Des mots qui s’invitent

Il y a les mots ennuyeux et faciles
dont on use comme on respire :
sans réfléchir,
rien à sentir ni penser.
Et il y a des mots qui s’invitent
impromptu dans la pensée,
comme ces nuages qui lèvent
dans le ciel d’été
à l’heure brève des glaçons
dans le whisky.

L’eau des bois se perdait sur les sables vierges,
Le vent de Dieu jetait des glaçons aux mares…

Pourquoi faut-il qu’il m’en souvienne
ici, maintenant
que le soleil point
après la pluie ?

Obédience, observance…
ces deux mots
qui font en miroir
une drôle de paire,
le vent, l’autre soir,
me les a jetés,
ils insistent
dans ma pensée,
pourquoi ? pourquoi ?
Ils ont du poids
dans la balance,
et de la pente,
amont, aval,
selon qu’on pense
obéissance
ou liberté,
servitude
ou fidélité.

Quand l’âme incline
à l’observance,
elle se pare,
au fil des jours,
du reflet de cet or
qu’on voit à Byzance
ou sur les tableaux des maîtres de Sienne.
Il y a ainsi un peintre du XVe siècle,
dit le Maître de l’Observance,
du nom de la Basilica dell’Osservanza
d’où viennent sa Nativité de Marie,
ses Scènes de la vie de Saint Antoine,
et autres merveilles.
Il porte dans ce nom
le vrai sens,
comme on parle d’un morceau de la Vraie Croix,
le vrai sens du mot Observance.
Foin d’obéissance,
il n’y a de maître
que dans l’observance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *