La méthode que l'abbé Fourès, au XVIIIe siècle, dit « merveilleuse pour nettoyer les tableaux », n'a aujourd'hui plus cours. Elle est même formellement déconseillée. Mais elle conserve son intérêt historique. Voici comment, dans le curé de Prades, Ariège, s'occupait de rafraîchir le ou les tableaux de son église.
Archives dép. de l'Ariège. Prades (1632-1792). Document 1NUM/E116. Vue 338.
« Il faut d'abord les laver avec une éponge trempée dans de l'eau, où l'on mêlera un peu d'azur à l'huile. Lorsque le tableau sera bien sec, on y passera de l'huile grasse, dont voici la composition :
une livre d'huile de lin ou de noix, demi-livre de litharge d'or (1), demi-livre de minium et deux onces de terre d'ombre en pierre, forment cette huile grasse, que vous ferez bouillir à petit feu de charbon, ayant soin de bien remuer toutes ces drogues ; et lorsque le tout sera bien mêlé et disloqué, vous en frotterez le tableau avec la même éponge, aussi légèrement que vous le pourrez, desquels le tableau sera imbu ; et puis vous y passerez un blanc d'œuf frais, bien uniment, avec une éponge bien sèche et bien nette.
C'est un secret dont on s'est servi dans cette ville de tout temps sur des tableaux que le temps avait absolument gâtés, et qu'on dirait être neufs à présent.
Cet acte tiré de la feuille hebdomadaire de Toulouse du 18 décembre 1759, par moi, signé Fourès, curé de Prades. »
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1. Cf. Pierre Pomet, marchand épicier et droguiste. Histoire générale des drogues simples et composées. Tome II. Article « De la litarge », p. 274 sqq. Chez Étienne Ganeau et Louis Étienne Ganeau fils. Paris. 1735.
Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Tiré des évangiles de Matthieu en 3:4 et de Marc en 1:6, ce verset a inspiré le Saint Jean Baptiste dans le désert de Jérôme Bosch.
Jérôme Bosch. Saint Jean Baptiste dans le désert (~1489). Volet supérieur d’un retable d’autel. Musée Lázaro Galdiano, Madrid. Poésie de la méditation et mémoire de l'histoire des enfants de Dieu. Pour voir le tableau en grande résolution, cliquez ici, puis cliquez encore sur l'image ainsi obtenue.
I. Matthieu, chapitre 3, et Marc, chapitre 6
Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Tiré du Nouveau Testament, le verset reproduit ci-dessus fait écho à ceux des chapitres 10, 12 et 16 du livre de l'Exode, dans l'Ancien Testament.
II. Exode, chapitre 10
12 Le Seigneur dit à Moïse : « Étends la main sur le pays d’Égypte pour que viennent les sauterelles ; qu’elles montent sur le pays d’Égypte et qu’elles dévorent toute l’herbe du pays, tout ce qu’a laissé la grêle. »
13 Moïse étendit son bâton sur le pays d’Égypte, et le Seigneur fit lever sur le pays un vent d’est qui souffla tout ce jour-là et toute la nuit. Au matin, le vent d’est avait amené les sauterelles.
14 Des nuées de sauterelles montèrent sur tout le pays d’Égypte et se posèrent sur l’ensemble du territoire. Jamais auparavant et jamais depuis lors, il n’y eut une telle masse de sauterelles.
15 Elles recouvrirent tout le pays, qui en fut obscurci. Elles dévorèrent toute l’herbe du pays et tous les fruits des arbres épargnés par la grêle ; il ne resta rien de vert ni sur les arbres ni dans les prairies, par tout le pays d’Égypte.
16 Pharaon se hâta d’appeler Moïse et Aaron, et leur dit : « J’ai péché contre le Seigneur votre Dieu, et contre vous.
17 Et maintenant, je t’en prie : une fois encore, enlève ma faute. Priez le Seigneur votre Dieu, pour qu’il écarte de moi cette mort. »
18 Moïse sortit de chez Pharaon et pria le Seigneur.
19 Le Seigneur changea le vent d’est en un très fort vent d’ouest qui emporta les sauterelles et les précipita dans la mer des Roseaux. Il ne resta plus une seule sauterelle sur tout le territoire d’Égypte.
