Alexandre Jean Pierre Clausel (1802-1884), peintre et photographe, d’ascendance ariégeoise

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Ci-dessus : 23 vendémiaire an XI. Naissance d’Alexandre Jean Pierre Clausel. Archives dép. de l’Aube. État-civil de Troyes. Naissances (1803-1804). Cote : 4E387_205. Vue 23.

Né le 23 vendémiaire an XI (15 octobre 1802) à Troyes (Aube), mort le 12 mars 1884 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) 1Archives dép. des Hauts-de-Seine. État-civil de Neuilly-sur-Seine. Décès (1884). Vues 45-46., Alexandre Jean Pierre Clausel, peintre et photographe, fils de Jean Pierre Clausel, ariégeois de naissance, a vécu dans sa jeunesse, jusqu’en 1836, à Pamiers et à Toulouse, et nombre de ses tableaux se trouvent conservés dans diverses églises d’Ariège. Aucun lien de parenté ne le rattache, semble-t-il, à l’illustre famille du Maréchal Clauzel.

Alexandre Jean Pierre Clausel est le fils de Jean Pierre Clausel et d’Émilande Rosalie Boisot.

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Ci-dessus : 17 janvier 1763. Baptême de Jean Pierre Clausel. Parrain Jean Baptiste Clausel, prêtre, oncle du baptisé ; marraine, Marie Clauzel, tante du baptisé. Archives dép. de l’Ariège. Villeneuve-du-Paréage (1758-1780). Document 1NUM/166EDT/GG2. Vue 42.

Né au lieu-dit La Cabane, situé entre Pamiers et Villeneuve-du-Paréage, baptisé le 17 janvier 1763 à Villeneuve-du-Paréage, Jean Pierre Clausel, père d’Alexandre Jean Pierre Clausel, est fils de Jean Clausel, propriétaire, et d’Anne Gouze, appaméens tous deux ; petit-fils de Jean Clausel, meunier de la ville de Pamiers, et de Marguerite Vallès, native de Plaigne 213 février 1737. Mariage de Jean Clausel et de Marguerite Vallès. Archives dép. de l’Aude. Plaigne (1737-1762). Document 100NUM/5E290/1. Vue 6..

Dit alors « bourgeois », Jean Pierre Clausel épouse le 26 octobre 1790 à Troyes, Marie Jeanne Catherine Gautrin en premières noces. De leur union naissent deux filles. Le 16 septembre 1799 (30 fructidor an VII), toujours à Troyes, âgé alors de 36 ans 7 mois, dit cette fois « marchand bijoutier », Jean Pierre Clausel épouse en secondes noces Emilande Rosalie Boisot 3Archives dép. de l’Aube. État-civil de Troyes. Mariages (1798-1799). Cote : 4E387_290. Vue 203.. De leur union naît le 23 vendémiaire an XI (15 octobre 1802), toujours à Troyes, Alexandre Jean Pierre Clausel 4Archives dép. de l’Aube. État-civil de Troyes. Naissances (1803-1804). Cote : 4E387_205. Vue 23..

Jean Pierre Clausel fait faillite à Troyes quelques années plus tard, suite à quoi, lui et sa famille choisissent de revenir à Pamiers. En 1912, Lucien Morel-Payen, conservateur de la bibliothèque de Troyes, publiera les « Souvenirs d’Alexandre Jean Pierre Clausel, peintre et photographe troyen (1802-1884) » dans l’Annuaire administratif, statistique et commercial du département de l’Aube. Alexandre Jean Pierre Clausel consacre les pages 25 à 52 de ses « Souvenirs » à l’évocation de son séjour appaméen. L’ouvrage est aujourd’hui malheureusement indisponible.

Puis la famille Clausel s’installe à Toulouse, où Emilande Rosalie Boisot, devient sergière, et où Alexandre Jean Pierre Clausel s’inscrit aux Beaux-Arts.

Le 1er juin 1820, âgé alors de 57 ans, Jean Pierre Clausel meurt à Toulouse, au nº 8 de la rue du Canard 5Archives dép. de la Haute-Garonne. Toulouse. État-civil 1820. Décès (1820). Cote : 1E282. Vue 104.. D’obscures raisons successorales font que son héritage revient tout entier aux deux filles issues de son premier mariage.

