Christine Belcikowski

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Pierre Sidoine. Passage de l'Aquator

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« Le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté, l’enfance douée maintenant, pour s’exprimer, d’organes virils et de l’esprit analytique qui lui permet d’ordonner la somme de matériaux involontairement amassée. » (1)

 

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Dans le secret de l'atelier, dernier état du Passage de l’Aquator avant son exposition à la Galerie 113, chez Philippe Guicheney, 36, avenue Frédéric Mistral, à Castelnaudary, jusqu'au 16 novembre 2019.

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Dans la lumière plus froide de la galerie, nouvel état du Passage de l’Aquator, dans lequel on voit qu'il ne s'agit pas là d'une pièce faite, à l'ancienne, d'une charpenterie de bois, mais d'un assemblage de lames de métal, augmenté de quelques pièces de hasard, tête de poupée ancienne à la poupe, cache-sexe africains et revolver à la proue, plaques récupérées d'une vieille machine à coudre à la poupe et à la proue, hache en guise de gouvernail et de quille. Sur les bancs du navire, nul rameur. Seul à bord, le poupon, c'est le bosco, — le bosco de personne. Immobile, le navire demeure toutefois libre de virer sur l'axe qui le supporte.

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Pierre Sidoine, quand il travaillait à son Passage de l’Aquator, a-t-il songé à cette promesse de l’enfance dont Baudelaire dit quelque part que seul l’art rend possible de jamais n’en démériter. Il saisit en tout cas dans cette pièce l’instant au regard duquel l’enfance apparaît comme marchant, sans se laisser elle-même derrière soi, à la rencontre du passage dont elle nourrit le rêve. L’immobilité de l’instant, qui est ici celle de la nef solidement ancrée, comprend, de façon sous-jacente au fond, la promesse de tous les voyages, de tous les futurs.

Pierre Sidoine semble s’être souvenu, là d'abord, du passage d’Albator, célèbre corsaire de l’espace créé par le mangaka Leiji Matsumoto en 1969, puis rendu célèbre par la série télévisée diffusée en Europe dans les années 1980. Inspiré par Musashi Miyamoto, le légendaire guerrier samouraï, Albator œuvre à la défense de la liberté et à celle des causes perdues.

De façon plus originaire, Pierre Sidoine semble s’être souvenu là surtout du passage de l’Équateur, qu’il a vécu enfant au fil de ses expatriations familiales. Du souvenir de son passage africain, il a tiré l’idée de faire des deux cache-sexe métalliques Kirdi (Cameroun) le matériau hautement suggestif — mais secret, en tout cas à peine visible — de la proue de son Aquator.

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Considéré chez Pierre Sidoine dans la perspective du futur que lui fait la nef, l’enfant roi, ou plutôt le poupon qui trône sous son ombrelle au-dessus du château arrière dont une pièce de machine à coudre ancienne, richement ouvragée, protège la dunette, tient dans son regard, encore vide ou dormant, le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. La quille et le gouvernail de l’Aquator sont faits d’une hache de bûcheron démanchée ; la figure de proue, elle, d’un revolver renversé. Point de Vengeur donc ni de Vainqueur ici ; mais, entée sur une nef solidement ferronnée, une sorte d’assentiment sans objet, de nue exposition à ce qui vient depuis toujours, sans prévision possible, à partir de la fin initiale.

À la fois superbement sobre et chargé du poids métaphysique que lui confère l’aménagement de la proue et de la poupe, le Passage de l’Aquator atteint de la sorte au pouvoir de montrer que l’artiste n’est pas l’Autre, mais le Même de l’enfant.

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Derrière le Passage de l’Aquator, le Couple oblique, autre œuvre de Pierre Sidoine.

À voir, à lire aussi :
Pierre Sidoine. Anatomie secrète du Don Miguel de la Cocotologìa
Dans la tête de Jules Ier de Crapot Peujaud
Pierre Sidoine. Jules Ier de Crapot Peujaud
À propos de Pierre Sidoine, sculpteur
Détails empruntés aux sculptures de Pierre Sidoine exposées au château de Belflou
Pierre Sidoine. Le Cheval 2.3
Pierre Sidoine. Don Miguel de la Cocotología
Pierre Sidoine. Janet’s whim, ou le caprice de Jeannette
Pierre Sidoine. Mishima
Pierre Sidoine. Odysseus 2357

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1. Charles Baudelaire. Le Peintre de la vie moderne, III, « L’artiste, homme du monde, homme des foules et enfant ». In Œuvres complètes de Charles Baudelaire, tome III (p. 58-68). Calmann Lévy. Paris. 1885.

