Christine Belcikowski

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Retour sur l'histoire à énigme de Louis Rouvairolis de Rigault et des siens

Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaire

Insatisfaite d'un premier article intitulé À Paris, Chartres, Nancy, Givet, Landreville, etc. Histoire à énigme de Louis Rouvairolis de Rigault et des siens, je reviens ici sur l'énigme en question. Ladite énigme tire son origine de l'acte de baptême reproduit ci-dessous.

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Ville de Paris. Paroisse et commune de Montmartre. Extrait du Registre des Actes de Naissance de l’an 1765. Etat civil reconstitué des naissances (série V. 2E), 1550-1853. N° de film 007839866. Vue 839/3037.

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Ci-dessus : vue de l'église paroissiale Saint Pierre de Montmartre circa 1900.

Le lundi 15 juillet 1765, a été baptisé Pierre François Louis, né le 12 du présent mois, fils de Louis Rouvairolis de Rigault [sic], et de Marie Geneviève Cabot, rue de Bellefond (1), de cette paroisse, et de Magdeleine Dalichoux de la Pierrière 1. Le parrain, François Rouvairolis de Rigaut [sic], chanoine de Mirepoix, représenté par Pierre Cabot, grand-père maternel ; la marraine, Anne Madeleine Dalichoux de la Pierrière, épouse du Sieur Pierre Cabot et grand-mère maternelle, qui ont signé avec nous ainsi que le père présent.

Outre que la condition du père n'est pas précisée, cet acte de baptême ne dit rien du statut des parents du nouveau-né. S'agit-il d'un couple marié ? Faute d'indication correspondante, il semble bien que non. Et, de façon qu'on remarque, l'enfant ne se trouve pas qualifié de « fils légitime ».

Le patronyme du parrain, François Rouvairolis de Rigault, est identique à celui du père de l'enfant, Louis Rouvairolis de Rigault. François Rouvairolis de Rigault est dit « chanoine de Mirepoix ». Ce patronyme se trouve porté à Mirepoix par une seule et même famille, la famille Rouvairollis de Rigaud, dont les registres paroissiaux et autres documents d'archive permettent de suivre la généalogie, et l'histoire, quelque peu turbulente.Suites tragi-comiques d’un soufflet donné sur la place de Mirepoix le 17 juin 1728. Cf. Suites tragi-comiques d’un soufflet donné sur la place de Mirepoix le 17 juin 1728 ; Désordres en Ariège ; Des nouvelles de Jean Baptiste Rouvairollis, ancien cadet gentilhomme au bataillon auxiliaire des troupes des colonies en 1782.

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Ci-dessus : généalogie simplifiée de Louis Rouvairolis de Rigault et de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, son fils, né le 12 juillet 1765, baptisé le 15 juillet à Montmartre.

I. François Aubin Rouvairolis de Rigault, chanoine de Mirepoix, versus François Aubin Rouvairollis de Rigaud

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1er mars 1742. Baptême de François Aubin Rouvairollis. AD09. Mirepoix. Paroisse Saint Maurice. 1741-1746. Document 1NUM2/5MI664. Vue 15.

Ledit « François Aubin Rouvairolis de Rigault, chanoine de Mirepoix », ne peut-être que François Aubin Rouvairollis de Rigaud, né le 28 février 1742 à Mirepoix, huitième des quinze enfants nés du légitime mariage de Jean Rouvairollis et de Marie de Prochite. Cf. À Mirepoix. Essai de généalogie de la famille Rouvairollis. 1. De François et Jean Rouvairollis à Jean Clément de Rouvairollis.

Né Rouvairollis tout court, Jean Rouvairollis, avocat en parlement, assesseur criminel au siège de Limoux, et père des quinze enfants mentionnés ci-dessus, a pris le nom de Rouvairollis de Rigaud dans les années 1750, après avoir été gratifié de la qualification noble d'écuyer. Ses enfants l'ont suivi dans l'usage de ce patronyme plus ronflant.

Le peu qu'on sait de François Aubin Rouvairollis de Rigaud suit de sa carrière ecclésiastique.

Les lettres de tonsure de François Aubin Rouvairollis de Rigaud datent de 1756 (AD09. G 261. Fol. 42-54). Il est âgé alors de 17 ans. En 1761, il se voit collationner l'obit de Rioterre à Riom, diocèse de Clermont (G 261. Fol. 94-107), où l'a précédé en 1724 Jean Louis Rouvairollis, l'un de ses oncles (G 259. Folio 250-285). Nommé en 1763 au canonicat d'Henri Joseph de Montlezun, François Aubin Rouvairollis de Rigaud résigne ce canonicat la même année en faveur de Joseph Thibaut de Rouvairollis de Rigaud, l'un de ses frères puînés (G 261. Fol. 122-141). En 1773, âgé alors de 31 ans, il bénéficie à Mirepoix d'une pension canoniale (G 262. Fol. 6-19). En 1773 toujours, le fonds du diocèse de Mirepoix indique qu'il y a « permutation de canonicat entre Louis et François Aubin de Rouvairollis de Rigaud, frères » (G 262. Fol. 6-19). Le 24 septembre 1781, l'Inventaire sommaire des archives de la Marne antérieures à 1790 indique qu'il y a « collation de la chapelle Saint Martin en l'église paroissiale d'Attigny [archidiocèse de Reims, archidiaconé de Champagne, doyenné d'Attigny, aujourd'hui dans le département des Ardennes] à François Albin Rouvairollis de Rigaud, sous-diacre du diocèse de Mirepoix, sur la permutation par lui faite d'une prébende de l'église collégiale de Sainte Anne de Montpellier contre cette chapelle » (2). La condition de sous-diacre, qui correspond au premier seulement des trois ordres majeurs, indique ci-dessus que François Aubin de Rouvairollis, s'il a été ordonné prêtre, ne l'a pas été avant 1781, i.e. avant la date de son affectation à la chapelle Saint Martin de l'église paroissiale d'Attigny.

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11 avril 1783. « Messire François Aubin de Rouvairollis, prêtre », parrain de Françoise Julie Mélanie Blanche de Caudeval. AD09. Mirepoix. Paroisse Saint Maurice. 1779-1787. Document 1NUM4/5MI665. Vues 165-166.

Le 11 avril 1783, lors du baptême de Françoise Julie Mélanie Blanche de Caudeval, fille de « Messire Jean Clément de Rouvairollis, seigneur baron de Caudeval, et de Dame Rose de Champflour », François Aubin de Rouvairollis, oncle de la petite baptisée, est parrain de cette dernière. Dit « absent », probablement empêché par la distance qui sépare Attigny de Mirepoix, il se trouve représenté par « le Sieur Noble Victor Auguste de Caudeval », frère de la baptisée.

Le 27 avril 1790 à Limoux, François Aubin Rouvairollis de Rigaud, « prêtre », frère du marié, assiste au mariage de « Messire François Hilaire de Rouvairollis de Rigaud, capitaine au régiment du Royal Marine et chevalier de l’ordre de Saint Louis », et de « Demoiselle Catherine Clémence de Cayrol de Madaillan, fille de Messire François Ignace de Cayrol de Madaillan, président à mortier au conseil souverain du Roussillon, et de feue Dame Louise de Bourrée de Corberon ». Il signe alors « Abbé de Rigaud ».

On perd ensuite la trace de François Aubin Rouvairollis de Rigaud.

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Bulletin des Lois. Huitième série. Règne de Charles X. Tome 6, p. 126. Imprimerie nationale. 1827.

Seule et ultime information, fournie par le Bulletin des Lois : le 17 janvier 1827, une ordonnance du Roi autorise l'acceptation d'un legs de 500 livres, fait à l'hospice de Mirepoix, département de l'Ariège, par le sieur Aubin Rouvairolles de Rigaud [sic]. Ce don semble d'origine testamentaire. Ledit « Aubin Rouvairolles de Rigaud » serait donc mort en 1826. Mais où ? L'ordonnance ne l'indique pas. On ne trouve le décès de François Aubin Rouvairollis de Rigaud, alias Aubin Rouvairolles de Rigaud, au demeurant ni dans les tables décennales de Mirepoix, ni dans celles de Limoux, où Jean Clément de Rouvairollis de Rigaud, baron de Caudeval, frère aîné de François Aubin, est mort le 26 octobre 1817 et où sa famille a continué de vivre après son décès. On ne trouve pas davantage ce décès dans les tables décennales de Montpellier, ni dans celles d'Attigny. L'ordonnance ci-dessus n'indique pas non plus si, après le vote de la Constitution civile du clergé, François Aubin de Rouvairollis est resté prêtre.

Il ressort en tout cas de sa carrière ecclésiastique en zigzags, que François Aubin de Rouvairollis, sous-diacre ou chanoine, n'a guère cherché peut-être à faire œuvre pie, mais plutôt à quêter tel ou tel bénefice ou prébende.

