Christine Belcikowski

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À propos du village d'Arvigna

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Ci-dessus : l'église d'Arvigna, vue depuis le château, en mode « Mesochrome 160 ».

J'ai publié, au fil du temps, une petite suite d'articles dédiés au village d'Arvigna, dans la vallée du Douctouyre. Pour plus de commodité dans la consultation, voici la liste des liens correspondants :

Le château d’Arvigna

Dénombrement des biens et valeurs de Jean VI de Lévis à Arvigna en 1510

Enterraine – Une ancienne propriété de la maison de Lévis Mirepoix

À propos de Jean Coudol, chanoine du chapitre de Pamiers, prieur d’Arvigna, au temps de Monseigneur de Caulet

En Arvigna, le « planol du puits » et la « pointe » des Bordes en 1754

En 1794, vente de la métairie d’Enterraine, à Arvigna, au titre des biens nationaux

Pour une généalogie de Stanislas Belcikowski et de Marie Astrié
Dans cet article, un passage relatif à Laurent Astrié, qui a desservi la paroisse d’Arvigna pendant quarante-deux ans, et qui était le grand-oncle de Marie Astrié, mon arrière-grand-mère.

À propos de trois tableaux conservés à l'église d'Arvigna
Ces trois tableaux sont très intéressants. Ils mériteraient d’être restaurés.

 

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Ci-dessus : l'église d'Arvigna, vue depuis le château, en mode « Yesteryear ».

Classé dans : Histoire Mots clés : aucun

Que dit-il ? Que dit-elle ?

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L’oiseau de janvier, là-haut
sur les arbres du cours,
que dit-il,
dans la pluie et le vent ?
Perce-neige aujourd’hui,
pervenches demain ?
Le ciel est noir ;
sa voix est bleue,
bleue comme les femmes sont blondes,
d’imagination,
qui défie le temps.

La montagne, là-haut,
par-dessus la forêt,
que dit-elle,
dans la neige et le vent ?
La vie doit être forte
ou ne pas être.
L'air qui descend de nos glaciers est cruel
comme la loi de Lacédémone :
il tue
ceux qui ne sont pas nés puissants.

Le ciel est noir ;
sa voix est rauque,
rauque comme la mort est gouffre,
n’oublie pas de t’en ramentevoir :
Tu le sçais bien, mais je le ramentoy(1)

Le Christ en gloire, là-haut
entouré des archanges et des saints,
que dit-Il
dans le silence et l'ombre ?
La parole tombe ici de l'image :
dans une main, le Livre ;
l'autre a trois doigts levés.
La voix est insonore,
insonore comme le regard est foudre.
— Que dit-Il ?
Car nous n'avons aucun pouvoir
contre la vérité.

La réponse est dans la question
que tu poses
à l'oiseau,
à la montagne,
au Christ :
— Qui suis-je
parmi l'oiseau,
la montagne
et le Christ ?

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1. Clément Marot. Chants divers, p. 250. in Œuvres de Clément Marot (1496-1544). Tome I. À La Haye. Chez Adrian Moetjens. 1700.

Sous l'arche du pont

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Le silence se cache
sous l’arche
du pont,
les mots passent,
libellules,
poissons d'or,
la nave va,
la navette
vole à voile,
le ciel s'habille
de rubans,
le sucre file,
les anges, qui affluent,
s'échevèlent,
les Sœurs, au loin,
tiennent fermés
leurs ciseaux.
Le silence, cependant,
se réserve sous l'arche du pont.
Le secret des mots
est dans le silence.

Et nous aussi, invisibles

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Et nous aussi, invisibles
parmi vous,
vapeurs devenus,
habitons sous la cape
la parole,
mais parlante,
comme tu risques un pas
dans la neige,
et le silence se fait alors sur l’oiseux
du discours,
et lieu vient,
et temps,
— ô montres molles ! —
d’être là fantômes,
fumées,
et de dire
le rien d’âme,
de corps,
en mots de peu, flocons
qui tombent
légers, légers,
et le silence se fait alors sur l’oiseux
du discours.

Quand Marat tient un discours radical...

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Ci-dessus : Le Publiciste de la République française, n° 208, du 5 juin 1793. Par Marat, l'Ami du Peuple, député à la Convention. De l'Imprimerie de Marat. Paris.
Le slogan du Publiciste est emprunté à Horace (65 av. J.-C - 8 av. J.-C.), in De l'art poétique, ou Épître aux Pisons, II, v. 201. Ut redeat miseris, abeat Fortuna superbis. « Qu'elle soit rendue aux misérables, la Fortune, et enlevée aux superbes. »

Menaces aux frontières, effondrement de l'assignat, inflation, vie chère, récession et travail rare... Le 31 mai 1793, les pétitionnaires des sections et de la Commune se présentent à la barre de l'Assemblée. La foule occupe les abords du bâtiment.

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Ci-dessus : Fulchran Jean Harriet, dessinateur (élève de David), Jean Joseph François Tassaert, graveur. Le 31 mai 1793.

Le même jour, Marat tient à l'Assemblée le discours ci-dessous, discours reproduit par ses soins dans le Publiciste du 5 juin :

« Lorsqu’un peuple libre a confié l’exercice de ses pouvoirs, le maintien de ses droits et de ses intérêts à des mandataires choisis par lui, tandis qu’ils sont fidèles à leurs devoirs, il doit sans contredit s’en rapporter à eux, respecter leurs décrets, et les maintenir dans le paisible exercice de leurs fonctions. Mais lorsque ces mandataires abusent continuellement de sa confiance, lorsqu’ils trafiquent de ses droits, trahissent ses intérêts, qu’ils le dépouillent, le vexent, l’oppriment et qu’ils machinent sa perte : alors le peuple doit leur retirer ses pouvoirs, déployer sa force pour les faire rentrer dans le devoir, punir les traîtres et se sauver lui-même.

Citoyens, vous n’avez plus de ressource que dans votre énergie, présentez à la Convention une adresse pour demander la punition des députés infidèles de la nation, restez levés et ne posez les armes qu’après l’avoir obtenue. » (1)

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Quand Marat tient un discours aussi radical, la Convention tremble !

Le président de l'Assemblée questionne : « Un peuple trahi et soulevé contre les traîtres ne doit-il pas s’en rapporter uniquement à ses magistrats et n’employer que des moyens légaux pour se rendre justice ? »

Marat n'aura pas le temps de faire montre de sa capacité de mettre en œuvre la réponse à une telle question. À partir du 3 juin, trop malade, il ne paraît plus à la Convention. Le 13 juillet, il est assassiné par Charlotte Corday.

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1. Jean Paul Marat (1743-1793). Le Publiciste de la République française, n° 208, du 5 juin 1793, pp. 5-6.

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