Christine Belcikowski

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Poème trouvé dans les minutes de 1681-1682 de Pierre Barrière, notaire d'Arvigna

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La base de données des Archives départementales de l'Ariège indique qu'un Poème ironique sur une dame, conservé aujourd'hui sous la cote 5 E 3755. 1J6241682, a été trouvé après la mort de Pierre Barrière, notaire d'Arvigna, dans ses minutes des années 1681-1682. J'ai cherché ledit poème dans ce gros minutier, et je l'ai retrouvé à la page LIX.

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Pierre Sidoine. Le Cheval 2.3

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… τοὶ δέ, βοείαις δησάμενοι σειρῇσιν, ἐυπλέκτοισι κάλωσιν εἷλκον ὑπὲρ πεδίοιο, θοῶν ἐπιβήτορα κύκλων, ἵππον ἀριστήεσσι βεβυσμένον· οἱ δὲ πάροιθεν αὐλοὶ καὶ φόρμιγγες ὁμὴν ἐλίγαινον ἀοιδήν. σχέτλιον ἀφραδέων μερόπων γένος, οἷσιν ὁμίχλη ἄσκοπος ἐσσομένων· κενεῷ δ´ ὑπὸ χάρματι πολλοὶ πολλάκις ἀγνώσσουσι περιπταίοντες ὀλέθρῳ. οἵη καὶ Τρώεσσι τότε φθισίμβροτος ἄτη ἐς πόλιν αὐτοκέλευθος ἐκώμασεν·

Cependant les Troyens, ayant passé des bandes de cuir et de fortes chaînes autour du corps du cheval, le traînaient dans la campagne, à l'aide des roues sur lesquelles il était monté. Ils ignoraient qu'il portait dans ses flancs l'élite des héros grecs. Des joueurs de flûte et de luth, rassemblés au-devant de lui, faisaient retentir l'air de leurs concerts. Hélas ! misérables humains, que nos vues sont bornées ! Un nuage épais nous dérobe l'avenir : séduits par de vains transports, nous courons souvent, sans le savoir, à notre ruine. Ainsi le plus terrible fléau menaçait les Troyens, et eux-mêmes allaient l'introduire dans leurs portes.

Ainsi raconte à propos du cheval de Troie le poète Tryphiodore aux vers 305-314 de La Prise d’Ilion. Le texte date du IVe siècle. Il dit assez l’inquiétante étrangeté de la pente qui veut que, semblablement aux Anciens, nous, Modernes, nous courions aussi, sans le savoir ou comme malgré nous, à notre ruine.

Pourquoi citer ici, plutôt qu'Homère, aède de la fin du VIIIe siècle av. J.-C, Tryphiodore, poète égyptien du IVe siècle après J.-C, quoique hellénophone ? Eh bien d'abord parce que Tryphiodore augure au plus près ce que sera la sculpture de Pierre Sidoine, et ensuite parce que onze siècles plus tard, tel l'Ange de l'Histoire dont parlera Walter Benjamin, Tryphiodore « a le visage tourné vers le passé. Là où se présente à nous une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’Ange ne les peut plus refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, pendant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès » (1). Certes les Troyens ont péri. Mais les Achéens ont péri aussi. L'Égypte est devenue une province romaine. Et l'Empire romain d'Occident est près de finir aussi...

 

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Hérité de la tradition grecque et propulsé illico dans la postmodernité par sa dénomination en forme de clin d’œil numérique, le Cheval 2.3 demeure chez Pierre Sidoine l’augure d’une ruine qui ab origine continue indéfiniment d’advenir. La sculpture montre ainsi, sans les mots, l’essentiel de ce que disait déjà le poète du IVe siècle.

 

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Pierre Sidoine a prêté à son Cheval 2.3 trois énormes têtes. Ainsi multipliées façon hydre de Lerne, ces trois têtes ajoutent à l’air de fureur et mystère dont se pare ici une œuvre-monstre, figure d’une trinité nouvelle, créée, semble-t-il pour susciter dans l’éclat de sa manifestation terreur et fascination mêlées.

 

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Vues de profil, les trois têtes du Cheval 2.3, surmontées d’une haute crinière faite en touches de piano, sont celles d’étranges hoplites-animaux, jaillis d’une spirale dont la source demeure invisible, et le développement infini. Ainsi va la guerre, ainsi va la destinée.

 

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Vues de face, ces mêmes têtes se trouvent rendues mystérieuses par leurs yeux sans regard et cependant dotés d’une sorte d’eau lumineuse, semblable à celle des portraits funéraires du Fayoum. Et il y a comme un souvenir de l’enfance, à jamais perdue, dans l’emploi des roues graciles qui supportent le joujou d’antan.

 

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Jouant avec la tradition grecque, Pierre Sidoine sculpteur se livre ici, par effet de projection du passé dans le futur, à une sorte de méditation puissante sur la force du destin.

 

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1. Walter Benjamin. « Sur le concept d’histoire » (1940), thèse IX, p. 434. In Œuvres, III, traduit par M. de Gandillac et P. Rush. Folio-Gallimard. Paris. 2000.