II. Joseph Thibaud Rouvairollis de Rigaud

Né le 22 novembre 1748 à Mirepoix, Joseph Thibaud Rouvairollis de Rigaud, frère puîné de François Aubin Rouvairollis de Rigaud, destiné comme lui à la prêtrise, renonce bien vite à cette destination. Abandonnant le canonicat que François Aubain a résigné en sa faveur en 1763, il épouse Anne Andrieu à une date qu'on ignore, il est père d'Anne Françoise Rose de Rouvairollis en 1783, il devient garde du corps du Roi, il émigre ensuite pour servir dans l'armée des princes, et il réside à Saint-Pétersbourg à partir de 1796, de telle sorte qu'il n'obtient l'autorisation de retourner à Limoux que le 4 vendémiaire an XIII (26 septembre 1804). Il devient ensuite baron de Villedieu [du nom du petit fief acheté par ses soins à Villedieu, hameau de Gaja, dans l'Aude]. En 1828, il fait don de 600 francs à l'hospice de Limoux, et il meurt à Limoux le 3 octobre 1835. Cf. Joseph Thibaud Villedieu Rouvairollis rentre de Russie ; À Caudeval et à Limoux. Essai de généalogie de la famille Rouvairollis. Après 1789, que sont-ils devenus ?.

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19 novembre 1828. Don de Joseph Thibaud de Rouvairollis à l'hospice de Limoux. Bulletin des Lois. Huitième série. Règne de Charles X. Tome 10, p. 46. Imprimerie nationale. Paris. Août 1829.

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3 octobre 1835. Décès de Joseph Thibaud Rouvairollis de Rigaud. AD11. Limoux. Décès. 1831-1835. Document 100NUM/5E206/52. Vue 314.

Le parcours de Joseph Thibaud de Rouvairollis éclaire d'un jour curieux celui Louis de Rouvairollis, l'un des frères aînés de François Aubin et dudit Joseph Thibaud.

III. Louis Rouvairollis de Rigaud

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24 juillet 1740. Baptême de Louis Rouvairollis de Rigaud. Mirepoix. Paroisse Saint Maurice. 1736-1741. Document 1NUM1/5MI664. Vue 156.

On sait par le registre paroissial de Mirepoix que le 8 août 1772, « Messire Louis de Rouvairollis, chanoine de l’église collégiale de Montpellier », oncle paternel du petit baptisé de Montmartre, est parrain de Louis Auguste Victor de Rouvairollis, fils de de Noble Jean Clément de Rouvairollis, seigneur et baron de Caudeval, et de Dame Rose de Champflour. On sait aussi qu'en 1773, il y a « permutation de canonicat entre Louis et François Aubin de Rouvairollis de Rigaud, frères » (G 262. Fol. 6-19). On sait donc qu'en 1772 Louis de Rouvairollis est officiellement chanoine à Montpellier, et qu'en 1773, il est censé revenir à Mirepoix, tandis François Aubin de Rouvairollis migre, lui, à Montpellier, puis en 1781 à Attigny, jusqu'en 1789 ou 1790 sans doute.

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8 août 1772, « Messire Louis de Rouvairollis, chanoine de l’église collégiale de Montpellier », oncle paternel du baptisé, est parrain de Louis Auguste Victor de Rouvairollis, fils de de Noble Jean Clément de Rouvairollis, seigneur et baron de Caudeval, et de Dame Rose de Champflour. AD09. Mirepoix. Paroisse Saint Maurice. 1768-1778. Document 1NUM/3E125/3. Vue 92

Quelle a bien pu être l'existence de Louis Rouvairollis de Rigault avant 1772, date à laquelle, alors chanoine à Monpellier, il est âgé de 32 ans ? Hormis dans le cas de la permutation de canonicat avec François Aubin, son nom ne figure nulle part dans le fonds du diocèse de Mirepoix. Se pourrait-il que, circa 1760, Louis Rouvairollis de Rigault ait été envoyé au séminaire Saint Sulpice de Paris, et que, répugnant alors d'avoir à s'engager dans la voie de la prêtrise, il ait choisi de rompre avec le séminaire et de vivre à sa guise, ailleurs dans Paris. On ne voit pas d'autre explication à la naissance du petit Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault qu'on baptise le 15 juillet 1765 à Montmartre. Louis Rouvairollis de Rigault est âgé alors de 25 ans.

