De quelques vestiges archéologiques sur le site de la maison de Frédéric Soulié à l’Abbaye-aux-Bois

On sait qu’en 1838 Frédéric Soulié achète à Bièvres, dans l’Essonne, les quelques ruines qui subsistent de l’Abbaye-aux-Bois, ancien couvent de bénédictines, datant du XIIIe siècle. Le couvent, à l’époque où il a été construit, se trouve situé au coeur de la forêt du Val Profond, d’où son nom d’Abbaye-aux-Bois. Les religieuses l’abandonnent au XVIIe siècle pour s’installer à Paris dans un nouveau couvent, l’actuel Val-de-Grâce.
 
J’ai déjà évoqué dans deux articles La maison de Frédéric Soulié à l’Abbaye-aux-Bois et De l’abbaye Notre-Dame de la Roche à l’Abbaye-aux-Bois – Le cercle topographique – Frédéric Soulié et la maison de Lévis Mirepoix. Je cherche depuis lors à situer dans Bièvres l’endroit où se trouve l’ancienne maison de Frédéric Soulié afin de voir ce qui subsiste de cette dernière. J’ignore de surcroît l’adresse actuelle de cette maison. On trouve seulement sur la page « Célébrités » du site municipal, intitulé Bièvres – Un village aux portes de Paris, la vague indication suivante : « A Bièvres, sur la route d’Igny, l’auteur des Mémoires du Diable, Frédéric Soulié, habitait une des dernières maisons, à droite en sortant du village… Frédéric Soulié travaillait là, paisible, avec de la verdure sous les yeux… ». Mais la topographie du « village » en question a beaucoup changé depuis le XIXe siècle, de telle sorte que j’échoue à repérer sur Street View une façade susceptible d’être celle de la maison que je recherche. La maison, aux dernières nouvelles, aurait été transformée en auberge. Ces dernières nouvelles (fournies par la base Mérimée du ministère de la Culture : Ref. Mérimée IA00027895) datent toutefois de 1980… Je viens d’écrire à la mairie de Bièvres dans l’espoir d’obtenir une adresse peut-être, – une photo, qui sait ?

Ci-dessus : Bièvres, abbaye du Val Profond, détail du plan de 1738 ; cliché Inv. Vialles, 79 91 202 P.

Ci-dessus : Ref. Mérimée IA00027895

Toujours en quête d’informations nouvelles concernant l’ancienne maison de Frédéric Soulié à l’Abbaye-aux-Bois, j’ai trouvé il y a peu, dans les Inscriptions de la France du Ve siècle au XVIIIe, recueillies et publiées en 1877 par M.F. de Guilhermy 1Collection de documents inédits sur l’histoire de France, publiés par les soins du ministre de l’Instruction publique, troisième série, archéologie – Inscriptions de la France du Ve siècle au XVIIIe, recueillies et publiées par M.F. de Guilhermy, tome III, ancien diocèse de Paris, pp. 253-254, Imprimerie nationale, Paris 1877., quelques indications relatives aux objets archéologiques découverts sur le site de la dite maison. Je reproduis ci-dessous les deux pages consacrées par M.F. de Guilhermy aux objets en question.

 

 

Ci-dessus : Ref. Mérimée IA00027895

J’ai déjà mentionné ailleurs le travail de fouille mené par l’architecte Alexandre Bourla sur la propriété de Frédéric Soulié et à la demande de ce dernier. L’un des chapiteaux mis à jour à la faveur de ces fouilles a été donné en 1844 au musée de Cluny, et il se trouve mentionné dans le Catalogue et description des objets d’art de l’antiquité, du moyen âge et de la Renaissance exposés au musée / [Musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny] 2Edmond du Sommerard, Catalogue et description des objets d’art de l’antiquité, du moyen âge et de la Renaissance exposés au musée / [Musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny], p. 8, éditions Hôtel de Cluny, 1881.. Je continue bien sûr à guetter toute information qui se présenterait à nouveau concernant l’ancienne maison de Frédéric Soulié à l’Abbaye-aux-Bois.

 

Ci-dessus : A. Capaul, Hameau de l’Abbaye-aux-Bois, circa 1910.

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Légendes urbaines – Débit de bière

 

« Débit de bière »… J’ai photographié cette inscription décolorée sur le flanc sud de la vieille bâtisse qui s’élève place du Rumat, au bord du Countirou, sous la route de Limoux, i. e. à l’endroit qu’on appelait jadis le Bascou 1Cf. La dormeuse blogue : Al Bascou, la maison de l’écorcheur ; Al Bascou – Autrefois, à l’aile du pont ; La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le quartier de Lilo – L’Isle et le Bascou.. C’était là jadis le siège de l’affachoir, l’abattoir, et, sur l’esplanade qui s’étend devant l’affachoir, l’emplacement du foirail. Les bêtes venaient alors, sur pied, majoritairement du pays basque, alors producteur des spécimens les plus recherchés, et représenté à Mirepoix par des commissionnaires très actifs. D’où le nom de Bascou. Ces commissionnaires feront des affaires particulièrement juteuses pendant la guerre franco-espagnole des années 1793-1795, puis 1808-1814, dans le cadre de la fourniture aux armées. L’affachoir, à partir des années 1840, a été converti en relais des postes de Castelnaudary. Le foirail, témoin de l’ancienne importance de la place de Mirepoix concernant le négoce et le traitement des produits de l’élevage des bovins, s’est maintenu jusque dans les années 1950.

