. De l'imprimerie de Tremblay. Paris. 1792.

« 9 pluviôse. On décide que le Père Duchesne (7) sera lu demain au temple de la Raison.
14 pluviôse. Les directeurs du théâtre annoncent pour le lendemain la première représentation de La Mort de Marat, pièce dramatique. La Société décide qu'elle y assistera.
17 pluviôse. Une citoyenne demande à être du nombre des républicaines que la Société se propose de marier. » (8)

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Ci-dessus : fête de la Raison célébrée le décadi 20 brumaire de l'an II dans l'église Notre Dame de Paris. Une montagne est édifiée dans le chœur ; une actrice personnifie la Liberté ; la Convention vient assister à la cérémonie.

3. Guillaume Chaudron-Rousseau, témoin de la fête de la Raison du 24 ventôse an II (14 mars 1794)à Mirepoix, Ariège

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Ci-dessus : nef de la cathédrale Saint Maurice à Mirepoix aujourd'hui.

« Un ancien receveur des tailles avait commis le crime de ne pas montrer à la fête de la déesse Raison une figure assez illuminée par la joie. Le proconsul déclara, le 24 ventôse an II (14 mars 1794), en avoir eu lui-même la preuve « dans le maintien irrespectueux, dans l'air sec et plein d'arrogance avec lesquels ledit Rabinel-Calzan s'est permis d'assister à cette cérémonie ». Il le condamne à verser deux mille livres pour l'emprunt forcé, en dehors des douze cents qu'il a déjà données, et daigne le mettre seulement en réclusion chez lui, à cause de son âge avancé et de ses infirmités. »

La Bibliothèque nationale conserve une copie de l'arrêté de Chaudron-Rousseau , daté du 24 ventôse an II, « ordonnant à Rabinel-Calzan, ex-receveur des tailles, de verser 3 000 livres et de rester en réclusion chez lui » (10). J'ai demandé une reproduction de ce document, mais celle-ci ne m'est pas encore parvenue. Je ne manquerai de l'ajouter à cet article dès que je l'aurai reçue.

Qui est cedit Rabinel-Calzan, ancien receveur des tailles, d'« âge avancé » et affligé d'« infirmités », qui n'a pas montré "une figure assez illuminée par la joie" lors de la fête de la déesse Raison du 24 ventôse an II (14 mars 1794) à Mirepoix ?

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Ci-dessus : 18 novembre 1709. Mariage de Jean Rabinel et de Jacquette Castres, parents de Jean François Rabinel. Archives dép. de l'Aude. Chalabre. Actes de baptême, mariage, sépulture (1700-1712). Document 100NUM/AC91/GG8. Vue 111.

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Ci-dessus : 3 avril 1720. Baptême de Jean François Rabinel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Paroisse Saint Maurice (1699-1722). Document 1NUM6/5MI663. Vue 398.

Il s'agit de Jean François Rabinel, né le 27 mars 1720 à Mirepoix, baptisé le 3 avril, fils de Maître Jean Rabinel conseiller du roi et son receveur des tailles dans le diocèse de Mirepoix, et de Dame Jacquette Castres. On ne lui trouve ni mariage ni descendance. Il n'est pas mort à Mirepoix. Le registre des décès ne comprend aucun acte correspondant. Il serait mort à Paris, dit-on, avant 1799. Mais à Paris, son acte de décès manque, ou a été détruit pendant la Commune..

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Ci-dessus : essai de généalogie de la famille Rabinel ; vue simplifiée. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Le 29 janvier 1793, Jean François Rabinel demande et obtient de la municipalité révolutionnaire le certificat de résidence suivant :

« Certifions que s'appelle Jean François Rabinel Calzan, ci-devant receveur des tailles du ci-devant diocèse de Mirepoix, âgé de soixante-douze ans, taille de cinq pieds trois pouces six lignes [1,70 m environ], cheveux et sourcils gris, portant perruque, les yeux châtains, le nez allongé, la bouche moyenne, menton relevé, front grand, visage plein et allongé ; que ledit Rabinel Calzan demeure actuellement dans la présente ville, maison à lui appartenant, et qu'il y réside ou y a residé sans interruption depuis environ quarante ans. »

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Ci-dessus : pour l'effet de comparaison, même si l'homme semble n'avoir aucun lien de parenté avec nostre Jean François Rabinel, portrait d'Henri Rabinel (Genève, 1731-1808, La Haye).