Louis de Rouvairollis de Rigaud de Mirepoix et Louis Rouvairollis de Rigault de Paris sont-ils bien un et le même ? Au vu du faisceau d'indices établi ci-dessus, il ne peut en être autrement. À preuve entre autres, le fait que Louis de Rouvaillis de Rigaud, alias Louis Rouvairolis de Rigault, a choisi François Aubin Rouvairollis de Rigaud, alias François Aubin Rouvairolis de Rigault, « chanoine de Mirepoix », pour parrain de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, son propre fils.

La permutation de canonicat de « entre Louis et François Aubin de Rouvairollis de Rigaud, frères » témoigne en 1773, à elle seule, de la proximité affective de ces derniers. De la suite des baptêmes relevés ci-dessous, il ressort en effet que ces deux frères ont dû grandir et s'élever ensemble, après la mort en 1744 de Romain, frère jumeau de François Aubin, puis après la mort en 1756 de Jean Antoine Benoît, leur frère suivant. Vu la permutation de canonicat de 1773, on sait que Louis et François Aubin n'ont jusque là jamais perdu le contact l'un avec l'autre, alors qu'il semble bien qu'un jour Louis Rouvairollis ait rompu avec le reste de sa famille.

23 juillet 1740. Baptême de Louis Rouvairollis.
28 février 1742. Baptême de François Aubin Rouvairollis.
28 février 1742. Baptême de Romain Rouvairollis, frère jumeau de François Aubin. † 18 février 1744.
31 août 1743. Baptême de Jean Antoine Benoît Rouvairollis. † 30 juillet 1746.
22 novembre 1748. Baptême de Joseph Thibaud Rouvairollis.

IV. Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault

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Ci-dessus : vue de la cathédrale de Chartres circa 1900.

Louis Rouvairolis de Rigault a été père d'un autre enfant, Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault. Où et quand ? On l'ignore. On sait seulement que le nom de Marie Geneviève Derigault figure le 16 août 1791, à Chartres, sur l'acte de mariage de Pierre François Louis Derigault, son frère ; puis, le 19 août 1795, à Chartres encore, sur l'acte de naissance d'Henry Luc Rigault, l'un des fils nés du mariage de son frère.

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16 août 1791. Mariage de « Pierre François Louis Derigault [sic], dit Saint Aubain [sic], ancien brigadier fourrier dans le 5e régiment de dragons dit de la Colonelle générale, fils majeur des défunts Louis Rouvairollis de Rigault et de Marie Geneviève Cabot, de la ci-devant paroisse de Saint André de cette ville » ; et de « Marie Rose Adélaïde Besson, fille mineure de Jean Pierre Besson, garçon bonnetier, et de Marie Magdeleine Victoire Drieux, de la ci-devant paroisse Saint André de cette ville ». Signature de « P.F.L. Derigault » et de « Marie [Geneviève] Derigault sœur ». AD28. Chartres. Paroisse de la Cathédrale. 11 juin-31 décembre 1791. Document 3 E 085/065. Vues 49-50.

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Ci-dessus : 19 août 1795. Marie Geneviève Rigault [Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault], épouse de Bernard Goüet, chirurgien, tante de l'enfant, signataire de l'acte de naissance d'Henry Luc Rigault, son neveu. Marie Geneviève Rigault signe « « Rigault femme Goüet ». AD28. Chartres. 1794 1795. Registre de Semen l'aîné, Barré et autres [De 1793 à l'an III, la ville de Chartres compte deux officiers d'état civil, qui tiennent chacun un registre différent]. Document 3 E 085/069. Vue 59.

Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault s'est mariée entre 1791 — date du mariage de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, alias Derigault, son frère — et 1795, date de la naissance d'Henry Luc Rigault, l'un des fils de son frère. Quel âge Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault pouvait-elle avoir en 1795 ? Environ 30 ans ? Le couple qu'elle a formé avec Bernard Gouët après 1791 ne semble pas avoir eu de descendance. On ne trouve plus aucune autre trace de « Rigault femme Goüet» à Chartres après 1795.

V. Marie Geneviève Cabot, mère de Pierre François Louis et de Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault

La date de naissance de Marie Geneviève Cabot, compagne de Louis Rouvairolis de Rigault, demeure inconnue. On sait toutefois qu'elle est née du mariage de Pierre Cabot et d'Anne Magdeleine Dalichoux [plus tard Dalichoux de la Pierrière], mariage enregistré le 3 février 1743 à Paris.

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3 février 1743. Mariage de Pierre Cabot et d'Anne Magdeleine Dalichoux. État-civil reconstitué de Paris.

