Christine Belcikowski

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Arvigna au XVIIe siècle. Liste des propriétaires au mazage de Languit

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Ci-dessus : Arvigna sur la carte de Cassini. Fin du XVIIIe siècle.

Le hameau de Languit, partie du village d'Arvigna, dans la vallée du Douctouyre, comprend une grande et belle maison, précédée d'une allée, flanquée d'une échauguette dans sa partie haute, assortie d'un parc arboré sur sa façade arrière. À qui cette maison a-t-elle bien pu appartenir dans le passé ? C'est afin de tenter de répondre à une telle question que j'ai consulté le compoix d'Arvigna au XVIIe siècle, et le compoix du même Arvigna au XVIIIe siècle.

Voici aujourd'hui la liste des propriétaires enregistrés sur le compoix du XVIIe siècle. Attention, je n'ai conservé dans la liste ci-dessous que les mentions relatives au bâti et à ses entours immédiats.

Petit lexique utile

  • mazage : hameau
  • auta : est
  • cers : ouest
  • midi : sud
  • aquilon : nord
  • solier, sotoul : rez-de-chaussée sans étage
  • plancher : étage
  • patu : cour découverte
  • ferratjat : champ de luzerne
  • pezeil ou pezein : pisé
  • canne² : 1,784 m²
  • Hers : héritiers
  • baillif : baille, bailli, maire.

1. Le Sieur Jean Roubichou, baillif (vue 28)

  • Maison en plancher, 49 cannes, pezeil (20 ca), cabanat, sol, aire, jardin, ferratjat.
    Confronts : d'auta, Guilhem Mirouze ; cers, ledit Guilhem Mirouze ; midi, la rue ; aquilon, Jean Roubichou Micheau et Jean Sirvent.

2. Maître Pierre Barrière, notaire royal (vue 35).

  • maison en solier, 72 cannes, sol, aire, jardin, et terre labourable.
    Confronts : d'auta, Paul Roubichou Minguet, Jean Roubichou, baillif ; autre Jean Roubichou Micheau, Hers Jeanne Mirouze et Arnaud Mirouze ; cers, la rue publique, Guilhalme Mirouze et Jean et Pierre Barrière, frères ; midi, Jean Roubichou Micheau, Jean Manant, Jean et Pierre Barrière, frères, Jean Roubichou, baillif, et Arnaud Mirouze ; aquilon, la rue publique et Pierre Cabanié, fils de Jean Gros [sic].

3. Jean et Pierre Barrière, frères (vue 41)

  • Maison en solier, 75 cannes, pezeil, patu, sol, aire, jardin, et terre labourable.
    Confronts : d'aouta, Maître Pierre Barrière ; cers, Arnaud Mirouze, et le Sieur Jean Roubichou, baillif ; midi, ledit Roubichou, baillif, et Jean Manant ; aquilon, Maître Pierre Barrière, notaire royal.

4. Pierre Mirouze (vue 46)

  • Maison en solier, 13 cannes, et patu.
    Confronts : d'auta, un égout, passage au milieu servant pour Guilhem Mirouze et autre Guilhem Mirouze ; cers, un sol qui est par indivis avec ledit Pierre Mirouze et Guilhem Mirouze ; midi, la rue ; aquilon, Guilhem Mirouze.

5. Guilhaume Mirouze (vue 49)

  • Maison en plancher, 12 cannes, et patu, 13 cannes.
    Confronts : d'auta, le Sieur Jean Roubichou, baillif, égout et passage au milieu d'eux ; cers, le sol qui est en indivis avec Pierre Mirouze, son frère ; midi, ledit Pierre Mirouze ; aquilon, hers Guilhem Mirouze Juné.

6. Hers de [autre] Guilhaume Mirouze Juné (vue 51)

  • Maison en solier, 38 cannes, et patu, 3 cannes.
    Confronts : d'auta, le Sieur Jean Roubichou et Guilhem Mirouze, égout et passage au milieu d'eux ; cers, le sol qui est par indivis avec Pierre et Guilhem Mirouze ; midi et aquilon, ledit Guilhem Mirouze.

7. Arnaud Mirouze (vue 55)

  • Maison en solier, 4 cannes, patu et jardin, joignant la maison de Maître Pierre Barrière, notaire royal.
    Confronts : d'auta, Jean et Pierre Barrière, frères ; cers, Maître Pierre Barrière, notaire royal ; midi, Jean Roubichou, baillif ; aquilon, ledit Barrière.

8. Guilhalme Mirouze, femme de Gailhaud Cabanié (vue 55)

  • Maison en solier, 4 cannes, et jardin.
    Confronts : d'auta et d'aquilon, Maître Pierre Barrière, notaire royal ; cers, la rue ; midi, Jean Roubichou, baillif.