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Tentative de reconstitution de la généalogie de la Dame de Plaigne

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Le 24 mars 1683, la faillite de la maison de Plaigne se trouve consommée. Dame Anne de Plaigne, veuve de Messire Guy du Faur, comte de Pibrac, et Messire Michel du Faur, comte de Pibrac, son fils, vendent à messire Pierre Hippolyte de Béon, seigneur marquis de Cazaux, la terre et la seigneurie de Plaigne, en toute justice, haute, moyenne et basse, et autres droits honorifiques, biens nobles et ruraux, directes ; les métairies de Born et de Caudemique et dépendances d'icelle,jardin, moulin, pigeonnier, vignes, prés, bois terres cultes et incultes ; les fiefs de la Devèze, de Blazens et de Fontaines, ainsi que les terres de la métairie de Bonhaure, et cinquante sétérées de terre situées dans le consulat du Py. Le seigneur marquis de Cazaux se charge de dédommager les créanciers qui n'ont cessé de poursuivre Anne de Plaigne depuis 1642, année de son mariage avec Guy du Faur de Pibrac, et plus encore depuis 1648, date approximative de la mort de François de Plaigne, son frère. Cf. Christine Belcikowski. À propos de la famille et de la seigneurie de Plaigne.

À force de parler de la faillite de la maison de Plaigne et de la triste destinée de la dame de Plaigne, on oublie de s'intéresser à l'ascendance maternelle d'Anne et de François de Plaigne, derniers représentants de ladite maison. Qui était leur mère ? Avec qui la maison de Plaigne avait-elle fait alliance une génération plus tôt ?

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À Portes / Manses. De la métairie de Roques au château de Roques

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Ci-dessous : extrait du plan 16 de Portes, daté de 1752 : « de Jean Pech Philippe et de Bel Air ».

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Portes. Compoix de 1752. Métairie, aire, jardin, terre, vigne, bois, breil, gravier et herm, de demoiselle Suzanne Falgos, veuve du sieur Jean Amouroux, de Roques. Le tout, d’une surface de 90 séterées (45 hectares environ).manses_roques1.jpg

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Achetée par le marquis de Portes à une date qu'on ignore, la métairie de Roques s'est trouvée baillée à ferme à partir de 1775 à divers titulaires successifs.

Le 3 septembre 1880, Paul François Thomas de Portes (1839-1880), cinquième marquis de Portes, meurt à l'âge de quarante-et-un ans. Le bail à ferme consenti pour la métairie de Roques expire dans le même temps. Hélène Gordon Hutton, veuve de Paul François Thomas de Portes, engage à partir de 1886 la démolition du château de Portes afin d'en tirer les matériaux nécessaires à l'édification d'un nouveau château sur le site qui avait été jusqu'alors celui de l'ancienne métairie de Roques. Pour en savoir plus sur les raisons d'une telle opération, cf. l'article d'Émile Kapfer : Petit historique du château de Roques, en Ariège.

Hélène Gordon Hutton meurt en 1892. François Henri de Portes, son second fils, termine par la suite les travaux.

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Ci-dessus : vue du château de Roques, circa 1900.

En 1938, le château de Roques est vendu à Christian Vieljeux, fils de Léonce Vieljeux, armateur, maire de La Rochelle. Il se trouve ensuite entièrement transformé, passant alors du style « vallée de Chevreuse » qui plaisait à Hélène Gordon Hutton, au style « de la brique et des tuiles romanes », plus propre au paysage languedocien, dixit Christian Vieljeux.

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Ci-dessus : vue du château de Roques, circa 1960.

Racheté en 2006 par Jean Michel Estèbe, le château de Roques, descendant de l'ancien château de Portes et de la plus ancienne encore métairie de la veuve Falgos, n'a rien perdu aujourd'hui de son style « brique et tuiles romanes », ni les jardins de leur éclat des années 1960, — malgré la pyrale !

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Lapenne au XVIIIe siècle

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Tiré du compoix de 1753, voici le « plan 8 du village de Lapenne depuis le ruisseau de Pontauriol et de la font jusqu'à celui de font Pagès ». Et voici sur ce plan le « fort ", le cœur du village, anciennement fortifié, avec son église et sa place, et, regardant sur cette place ou sur la rue du Presbytère, quelques maisons bien anciennes...

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Ci-dessus : vue d'ensemble du plan 8.

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