Probablement originaire de Lorient, Pierre Cabot est chef du bureau des vivres de la Compagnie des Indes. Dit plus tard « bourgeois de Paris », il meurt le 12 mai 1768 à Paris.

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Généalogie de la famille Dalichoux de Brouage.

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Ci-dessus : ancienne porte de Brouage circa 1900.

Née le 5 juillet 1703 à Brouage (Charente-Maritime) (3), Anne Magdeleine Dalichoux est la petite-fille unique de Monsieur Maître Simon Dalichoux († 23 mars 1709), notaire royal de Brouage ; la nièce unique du Sieur Jean Simon Dalichoux († 7 juillet 1710), syndic perpétuel de la paroisse de Brouage, lieutenant colonel de la milice du régiment de Brouage, époux de Demoiselle Catherine Duhamel, fille de Noble homme Charles Duhamel, Sieur de la Blanchardière ; la cousine germaine unique de Simon Dalichoux, né en 1704 à Brouage ; et la fille unique du « Sieur Pierre Dalichoux, commis de la patache », et de Magdeleine Boisseau. Pierre Dalichoux meurt le 25 janvier 1708 à Brouage. Magdeleine Boisseau, sa veuve, et Anne Magdeleine, sa fille unique, quittent alors Brouage pour vivre à Paris.

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4 février 1743. Preuve de majorité requise d'Anne Magdeleine Dalichoux en vue de son mariage avec Pierre Cabot. Officialité de Paris. 01/07/1742 - 31/12/1744. Arch. nat. Cote : Z1o-203B.

Le 4 février 1743, Anne Magdeleine Dalichoux obtient de l'Officialité de Paris la preuve de majorité requise pour son mariage avec Pierre Cabot. Sur cet acte, elle se trouve nommée Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière, du nom d'une propriété héritée de sa famille, située sur le territoire d'Ardillières (17290), à 35 km de Brouage. Indiquant que, « née dans la ville de Brouage, elle en est sortie à l'âge de 6 ans, que ses parents sont tous deux décédés, et qu'ayant écrit à la ville de Brouage, on lui a fait réponse que les registres de décès et de naissance se trouvaient pourris », Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière dit avoir 36 ans ; elle a au vrai déjà 39 ans. Elle a dû mettre au monde Marie Magdeleine Cabot, sa fille unique, au décours de l'une ou l'autre des trois années suivantes.

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Vue actuelle de la façade de l'ancien hôtel de la Compagnie des Indes.

Pierre Cabot semble avoir réalisé de juteux bénéfices dans son activité de chef du bureau des vivres de la Compagnie des Indes. De plus, le 15 mai 1752, devant Maître Perret, notaire à Paris, le Sieur Cabot, bourgeois de Paris, et Dame Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière, son épouse, demeurant à Paris, Hôtel de la Compagnie des Indes (4), vendent une maison située rue de Luzançay à Lorient, au Sieur Alexis Fraboulet, conseiller du Roi, lieutenant et maire de la ville et communauté de Lorient, agissant au nom de ladite communauté en vertu de la délibération du 11 avril 1752, pour le prix de 18.000 livres. Lorient fait ensuite de cette maison son hôtel de ville.

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Le Nouvelliste du Morbihan. 15 mai 1892.

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Ci-dessus : vue de l'hôtel de ville de Lorient, ancienne maison Cabot, circa 1900.

Le 12 juillet 1765, Pierre Cabot et Anne Magdeline Dalichoux de la Pierrière sont présents au baptême montmartrois de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, leur petit-fils. Ils le sont peut-être aussi à celui de Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault, leur petite-fille. Pierre Cabot meurt le 12 mai 1768, à Paris ; Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière, le 28 février 1779, à Paris, elle aussi.

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12 mai 1768. Décès de Pierre Cabot. 28 février 1779. Décès d'Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière. Source : 18 décembre 1816. Acte de mariage de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault et d’Anne Scolastique Julie Lambert. Archives dép. de l’Eure-et-Loir. Chartres. Mariages. 1816. Document 3 E 085/104. Vue 127.

VI. Que sont devenus Louis Rouvairolis de Rigault et les siens ?

On ne sait ce qu'il est advenu de Louis Rouvairolis de Rigault, de Marie Geneviève Cabot, sa compagne, de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault et de Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault, leurs deux enfants, entre 1765 et 1773, date à laquelle le fonds du diocèse de Mirepoix indique qu'il y a « permutation de canonicat entre Louis et François Aubin de Rouvairollis de Rigaud, frères », puis entre 1773 et 1791, date à laquelle Pierre François Louis Derigault, sur son acte de mariage, enregistré à Chartres, se trouve dit « fils majeur des défunts Louis Rouvairolis Derigault et Marie Geneviève Cabot, ses père et mère ».

