Beau timbre en 1804
Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaireArchives dép. de l'Ariège. Prades. Naissances, mariages, décès (1792-1810). Document 1NUM/44EDT/E2. Vue 23. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Archives dép. de l'Ariège. Prades. Naissances, mariages, décès (1792-1810). Document 1NUM/44EDT/E2. Vue 23. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
17 janvier 1762. Sépulture de Mathieu Verniolle. Archives dép. de l'Ariège. Prades (1632-1792). Document 1NUM/E116. Vue 264.
« L'an 1762 et le 17e janvier, Mathieu Verniolle dit Lagaigne, veuf, âgé d'environ 60 ans, a été enterré dans le cimetière de la paroisse, ayant été tué le 12e dernier par les employés des gabelles d'un coup de fusil qui le perça de jour en jour [de part en part], étant à la fenêtre de sa maison, située al gravier ; étant accusé de faire de faux-saunage (1) du sel dans le Languedoc ; et de s'être battu avec les employés au col de Siguer, et leur ayant échappé le 22e mai dernier par les [illisible] qui maltraitèrent ; lesdits employés sont revenus ledit jour 12e [janvier 1762], au nombre de 21, et 19 cavaliers de maréchaussée ; il fut tué sans avoir le bonheur de recevoir les sacrements. Témoins, Barthélémy Verniolle, en foi de quoi... Flouret, curé. »
Certes contrebandier, Mathieu Verniolle a été abattu à la fenêtre de sa maison comme un pigeon. L'abbé Flouret fait discrètement état de sa réprobation lorsqu"à la fin de l'acte de décès, il formule l'observation suivante : « Il fut tué sans avoir le bonheur de recevoir les sacrements... »
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1. Faux-saunage : contrebande de sel, pour échapper à la gabelle. « La faux-saunage atteint pour la Bretagne et l'Anjou 15,5 % des motifs de condamnation des 38 036 galériens pour la période 1680-1715 ; et 23,3 % des 22 365 galériens pour la période 1716-1748. » (Wiktionnaire. Faux-saunage). « On estimait qu'il y avait près de la moitié de la population riveraine des marches de Bretagne qui vivait plus ou moins de ce faux-saunage, soit comme transporteur, soit comme receleur, soit comme revendeur. La législation contre les fraudes est sévère : les peines vont du fouet et la flétrissure aux galères, à la déportation et à la peine de mort. La dureté des punitions semble avoir été sans effet sur la contrebande. Le 1er décembre 1790 en revanche, la suppression de la gabelle fut l'une des causes de la chouannerie, car elle réduisit à la misère plus de 2 000 familles qui ne vivaient que du commerce frauduleux du sel. » (Wikipedia. Gabelle du sel)
Ci-dessus : vue générale d'Ax-les-Thermes, ville autrefois nommée Ax tout court.
Le 29 juillet 1700, Jean Estienne Dufas, archiprêtre d'Ax et Sabarthès, qui a entrepris de relire le registre paroissial de la ville d'Ax à partir de la page datée du 4 janvier 1794, use de l'espace de libre expression dont il dispose là présentement :
1° pour critiquer divers manquements auxquels ses prédécesseurs, nommément cités, se sont laissés aller dans la tenue dudit registre, ou encore dans certaines modalités d'exercice de leur charge ;
2° pour faire état de divers problèmes qui affectent alors les pratiques du baptême, du mariage et de la sépulture ;
3° pour rappeler la communauté axéenne à de meilleures mœurs.
Lire la suite de À propos de Jean Estienne Dufas de Vignaux, archiprêtre d'Ax et du Sabarthès
1er septembre 1680. « CONSULS DE LA VILLE D'AX ». Archives dép. de l'Ariège. Ax-les-Thermes (1674-1680). Document 1NUM/220EDT/GG7. Vue 197.
La méthode que l'abbé Fourès, au XVIIIe siècle, dit « merveilleuse pour nettoyer les tableaux », n'a aujourd'hui plus cours. Elle est même formellement déconseillée. Mais elle conserve son intérêt historique. Voici comment, dans le curé de Prades, Ariège, s'occupait de rafraîchir le ou les tableaux de son église.
Archives dép. de l'Ariège. Prades (1632-1792). Document 1NUM/E116. Vue 338.
« Il faut d'abord les laver avec une éponge trempée dans de l'eau, où l'on mêlera un peu d'azur à l'huile. Lorsque le tableau sera bien sec, on y passera de l'huile grasse, dont voici la composition :
une livre d'huile de lin ou de noix, demi-livre de litharge d'or (1), demi-livre de minium et deux onces de terre d'ombre en pierre, forment cette huile grasse, que vous ferez bouillir à petit feu de charbon, ayant soin de bien remuer toutes ces drogues ; et lorsque le tout sera bien mêlé et disloqué, vous en frotterez le tableau avec la même éponge, aussi légèrement que vous le pourrez, desquels le tableau sera imbu ; et puis vous y passerez un blanc d'œuf frais, bien uniment, avec une éponge bien sèche et bien nette.
C'est un secret dont on s'est servi dans cette ville de tout temps sur des tableaux que le temps avait absolument gâtés, et qu'on dirait être neufs à présent.
Cet acte tiré de la feuille hebdomadaire de Toulouse du 18 décembre 1759, par moi, signé Fourès, curé de Prades. »
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1. Cf. Pierre Pomet, marchand épicier et droguiste. Histoire générale des drogues simples et composées. Tome II. Article « De la litarge », p. 274 sqq. Chez Étienne Ganeau et Louis Étienne Ganeau fils. Paris. 1735.