« Orphelin de père à dix-sept ans, Alexandre Jean Pierre Clausel exécute, pour payer ses études, des compositions pour orner des dessus de glaces, destinés à des marchands miroitiers qui lui passent commande, à 60 francs la douzaine. Les copies de tableaux qu’il réalise pour un marchand d’art, lui procurent ses premières ressources, qui aident sa mère. Ces expédients le mettent à même de poursuivre plus sérieusement les études artistiques, auxquelles il se livre avec ardeur, tout en rêvant d’un avenir plus fructueux. Lauréat d’un prix de dessin, il reçoit une médaille au concours de 1820. » 6Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel.

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Nommé en 1825 professeur de dessin au collège de Pamiers, Alexandre Jean Pierre Clausel, âgé alors de 23 ans, épouse la même année Célestine Adélaïde Palis (26 janvier 1799, Paris-21 février 1879, Troyes), « fille naturelle reconnue de feu Joseph Palis, non reconnue de feue Anne Antoinette Refrognet » 7Archives dép. de l’Aube. État civil de la ville de Troyes (1535-1916). Décès (1879). Document 4E387_461. Vue 52. La date et le lieu (Paris ?) du mariage d’Alexandre Jean Pierre Clausel et de Célestine Adélaïde Palis demeurent inconnus..

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Du mariage d’Alexandre Jean Pierre Clausel et de Célestine Adélaïde Palis naissent le 3 février 1826, Joséphine Rosalie Clausel 83 février 1826. Naissance de Joséphine Rosalie Clausel. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Naissances (1822-1826). Document 1NUM/4E2746. Vue 446. Nº 16, rue des Nobles. Présents :  ; le 19 juillet 1827, Batilde Adélaïde Jeanne Virginie Clausel 919 juillet 1827. Naissance de Batilde Adélaïde Jeanne Virginie Clausel. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Naissances (1827-1831). Document 1NUM/4E2747. Vue 54. Nº 91, rue Major. Présent : François Vincent Clausel, fabricant de draps. ; et le 1er août 1828, Léon Ernest Clausel 101er août 1828. Naissance de Léon Ernest Clausel. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Naissances (1827-1831). Document 1NUM/4E2747. Vue 222..

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À partir de 1820, Alexandre Jean Pierre Clausel peint « de nombreux tableaux d’art sacré, ainsi que des portraits à l’huile sur commande, entre autres le portrait en pied du fils du maréchal Clauzel, auprès duquel il a été introduit sur recommandation. Il faut citer en particulier, une très grande toile de 4 m sur 2,70 m représentant la Consécration des jeunes pensionnaires à la Vierge, exécutée, compte tenu de sa taille, dans la chapelle même du pensionnat Notre-Dame à Pamiers. La toile est signée en bas à droite : Clausel 1833. »

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Ci-dessus : Clausel pinxit 1829. Remise du scapulaire à saint Siméon Stock, en 1251, par la Vierge Marie. Pamiers. Chapelle du Carmel.

« Certaines œuvres peintes par Clausel en Haute-Garonne et en Ariège, font encore partie du patrimoine régional, d’autres sont certainement la possession de particuliers. Monsieur Claude Aliquot Conservateur des antiquités et objets d’art de l’Ariège recense une douzaine de tableaux d’art sacré répertoriés et attribués à Alexandre Clausel. L’église de Verniolle proche de Pamiers en détient 6, celle de Rimont près de Saint-Girons en possède 4 ou 5. Beaucoup d’autres œuvres sont éparpillées et non signées. Il est donc difficile de les attribuer avec certitude à Clausel sans avoir étudié sa technique de peinture. A Pamiers, il peint assez de tableaux pour les églises de la région, pour qu’un ouvrage fort sérieux de l’époque ait signalé leur auteur comme un artiste destiné à la célébrité. » 11Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel.

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Ci-dessus : Clausel pinxit 1827. Assomption de la Vierge. Église d’Escosse.

