Un blason aux armes des Lévis Mirepoix

Un lecteur m’écrit pour me demander de l’aide. Il cherche à localiser le blason reproduit ci-contre, indiquant que celui-ci se trouve peut-être « à proximité de Montségur, (église à Villeneuve d’Olmes ??), en tout cas « dans les limites de la seigneurie Monségur-Fougax-Bélesta ».
 
Bien connu dans notre région, présent encore au front des monuments plus anciens, même si les armoiries ont souvent été martelées pendant la Révolution, l’écu des Lévis Mirepoix portait jadis, comme ici, d’or à 3 chevrons de sable. Il figure dès 1181 à Lévis-Saint-Nom (Yvelines), siège premier de la maison de Lévis, devenue maison de Lévis Mirepoix en 1229, suite à la signature du traité de Paris, qui met fin à la croisade contre les Albigeois 1Cf. La dormeuse blogue : La maison de Lévis Mirepoix..

Le chevron est une pièce de blason formée de deux bandes plates, qui sont jointes par le haut, et qui s’élargissent en forme de compas à demi ouvert. Les avis divergent quant à la fonction symbolique du chevron. Eperon de l’ancien chevalier ? Barrière de lice des anciens tournois ? Protection des biens et des personnes ? Valeur guerrière au service de la patrie ? Constance et de la fermeté ? Les contempteurs des Mountfort 2Mountfort, au pluriel : compagnons de Simon de Montfort, qui menèrent ensemble croisade contre les Albigeois, d’où entraînèrent la ruine de l’ancienne civilisation occitane. apprécieront.

Sable et or font partie des couleurs (sable) ou des métaux (or) du blason.

Associé à Saturne et à Mars, le sable, ou noir soyeux, du latin médiéval sabellum, dérivé du polonais sabol ou du russe sobol, « zibeline », peut être classé également parmi les « fourrures », dont il fait ici proprement couleur. Il symbolise peut-être la terre et les ténèbres premières, dans le cadre d’une logique des complémentaires qui fait de lui le nécessaire précurseur du ciel et du jour triomphant.

Associé au soleil et à la topaze, l’or, éventuellement remplacé par le jaune, symbolise l’intelligence, la grandeur, la vertu, le prestige. Les contempteurs des Mountfort, là encore apprécieront.

Forcément tous les blasons des Lévis Mirepoix se ressemblent. Le blason reproduit ci-dessus s’en distingue seulement par deux entailles, visibles dans les cantons dextre et senestre du chef. J’ignore où il peut bien se trouver. D’avance, merci à tout lecteur qui éventuellement le reconnaîtrait et voudra bien, le cas échéant, indiquer à l’intention de mon correspondant où il a vu le dit blason.

Notes[+]

Publié dans Midi-Pyrénées | Marqué avec , | 2 commentaires

A Pamiers – Golnaz Behrouznia, Junlin Liu, Léonore Sabrier – Intérieur/Extérieur

 

Ci-dessus, de gauche à droite : Golnaz Behrouznia ; Junlin Liu ; Léonore Sabrier.

Exposées à l’initiative de l’association Mille Tiroirs, les artistes sont ici trois jeunes femmes, qui gravitent entre l’Iran, la Chine, le Mexique, et la France, et qui expérimentent ainsi la traversée des cultures et des mondes. Fortes déjà de la solide formation reçue aux Beaux Arts dans leur pays d’origine, elles disaient avec une belle simplicité, lors du vernissage de l’exposition, la portée humaine et la force inspirante de leur projet. La passion de l’art, qui toujours recommence, fait ainsi l’éternelle jeunesse du monde.

 

Ci-dessus : Golnaz Behrouznia.

 

Ci-dessus : Golnaz Behrouznia.

Inspirée par l’univers de la biologie, Golnaz Behrouznia, qui vient d’Iran, dessine, numérise et anime des êtres cellulaires dont elle met en scène les transformations. Elle revisite de la sorte le modèle algorithmique propre aux automates cellulaires, dont le plus connu est le Jeu de la vie. De son travail, elle dit qu’il illustre le possible d’un pont entre la science et l’art.

Je m’étais déjà longuement arrêtée devant les automates de Golnaz Behrouznia en octobre dernier, lors du festival La Novela au Musée des Abattoirs de Toulouse. Le jeu des forces de transformation et les parturitions chimériques qui s’en suivent constituent un spectacle fascinant.

 

Ci-dessus : Junlin Liu.

 

Ci-dessus : Junlin Liu.

