Légendes urbaines – Maison des jeunes

 

 

J’ai photographié cette inscription sur la façade de la maison qui s’élève à l’angle du cours du Colonel Petitpied et de la rue Vigarozy, face à la vitrine de l’ancienne épicerie Barousse 1Cf. La dormeuse blogue 3 : A Mirepoix – Moulon de… la porte d’Aval, rue Courlanel, le Grand Couvert, place Saint Maurice et grande place – n°54 à 96 ; Légendes urbaines – L’Epargne..

 

Cette maison a été édifiée après 1766 sur une parcelle qui demeurait en 1766 non bâtie 2Cf. La dormeuse blogue 3 : A Mirepoix – Moulon de… la porte d’Aval, rue Courlanel, le Grand Couvert, place Saint Maurice et grande place – n°25 à 46. et qui appartenait à cette date à Jean Roubichou, menuisier. Elle a pu accueillir ultérieurement une auberge. La porte d’entrée semble de style Directoire.

 

Les belles ferronneries ornées de lyres et d’ancres qui servent de garde-corps aux balcons portent la date de 1830. Symboles des musiciens membres des anciennes troupes de marine 3Cf. Centre de ressources militaires, Troupes de Marine, Histoire ; L’ancre et la lyre, éditeur : Association amicale des anciens musiciens des troupes de marine, 1977., i. e. des corps d’infanterie et d’artillerie envoyés à partir de 1822 dans les colonies (Sénégal, Guyane, Antilles), l’ancre et la lyre indiquent que le porteur du monogramme « FB », visible au centre de la ferronnerie, a probablement été musicien dans l’un de ces corps et qu’il tient à le rappeler.

 

L’écusson, vierge d’armoiries, qui surmonte plus haut sur la façade l’inscription « Maison des jeunes » est de style 1940. Les Anciens de Mirepoix confirment : la Maison des jeunes a ouvert ici en 1939 et fermé en 1944. Serge Dalens publie à la même époque, dans la collection Signe de Piste les romans très « vieux-scouts » – d’aucuns disent « pétainistes » – de la série Prince Eric, avec les illustrations de Pierre Joubert.

On ne regrettera certes pas la disparition de la Maison des jeunes créée à Mirepoix au seuil des années noires. Mais une question me vient à l’esprit chaque fois je passe sous l’inscription « Maison des Jeunes » : – Où sont-ils aujourd’hui dans Mirepoix, les jeunes ?

Il s’agit là hélas d’une question purement rhétorique…

 

 

Les jeunes, au vrai, je sais où ils sont. Ils sont ailleurs, là-bas, loin de la place, des cafés, des cours qui circulent sous l’ombre tigrée des platanes (au moins les années fastes, quand ces pauvres platanes ne sont pas tondus !). Ils sont au lycée, situé hors les murs dans la banlieue pavillonno-hlm-iaire du Meyrial, ou bien ils divaguent sur la voie verte. Jamais on ne les voit en ville. Pourquoi ? Sur les bancs de la place, il n’y a que des vieux. J’aurais mauvaise grâce à m’en plaindre, car de ces vieux, j’en suis. Mais j’aime que jeunesse et vieillesse se mêlent, et je tiens que c’est mieux. J’ai eu au demeurant le temps d’apprendre à côtoyer la jeunesse, je connais bien cette engeance, puisque j’ai élevé cinq enfants et enseigné toute ma vie.

 

Pourquoi donc ne voit-on jamais de jeunes en ville ? Encore faudrait-il que quelque chose les y attire, ou mieux encore que quelque chose ou quelqu’un les y attende ! Ce quelque chose ou ce quelqu’un existe-t-il ?

Notes   [ + ]

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