Christine Belcikowski

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Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage

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Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Tiré des évangiles de Matthieu en 3:4 et de Marc en 1:6, ce verset a inspiré le Saint Jean Baptiste dans le désert de Jérôme Bosch.

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Jérôme Bosch. Saint Jean Baptiste dans le désert (~1489). Volet supérieur d’un retable d’autel. Musée Lázaro Galdiano, Madrid. Poésie de la méditation et mémoire de l'histoire des enfants de Dieu. Pour voir le tableau en grande résolution, cliquez ici, puis cliquez encore sur l'image ainsi obtenue.

I. Matthieu, chapitre 3, et Marc, chapitre 6

Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

Tiré du Nouveau Testament, le verset reproduit ci-dessus fait écho à ceux des chapitres 10, 12 et 16 du livre de l'Exode, dans l'Ancien Testament.

II. Exode, chapitre 10

12 Le Seigneur dit à Moïse : « Étends la main sur le pays d’Égypte pour que viennent les sauterelles ; qu’elles montent sur le pays d’Égypte et qu’elles dévorent toute l’herbe du pays, tout ce qu’a laissé la grêle. »
13 Moïse étendit son bâton sur le pays d’Égypte, et le Seigneur fit lever sur le pays un vent d’est qui souffla tout ce jour-là et toute la nuit. Au matin, le vent d’est avait amené les sauterelles.
14 Des nuées de sauterelles montèrent sur tout le pays d’Égypte et se posèrent sur l’ensemble du territoire. Jamais auparavant et jamais depuis lors, il n’y eut une telle masse de sauterelles.
15 Elles recouvrirent tout le pays, qui en fut obscurci. Elles dévorèrent toute l’herbe du pays et tous les fruits des arbres épargnés par la grêle ; il ne resta rien de vert ni sur les arbres ni dans les prairies, par tout le pays d’Égypte.
16 Pharaon se hâta d’appeler Moïse et Aaron, et leur dit : « J’ai péché contre le Seigneur votre Dieu, et contre vous.
17 Et maintenant, je t’en prie : une fois encore, enlève ma faute. Priez le Seigneur votre Dieu, pour qu’il écarte de moi cette mort. »
18 Moïse sortit de chez Pharaon et pria le Seigneur.
19 Le Seigneur changea le vent d’est en un très fort vent d’ouest qui emporta les sauterelles et les précipita dans la mer des Roseaux. Il ne resta plus une seule sauterelle sur tout le territoire d’Égypte.

III. Exode, chapitre 12

1 Dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
11 Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur.

Exode, chapitre 16

13 Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp.
14 Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.
15 Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » Qu’est-ce que c’est ? car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger.
31 La maison d’Israël donna à ce pain le nom de « manne ». C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel.

En guise de commentaire

On a les sauterelles qu'on mérite.
Il y a du miel dans la Création.

Chacun reste libre de se figurer ici à quoi pense ou rêve, dans le désert, le Saint Jean de Jérôme Bosch.

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Ce désert-là n'est point, au vrai, aussi désert que l'on s'y attendrait. Dans un paysage peuplé d'animaux qui pourrait être celui du matin du monde, tel qu'au cinquième jour de la Création, le doigt du saint pointe vers l'agneau qui voisine au premier plan du tableau avec une racine, de forme vaguement humaine, dont on voit qu'après avoir forcé son chemin dans la pierre, elle a donné naissance à une plante de grande taille, porteuse de fortes épines et de fruits étranges.

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Profondeur de l'espace, allégorie de la profondeur du temps. Il y a eu, dans ce paysage du matin du monde, un sixième jour déjà, puisque, figuré en aval des animaux, Jean le Baptiste l'habite là maintenant sous nos yeux. Et il y a eu, au terme de l'histoire de la Création, l'avénement de l'Agneau déjà, l'Agneau qui vient sauver le péché du monde.

Chacun reste libre de se demander ici s'il y a un rapport, et lequel ? entre le mode de vie qui est celui de Jean le Baptiste au désert, et les préconisations issues de l'école de pensée qui aiguise aujourd'hui la critique de l'anthropocène.

À propos de la famille de Durand d'Esquille, Durand de la Nougarède, Durand de Monestrol

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1. Vital Durand

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La famille Durand de Monestrol est issue de l'ancienne maison languedocienne de Durand, dont le premier membre connu est Vital Durand († avant 1539), écuyer, seigneur des Quilhes, ou d'Esquilles, et de Vernoses, qui épouse à une date inconnue Antoinette de Termes. Les fiefs d'Esquilles et de Vernoses sont aujourd'hui disparus. Située dans la Haute-Garonne, la commune d'Esquilles a été supprimée en 1847. Son territoire a été partagé entre Trébons-sur-la-Grasse et Cessales. Seul subsiste aux abords de Trébons-sur-la-Grasse un lieu-dit nommé Esquille (1). Également situé dans la Haute-Garonne, le village de Vernoses s'est changé en la commune de Lavernose-Lacasse.

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En Arvigna. La pierre tombale de Jean Baptiste Antoine Noël Barrière

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Né le 25 décembre 1772 en Arvigna (Ariège), Jean Baptiste Antoine Noël Barrière, lointain parent de Pierre Barrière, notaire royal, sis en Arvigna au XVIIe siècle déjà, est, aprés la Révolution, maire d'Arvigna. Après Antoine Jean Baptiste Noël Barrière, son père, Antoine Bernard Barrière, chirugien, sera maire d'Arvigna à son tour. Pour en savoir plus sur l'histoire de la famille Barrière d'Arvigna, cf. Christine Belcikowski. Arvigna au XVIIIe siècle. Tentative de généalogie de la famille Barrière au hameau de Languit.