III. Exode, chapitre 12
1 Dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
11 Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur.
Exode, chapitre 16
13 Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp.
14 Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.
15 Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » Qu’est-ce que c’est ? car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger.
31 La maison d’Israël donna à ce pain le nom de « manne ». C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel.
En guise de commentaire
On a les sauterelles qu'on mérite.
Il y a du miel dans la Création.
Chacun reste libre de se figurer ici à quoi pense ou rêve, dans le désert, le Saint Jean de Jérôme Bosch.
Ce désert-là n'est point, au vrai, aussi désert que l'on s'y attendrait. Dans un paysage peuplé d'animaux qui pourrait être celui du matin du monde, tel qu'au cinquième jour de la Création, le doigt du saint pointe vers l'agneau qui voisine au premier plan du tableau avec une racine, de forme vaguement humaine, dont on voit qu'après avoir forcé son chemin dans la pierre, elle a donné naissance à une plante de grande taille, porteuse de fortes épines et de fruits étranges.
Profondeur de l'espace, allégorie de la profondeur du temps. Il y a eu, dans ce paysage du matin du monde, un sixième jour déjà, puisque, figuré en aval des animaux, Jean le Baptiste l'habite là maintenant sous nos yeux. Et il y a eu, au terme de l'histoire de la Création, l'avénement de l'Agneau déjà, l'Agneau qui vient sauver le péché du monde.
Chacun reste libre de se demander ici s'il y a un rapport, et lequel ? entre le mode de vie qui est celui de Jean le Baptiste au désert, et les préconisations issues de l'école de pensée qui aiguise aujourd'hui la critique de l'anthropocène.
La famille Durand de Monestrol est issue de l'ancienne maison languedocienne de Durand, dont le premier membre connu est Vital Durand († avant 1539), écuyer, seigneur des Quilhes, ou d'Esquilles, et de Vernoses, qui épouse à une date inconnue Antoinette de Termes. Les fiefs d'Esquilles et de Vernoses sont aujourd'hui disparus. Située dans la Haute-Garonne, la commune d'Esquilles a été supprimée en 1847. Son territoire a été partagé entre Trébons-sur-la-Grasse et Cessales. Seul subsiste aux abords de Trébons-sur-la-Grasse un lieu-dit nommé Esquille (1). Également situé dans la Haute-Garonne, le village de Vernoses s'est changé en la commune de Lavernose-Lacasse.
Né le 25 décembre 1772 en Arvigna (Ariège), Jean Baptiste Antoine Noël Barrière, lointain parent de Pierre Barrière, notaire royal, sis en Arvigna au XVIIe siècle déjà, est, aprés la Révolution, maire d'Arvigna. Après Antoine Jean Baptiste Noël Barrière, son père, Antoine Bernard Barrière, chirugien, sera maire d'Arvigna à son tour. Pour en savoir plus sur l'histoire de la famille Barrière d'Arvigna, cf. Christine Belcikowski. Arvigna au XVIIIe siècle. Tentative de généalogie de la famille Barrière au hameau de Languit.
Le parc de l'ancienne maison Barrière, située en Arvigna au hameau de Languit, abrite la pierre tombale de Jean Baptiste Antoine Noël Barrière.
Une croix surmontait cette stèle, au fond du parc. Elle s'est perdue.
La maison qui fut aux XVIIe et au XVIIIe siècles, et encore jusqu'au milieu du XIXe siècle, celle de la famille Barrière d'Arvigna, sera prochainement vendue. Elle abritera bientôt un restaurant, un parking, etc.
Ci-dessus : vue de la maison Barrière, côté chemin. Une ancenne bretèche subsiste à gauche, sur la partie plus ancienne. Il se dit dans le village que le site a été celui d'un ancien prieuré ?
J'ai connu cette bretèche, dans mon enfance, non crépie, restée dans son état ancien.
Ci-dessus : ancienne porte, datée de 1766.
Ci-dessus : ancienne porte, datée de 1788.
Ci-dessus : vue, au nord, d'une façade plus ancienne ; la partie du bâtiment qui a forme de tour a servi un temps de pigeonnier.
Ci-dessus : une croix ancienne, dont l'inscription, rongée par le temps, n'est plus lisible, signale l'entrée du domaine.