Le ciel est de suie ;
les oiseaux sont noirs.
Ils font des pendants de jais
aux gueules de loup
du clocher qu'on voit
partout à la ronde.
Prends garde aux yeux noirs
du loup, leou, leou
on dit par chez nous
qu'ils sont partout,
garou ! garou !
Il y a toujours, l'hiver,
une petite fille
qui a peur du loup.
Il vient !
Cache-toi chez toi,
au bord du cantou
ou bien sous la couette !
Mais non !
Foin des mauvais rêves !
Sors, va,
libre de ton aile,
libre de ton pas !
Et n'oublie pas, fillette :
il y a du loup en toi,
étrange animal,
vrai, en toi aussi.
Ci-dessus : Pierre Sidoine. Don Miguel de la Cocotología. Novembre 2018.
En 1888, pendant qu'il apprend le danois pour lire Kierkegaard dans le texte, Miguel de Unamuno, qui a fait de la cocotte en papier son amie pour la vie, consacre à cette pajarita de papel un facétieux Traité de cocotologie, continué et enrichi toute sa vie durant.
En 2018, pendant qu'il réfléchit à un nouveau projet de sculpture, Le Cheval de Troie, Pierre Sidoine sculpte un Don Miguel de la Cocotología, en forme de pajarita de papel.
Il s'agit d'une pièce de 65 cm de haut, 80 cm de long, 50 cm de large, faite d’un métal martelé et plié conformément aux règles de la cocotologie enfantine. La cocotte est montée sur roues. Elle se trouve habillée, façon costume de lumière, d’un manteau de puces électroniques de couleur blanche, pointillée d’or, et d’assemblage minutieusement mosaïqué. Elle abrite entre ses ailes, une tête d’enfant, remploi d’un moule à poupons, rescapé d’une ancienne fabrication industrielle. Vue de profil, la tête de la cocotte fait une sorte de chapeau de clarté à celle de l’enfant. De quelle sorte de conception ce cet enfant provient-il, puisque, issue ici d’une surface et non de la matière même, la cocotte demeure forme pure, de sexe neutre – ne uter, sans autre –, celui d’avant la différenciation embryologique fatale.
« Quelle surabondance de philosophie inconsciente dans les replis du langage ! » – dans les replis de la cocotte ? –, dit Miguel de Unamuno dans L’Essence de l’Espagne (1895). Quelle surabondance de philosophie inconsciente dans les replis du Don Miguel de Pierre Sidoine !
L’art est, comme on sait, cosa mentale. Ce qui se joue secrètement sur l’autre scène, se donne à voir et par là se répète sur la scène de l’art, mais cocotologiquement, ou énigmatiquement, sans rien trahir du secret de son origine. La cocotte perdrait de son charme à être dépliée, si c’était possible ! Comme chez Miguel de Unamuno, écrivain, il y a chez Pierre Sidoine, sculpteur, une sorte de donquichottisme de la raison créatrice, qui fait lever dans son pas l’inquiétante étrangeté du Surréel.
Le 16 septembre 1883, Édouard Descola, directeur de L'Ariège hebdomadaire. Journal d'Économie Politique et Sociale, évoque les débats menés depuis 1880 par le Conseil général du département à propos de l'aménagement ferroviaire du territoire ariégeois.
En 1827, suite à la publication du Code forestier, qui, afin de préserver les droits des grands propriétaires et de réserver à l'industrie la production du charbon, interdit aux paysans le pâturage et réduit sévèrement l'usage des forêts, en particulier les droits de ramassage de bois, de coupe, de marronnage, de chasse, de pêche et de cueillette, les habitants de la vallée de Massat (Ariège), puis ceux du département de l'Ariège tout entier, se soulèvent, et, déguisés en Demoiselles, ils s'en prennent aux gardes forestiers, gendarmes, charbonniers, et maîtres de forge. La guerre des Demoiselles durera jusqu'en 1832, puis, de façon plus sporadique, jusqu'en 1872.