A Pamiers – Estampadura 2013 – Triennale européenne de l’estampe contemporaine

 

A Pamiers, en partenariat avec l’association Estampadura (Toulouse), l’association Mille Tiroirs reconduit tout au long de ce joli (joliment arrosé) mois de mai 2013 sa Triennale européenne de l’estampe contemporaine. L’exposition réunit autour d’une suite d’eaux-fortes signées Martin Ware, artiste qui vit et travaille en Midi-Pyrénées, un choix de pièces empruntées cette année à des artistes allemands. Je viens de visiter cette exposition. Je raconte ici ma visite en images, et comme en caméra subjective. Les reflets qui peuplent les images font évidemment partie du récit. J’aime le hasard de ces fenêtres d’air qui s’ouvrent dans les oeuvres par le cadre gelées et, par effet de mise en abîme, dans les murs de la salle aussi, ainsi agrandie ici maintenant à la dimension du monde vif. Je ne conçois pas au demeurant d’exposition qui ne reconduise au libre de ce monde-là. A quoi sinon servirait-elle ?

 

Ci-dessus : Martin Ware, Arrivée à l’aéroport de Blagnac, eau-forte, 2011.

 

Ci-dessus : Martin Ware, Intérieur 3, eau-forte, 2013.

 

Ci-dessus : Wolfgang Folmer, Sans titre, xylographie, 2011.

 

Ci-dessus : Renata Jaworska, Sans titre, graphite, 2012.

 

Ci-dessus : Eiko Borcherding, Hostarken 15, photogravure et pointe sèche, 2009.

 

Ci-dessus : Ute Schätzmüller, Es gab dort auch embryonale, lithographie, 2011.

 

Ci-dessus : Oleksandr Seredenko, OT II, 2011.

 

Ci-dessus : Constantin Jaxy, Global Strukture, impression au carton, 2012.

 

Ci-dessus : Suzanne Werdin, 1 Viereck + 2 Kreis – Ausschnitte 1, xylographie couleur, 2010.

 

Ci-dessus : Frank Degelow, OT, Réserve, 2010.

 

Ci-dessus : Welf Schiefer, Educated Monkey, gravure, 2011.

 

Ci-dessus : Karin Bauer, Sans titre, lithographie, 2011.

 

Ci-dessus : Katharina Thölin Chittenden, Five easy steps 1, sérigraphie, 2012.

 

Ci-dessus : Uwe Schierhotz, Warmer Platz II, linogravure, 2012.

 

Ci-dessus : Uschi Krempel, Sans titre, 2012.

 

Ci-dessus : Paul Wesler, Bogen, eau-forte et aquarelle, 2012.

 

L’exposition dure jusqu’au 1er juin 2013. Hâtez-vous ! C’est à la salle Espalioux, rue Jules Amouroux, 09100 Pamiers, mardi, mercredi, vendredi, de 14h à 18h.

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Ebooks – De quoi lire !

 

Le site Nos livres assure en continu, sur une seule page, dotée d’un formulaire de recherche, le suivi du catalogue des livres électroniques gratuits issus du domaine public français. Le catalogue comprend à ce jour 5 969 titres. Il résulte du travail de publication fourni conjointement par les sites suivants : Bibliothèque électronique du Québec (BEQ) ; Bibliothèque numérique romande (BNR) ; Bibliothèque Russe et Slave (BRS) ; Ebooks Libres et Gratuits (ELG) ; ÉFÉLÉ ; Gallica ; La bibliothèque de Gloubik ; Projet Gutenberg (livres en français) ; Rousseau Online ; Mobile Read – roger64. Il s’agit là de sites pionniers, auxquels nous pouvons dire merci. Je suis leur travail depuis l’époque, déjà lointaine ! où j’ai commencé à lire des ebooks sur un Palm de première génération. C’était à la fin de l’année 1999…

 

Enregistrez Nos livres sur votre barre de signets, vous aurez ainsi, quand l’envie vous prend, illico de quoi lire sous le curseur !

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Bonne lecture !

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Au musée de Pau en mai 2013

 

Comme chaque année, à la même date, je suis retournée la semaine dernière au musée des Beaux-Arts de Pau. J’y ai au moins deux fétiches, la Sphinge 1Cf. La dormeuse blogue : Antoine Bourdelle et la Sphinge ; La Sphinge est de retour. de Bourdelle et la Baigneuse assise 2La dormeuse blogue : Au musée de Pau passionnément ; La dormeuse blogue 3 : Au Musée de Pau – La Baigneuse assise de Germaine Marboutin. de Germaine Marboutin, que je vais saluer à chacun de mes passages. Derrière la Baigneuse, on voit, ce printemps, une toile de Jeannette Leroy, artiste née en 1928, à qui le musée consacre jusqu’au 16 septembre 2013 une grande exposition intitulée Lumières intérieures.

 

Jeannette Leroy

 

Jeannette Leroy

 

Jeannette Leroy

Jeannette Leroy est l’auteur d’une oeuvre nombreuse qui, passant du dessin à la peinture, s’est d’abord attachée aux mille et une sensations du monde, puis a évolué vers l’abstraction. Renonçant finalement à la couleur, l’artiste s’exerce désormais au geste pur, qui est aussi le geste du noir. Elle vit et travaille dans une vieille ferme, située au bord de l’Adour.