Sur l’Inventaire général du patrimoine culturel, l’Assomption de la Vierge conservée à l’église d’Escosse fait l’objet de la fiche suivante :

Technique : peinture ; menuiserie.
Désignation : tableau et son cadre : Assomption de la Vierge.
Localisation : Midi-Pyrénées ; Ariège ; Escosse.
Aire d’étude : Communauté de communes du Pays de Pamiers
Édifice : église paroissiale de la Nativité de la Sainte Vierge.
Dénomination : tableau ; cadre.
Matériaux : toile (support, en un seul lé) : peinture à l’huile ; bois (en plusieurs éléments) : taillé, mouluré, doré à la feuille, sur apprêt (plâtre).
Structure : rectangulaire vertical.
Description : le tableau est une huile sur toile, de format rectangulaire vertical. Le support est constitué d’un seul lé. Le cadre à onglet est en plusieurs éléments de bois doré à la feuille sur apprêt de plâtre. Le cadre est maintenu par des tenons fichés horizontalement dans le mur.
Dimensions : h = 196 ; la = 161 ; Dimensions de la toile à l’ouverture du cadre. Dimensions de l’oeuvre avec le cadre : h = 228, la = 186,5, pr = 8.
Iconographie : figures bibliques (Assomption, Vierge : en pied, tête baissée, main : joint, nuée, angelot : tête).
Commentaire iconographique : Le tableau semble représenter l’Assomption de la Vierge. Figurée en pied, elle baisse légèrement la tête et les yeux, tenant ses mains jointes en signe de prière. Son corps est animé d’un léger déhanchement. Elle apparaît dans une nuée lumineuse avec 10 têtes d’angelots ailés qui entourent son visage.
État : mauvais état.
Précision état : Outre d’importants réseaux de craquelures, la toile est couverte de chancis localisé et de salissures. Elle est partiellement détachée de son châssis sur le côté latéral gauche inférieur et se gondole à gauche en haut et en bas. Quelques petits trous affectent la toile. Le vernis est très assombri. Le cadre est en mauvais état et comporte également de nombreux manques au niveau de l’apprêt de plâtre. Il a été partiellement rebronziné par endroits.
Inscription : date (peinte, sur l’œuvre) ; signature (peinte, sur l’oeuvre).
Précision inscription : Date et signature (en bas à droite sur la toile, partiellement masquées par le cadre) : « Clauzel Pinxit – 1827 ».
Auteur : Clauzel (peintre).
École ou atelier : Française (école).
Siècle 2e quart 19e siècle.
Date : 1827.
Historique : Ce tableau, une huile sur toile, représentant l’Assomption de la Vierge porte la date de 1827 et le nom d’un peintre, Clauzel, sur lequel on ne possède aucune information (!). La qualité de la toile est cependant certaine, en particulier sa gamme chromatique froide qui correspond à ce néo-classicisme déjà archaïsant à cette date. Le tableau a conservé son cadre doré d’origine.
Protection MH : 1997/07/04 : inscrit au titre objet.
Intitulé de l’arrêté de protection : toile peinte « Assomption de la Vierge » avec cadre bois doré, Clauzel, 1827.
Propriété : propriété de la commune.
Type d’étude : inventaire topographique.
Nom rédacteur : Guiochon Xavier-Philippe.
Copyright : © Inventaire général ; © Communauté de communes du Pays de Pamiers.
Date d’enquête : 2002.
Date versement : 2004/11/15.
Date mise à jour : 2005/03/02.
Référence : IM09000314.

En 1836, Alexandre Jean Pierre Clausel quitte Pamiers pour s’installer à Troyes, où sa famille le rejoint en 1837.

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Ci-dessus : Alexandre Clausel. Saint Nicolas. Église de Vitry-le Croisé (Aube).

Cependant qu’il continue à peindre des tableaux d’église 12Institution du Rosaire. Église de Bessy (Aube) ; Portrait de Monseigneur Cœur. cathédrale de Troyes (Aube) ; Saint Nicolas. Église d’Urville (Aube) ; Saint Nicolas. Église de Vitry-le Croisé (Aube) ; Vierge à l’Enfant. Église de Pacy-sur-Armançon (Yonne). Cf. Inventaire mobilier. Base Palissy. Clausel. et à professer le dessin dans les écoles, Alexandre Jean Pierre Clausel fait la connaissance de « Paillot de Montabert, rénovateur du procédé antique que l’on nomme encaustique lustrée, en usage chez les anciens Grecs et les Romains, dont il étudie les techniques de peinture à la cire qui se sont perpétuées au travers des icônes des écoles byzantines et russes. Paillot de Montabert est l’auteur d’un Traité complet de la peinture, ouvrage en 9 volumes et un tome de planches, véritable encyclopédie artistique publiée de 1828 à 1834, considérée comme une référence par les peintres français. »

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Ci-dessus : Alexandre Clausel. Les crêpes. 1833. Peinture à l’encaustique lustrée. Collection privée.