Le compoix mirapicien de 1766 indique que Jean François tient à cette date, entre autres, deux maisons, correspondant aux numéros 184 (couvert du Midi) et 196 (couvert Saint Antoine) du plan 3, une décharge et une écurie (rue Courlanel) correspondant au numéro 223 du même plan, et la métairie de Rives. Jean Rabinel, son frère puîné, avocat, tient, lui, une maison correspondant au numéro 149 (rue Courlanel) dudit plan (9).

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Ci-dessus : vue actuelle du numéro 184 du plan 3 de 1766. Ancienne propriété de Jean François Rabinel. C'est aujourd'hui la mairie de Mirepoix.

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Ci-dessus : vue actuelle du numéro 196 du plan 3 de 1766. Ancienne propriété de Jean François Rabinel.

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Ci-dessus : vue actuelle du numéro 223 du plan 3 de 1766. Anciennes décharge et écurie de Jean François Rabinel.

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Ci-dessus : localisation de la métairie de Rives, propriété de Jean François Rabinel.

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Ci-dessus : vue actuelle du numéro 149 du plan 3 de 1766. Ancienne propriété de Jean Rabinel, frère puîné de Jean François Rabinel. il s'agit de l'ancien grenier à sel, tenu au mitan du XVIIe siècle par Henri de Calages et Pierre Pol Riquet.

4. Mirepoix, pôle d'attraction des différentes branches de la famille Rabinel

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14 février 1697. Mariage de Jacques Rabinel et de Jeanne Caffarel. Archives dép. de la Haute-Garonne. Revel. Baptêmes, mariages, sépultures (collection communale) 1697-1700. Document GG 5. Vue 17. Concernant la famille Caffarel, qui devient ensuite Caffarelli, cf. Paul Romane-Musculus. « I. Généalogie des Caffarel devenus Caffarelli ». In Annales du Midi. Année 1971. 83-102, pp. 215-224.

Parmi les fils de Jean Rabinel I, receveur des tailles du diocèse de Mirepoix, Jean Rabinel II, qui épouse Jacquette Castres et qui fonde à Mirepoix la lignée Rabinel de Mirepoix, devient receveur des tailles du diocèse de Mirepoix ; Jacques Rabinel, qui épouse catholiquement à Revel (Haute-Garonne) le 14 février 1797 Jeanne Cafarel, baptisée protestante, et qui fonde la lignée Rabinel de Revel, devient avocat à Revel.

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25 février 1770. Mort de Jean Jacques Rabinel de la Prade. Mirepoix (1747-1774). Document 1NUM3/5MI664. Vue 267.

Parmi les fils de Jacques Rabinel et de Jeanne Caffarel, mariés à Revel, Jean Jacques Rabinel, né à Revel, meurt à Mirepoix le 25 février 1770.

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20 juillet 1721. Baptême de Joseph Rabinel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix (1699-1722). Document 1NUM6/5MI663. Vue 424.

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2 février 1777. Décès de Joseph Rabinel Merviel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix (1768-1778). Document 1NUM/3E125/3. Vue 184.

Parmi les fils de Jean Rabinel II, receveur des tailles du diocèse de Mirepoix, Jean Rabinel III, mousquetaire du roi, est en 1723 gouverneur de Mirepoix. Jean François Rabinel devient receveur des tailles du diocèse de Mirepoix. Jean Joseph Rabinel devient receveur des tailles du diocèse de Mende, puis receveur des tailles du diocèse de Mirepoix ; il meurt à Mirepoix le 2 février 1777. Étienne Rabinel est en 1749 cornette des dragons au régiment de Lorraine.

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17 fructidor an VII (3 septembre 1799). Décès de Jean Joseph Rabinel Merviel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Décès (1793-An X). Document 1NUM1/5MI667. Vue 464.