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16 août 1791. Détail de l'acte de mariage de Pierre François Louis Derigault et de Marie Rose Adélaïde Besson. AD28. Chartres. Paroisse de la Cathédrale. 11 juin-31 décembre 1791. Document 3 E 085/065. Vues 49-50.

Louis Rouvairollis de Rigaud, alias Louis Rouvairolis de Rigault, est-il effectivement revenu à Mirepoix pour y exercer son canonicat ? On ne trouve à Mirepoix aucune trace de cet exercice. On ne trouve pas non plus le décès de Louis Rouvairollis de Rigaud dans le registre paroissial de Mirepoix ; ni dans celui de Chartres où leur fils se marie en 1791. Louis Rouvairollis de Rigaud, alias Louis Rouvairolis de Rigault a-t-il poursuivi ailleurs d'autres aventures ?

Marie Geneviève Cabot est-elle morte après avoir mis au monde Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault ? Ou a-t-elle suivi Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault dans d'autres aventures ?

Veuve de Pierre Cabot depuis 1768, morte elle-même en 1779, Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière, grand-mère de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault et de Marie Geneviève Rouvairolis de Rigault, s'est-elle occupée de l'entretien et de l'éducation ses deux petits-enfants ?

François Aubin de Rouvairollis de Rigaud, alias François Aubin Rouvairolis de Rigault, oncle et parrain de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, a-t-il veillé de près ou de loin sur l'éducation de son neveu, dit « Saint-Aubin » sur certains des actes de naissance de ses propres enfants ?

On ne dispose d'aucune information qui permette de répondre à cette suite de questions. La Révolution est passée par là, qui a effacé sans doute bien des traces.

De façon plus particulière, la Révolution a causé tout à la fois brouillage et rupture dans la transmission du patronyme à consonance aristocratique Rouvairolis de Rigault.

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Les onze fils de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, alias Pierre François Louis Derigault.

Le passage du Rouvairollis de Rigaud au Rouvairolis de Rigault de 1765, voire au Rouvairolles de 1827, n'est en soi pas très grave. Il suit de l'adaptation francilienne d'un nom d'origine languedocienne. Le passage du Rouvairolis de Rigault au Derigault de 1792 [Pierre Louis Hercule Derigault], puis au Rigault de 1795 [Henry Luc Rigault], ouvre par contre une brêche profonde dans la continuité patronymique des descendants de Louis Rouvairolis de Rigault.

Fils de Louis Rouvairolis de Rigault, Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, né en 1765, porte sur son acte de naissance le nom de son père.

En 1791, date de son mariage avec Marie Rose Adélaïde Besson, Pierre François Louis Derigault, par prudence sans doute, troque son nom à consonance noble contre celui de Derigault, plus discret. Le 1er février 1792, le dénommé Pierre François Louis Derigault est père de Pierre Louis Hercule Derigault ; puis le 8 avril 1793, père de Félix Casimir Derigault ; puis de huit autres fils encore.

Le 2 fructidor an III (19 août 1795), ce n'est plus Pierre François Louis Derigault, mais Pierre Louis Rigault qui est père d'Henry Luc Rigault. Il s'en suit dès lors que, quoique nés du même père, Pierre Louis Hercule Derigault, Félix Casimir Derigault, et Henry Luc Rigault, ne portent pas le même nom. À partir de 1795 tous leurs frères et sœurs puînés sont enregistrés sous le nom de Rigault.

Fils tous deux de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, Pierre Louis Hercule Derigault, né en 1792, et Henry Luc Rigault, né en 1795, ne portent plus désormais le nom de naissance de leur père, et ils ne portent pas non plus le même nom en tant que frères.

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27 février 1836. Rectification du nom de Pierre François Louis Derigault en Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault sur son acte de mariage daté du 16 août 1791. AD28. Chartres. Paroisse de la Cathédrale. 11 juin-31 décembre 1791. Document 3 E 085/065. Vues 49-50.