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Ci-dessus : Alexandre Clausel. Marguerite et Méphisto. 1847. Peinture à l’encaustique lustrée. Collection privée.

« Clausel, qui avait étudié ses œuvres [aux Beaux-Arts de Toulouse], ne soupçonnait pas que Paillot de Montabert résidait à Troyes. Il entretient pendant une douzaine d’années une amitié avec le maître qui ne peut plus peindre parce que devenu aveugle à force de surmenage. De leur rencontre, naît la spécialisation de Clausel dans la peinture à l’encaustique.

Les tableaux exécutés avec cette technique qu’il développe et améliore notablement par sa méthode qui en facilite la mise en œuvre, lui valent un incontestable succès dans les expositions organisées tant à Troyes en 1843, 1845, 1847 et 1852 qu’aux Salons de Paris de 1842 et 1844 (La Vierge et l’Enfant Jésus endormi). » 13Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel.

Alexandre Jean Pierre Clausel publie en 1842 des Leçons pratiques d’encaustique lustrée, ou Exposé des notions nécessaires pour pratiquer ce procédé de peinture

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Alexandre Clausel. Grand orme. Source : Arts graphiques. Musée de Troyes.

Le 21 novembre 1848, Joséphine Rosalie Clausel, fille aînée d’Alexandre Jean Pierre Clauzel, épouse à Troyes Louis François Paupe, imprimeur lithographe dont l’atelier fait face à l’appartement des Clausel, au n° 4 de la rue de la Trinité.

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Source : Œil américain.

Joséphine Clausel, artiste comme son père, a donne des cours de dessin au jeune Louis Ulbach, le futur romancier qui habitait au 83, rue de l’Épicerie (aujourd’hui rue Emile Zola).

En 1850, initié sans doute à la photographie par Auguste Belloc qu’il a rencontré dans les Salons parisiens et avec qui il travaillera en 1851 pour l’Exposition Universelle au Crystal Palace de Londres ; et « conscient des profondes modifications parcellaires de la ville que provoquera l’arasement des derniers remparts », Alexandre Jean Pierre Clauzel se lance dans la réalisation d’un album intitulé Troyes photographié. Collection de vues archéologiques et pittoresques recueillies, à Troyes et dans les environs par A. Clausel, artiste-peintre et photographe. Il fait appel à souscription pour financer son projet. « En 1855 il présente à l’Exposition universelle, au palais de l’Industrie, quelques-unes de ses œuvres photographiques et obtient une médaille de bronze, parmi les récompenses décernées aux exposants du département de l’Aube. »

Mais, « malgré une subvention de 500 francs votée par le Conseil général de l’Aube sur son budget de 1854, Clausel ne peut mener son projet d’album Troyes photographié plus avant. Il ne recueille pas le soutien de la faveur publique, comme il le demandait dans son prospectus. La souscription n’a pas l’écho qu’il en attendait. Fut-il contrecarré par l’animosité et la jalousie de ses confrères, artistes troyens qui le jalousaient », dont plus spécialement Gustave Dandelot, venu de Paris, qui débutait lui aussi la photographie, tout en enseignant le dessin ? 14Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel.

« En dépit de ce relatif échec, Alexandre Clausel a réalisé son chef-d’œuvre photographique, le Panorama de la ville de Troyes qui entrait dans son espoir d’édition » 15Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel..

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Ci-dessus : Alexandre Clausel. Paysage près de Troyes. Ca 1855. Daguerréotype. Metropolitan Muséum.

Pionnier de la photographie, œuvrant à Troyes en même temps qu’Henri Le Secq, chargé lui d’une mission officielle d’héliogravure, Alexandre Jean Pierre Clausel laisse de la ville une vision aussi précieuse que celle de son homologue. « Ce panorama de Troyes, qui est composé de 21 épreuves adroitement soudées, embrasse circulairement la ville en partant de la caserne d’infanterie (de la Trinité, aujourd’hui Hôtel Mauroy) pour y revenir, après avoir ménagé au spectateur, sur Troyes et sa banlieue, une étonnante perspective d’horizons variés, coupés de vieux toits à pignons, de clochers et de verdure, et qui, malgré les atteintes du temps, reste encore un monument extraordinaire d’un art encore en son enfance, car il est daté de 1855 et mesure 4,05 m de longueur sur 0,60 m de hauteur… » 16Lucien Morel-Payen. « Souvenirs d’Alexandre Jean Pierre Clausel, peintre et photographe troyen (1802-1884) ». In Annuaire administratif, statistique et commercial du département de l’Aube. 1912..