Parmi les fils de Joseph Rabinel, Jean Joseph Rabinel Merviel, marié à Marie Reine Philippine Florentine de Frahan, dont il a deux filles, devient chef de brigade de cavalerie à Cambrai (Nord). Il revient à Mirepoix circa 1779 et il y meurt le 17 fructidor an VII (3 septembre 1799) dans sa maison, sise au numéro 197 de la section A. Joseph Hippolyte Rabinel est père de Gabriel Rabinel, né le 2 avril 1788 « de parents inconnus », reconnu plus tard. Héritier de Jean François Rabinel, Joseph Hippolyte Rabinel, dit propriétaire agriculteur pendant la Révolution, puis rentier, épouse à l'âge de 52 ans, le 27 nivôse an XII (18 janvier 1804) à Mirepoix, Elizabeth Arcidet, âgée de 61 ans. L'État de la population de Mirepoix daté d'août 1804 indique que Gabriel Rabinel vit à cette date chez son père, au numéro 29 de la section C, i.e. au bord du Béal, entre le pont de Raillette et le Countirou. On ne sait ce qu'il devient ensuite. Joseph Hippolyte Rabinel meurt le 21 juillet 1816 à Mirepoix, section C nº 122 (ancienne École des Frères), sans autre descendance.

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15 juin 1751. Baptême de Joseph Hippolyte Rabinel. Archives dép. de la Lozère. Mende. Baptêmes, mariages (1751-1754). Document 1 MI EC 095/11. Vue 23.

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2 avril 1788. Baptême d'André Gabriel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Baptêmes, mariages (1787-1792). Document 1NUM6/5MI665. Vue 25.

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Ci-dessus : Gabriel Rabinel, 16 ans, fils naturel de Joseph Hippolyte Rabinel. Rôle de la population de Mirepoix en 1804.

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21 juillet 1816. Décès de Joseph Hippolyte Rabinel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix. Décès (1813-1824). Document 1NUM/4E2361. Vue 149.

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1. Né le 10 juillet 1766, a choisi de substituer à son prénom de baptême le prénom Cumin, associé à la date du 22 messidor an I (10 juillet 1793) dans le calendrier révolutionnaire. L'association de nouveaux prénoms aux dates du calendrier révolutionnaire est l'œuvre de Philippe François Nazaire Fabre, dit Fabre d'Eglantine (1750-1794), natif de Carcassonne.

2. Château situé à Onet-le-Château, commune de l'aire urbaine de Rodez.

3. Marie de Noguès de Gerderest, fille d'Antoine Vincent de Noguès, baron de Gerderest, conseiller au Parlement de Navarre ; divorcée de Jean Arnaud Germain, seigneur d’Abidos.

4. Sophie de Foix Candale, fille de François Henri de Foix Candale (1724-1779), marquis de Cantenac, seigneur de Pedepeyran.

5. Pierre Paganel (1745-1726), ancien curé de Noaillac, élu député du Tarn-et-Garonne, régicide, envoyé en mission dans le Tarn-et-Garonne, est lui-même un prêtre défroqué. Après la chute de Robespierre, il devient chef de division, puis secrétaire général aux Affaires Etrangères, d'où il passe en 1809 à la Chancellerie de la Légion d'Honneur. Exilé après le retour de Louis XVIII, il se réfugie à Liège puis à Bruxelles.

6. Hyacinthe Pellet, dit Desbarreaux, né à Chèzeneuve, Isère) en 1756, a vécu à Toulouse de 1786 à 1828, date de sa mort. À Toulouse, devenu comédien, puis auteur dramatique il ajoute à son patronyme le nom de Desbarreaux en hommage au poète libertin du XVIIe siècle, Jacques Vallée Des Barreaux. À partir de 1789, il devient également directeur d’une manufacture de faïence « anglaise ». Le 22 août 1790, il s'inscrit à la société populaire, fondée en mai 1790 sous le nom de Club des Cent et il en constitue l'un des membres les plus actifs. Partisan du culte républicain, il publie, entre l’an II et l’an VIII, au moins une dizaine de discours, principalement à l’occasion des fêtes décadaires. Soucieux de l’élévation de l’esprit public grâce au théâtre, bientôt institué « régisseur du théâtre de la liberté et de l’égalité », il organise la représentation de pièces patriotiques, payées par l'administration du département, et jouées chaque décadi tout au long de l'an II. Brièvement incarcéré après la chute de Robespierre, il devient membre de l’administration municipale en l’an IV, maire de Toulouse entre le 11 germinal an V (31 mars 1797) et le 1er floréal an VI (20 avril 1798), puis administrateur du département de la Haute-Garonne en l’an VII. Il se ralliera ensuite à l'Empire, puis à Louis XVIII. Cf. Marco Marin. « Hyacinthe Pellet-Desbarreaux - Son apport au théâtre révolutionnaire et patriotique à Toulouse », p. 47 sqq. In L'Aouta. Les Toulousains de Toulouse. Février 2015.