Nota Bene

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Ci-dessus : masures d'une église ; Archives dép. de l'Ariège. Compoix. Arvigna. Arpentement (XVIIe). Document 46J197. Labastide et Aiguilhanes… Arvigna. Vue 51.

A. Les Révérends Pères de la Trinité tiennent à proximité du mazage de Languit une terre labourable où se trouvent les masures, ou ruines d'une église. Celles-ci confrontent d'auta le ruisseau appelé d'En Biosque avec autre ruisseau appelé de Marty ; midi, la rue ; aquilon, la rivière du Douctouyre.
B. Répertorié dans la liste des propriétaires au manage de Languit, Jean Sans, prêtre, vicaire d'Arvigna (vue 53), n'y tient aucune propriété bâtie. Il possède seulement une vigne au hameau de Truffet et dispose également du jardin de l'Hobit [Obit] (vue 54), situé au hameau de Rougé. Le registre d'arpentement indique à cette occasion, de façon peu claire, que « M. le baille d'Arvigna est prié de l'informer [Maître Sans] de ce que la maison presbytérale [illisible] a été donnée à Marguerite Lafargue... » (vue 53). Où était donc cette maison presbytérale, mentionnée dans les pages du compoix consacrées au mazage de Languit ?

Conclusion à ce stade

Le mazage de Languit ne comprend au XVIIe siècle que deux maisons en plancher : 1. Maison en plancher du Sieur Jean Roubichou, baillif ; 2. Maison en plancher de Guilhaume Mirouze (vue 49).

Les trois plus grandes maisons du mazage sont celles de 1. Jean et Pierre Barrière (vue 41) : 75 cannes ; 2. Maître Pierre Barrière, notaire royal (vue 35) : 72 cannes ; du Sieur Jean Roubichou, baillif (vue 28) : 49 cannes.

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Ci-dessus : vue aérienne de Languit aujourd'hui.

La maison que l'on recherche ici, la grande et belle maison flanquée d'une échauguette sans sa partie haute, se trouve probablement parmi les trois ci-dessus, ou peut-être encore constitue-t-elle l'avatar d'une bâtisse plus ancienne dans laquelle deux ou trois des feux listés ci-dessus se sont établis ensuite de façon contiguë ou proche.

À suivre. L'enquête continue au XVIIIe siècle...

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1. Archives dép. de l'Ariège. Compoix. Arvigna. Arpentement (XVIIe). Document 46J197. Labastide et Aiguilhanes… Arvigna (à partir de la vue 26). Mazage de Languit : vues 28 à 56.

Classé dans : Histoire Mots clés : aucun

À propos du village d'Arvigna

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Ci-dessus : l'église d'Arvigna, vue depuis le château, en mode « Mesochrome 160 ».

J'ai publié, au fil du temps, une petite suite d'articles dédiés au village d'Arvigna, dans la vallée du Douctouyre. Pour plus de commodité dans la consultation, voici la liste des liens correspondants :

Le château d’Arvigna

Dénombrement des biens et valeurs de Jean VI de Lévis à Arvigna en 1510

Enterraine – Une ancienne propriété de la maison de Lévis Mirepoix

À propos de Jean Coudol, chanoine du chapitre de Pamiers, prieur d’Arvigna, au temps de Monseigneur de Caulet

En Arvigna, le « planol du puits » et la « pointe » des Bordes en 1754

En 1794, vente de la métairie d’Enterraine, à Arvigna, au titre des biens nationaux

Pour une généalogie de Stanislas Belcikowski et de Marie Astrié
Dans cet article, un passage relatif à Laurent Astrié, qui a desservi la paroisse d’Arvigna pendant quarante-deux ans, et qui était le grand-oncle de Marie Astrié, mon arrière-grand-mère.

À propos de trois tableaux conservés à l'église d'Arvigna
Ces trois tableaux sont très intéressants. Ils mériteraient d’être restaurés.

 

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Ci-dessus : l'église d'Arvigna, vue depuis le château, en mode « Yesteryear ».

Classé dans : Histoire Mots clés : aucun

Quand Marat tient un discours radical...

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Ci-dessus : Le Publiciste de la République française, n° 208, du 5 juin 1793. Par Marat, l'Ami du Peuple, député à la Convention. De l'Imprimerie de Marat. Paris.
Le slogan du Publiciste est emprunté à Horace (65 av. J.-C - 8 av. J.-C.), in De l'art poétique, ou Épître aux Pisons, II, v. 201. Ut redeat miseris, abeat Fortuna superbis. « Qu'elle soit rendue aux misérables, la Fortune, et enlevée aux superbes. »

Menaces aux frontières, effondrement de l'assignat, inflation, vie chère, récession et travail rare... Le 31 mai 1793, les pétitionnaires des sections et de la Commune se présentent à la barre de l'Assemblée. La foule occupe les abords du bâtiment.