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À propos de la famille Derro-Mondot. Une généalogie. 1. Côté Derro

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Cette généalogie Derro-Mondot m'intéresse, non seulement pour des raisons personnelles que l'on verra ci-dessous, mais aussi pour des raisons socio-historiques qui pourront, du moins je l'espère, intéresser d'autres que moi. On y passera par le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Mexique, la Seine-et-Marne, la Haute-Garonne, et l'Ariège...

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À partir des années 1800, autres épisodes dans l'histoire de la famille Barrière

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Ci-dessus : devenir de la famille Barrière à partir des années 1800 ; généalogie partielle.

Délaissant peu à peu Arvigna après la Révolution, qui a leur a fourni l'occasion d'exercer leurs premières fonctions municipales, les Barrière gagnent au cours du XIXe siècle Mirepoix, Pamiers, Toulouse. On trouve parmi eux un pharmacien, plusieurs médecins, un percepteur, un banquier, un grand minotier, deux avocats, dont l'un deviendra un grand historien. Après Antoine Jean Baptiste Noël Barrière et Antoine Bernard Barrière, son fils, qui ont été maires d'Arvigna, Jean Joseph Bernard Barrière sera maire de Pamiers ; Gabriel Louis Hipolite Barrière maire des Allemans ; et Bonaventure Casimir Barrière-Flavy, maire de Puydaniel.

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Dans les années 1800, c'est probablement Thomas Bonaventure Barrière, célibataire, qui achète le château des Allemans et l'ensemble des terres attenantes. Gabriel Louis Hipolite Barrière hérite de son grand-oncle le château en question. Progressivement remodelé au cours du XIXe siècle, ce bien restera dans la famille Barrière jusqu'en 1987, date à laquelle, racheté par la commune de la Tour-du-Crieu (nouveau nom des Allemans depuis l'année 1915), l'ancien château des viguiers des Allemans devient la nouvelle mairie de la Tour-du-Crieu. (1)

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Ci-dessus : vue actuelle de l'ancien château des Allemans, devenu mairie de La Tour-du-Crieu.

Le 19 mai 1855, c'est également Thomas Bonaventure Barrière, toujours célibataire, qui achète au comte de Terssac le château de Lissac, ou château de Gentillac, du nom d'un écart situé entre Lissac et Saint-Cirq, près de Saverdun et de Cintegabelle. Bonaventure Casimir Barrière-Flavy hérite ensuite de son grand-oncle le château en question. À noter que, maire de Puydaniel, le même Bonaventure Casimir Barrière a également habité ou possédé le château de Puydaniel.

À lire aussi :
Dans la famille Barrière d'Arvigna. D'un inconnu à un historien célèbre
Arvigna au XVIIIe siècle. Tentative de généalogie de la famille Barrière au hameau de Languit

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1. Cf. Joseph Quérol. La Tour-du-Crieu. Livre II, pp. 217-223. Imprimerie de Ruffié. Foix. 2018.

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1791-1792. Saint-Just. De la nature

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Entre septembre 1791 et septembre 1792, Saint-Just esquisse un texte qu'il intitule De la nature, de l'état civil, de la cité ou les règles de l'indépendance, du gouvernement, autrement appelé Du Droit social ou Principes du droit naturel. Ce texte restera inachevé. Mais Saint-Just poursuivra le même chemin de pensée dans le texte intitulé Institutions républicaines, rédigé entre l'automne 1793 et juillet 1794, resté inachevé lui aussi.

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Ci-dessus : Circa 1850, portrait de Lazare Hippolyte Carnot (1801-1888), député, sénateur, ministre de l'Instruction publique, membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Pierre Petit, photographe, Charles Fuhr, photograveur.

« Nous savons que Barère transmit à David d’Angers et à Hippolyte Carnot les manuscrits de ses Mémoires et ses notes historiques. La plupart des manuscrits de Saint-Just que possédait Barère semblent avoir été confiés au fils de Lazare Carnot et conservés dans sa famille, puisque c’est l’un de ses descendants qui fit don en novembre 1944 à la Bibliothèque nationale du carnet coté NAF 12947 et des manuscrits de Saint-Just, ou concernant Saint-Just, formant le volume NAF 24158 » (1).

Donné à La BnF par la famille Carnot, le manuscrit de De la nature a été édité pour la première fois par Albert Soboul en 1951. Ce manuscrit fait l'objet d'une étude philologique détaillée dans un article d'Anne Quennedey, publié en 2008 dans les Annales historiques de la Révolution française (2). L'étude d'Anne Quennedey montre que, consigné sur un carnet commencé à partir de la dernière page, puis recommencé à partir de la première page du même carnet, le texte de Saint-Just a connu deux versions successives, témoins de l'évolution d'une pensée naissante, qui cherche à se distinguer alors de celle de ses trois grands prédécesseurs : Hobbes dans Leviathan en 1651 ; Montesquieu dans L'esprit des lois en 1748 ; Rousseau dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes en 1754, puis dans le Contrat social en 1762.

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