Christine Belcikowski

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À propos de Marie de Soleilhavolp, épouse de Pierre de Lévis Ajac. Addendum

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Surprise ! Je crois avoir trouvé d'où Marie de Soleilhavolp tire ce nom de « Soleilhavolp de Sacère de Murat » ou de « Soleilhavolp de Murat » qu'on trouve sur son acte de mariage, puis sur l'acte de sépulture de son époux.

J'ai trouvé, semble-t-il, la clé de ce petit mystère dans le tome 2 de l'Histoire de l'orfèvrerie du Languedoc. Généralités de Montpellier et de Toulouse : répertoire des orfèvres depuis le Moyen-Âge jusqu'au début du XIXe siècle, de Jean Thuile.

Jean Thuile, ci-dessous, détaille un moment de la riche carrière de Jean Loret (1595-1668), maître orfèvre de Toulouse, qui tient boutique rue des Carmes, à proximité de la maison de Jean Soleilhavolp...

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Jean Thuile.Histoire de l'orfèvrerie du Languedoc. Généralités de Montpellier et de Toulouse : répertoire des orfèvres depuis le Moyen-Âge jusqu'au début du XIXe siècle. Tome II, p. 397. D à L. Reprint Théo et Florence Schmied. Montrouge. 1966.

« En 1636, il [Jean Loret] achète au marchand Jean Cardalhac, sa métairie de Montlaur-Fourquevaux, terres, bâtiments, bétail, (48 brebis) pour le prix de 2400 livres ; mais trop pressé par son métier, il ne pourra la garder et la revendra en 1644 au riche marchand Jean Soleilhavolp et à la femme du dit, Gabrielle de Myrat, avec lesquels il entreprendra d'ailleurs d'autres affaires dont les parties se donneront quittance mutuelle le 16 mars 1656. »

Myrat... Murat. Le Myrat de Gabrielle de Myrat, par effet de variation graphique, s'est changé au fil du temps en Murat. Marie de Soleilhavolp, qui épouse en 1754 le Haut et Puissant Seigneur Pierre de Lévis, baron d'Ajac, lointain descendant d'un premier Lévis qui avait pour devise « Dieu aide au second chrétien », se pare du nom à rallonge de Soleilhavolp de Sacère de Murat afin d'ajouter au Soleilhavolp qu'elle tient de son père et qui sent un peu son renard [volp > du latin vulpes ou volpes : renard], le Murat plus civil, ou moins pittoresque, comme on veut, qu'elle tient de sa lontaine aïeule. Bref, elle tente ainsi d'équilibrer, entre elle et son très noble époux, la balance inégale des lignages.

On notera d'ailleurs à propos de l'hôtel dit de Sancère-Murat, acheté en 1758 par Paule de Pouy de Sacère, veuve de Jean Jérôme de Soleilhavolp, que le nom de Soleilhavolp se trouve là délibérément effacé, ou, comme on disait jadis, « savonné ». D'autant que, en vertu de la variation graphique Myrat/Murat, le nom de l'aïeule, Gabrielle de Myrat, marchande, probablement originaire de Tulle, dans la Corréze, se trouve là, quant à lui, non point effacé, mais conjuré, et en quelque sorte rédimé, par effet de paronymie avec celui d'autres maisons de Murat — maisons nobles, s'entend !

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