On buvait après le négoce aux alentours de l’affachoir et du foirail. On se rend au « débit de boisson », au XIXe siècle, pour acheter des boissons à emporter, et au café, ou à l’estaminet, pour consommer sur place. Les archives de Mirepoix montrent que les titulaires de débits de boisson étaient, dans les années 1880, essentiellement des veuves, qui trouvaient là de quoi survivre à la disparition de leur époux, ou bien des artisans, qui aspiraient à un complément d’activité. Le débit des boissons se faisait alors à la porte ou à la fenêtre, de ces larges fenêtres mirapiciennes qui forment autant de vitrines sur la rue. Il intéresse les travailleurs modestes, qui buvaient dehors, au bord du Countirou, on suppose, ou bien sous les arbres (aujourd’hui disparus, hélas !) de la promenade du Jeu du Mail, ou encore alentour du lavoir qui, au nord, fermait cette promenade, à l’endroit où le Béal, dont le cours demeurait à cet endroit-là aérien, coule aujourd’hui sous la chaussée 2La dormeuse blogue : Le canal du moulin – 1. Du Countirou au pont de Raillette.. Les clients plus fortunés, maquignons et autres négociants, fréquentaient les cafés de la place et ceux du cours Saint Maurice, alors dédiés à l’absinthe. Suite à la disparition de l’affachoir, puis des postes de Castelnaudary, enfin du foirail, le débit des boissons, place du Rumat, a cessé aujourd’hui, au moins dans son mode ancien. L’actuelle place du Rumat abrite cependant le café du Rumat, un établissement fait pour la clientèle du faubourg, qui, non loin de la place, cultive même en août, quand le tourisme bat son plein, un tempo plus large, j’allais dire ma non tropo.

A lire aussi : Un arrêté de 1816 à propos des auberges, cabarets, cafés et autres lieux ouverts au public en Ariège

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A la Galerie de la Porte d’Amont – Matt Hilton – Stick charts et autres objets

 

 

Habitué de l’estampe, de ses travaux lents et savants, Matt Hilton s’est laissé reconduire par ses lectures, lors d’une semaine de Robinson sans doute, aux rivages de l’art du peu de moyens et du libre de la pensée visuelle. Il est tombé par hasard sur une page dédiée aux stick charts, les treillis de bois, sertis de coquillages, que les navigateurs polynésiens utilisent pour déterminer la position des îles à partir des directions de la houle 1Cf. Détours Des Mondes – Arts lointains, espaces des cultures : Les Stick Charts Des Îles Marshall. Il avait un crayon, une petite boîte d’aquarelle… Il a fait avec. Il a figuré des grilles et des noeuds, nué la figure d’une touche liquide… Ironie du voyage immobile. La carte de toute façon n’est pas le territoire ; et le territoire existe-t-il pour l’artiste ailleurs que dans les figures de sa nostalgie ?

 

Matt Hilton, estampe.

NB : l’exposition actuellement proposée à la Galerie de la Porte d’Amont comprend d’autres estampes de Matt Hilton. J’ai photographié et reproduit l’une d’entre elles sur La dormeuse tumble. Pour la voir, cliquez sur le lien suivant : Autour de l’art.

L’exposition dure jusqu’au 20 mai 2013.
A voir les jeudi, vendredi, samedi, de 14h à 19h, et sur rendez-vous au 06 22 40 58 45.

A lire aussi :
Matt Hilton : Comment j’ai débusqué les bêtes – Un scrapbook de rencontre érotiques
Matt Hilton : Works/Studio Practice
La dormeuse blogue 3D’un coin l’autre – Matt Hilton expose à la galerie Inspiré
La dormeuse blogue 3 : De La Franqui à Ramonville – Di di didley di, un divertissement de Matt Hilton
La dormeuse blogue 3 : Matt Hilton expose à la librairie Ombres Blanches – Comment j’ai débusqué les bêtes
La dormeuse blogue 2 : Matt-Hilton – Comment j’ai débusqué les bêtes
La dormeuse blogue 2 : Une visite à l’atelier de Matt Hilton
La dormeuse blogue : L’atelier du lithographe
La dormeuse blogue : A propos de Matt Hilton printmaker

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