La Bibliothèque nationale conserve un Recueil de photographies positives, œuvre d’Alexandre Clausel. Description matérielle : 3 photographies positives, montées sur carton : papier albuminé et papier salé : formats divers.

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Ci-dessus : Alexandre Jean Pierre Clausel, peintre et photographe troyen. Source : Troyes-en-Champagne.

À partir de 1857, las de la concurrence à laquelle il se heurte dans la ville de Troyes, Alexandre Jean Pierre Clausel « prend le parti de la photographie ambulante, comme nombre de ses confrères qui plantent leurs baraques sur les foires et les marchés. C’est une manière de colportage, permettant de toucher un large public peu familier de la photographie. Le portrait peint concernait seulement quelques gens importants ou connus qui passaient commande à des peintres portraitistes. C’est de la fin des années 1850 que datent les premiers portraits photographiques, en buste ou en pied, qu’on encadre sur la cheminée ou que l’on garde dans les albums de famille. L’engouement phénoménal pour le portrait photographié est tel, qu’il devient la principale activité commerciale des photographes. Mais, jusqu’à présent, nous ne connaissons pas les clichés que Clausel a pu prendre hors de Troyes. » 17Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel.

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Ci-dessus. Alexandre Clausel. Portrait d’un couple inconnu. Collection privée.

En 1862, libéré de son service militaire, Léon Ernest Clausel, fils puîné d’Alexandre Jean Pierre Clausel, revient apprendre la photographie auprès de son père et tente de relancer l’atelier de ce dernier. Mais, découragé par la concurrence, il épouse le 4 septembre 1886 à Paris Marie Mélanie Devernay 184 septembre 1866. Mariage de Léon Ernest Clausel et de Marie Mélanie Devernay. Paris Archives. Mariages (1866). Cote : 07 V4E 822. Vue 1., il s’installe dans la capitale, et l’on ne sait ensuite ce qu’il devient.

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12 mars 1884. Décès d’Alexandre Jean Pierre Clausel. Archives dép. des Hauts-de-Seine. État-civil de Neuilly-sur-Seine. Décès (1884). Vues 45-46.

Renonçant alors à ses diverses activités, fatigué d’une vie épuisante qui ne lui a pas permis d’obtenir la reconnaissance espérée, Alexandre Jean Pierre Clausel se retire à Neuilly chez Batilde Adélaïde Jeanne Virginie Clausel, sa fille cadette, mariée à Achille Ferdinand Rousseau 193 janvier 1857. Mariage de Batilde Adélaïde Jeanne Virginie Clausel et d’Achille Ferdinand Rousseau. Archives dép. de l’Aube. Bar-sur-Seine. Mariages (1837-1860). Cote : 4E03427. Vue 259., et il y meurt le le 12 mars 1884.

N.d.R. : Merci à Jacques Fournier, auteur de « Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel« , auquel cet article doit beaucoup. Je me suis concentrée, de mon côté, sur la recherche généalogique et l’ancrage ariégeois.

On lira aussi avec profit l’article consacré par Ève Lepaon, in Études photographiques 20Ève Lepaon. « Statut de peintre photographe. « L’art ne ferait pas mieux ». Corrélations entre photographie et peinture dans La Lumière« . In Études photographiques. Nº 31. Printemps 2014., au « Statut de peintre photographe. « L’art ne ferait pas mieux ». Corrélations entre photographie et peinture dans La Lumière ».

« Lorsque Wey écrit : « Parmi nos praticiens, les plus habiles sont ceux qui ont été peintres, et qui ont cherché, dans l’emploi de la chambre obscure, l’application de leur savoir », il insiste sur le fait que la photographie pouvait être exercée par des hommes pénétrés des règles de l’art et tente ainsi de la rendre légitime auprès du milieu artistique qui demeurait encore sceptique. Aussi, la formation picturale des photographes auprès de maîtres réputés, de même que leur statut de peintres – argument fidèle aux dénominations de « peintres photographes » que Le Gray ou Nègre par exemple se donnaient eux-mêmes et revendiquaient ouvertement – sont-ils fréquemment indiqués afin de maintenir une posture d’artiste au sein de la pratique photographique. De fait, Wey l’énonce à la manière d’un principe : la photographie possède une « part d’interprétation […] presque aussi grande que pour la peinture ».