Il faut attendre les divers jugements qui s'échelonnent de 1836 à 1888 pour que l'ensemble des descendants de Louis Rouvairolis de Rigault parviennent à recouvrer leur patronyme ancestral. Tous les actes d'état-civil qui les concernent portent cette rectification. Seul l'acte de naissance de Rosalie Désirée Rigault, née le 13 frimaire an XIV (4 décembre 1805), a été oublié. Mort le 15 janvier 1820, avant le premier jugement rectificatif, Pierre François Louis Derigault, fils de Louis Rouvairolis de Rigault, a recouvré son véritable nom post mortem.

La dérive du patronyme initial ne va pas ici sans être cause d'une étrange lacune dans la transmission de la mémoire familiale.

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Extrait de l'acte de mariage de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault et d’Anne Scolastique Julie Lambert. Archives dép. de l’Eure-et-Loir. Chartres. Mariages. 1816. Document 3 E 085/104. Vue 127.

Le 18 décembre 1816, Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, alias Pierre François Louis Derigault, épouse à Chartres en secondes noces Anne Scolastique Julie Lambert. Il est âgé alors de 51 ans. Il signale là pour la première fois qu'il n'a « jamais connu » ses aïeux paternels et « qu'il ignore le lieu et l'époque de leurs décès ». Louis Rouvairolis de Rigault, son père, ne lui en a donc jamais rien dit ! L'a-t-il délibérément évité ? Taisait-il une rupture familiale ? Un scandale ? A-t-il prématurément disparu de la vie de son fils de telle sorte qu'il n'a jamais eu l'occasion de rien lui dire ? Anne Magdeleine Dalichoux de la Pierrière, grand-mère de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, devait toutefois savoir quelque chose. D'où vient qu'elle non plus n'ait rien dit ? Le mystère, là encore, demeure.

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6 septembre 1829. Extrait de l'acte de mariage de Louis Philippe Rigault et de Rosalie Virginie Rossignol. Archives dép. de l’Eure-et-Loir. Bailleau-l'Évêque. 1826-1834. Document 3 E 022/010. Vue 132.

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Ci-dessus : vue de l'église de Bailleu-l'Évêque circa 1920.

Le 6 septembre 1829, Louis Philippe Rigault, alors garçon tailleur d'habits, né le 3 mars 1807 à Chartres, autre fils de feu Pierre François Louis Derigault, épouse à Bailleau-l'Évêque, Eure-et-Loir, Rosalie Virginie Rossignol. « L'époux et ses quatre témoins nous ont attesté, note l'officier d'état-civil, qu'ils ignorent le dernier domicile et le lieu où sont décédés les grand-père et grand-mère du futur époux ».

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17 mai 1838. Extrait de l'acte de mariage de Gabriel Hypolite Rouvairolis de Rigault. AD08. Givet. Mariages. 1838-1845. Document 2E190 22. Vue 22.

Le 17 mai 1838, Gabriel Hypolite Rouvairolis de Rigault, né le 12 février 1809 à Chartres, fils de Pierre François Louis de Rigault, épouse à Givet (Ardennes) Agnès Destrée. On le dit dans son acte de mariage, « n'ayant plus d'aïeux ni d'aïeules, comme il le prouve, ainsi que les témoins, par déclaration à serment reçu conformément à l'avis du Conseil d'État du quatre thermidor an treize, lesquels [témoins] affirment que, quoiqu'ils connaissent le futur époux, ils ignorent le lieu du décès de ses aïeux et celui de leur dernier domicile. »

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21 décembre 1852. Extrait de l'acte de mariage de Gabriel Hypolite Rouvairolis de Rigault et de Marie Louise Gauthier. AD08. Givet. Mariages. 1846-1852. Document 2E190 23. Vues 321-323.

Le 21 décembre 1852, le même Gabriel Hypolite Rouvairolis de Rigault épouse en secondes noces, à Givet, Marie Louise Gauthier. Il « déclare sous serment que le lieu, soit du décès soit du dernier domicile, ainsi que les noms et prénoms de ses aïeux tant paternels que maternels, lui sont inconnus. Cette déclaration a été certifiée aussi par serment des quatre témoins du présent acte de mariage, lesquels ont affirmé que, quoiqu'ils connaissent l'époux, ils ignorent les noms et prénoms de ses ascendants et leur dernier domicile. »

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1er juin 1858. Extraits de l'acte de mariage de Philippe François Rouvairolis de Rigault et de Marie Marguerite Rosalie Larpenteur. AD28. Digny. 1856-1862. Document 3 E 130/016. Vues 122-123.