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Ci-dessus : Fulchran Jean Harriet, dessinateur (élève de David), Jean Joseph François Tassaert, graveur. Le 31 mai 1793.

Le même jour, Marat tient à l'Assemblée le discours ci-dessous, discours reproduit par ses soins dans le Publiciste du 5 juin :

« Lorsqu’un peuple libre a confié l’exercice de ses pouvoirs, le maintien de ses droits et de ses intérêts à des mandataires choisis par lui, tandis qu’ils sont fidèles à leurs devoirs, il doit sans contredit s’en rapporter à eux, respecter leurs décrets, et les maintenir dans le paisible exercice de leurs fonctions. Mais lorsque ces mandataires abusent continuellement de sa confiance, lorsqu’ils trafiquent de ses droits, trahissent ses intérêts, qu’ils le dépouillent, le vexent, l’oppriment et qu’ils machinent sa perte : alors le peuple doit leur retirer ses pouvoirs, déployer sa force pour les faire rentrer dans le devoir, punir les traîtres et se sauver lui-même.

Citoyens, vous n’avez plus de ressource que dans votre énergie, présentez à la Convention une adresse pour demander la punition des députés infidèles de la nation, restez levés et ne posez les armes qu’après l’avoir obtenue. » (1)

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Quand Marat tient un discours aussi radical, la Convention tremble !

Le président de l'Assemblée questionne : « Un peuple trahi et soulevé contre les traîtres ne doit-il pas s’en rapporter uniquement à ses magistrats et n’employer que des moyens légaux pour se rendre justice ? »

Marat n'aura pas le temps de faire montre de sa capacité de mettre en œuvre la réponse à une telle question. À partir du 3 juin, trop malade, il ne paraît plus à la Convention. Le 13 juillet, il est assassiné par Charlotte Corday.

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1. Jean Paul Marat (1743-1793). Le Publiciste de la République française, n° 208, du 5 juin 1793, pp. 5-6.

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À propos de trois tableaux conservés à l'église d'Arvigna

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Je connais ces tableaux depuis mon enfance. Mais, enfant, je ne les regardais pas, et donc, pendant longtemps, je ne les ai pas vus. Ils faisaient pour moi partie du décor, sans plus. Samedi dernier, 12 janvier 2019, jour de la bénédiction de la nouvelle cloche de l'église d'Arvigna, j'ai voulu en revanche regarder de près ces trois tableaux. Mais l'apparat de la cérémonie les masquait en partie, et la base du grand tableau d'autel se trouve rendue difficile à voir par l'étroitesse de l'espace de circulation ménagé derrière cet autel. J'ai pris quelques photos vaille que vaille, et je reviendrai à l'occasion pour tenter de mieux voir.

Lire la suite de À propos de trois tableaux conservés à l'église d'Arvigna

Saint-Just politique. 1790. Premier discours. 1794. Dernier discours

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Après avoir assisté à Paris aux événements de l'été 1789, Saint-Just, âgé alors de vingt-deux ans, retourne à Blérancourt (Aisne), dans sa famille, au cours de l'automne de la même année.

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Ci-dessus : vue actuelle de la maison familiale de Saint-Just à Blérancourt.

Enthousiasmé par l'exemple parisien, Saint-Just brûle de participer aux premiers actes de la Révolution à Blérancourt. Mais comme, né le 25 août 1767, il n'est pas encore éligible, — le mandat électif se trouvant réservé aux citoyens âgés d'au moins 25 ans —, Saint-Just fomente en sous-main diverses actions disruptives, dont, les 30 et 31 janvier 1790, le rassemblement de quatre vingts électeurs, suivi de l'élection d'un nouveau maire et de celle d'un nouveau conseil municipal, puis de la mise en place d'une milice bourgeoise encadrée par des sympathisants. L'illégalité d'une telle action se trouve dénoncée par Antoine Gellé, notaire, marchand de bois, régisseur de la seigneurie, procureur fiscal de cette dernière, père par ailleurs d'une jeune fille que Saint-Just a courtisée, dont on lui a refusé la main, et qu'on a mariée en toute hâte à un autre.

L'éclat de l'action fomentée les 30 et 31 janvier 1790 vaut à Saint-Just de participer, du 17 au 20 mai 1790 à Chauny, toujours sans mandat, au choix du chef-lieu du département de l'Aisne. Suite à quoi, le 6 juin 1790, le jeune homme devient colonel de la garde nationale de Blérancourt.

Saint-Just sera élu député à la Convention le 5 septembre 1792, et il exercera ce mandat jusqu'à son exécution, le 28 juillet 1794. Il assurera en outre la Présidence de l'Assemblée nationale, du 16 février 1794 au 6 mars 1794.

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