A Toulouse – La sépulture de Pierre Pol Riquet – « Une voûte dont le prolongement conduisait à l’entrée d’un caveau… »

 

« Après avoir soulevé plusieurs dalles, apparaît tout à coup une voûte dont le prolongement conduisait à l’entrée d’un caveau… », dit le procès-verbal de la recherche de sépulture entreprise par les descendants de Pierre Pol Riquet le 26 juillet 1842 au pied du pilier dit d’Orléans, dans la cathédrale Saint Etienne, à Toulouse 1Cf. La dormeuse blogue 3 : A Toulouse – La sépulture de Pierre Pol Riquet.. Le 28 juillet, la fouille se trouve « récompensée par la découverte de quatre cercueils… »

Non sans anachronisme certes, mais le temps de la rêverie n’est pas celui de l’histoire linéaire, je n’ai pu lire ce procès-verbal autrement que sous l’ombre portée d’un récit postérieur, au demeurant devenu paradigmatique, celui de la découverte du tombeau de Toutankhamon par Howard Carter, en 1922, dans la Vallée des Rois.

Le 4 novembre 1922, Howard Carter découvre dans la Vallée des Rois les premières marches d’un escalier qui s’enfonce dans le sol. Le 6 novembre, il adresse à Lord Carnavon, son commanditaire, le télégramme suivant : « Avons enfin fait une découverte extraordinaire dans la vallée : une tombe somptueuse… »

Qualifiant la tombe de « somptueuse », Howard Carter trahit ici la proximité qu’entretiennent dans sa recherche de 1922 passion archéologique et quête du trésor. Les descendants de Pierre Pol Riquet cultivaient eux, dans leur recherche de 1842, piété des ancêtres et culte des grands hommes. Le culte des grands hommes reste, me semble-t-il, un motif des plus puissants dans l’intérêt que porte aujourd’hui le visiteur de la cathédrale Saint Etienne à la dalle très discrète sous laquelle reposent les restes de Pierre Pol Riquet. Chez nous autres, modernes, qui vivons dans un monde menacé par l’insignifiance, un tel culte répond à sa manière au besoin vital d’admirer.

Martine Rouche, qui partage, je sais, ce besoin d’admirer, m’adressait dernièrement le message suivant :

Christine, je t’envoie des photos d’une pâle reproduction d’un document (n°860-21) appartenant aux Archives du Canal des Deux-Mers. Cette reproduction était proposée par l’archiviste Samuel Vannier lors d’une journée toulousaine consacrée par les Amis du Canal et de Riquet à « nostre Riquet », selon la formule du docteur Jean Girou 2Cf. La dormeuse blogue 3 : A propos du méridionalisme – Jean Girou.. Le titre du document est « Plan coupe et élévation du Caveau de la Sépulture de Pierre Paul de Riquet, Baron de Bonrepos et de sa famille, existant dans l’Eglise Métropolitaine St Etienne de Toulouse, près le pilier dit d’Orléans, et découvert le 26 Juillet 1842 ». Les photos ne seront pas d’une grande lisibilité, mais elles donneront l’essentiel des plans et feront plaisir, je l’espère, à ceux que ton post a si vivement intéressés !

Les photos envoyées par Martine Rouche se trouvent reproduites ci-dessus et ci-dessous.

 

 

 

A lire aussi :
A Toulouse – La sépulture de Pierre Pol Riquet
Une balade avec les Amis de Riquet – Dans la forêt de Ramoundès, la rigole d’essai du canal du Midi
Toulouse en 1812

Notes   [ + ]

1. Cf. La dormeuse blogue 3 : A Toulouse – La sépulture de Pierre Pol Riquet.
2. Cf. La dormeuse blogue 3 : A propos du méridionalisme – Jean Girou.
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4 réponses à A Toulouse – La sépulture de Pierre Pol Riquet – « Une voûte dont le prolongement conduisait à l’entrée d’un caveau… »

  1. Gironce dit :

    Je suppose que le lieu de sépulture de Riquet est conséquent à son lieu d’habitation de Toulouse, où son hôtel particulier est tout proche, dans la paroisse de la cathédrale.

    • La dormeuse dit :

      Aujourd’hui démoli, l’hôtel Riquet, plus tard hôtel d’Avessens, se trouvait à l’angle de l’actuelle place Salengro et de la rue Baour Lormian.

  2. Martine Rouche dit :

    Sauf erreur de ma part et sauf erreur de mes modestes documents, Pierre Pol Riquet achète en 1675 le domaine de Frescaty, où il meurt le 1er octobre 1680. Cette propriété est longtemps restée un mystère parce que seul le nom en était connu. Selon les dernières recherches, elle occupait un terrain correspondant aux actuelles allées Frédéric-Mistral. Cette propriété, vendue en 1714 par la veuve de Jean Mathias Riquet, fut détruite en 1752 au cours de l’aménagement du quartier du Grand Rond par l’architecte Louis de Mondran.
    Les obsèques ont lieu le lendemain, 2 octobre. Pierre Pol Riquet avait précisé, dans ses dernières volontés confiées à son notaire Maître François Fontès, qu’il voulait que son corps fût enseveli dans l’église paroissiale du lieu où il décèderait. Le domaine de Frescaty se trouvait dans la paroisse de la cathédrale Saint-Etienne.
    Je ne résiste pas au plaisir de rappeler un lien supplémentaire entre la famille de Pierre Pol Riquet et Mirepoix : Gaston Ier de Lévis de Lomagne, seigneur et marquis de Mirepoix, né au château de Lagarde le 15 juillet 1636,  » testa le 5 août 1687 et mourut chez M. de Riquet, au château de Frescaty, le 6 août 1687, et fut inhumé à Lagarde le 9 août suivant.  » (Georges Martin, Histoire et généalogie de la maison de Levis, 2007, page 41)

  3. Vinea mea electa dit :

    En effet le chateau de » Frescaty » était sensé se trouver à proximité des allées Frédéric Mistral dans la courbe qui relie le Boulingrin aux allées des « soupirs ». On y trouve encore un pilier ancien surmonté d’un lion en terre cuite XVIIIème qui fait angle et ouvre sur une petite cour devant un immeuble XIXème … maigre vestige.
    Un petit tour à Bonrepos s’impose, des toitures y ont été refaites dernièrement…à voir !

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