Le 1er juin 1858, Philippe François Rouvairolis de Rigault, anciennement Derigault, né le 18 août 1830 à Bailleau-l'Evêque, fils de Louis Philippe Rigault et petit-fils de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigaud, épouse à Digny, Eure-et-Loir, Marie Marguerite Rosalie Larpenteur. De façon étrange, le drame du père disparu l'a frappé à son tour. L'acte de son mariage indique que Louis Philippe Rigault, père du marié, est « absent depuis 27 ans passés », soit depuis environ 1731, et que « son domicile demeure inconnu en France ». Philippe François Rouvairolis de Rigault, le marié, n'en a en tout cas « aucune connaissance ». Il a toutefois un frère. Le 17 mars 1738, Rosalie Virginie Rossignol a mis au monde Alphonse Léon Derigault, dit fils de Louis Philippe Rigault « absent » (5).

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Avril 1836. Rectification du nom de Louis Philippe Rigault et de Philippe François Rigault. AD28. Bailleau-l'Evêque. 1835-1844. Document 3 E 022/011. Vue 137. Ensemble du jugement de rectification : vues 135 à 138.

En avril 1836, à la requête de Pierre Louis Hercule Derigault, huissier porteur de contraintes, et de Pierre Alphonse Rigault, tanneur, ainsi que de Gabriel Hypolite Rigault et Frédéric Rigault, « desquels l'état d'indigence est attesté par un certificat de monsieur le maire de Chartres » et leur vaut gratuité de l'action, le tribunal civil de première instance de l'arrondissement de Chartres, agissant dans l'intérêt des quatorze fils et filles de Pierre François Louis Rouvairolis de Rigault, ordonne la rectification de leurs noms respectifs en Rouvairolis de Rigault. Cette rectification patronymique s'applique également aux enfants des intéressés et doit être signalée de façon urgente dans tous les registres d'état-civil correspondants.

Compte tenu de la progressive dispersion des descendants de Pierre François Louis Rouvairollis, et aussi des diverses complications familiales, l'application de cette mesure ne sera pleinement effective qu'en 1888, avec la rectification posthume du nom de Marie Léontine Ladoïska Rouvairollis de Rigault, fille de Philippe François Rouvairolis de Rigault, anciennement Rigault, née le 23 novembre 1865 à Bailleau-l'Évêque, morte le 18 mai 1880 à Bailleau-l'Evêque. Pourquoi ce prénom de Ladoïska ? Mystère.

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1765-1925. Essai d'établissement de la généalogie complète de la famille Rouvairolis de Rigault. Cliquez deux fois sur l'image pour l'agrandir.

À l'issue de la longue enquête rapportée ci-dessus, l'histoire de Louis Rouvairolis de Rigault et de Marie Genviève Cabot conserve son caractère d'énigme. Que sont-ils devenus ? Pourquoi ont-ils disparu ? Chacun s'en fera son idée, ou plutôt l'imaginera à partir des quelques indices réuniw au décours de l'enquête en question. L'histoire touche ici au bord du roman. C'est là justement ce qui me passionne dans l'histoire. Le bord de l'histoire, c'est le bord du roman en tant que bord de l'unique, autrement dit en tant que bord de l'humain.

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1. Aujourd'hui renommée rue de la Tour d'Auvergne, l'ancienne rue de Bellefond court entre la rue de Rochechouart et la rue Rodier, dans le IXe arrondissement de Paris. Elle commence rue de Maubeuge, au nº 35, et finit rue des Martyrs, au nº 52 bis.

2. L. Demaison. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Marne. Archives ecclésiastiques, série G, clergé séculier. Volume 1, p. 161. Matot-Braine. Reims. 1900.

3. 5 juillet 1703. Baptême d'Anne Magdeleine Dalichoux. AD17. Brouage. 1700-1710. Document 2 E 73/2. Collection du greffe. Vue 43.

4. De 1719 à 1769, la Compagnie des Indes occupe l'ancien hôtel Tubeuf, bâti en 1635 entre la rue Vivienne, la rue Colbert, et la rue Neuve des Petits-Champs, dans le IIe arrondissement. Aujourd'hui, le jardin de la Compagnie des Indes, attenant à l'hôtel, est devenu le jardin Vivienne ; l'hôtel abrite, sous le nom de Site Richelieu, une partie des collections de la Bibliothèque nationale de France.

5. 17 mars 1738. Naissance d'Alphonse Léon Derigault. Archives dép. de l'Eure-et-Loir. Bailleau-l'Evêque. 1835-1844. Document 3 E 022/011. Vue 131.

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