« Charles Nègre dans La Lumière et Gustave Le Gray dans ses Traités et le Bottin se désignent eux-mêmes comme tels [artistes au sein de la posture photographique]. Le statut de peintre ou tout du moins son apprentissage sont même érigés un temps en condition sine qua non pour prétendre au titre de photographe artiste : Ernest Lacan fait ainsi le portrait du photographe artiste : « Celui-ci s’est fait un nom parmi les peintres ; il a une vaste intelligence, une instruction étendue ; mais il a également des bizarreries : […] il vous montre coquettement ses épreuves […] ; il s’enthousiasme ; – mais n’allez lui dire le premier : “Eh bien ! Et la photographie ?” Il vous tournera le dos en vous disant : “Je suis peintre et non photographe !”. Le statut de peintre est souligné pour désigner de nombreux photographes : Le Secq, Ziegler, Baldus, Braun, Dax, Gouin, Du Camp, Braquehais, d’Olivier, Nadar, Fenton, Giroux, Clausel. »

References   [ + ]

1. Archives dép. des Hauts-de-Seine. État-civil de Neuilly-sur-Seine. Décès (1884). Vues 45-46.
2. 13 février 1737. Mariage de Jean Clausel et de Marguerite Vallès. Archives dép. de l’Aude. Plaigne (1737-1762). Document 100NUM/5E290/1. Vue 6.
3. Archives dép. de l’Aube. État-civil de Troyes. Mariages (1798-1799). Cote : 4E387_290. Vue 203.
4. Archives dép. de l’Aube. État-civil de Troyes. Naissances (1803-1804). Cote : 4E387_205. Vue 23.
5. Archives dép. de la Haute-Garonne. Toulouse. État-civil 1820. Décès (1820). Cote : 1E282. Vue 104.
6, 11, 13, 14, 15, 17. Clausel, photographe par nécessité. Luminous-Lint. Jacques Fournier. Peintre et photographe du siècle dernier : Alexandre Jean Pierre Clausel.
7. Archives dép. de l’Aube. État civil de la ville de Troyes (1535-1916). Décès (1879). Document 4E387_461. Vue 52. La date et le lieu (Paris ?) du mariage d’Alexandre Jean Pierre Clausel et de Célestine Adélaïde Palis demeurent inconnus.
8. 3 février 1826. Naissance de Joséphine Rosalie Clausel. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Naissances (1822-1826). Document 1NUM/4E2746. Vue 446. Nº 16, rue des Nobles. Présents :
9. 19 juillet 1827. Naissance de Batilde Adélaïde Jeanne Virginie Clausel. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Naissances (1827-1831). Document 1NUM/4E2747. Vue 54. Nº 91, rue Major. Présent : François Vincent Clausel, fabricant de draps.
10. 1er août 1828. Naissance de Léon Ernest Clausel. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Naissances (1827-1831). Document 1NUM/4E2747. Vue 222.
12. Institution du Rosaire. Église de Bessy (Aube) ; Portrait de Monseigneur Cœur. cathédrale de Troyes (Aube) ; Saint Nicolas. Église d’Urville (Aube) ; Saint Nicolas. Église de Vitry-le Croisé (Aube) ; Vierge à l’Enfant. Église de Pacy-sur-Armançon (Yonne). Cf. Inventaire mobilier. Base Palissy. Clausel.
16. Lucien Morel-Payen. « Souvenirs d’Alexandre Jean Pierre Clausel, peintre et photographe troyen (1802-1884) ». In Annuaire administratif, statistique et commercial du département de l’Aube. 1912.
18. 4 septembre 1866. Mariage de Léon Ernest Clausel et de Marie Mélanie Devernay. Paris Archives. Mariages (1866). Cote : 07 V4E 822. Vue 1.
19. 3 janvier 1857. Mariage de Batilde Adélaïde Jeanne Virginie Clausel et d’Achille Ferdinand Rousseau. Archives dép. de l’Aube. Bar-sur-Seine. Mariages (1837-1860). Cote : 4E03427. Vue 259.
20. Ève Lepaon. « Statut de peintre photographe. « L’art ne ferait pas mieux ». Corrélations entre photographie et peinture dans La Lumière« . In Études photographiques. Nº 31. Printemps 2014.

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