7. Connu et apprécié des sans-culottes pour la violence de son style, délibérément ordurier, Le Père Duchesne est le journal publié par Jacques René Hébert de septembre 1790 jusqu’à onze jours avant son exécution sous la guillotine, le 4 germinal An II (24 mars 1794).

8. F.-A Aulard. Le culte de la Raison et le culte de l'Être Suprême. 1793-1794. Le culte de la Raison et le culte de l'Être Suprême, p. 168 sqq. 1793-1794. Félix Alcan. Paris. 1892.

9. 15 juin 1751. Baptême de Jean Joseph Rabinel Merviel. Archives dép. de la Lozère. Mende. Baptêmes, mariages (1751-1754). Document 1 MI EC 095/11. Vue 23. 17 fructidor an VII (3 septembre 1799). Mort de Jean Joseph Rabinel Merviel. Archives dép. de l'Ariège. Mirepoix (1793-An X). Document 1NUM1/5MI667. Vue 464.

10. Archives nationales. Fonds du Conseil exécutif provisoire, Comité de salut public. 645. 1. Ariège. Arrêtés des représentant en mission. Nº 13.

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En avril 1790, à Carcassonne. À propos des droits honorifiques

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Ci-dessus : Lettres patentes du Roi sur le décret de l'Assemblée Nationale du 15 du présent mois de Mars, concernant les droits féodaux, p. 1. Imprimerie de de Baudouin. Paris. 1790.

Le 15 mars 1790, l'Assemblée nationale décrète l'abolition des privilèges seigneuriaux et féodaux. Le 28 mars 1790, ce décret se trouve sanctionné par lettres-patentes du roi Louis XVI. L'abolition des droits seigneuriaux comprend celle des droits honorifiques, tels que le droit de litre (1), les prières nominales, l'encens, et le droit de banc et de sépulture dans le chœur.

On se souviendra ici de la longue querelle, dite « des honorifiques », qui a opposé, au XVIIe siècle, Alexandre de Lévis, seigneur de Mirepoix, puis Louise de Roquelaure, sa veuve, régente de Mirepoix, à Monseigneur de Nogaret, évêque de Mirepoix, acharné à interdire à la famille de Lévis l'exercice des droits en question, dont particulièrement le droit de banc. Louise de Roquelaure sort victorieuse de cette querelle. En 1665, Louis de Nogaret de Lavalette requiert son transfert à l'évêché de Carcassonne. Louis Hercule de Lévis Ventadour, successeur Louis de Nogaret à l'évêché de Mirepoix, se contentera de temporiser. (2)

En avril 1790, le sieur Sanches, de Carcassonne, formule à destination de ces Messieurs de l'Assemblée nationale une suite d'observations relatives au même droit de banc.

« Messieurs,

Une mauvaise interprétation de vos décrets cause dans les provinces de grandes discussions, et de ces discussions provient un grand désordre, auquel votre sagesse doit enfin mettre un terme.

Vous avez aboli avec justice tout honorifique dû ci-devant aux seigneurs. En conséquence, dans plusieurs paroisses, on a ôté d l'égiise les bancs seigneuriaux ; dans d'autres, MM. les officiers municipaux s'en sont emparés, pour s'y colloquer, à l'exclusion des seigneurs auxquels ils appartiennent ; dans quelques-unes, on les a mis en pièces, et dans toutes, on veut prendre l'un ou l'autre de ces trois partis. Vous sentez bien, Messieurs, que cela ne se peut faire sans opposition marquée de la part des seigneurs, et cette opposition ne peut avoir lieu sans beaucoup de trouble.