Junlin Liu est venue de Shanghaï avec son petit carnet afin de rencontrer l’Europe aux anciens parapets. Elle consigne ses impressions de l’Europe dans ce petit carnet. Ce sont les pages du dit carnet, agrandies, qu’elle expose ici. Dans la veine bruyamment représentée aujourd’hui par Sophie Calle ou Tracey Emin, elle fait matière du divers de sa propre vie, sous la forme de dessins et collages, qui gagnent en ironie à l’échelle miniature imposée par le format du carnet. Les signes de l’Orient et de l’Occident ici se télescopent. Il y a du Pop 1Cf. A Mirepoix – Vision Pop Art., métissé, dans la façon de Junlin Liu, qui illustre la semblable allégeance des deux mondes à l’empire mystérieux des signes.

 

Ci-dessus : Léonore Sabrier

 

Ci-dessus : Léonore Sabrier

Française, Léonore Sabrier travaille actuellement au Mexique. Elle y nourrit sans doute les couleurs de sa peinture, à la fois sourdes et chaudes, somptueusement ponctuées d’or par endroits, et, plus originairement encore, les figures de sa mythologie personnelle, hantée de forces ambivalentes, qui sont celles du monde sauvage, ignorant de toute différence entre l’animal et l’humain. Les photos reproduites ci-dessus rendent mal compte de la senteur d’humus, de feuilles mortes, de fermentation violente, qui vous vient au regard d’un tel monde, malgré la vitre, éblouie par trop d’éclairage, qui vous en sépare.

Léonore Sabrier réalise également des courts-métrages, indifféremment poétiques et militants, qui font la part belle à l’intervention plastique. Elle expose ici un drôle de petit film d’animation, destiné à sensibiliser le public hispanophone à la nécessité de la lutte contre la pollution, créé à la demande d’une association écologiste mexicaine.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : Léonore Sabrier ; Junlin Liu.

 

Ci-dessus : Golnaz Behrouznia.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : Léonore Sabrier ; Junlin Liu ; Léonore Sabrier ; Golnaz Behrouznia.

L’exposition est ouverte à Pamiers, salle Espalioux, rue Jules Amouroux, les mardis, mercredis et vendredis de 14h à 18h, jusqu’au 31 janvier 2012.

A voir, à lire aussi :
Golnaz Behrouznia
Léonore Sabrier
Pamiers. Le numérique réveille les arts traditionnels

Publié dans art, Midi-Pyrénées | Marqué avec , | Commentaires fermés sur A Pamiers – Golnaz Behrouznia, Junlin Liu, Léonore Sabrier – Intérieur/Extérieur

Ces fêtes sont anti-civiques et contre-révolutionnaires ?

 

Jean Baptiste Greuze, Le gâteau des rois, 1774

Le gâteau des Rois, qui a connu bien des vicissitudes dont il a triomphé, subsistera longtemps encore, n’en doutons pas. Depuis la charte de 1311, où il se trouvait officiellement nommé, il eut des fortunes diverses ; après avoir été l’occasion de réjouissances, aussi bien parmi le peuple qu’à la cour du Roi-Soleil, il fut l’objet des délibérations du grave Parlement qui, en 1711, à cause de la famine, le proscrivit afin que la farine, trop rare, fût uniquement employée à faire du pain. 1La Tradition : revue générale des contes, légendes, chants, usages, traditions et arts populaires, dir. Emile Blémont et Henry Carnoy, Éditeur : [s.n.], Paris, 1887-1907.

 

Intervention de Pierre Louis Manuel à la Convention le 30 décembre 1792 ; Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 52-61, 63-82. Convention nationale. Série 1 / Tome 56 / impr. par ordre du Sénat et de la Chambre des députés ; fondé par MM. Mavidal et E. Laurent ; continué par M. L. Lataste,… M. Louis Claveau,… M. Constant Pionnier,… [et al.] ; Editeur : P. Dupont, Paris, 1897-1913.

Quand vint la Révolution, Manuel, du haut de la tribune de la Convention, tenta d’obtenir que le gâteau des Rois fût interdit ; mais la galette triompha du tribun. Il est vrai que, peu après, un arrêté de la Commune ayant changé le jour des Rois en jour des sans-culottes, le gâteau n’avait plus sa raison d’être, mais cette disparition ne fut que momentanée, et il reparut sur toutes les tables familiales dès que les temps furent moins troublés. 2La Tradition : revue générale des contes, légendes, chants, usages, traditions et arts populaires, dir. Emile Blémont et Henry Carnoy, Éditeur : [s.n.], Paris, 1887-1907.

La passion civico-révolutionnaire ne profita pas à Pierre Louis Manuel. Il fut guillotiné à Paris, le 14 novembre 1793.

Notes[+]

Publié dans La dormeuse | Marqué avec | Un commentaire