A Mirepoix – Moulon du cimetière al Sautadou et quartier du faubourg d’Amont

 

Je m’intéresse ici au moulon du Sautadou et au quartier du faubourg d’Amont, que l’on peut voir représentés ci-dessus sur le plan 1 du compoix mirapicien de 1766. L’intitulé original de ce plan 1, « Moulon du cimetière al Sautadou et quartier du faubourg d’Amont », fait ici le titre de mon article.

Le promeneur qui entreprend aujourd’hui d’en faire le tour à partir de la place du Rumat, passera successivement cours du Jeu du Mail, allée de Palafrugell, avenue Maréchal Foch, cours Chabaud, rue Victor Hugo, et rue du Gouverneur Laprade, au bout de laquelle il se retrouvera place du Rumat.

Le même promeneur, reconduit en 1766, aurait emprunté successivement la promenade du Jeu du Mail, la rue des Caves Vieilles, la rue de Capitoul, la promenade de la Porte de La Roque, la rue du faubourg d’Amont, et la rue du Coin de Cambajou, au bout de laquelle il se serait retrouvé promenade du Rumat.

Notez, pour la bonne compréhension de la suite de cet article, qu’il y a en 1766 deux rues de Capitoul : la grande (aujourd’hui avenue Maréchal Foch), qui va de la rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot) à la rue des Caves Vieilles (aujourd’hui cours du Jeu du Mail), et la petite (aujourd’hui rue du 11 Novembre), qui va de la rue de Capitoul, sa rue-mère, à la rue du Cimetière (aujourd’hui rue Victor Hugo).

Notez aussi qu’on nomme aujourd’hui cours du Jeu du Mail l’ancienne promenade du Jeu du Mail, augmentée de la première partie de l’ancienne rue des Caves Vieilles. La seconde partie de cette rue porte aujourd’hui le nom d’allée de Palafrugell.

Sautadou et quartier du faubourg d’Amont constituent en 1766, sur le flanc sud de Mirepoix, un ensemble peu bâti, sorte de marche entre la ville et la campagne immédiatement voisine. J’ignore à quel « saut, escarpement, rétrécissement, ou gué » ((Cf. Article « sautar » in Louis Alibert, Dictionnaire Occitan-Français, p. 628, Institut d’Estudis Occitans, 1966.)) le nom de Sautadou fait exactement référence. Peut-être s’agit-il d’un rétrécissement dans le tracé de la rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot) ? Ou encore d’un gué, rendu nécessaire dans la même rue par l’affleurement d’une source ?

Le quartier du Sautadou abrite côté campagne le cimetière, installé au pied de la petite église Notre Dame et Saint Michel. L’édification de cette dernière date du XVIIe siècle. Elle est due à la générosité de Dame Anne d’Escale, qui, après une vie consacrée à la charité, a souhaité que l’on prie ici pour son repos et pour celui de tous les défunts.

Le quartier du faubourg d’Amont se situe entre la rue du Coin de Cambajou (aujourd’hui rue du Gouverneur Laprade), la promenade du Jeu du Mail (aujourd’hui cours du Jeu du Mail), la rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot), la rue Cambajou (aujourd’hui rue Frédéric Soulié), la rue de Traverse (aujourd’hui rue Pasteur) et la rue du faubourg d’Amont (aujourd’hui rue Victor Hugo), laquelle prend naissance, de l’autre côté de Mirepoix, à l’emplacement de l’ancienne porte d’Amont, et se prolonge jusqu’à la rue des Caves Vieilles (aujourd’hui cours du Jeu du Mail et allée de Palafrugell).

