Cimméries insidieuses

Διὰ τί γὰρ βαδίζει Μέγαράδε ἀλλ’ οὐχ ἡσυχάζει, οἰόμενος [15] βαδίζειν δεῖν; οὐδ’ εὐθέως ἕωθεν πορεύεται εἰς φρέαρ ἢ εἰς φάραγγα, ἐὰν τύχῃ, ἀλλὰ φαίνεται εὐλαβούμενος, ὡς οὐχ ὁμοίως οἰόμενος μὴ ἀγαθὸν εἶναι τὸ ἐμπεσεῖν καὶ ἀγαθόν.

Pourquoi donc fait-il route vers Mégare, au lieu de rester tranquillement chez lui, se bornant à penser qu’il fait route ? Pourquoi, lorsque, au point du jour, il tombe sur un puits ou un précipice, ne se risque-t-il pas plus avant, au lieu de se tenir manifestement sur ses gardes, comme s’il pensait que ce n’est finalement pas la même chose, l’expérience de la bonne fortune, et celle de la mauvaise ?

Aristote. Métaphysique Γ, 4, 1008 b.

C’est comme le philosophe qui marche sur la route de Mégare
quand il fait encore nuit.
Il scrute le grand ciel
cousu d’étoiles,
ô le silence éternel des espaces infinis !
et plouf !
il tombe dans un puits.

C’est comme Jonas qui roule sur la mer
des projets d’horizon,
ô fuir là-bas, fuir
où les oiseaux sont ivres
!
et gloups !
il a coulé,
la baleine l’avale.

C’est comme Robinson qui se souvient d’une île
dans les brouillards de Londres.
Le journal relate son histoire
là, sur le comptoir du pub,
ô la dérive des choses mises en mots !
et gasp !
I would prefer not to !
Le perroquet a perdu ses plumes
dans sa cage.

Cimméries insidieuses…
Cependant que tu rêves
d’approcher là-bas certains bords mystérieux,
le bord s’ouvre ici,
dont tu ne connais ni le jour ni l’heure,
et pfft !
clap de fin.

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