Christine Belcikowski

Publications 4

Le solide, l'obscur

Rédigé par Belcikowski Christine Aucun commentaire
Le solide, l’obscur,
     le seul, l’unique,
     a sa propriété
     qu’on ne voit pas,
     comme l’homme qui marche vers Monsou
     ne voit pas le sol noir
     au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres
     et comme on ne voit pas les mains
     que cet homme a glissées dans ses poches
     des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner.
La propriété est ici
     d’une épaisseur d’encre (1)
     elle mûrit dans la chair et l’os
     comme l’encre au fond de l’encrier,
     comme le geste dans la main,
     comme les mots dans la bouche,
     et elle y fait fruit sans rien qu’on en sache
     autrement qu’impromptu
     dans l’eau du miroir
     où l’on voit paraître, le matin,
     un visage inconnu,
     ou encore dans l’afflux du dire
     d’où vient ce mot qu’on regrette
     et qui vous fait honte.
Ich hab' Mein Sach' auf Nichts gestellt (2),
     J’ai fondé ma cause sur rien,
     dit le poète,
     et le philosophe après lui.

-----

1. Émile Zola, L'Assommoir, chapitre I.

2. Goethe, in Vanitas! Vanitatum Vanitas!.

Écrire un commentaire

Quelle est la dernière lettre du mot zzizoc ?

Fil RSS des commentaires de cet article