 

1. Le quartier du faubourg d’Amont

 

Liste des propriétaires des parcelles situées au faubourg d’Amont, d’après le compoix de 1766 :

1. Françoise Olive, veuve de Pons Virelizier : jardin de la rue Cambajou à la promenade
2. Antoine Goudou, dit Petré, jardinier de la ville de Mirepoix : maison, jardin, patu à la rue Cambajou
3. Thérèse Senesse, veuve de Jean Soulet : maison et jardin à la rue Cambajou
4. Dominique Malroc, bourgeois : maison ou décharge, faux couvert, ferratjat à la rue Cambajou
5. Marguerite, Catherine, et Dorothée Vernhes, filles de dame Pouites : maison et plancher à la rue Cambajou, sur la décharge de François Rouvairollis
6. François Rouvairolllis, avocat au parlement : rue Cambajou

 

Le quartier du faubourg d’Amont abrite de façon remarquable, à l’angle de la rue du Coin de Cambajou et de la rue du faubourg d’Amont, l’imposante maison, la décharge, et le vaste jardin (n°6) de Maître François Rouvairollis, avocat au parlement. J’évoque cette propriété dans Maison, décharge, et jardin de Maître Rouvairollis, rue du Coin de Cambajou.

 

Ci-dessus : transformée aujourd’hui en garage, la décharge de François Rouvairollis, sur laquelle Marguerite, Catherine, et Dorothée Vernhes, filles de dame Pouites, tenaient maison et plancher. En arrière-plan, méconnaissables, les maisons d’Antoine Goudou, de Thérèse Senesse, et de Dominique Malroc.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : rue du Gouverneur Laprade, autre vue des maisons d’Antoine Goudou, de Thérèse Senesse, et de Dominique Malroc ; vue de la façade arrière de la maison située à l’angle de la rue du Gouverneur Laprade et de la rue Frédéric Soulié.

Outre la maison de François Rouvairollis et, sur la décharge de ce dernier, la maison et plancher (n°5) de Marguerite, Catherine, et Dorothée Vernhes, filles de dame Pouites, le compoix de 1766 indique relativement au quartier du faubourg d’Amont la présence de trois maisons attenantes (n°1,2,3), situées à l’angle de la rue Cambajou (aujourd’hui rue Frédéric Soulié) et au bord de la rue du Coin de Cambajou (aujourd’hui rue du Gouverneur Laprade). Concernant la propriété des parcelles 1, 2 et 3, le plan manque hélas de lisibilité quant à la distribution des maisons et jardins respectifs. Il suggère malgré tout, au regard du statut social des propriétaires, Françoise Olive, veuve de Pons Virelizier, Antoine Goudou, dit Petré, jardinier de la ville de Mirepoix, Thérèse Senesse, veuve de Jean Soulet, le goût d’un certain entre-soi, en tout cas celui d’une vaste tranquillité sur fond de luzerne.

Le quartier du faubourg d’Amont abrite en effet, outre les jardins de Françoise Olive, d’Antoine Goudou, dit Petré, et de Thérèse Senesse, le vaste ferratjat (n°4), i. e. le champ de luzerne, de Dominique Malroc. Il présente de la sorte, côté promenade du Jeu du Mail, un front uniformément vert. Les maisons qui figurent aujourd’hui sur ce front sont postérieures à la date de 1766. Les maisons qui bordent la rue Pasteur et la rue Frédéric Soulié, le sont également.

 

 

2. Le quartier du Sautadou

Semblablement au faubourg d’Amont, le Sautadou demeure en 1766 un quartier peu bâti, resté vert et quasi champêtre. Vu l’étendue des surfaces qu’il embrasse, je le décrirai ici par pans successifs.

 

7. Barthélémy Clauzel : ferratjat al Sautadou
8. Philippe Campels, brassier : maison et jardin al Sautadou
9. Jean et Barthélémie Campels : maison al Sautadou, proche du Capitoul
10. Philippe Campels : maison al Sautadou
11. Jean et Barthélémie Campels : aire al Sautadou, par indivision avec Philippe Campels pour les deux tiers restants
12. Jean et Barthélémie Campels : jardin al Sautadou.

Le moulon délimité par la rue de Cambajou (aujourd’hui rue Frédéric Soulié), la rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot), la rue du faubourg d’Amont (aujourd’hui rue Victor Hugo) et la rue des Traverses (aujourd’hui rue Pasteur), comprend seulement trois maisons (n°8,9,10), situées à l’angle de la rue des Traverses et de la rue du faubourg d’Amont.