Le parc de l'ancienne maison Barrière, située en Arvigna au hameau de Languit, abrite la pierre tombale de Jean Baptiste Antoine Noël Barrière.

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Une croix surmontait cette stèle, au fond du parc. Elle s'est perdue.

La maison qui fut aux XVIIe et au XVIIIe siècles, et encore jusqu'au milieu du XIXe siècle, celle de la famille Barrière d'Arvigna, sera prochainement vendue. Elle abritera bientôt un restaurant, un parking, etc.

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Ci-dessus : vue de la maison Barrière, côté chemin. Une ancenne bretèche subsiste à gauche, sur la partie plus ancienne. Il se dit dans le village que le site a été celui d'un ancien prieuré ?

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J'ai connu cette bretèche, dans mon enfance, non crépie, restée dans son état ancien.

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Ci-dessus : ancienne porte, datée de 1766.

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Ci-dessus : ancienne porte, datée de 1788.

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Ci-dessus : vue, au nord, d'une façade plus ancienne ; la partie du bâtiment qui a forme de tour a servi un temps de pigeonnier.

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Ci-dessus : une croix ancienne, dont l'inscription, rongée par le temps, n'est plus lisible, signale l'entrée du domaine.

Pour en savoir plus sur l'histoire de la famille Barrière d'Arvigna et sur celle du hameau de Languit, à voir, à lire :
Arvigna au XVIIIe siècle. Tentative de généalogie de la famille Barrière au hameau de Languit
À partir des années 1800, autres épisodes dans l'histoire de la famille Barrière
Dans la famille Barrière d'Arvigna. D'un inconnu à un historien célèbre
Arvigna au XVIIe siècle. Liste des propriétaires au mazage de Languit
Arvigna au XVIIIe siècle. Liste des propriétaires au hameau de Languit

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Pierre Sidoine. Passage de l'Aquator

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« Le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté, l’enfance douée maintenant, pour s’exprimer, d’organes virils et de l’esprit analytique qui lui permet d’ordonner la somme de matériaux involontairement amassée. » (1)

 

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Dans le secret de l'atelier, dernier état du Passage de l’Aquator avant son exposition à la Galerie 113, chez Philippe Guicheney, 36, avenue Frédéric Mistral, à Castelnaudary, jusqu'au 16 novembre 2019.

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Dans la lumière plus froide de la galerie, nouvel état du Passage de l’Aquator, dans lequel on voit qu'il ne s'agit pas là d'une pièce faite, à l'ancienne, d'une charpenterie de bois, mais d'un assemblage de lames de métal, augmenté de quelques pièces de hasard, tête de poupée ancienne à la poupe, cache-sexe africains et revolver à la proue, plaques récupérées d'une vieille machine à coudre à la poupe et à la proue, hache en guise de gouvernail et de quille. Sur les bancs du navire, nul rameur. Seul à bord, le poupon, c'est le bosco, — le bosco de personne. Immobile, le navire demeure toutefois libre de virer sur l'axe qui le supporte.

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Pierre Sidoine, quand il travaillait à son Passage de l’Aquator, a-t-il songé à cette promesse de l’enfance dont Baudelaire dit quelque part que seul l’art rend possible de jamais n’en démériter. Il saisit en tout cas dans cette pièce l’instant au regard duquel l’enfance apparaît comme marchant, sans se laisser elle-même derrière soi, à la rencontre du passage dont elle nourrit le rêve. L’immobilité de l’instant, qui est ici celle de la nef solidement ancrée, comprend, de façon sous-jacente au fond, la promesse de tous les voyages, de tous les futurs.

Pierre Sidoine semble s’être souvenu, là d'abord, du passage d’Albator, célèbre corsaire de l’espace créé par le mangaka Leiji Matsumoto en 1969, puis rendu célèbre par la série télévisée diffusée en Europe dans les années 1980. Inspiré par Musashi Miyamoto, le légendaire guerrier samouraï, Albator œuvre à la défense de la liberté et à celle des causes perdues.

De façon plus originaire, Pierre Sidoine semble s’être souvenu là surtout du passage de l’Équateur, qu’il a vécu enfant au fil de ses expatriations familiales. Du souvenir de son passage africain, il a tiré l’idée de faire des deux cache-sexe métalliques Kirdi (Cameroun) le matériau hautement suggestif — mais secret, en tout cas à peine visible — de la proue de son Aquator.

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Considéré chez Pierre Sidoine dans la perspective du futur que lui fait la nef, l’enfant roi, ou plutôt le poupon qui trône sous son ombrelle au-dessus du château arrière dont une pièce de machine à coudre ancienne, richement ouvragée, protège la dunette, tient dans son regard, encore vide ou dormant, le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. La quille et le gouvernail de l’Aquator sont faits d’une hache de bûcheron démanchée ; la figure de proue, elle, d’un revolver renversé. Point de Vengeur donc ni de Vainqueur ici ; mais, entée sur une nef solidement ferronnée, une sorte d’assentiment sans objet, de nue exposition à ce qui vient depuis toujours, sans prévision possible, à partir de la fin initiale.

À la fois superbement sobre et chargé du poids métaphysique que lui confère l’aménagement de la proue et de la poupe, le Passage de l’Aquator atteint de la sorte au pouvoir de montrer que l’artiste n’est pas l’Autre, mais le Même de l’enfant.

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Derrière le Passage de l’Aquator, le Couple oblique, autre œuvre de Pierre Sidoine.

À voir, à lire aussi :
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Pierre Sidoine. Odysseus 2357

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1. Charles Baudelaire. Le Peintre de la vie moderne, III, « L’artiste, homme du monde, homme des foules et enfant ». In Œuvres complètes de Charles Baudelaire, tome III (p. 58-68). Calmann Lévy. Paris. 1885.

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