Vous avez aboli tous droits honorifiques : cela est juste pour ceux qui ne sont que tels. Mais le droit d'avoir un banc ne tient pas seulement à l'honneur, il tient encore à l'utilité, je dis plus, à la nécessité. On passerait cependant là-dessus, quoique à regret, si ce droit n'était enlevé qu'aux seigneurs qui n'ont rien fait pour le mériter ; mais il en est qui ont embelli leurs églises par mille réparations dispendieuses, qui y ont fondé de magnifiques chapelles, qui les ont comblées de bienfaits innombrables ; ceux-là, Messieurs, devraient-ils avoir la douleur de trouver, dans les églises dépositaires d'une partie de leurs richesses, des mères ingrates qui oublient leurs dons lors même qu'elles en jouissent, et rejettent indignement leurs bienfaiteurs de leur sein, en les privant d'un droit que de simples particuliers conserveront, pour avoir fait quelques petits sacrifices inassimilables aux leurs ? Vous direz peut-être que ceux qui ont de pareils droits sont libres de les faire valoir ; mais leurs vues étaient trop désintéressées pour demander le salaire de leurs libéralités en les répandant, et pour s'assurer par un titre une propriété qu'ils croyaient si bien affermie par leurs droits.

On n'alléguera point, sans doute, que les seigneurs ne doivent plus jouir d'aucune distinction : ils ont eux-mêmes renoncé à être distingués de leurs vassaux. Mais ils veulent du moins leur être semblables, qu'ils aient le même privilège que les moindres ménagers de leur village, lesquels autrefois leur étaient si inférieurs, et les voilà satisfaits.

Le principe juste qui a servi de base à toutes les opérations du Comité féodal devrait, ce me semble, en servir aussi au décret indispensablemenl nécessaire que vous êtes suppliés de rendre sur ce point. En suivant ce principe, vous pourriez ordonner que le droit de banc fût aboli pour les seigneurs qui le justifieraieni seulement par l'honorifique attaché aux seigneuries, et conservé pour ceux qui prouveraient avoir fondé des chapelles dans leur église paroissiale, ou fait des réparations considérables trop onéreuses pour leurs vassaux, quand toutefois la valeur des dépenses faites par lesdits seigneurs fournira un capital assez fort pour équivaloir au capital de ce que payent annuellement les autres propriétaires de bancs.

Du reste, Messieurs, on n'entend point prescrire des règles à votre justice, ni des bornes à vos lumières. Mais on espère que vous ne voudrez point imposer aux églises une horrible ingratitude, aux paysans une licence sans frein, aux seigneurs de justes mécontentements, et vous continuerez à vous faire admirer de tous les Français, et de celui surtout qui, zélé défenseur de vos principes, se fait aussi un honneur d'être avec le plus profond respect, etc.

Sanches, ci-devant doctrinaire.
À Carcassonne, ce [ici un blanc] avril de l'année heureuse 1790. » (3)

Le sieur Sanches, ci-devant doctrinaire, est, comme indiqué par le mot « doctrinaire », un membre de la congrégation des Pères de la doctrine chrétienne, congrégation qui sera dispersée en 1792. On ne s'étonnera donc pas de ce qu'il défende l'ordre d'un monde ancien, celui dans lequel l'Église bénéficiait des pieuses libéralités des seigneurs. Je ne suis pas parvenue à savoir ce que lui, défenseur de l'ordre ancien, est devenu après 1792.

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Ci-dessus : ancien banc seigneurial du marquis de Portes, conservé dans l'église de (Portes) Manses (Ariège). La jouissance de ce banc seigneurial a suscité des querelles jusqu'à la fin du XIXe siècle, date du déménagment des anciens seigneurs à Teilhet, commune voisine de (Portes) Manses.

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1. Litre (funéraire) : bande peinte ou bande d'étoffe de couleur noire aux armoiries du défunt placée sur le pourtour des murs intérieurs ou extérieurs de l'église lors des obsèques d'un seigneur.

2. Cf. Christine Belcikowski. En 1678, lettre de l’évêque de Mirepoix au marquis de Mirepoix.

3. Lettre retranscrite in Les comités des droits féodaux et de législation et l'abolition du régime seigneurial (1789-1793), pp. 185-187. Documents publiés par Ph. Sagnac et P. Caron. Imprimerie nationale. 1907.

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