Vu le nombre et le format des toiles de Jeannette Leroy actuellement rassemblées à Pau, le musée, qui ne pouvait repousser ses murs, a dû libérer plusieurs salles, partant, modifier l’accrochage de ses collections permanentes, et remiser provisoirement certaines des oeuvres qui faisaient le bonheur des habitués, dont le mien, depuis plusieurs années, dans l’accrochage antérieur. Le musée s’en trouve en tout cas entièrement chamboulé, le sens de la visite bouleversé, la lisibilité de l’ensemble, affaiblie. Et surtout, la pratique de la photographie en témoigne, les oeuvres des collections permanentes, une fois déplacées, souffrent de la promiscuité non prévue et de l’éclairage décalé auxquels elles se trouvent réduites. Trop de détails incidents viennent encombrer le champ visuel dans lequel l’oeuvre devrait pouvoir paraître chaque fois comme absoute de l’environnement au sein duquel per se elle a sens.

 

 

La Sphinge de Bourdelle se trouve ainsi reléguée dans un angle, et comme abandonnée, dans le cadre d’une présentation hétéroclite, au pas de l’escalier et à celui du visiteur qui se hâte de franchir le palier afin d’atteindre les salles du premier étage.

Seul l’art contemporain échappe, dans le musée, à cet éparpillement. Une salle, en effet, lui demeure consacrée. Elle abrite un ensemble d’oeuvres datées des années 1970-1980, dont certaines sont issues d’un dépôt du FRAC. Je me suis attachée à photographier, parmi ces oeuvres, celles qui me semblaient nouvellement ressorties des réserves.

 

Guðmundur Guðmundsson, dit Erró, Aladin à Athènes, 2000.

 

Erró, The Diamond Ring, 1973.

 

Istvan Sandorfi, Autoportrait en accordéoniste, 1973.

 

Miodrag Djurio, dit Dado, Plage bleue, 1970.

 

Ci-dessus : Vladmir Velickovic, The Figure 4, 1971

 

Ci-dessus : Jean-Marie Poumeyrol, Le tableau, 1982.

Ailleurs dans le musée, un coin se trouve assigné au « réalisme fantastique » de Jean-Marie Poumeyrol, au « réalisme magique » de Jean-Pierre Ugarte, ou au réalisme mélancolique de Pierre Soust (1928-2001), tous trois peintres palois ou béarnais d’origine.

 

Ci-dessus : Jean-Pierre Ugarte, Pierres captives, 1989

 

Ci-dessus : Pierre Soust, Grand Hôtel, 1983.

Un peu déconcertée ce jour par le tango général du musée, je me suis laissée attirer de loin en loin par la forte présence des sculptures.

 

Ci-dessus : François Etcheto (1853-1889), L’esclavage, 1880.

 

Ci-dessus : François Etcheto (1853-1889), Le poète François Villon, 1883.

 

Ci-dessus : Berthe Martinie (1883-1958), Don Quichotte, 1975.

 

Ci-dessus : Auguste Rodin, Buste de Rose Beuret, circa 1898. Rose Beuret, blanchisseuse, a été la compagne de toute la vie de Rodin. Celui-ci l’épousera en 1907, quelques semaines avant de mourir.

 

On voit ci-dessus comment l’éclairage détermine le climat dans lequel l’oeuvre se donne à voir, en son apparaître changeant. Je n’ai pu m’empêcher de lire ici, dans l’ombre portée, quelque chose des mauvais sentiments que Camille Claudel, au temps de sa liaison avec le Maître, nourrissait à l’encontre de Rose Beuret.

 

Ci-dessus : Paul Paulin (1852-1937), Buste d’Edgar Degas, 1907.

 

Ci-dessus : Georges Clément de Swiecinski (1878 – 1958), chirurgien et sculpteur, Buste de Paul-Jean Toulet, 1927.

 

C’est un beau hasard pour le charbon de naître diamant, dit Paul-Jean Toulet dans Le carnet de M. du Paur (1927).

 

Ci-dessus : Robert Wlérick (1882–1944), Hommage à Baudelaire, 1943. J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante…

Ici comme ailleurs, toujours, l’oeuvre de l’art bruit silencieusement de paroles muettes. Il manquait ce jour à ma visite le tableau de Louis Ducis (1775-1847) représentant Le Tasse dans sa prison visité par Montaigne. L’oeuvre se trouve dans doute remisée dans les réserves du musée. On se l’imaginera cependant, à partir de la reproduction fournie sur le site Joconde du ministère du ministère de la Culture. Cette reproduction est médiocre, mais l’imagination suffit. Toute représentation, peinte ou sculptée, reconduit au demeurant, d’une façon qu’on ne sait pas, à l’insigne des choses mentales. Le musée offre ainsi au désir du visiteur plus encore de choses à rêver que de choses à voir. C’est en cela, selon moi, que réside la puissance poétique d’un tel lieu. Ailleurs, le déjà-vu déploie son règne. Au musée, l’invu afflue.

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