 

Ci-dessus : à l’angle de la rue Victor Hugo et de la rue Pasteur, par temps de pluie, vue en enfilade des trois maisons qui furent en 1766 celles des Campels.

 

Ci-dessus : pat beau temps, autre vue de la maison Campels.

Assorties de deux jardins (n°8,12) et d’une aire (n°11), ces trois maisons constituent le territoire de l’entre-soi familial propre à Jean Campels, Barthélémie Campels et Philippe Campels, brassier. L’entre-soi s’entretient là aussi sur fond de luzerne, puisque la plus grande partie du moulon se trouve occupée alors par le ferratjat (n°7) de Barthélémy Clauzel.

 

17. Philippe Campels, brassier : jardin al Sautadou
18. Henri Dubois, brassier : maison et patu al Sautadou
19. Joseph Deleu, brassier : maison al Sautadou
20. Pétronille Dardé, servante chez Jean Paul Pauc, prêtre : maison al Sautadou
21. François Combes, dit Bourla : maison al Sautadou
22. Jacques Tornier, laboureur à Paychels : maison al Sautadou
23. Julien Denat, brassier, à présent infirme par accident : maison al Sautadou
24. Jacques Pons, bastier : maison ou décharge, jardin al Sautadou et porte de La Roque
25. Louis Jammi, hôte : décharge et jardin à la rue de la porte de La Roque et al Sautadou
26. Jean Pierre Soum, marchand : décharge et jardin à la porte de La Roque et al Sautadou

 

Ci-dessus, de gauche à droite : cours Chabaud, l’ancienne maison de Jacques Pons, bastier ; à l’angle du cours Chabaud et de l’avenue Maréchal Foch, la maison de Louis Jammi, hôte.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : avenue Maréchal Foch, autre vue de la maison de Louis Jammi, hôte ; à l’angle de l’avenue Maréchal Foch et de la rue Carnot, l’ancienne maison de Jean Pierre Soum, ou plutôt celle qui la remplace.

Plus proche du coeur de la bastide puisque situé à proximité du Petit Couvert, le moulon délimité par la rue du faubourg d’Amont (aujourd’hui rue Victor Hugo), la rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot), la rue de Capitoul (aujourd’hui qvenue Maréchal Foch), et la rue de la porte de La Roque (aujourd’hui cours Chabaud), demeure en 1766 étonnamment peu bâti. Seules deux maisons ou décharges bordent la rue de la Porte de La Roque. L’une (n°24) appartient à Jacques Pons, bastier ; l’autre (n°25), à Louis Jammi, hôte. Située non loin de cette dernière, à l’angle de la rue de Capitoul et de la rue del Sautadou, une troisième maison ou décharge (n°26) appartient à Jean Pierre Soum, marchand. Toutes trois sont assorties de grands jardins. La proximité de la place explique sans doute la présence de telles décharges, liées à l’exercice d’une activité professionnelle qui nécessite une base arrière à fin d’entrepôt.

 

Ci-dessus : rue Carnot, après la maison aux roses, les petites maisons del Sautadou.

Serrées les unes contre les autres, avec une rupture d’alignement qui forme là une sorte de goulot d’étranglement (le sautadou ?), les autres maison (n°18,19,20,21,22,23) du moulon se trouvent toutes rue del Sautadou, à proximité du croisement avec la rue du faubourg d’Amont. Ces maisons tournent le dos à la ville. Ainsi orientées et rapprochées, elles figurent, de façon probablement révélatrice de la mentalité de leurs habitants, un hameau, un village-rue. A l’exception de celle d’Henri Dubois (n°18), toutes les maisons sont ici dépourvues de jardin. Elles appartiennent, sans surprise, à une population de condition médiocre ou modeste, laboureur (n°22), brassiers pauvres (n°19,21), dont un infirme (n°23), et servante de curé (n°20).

Cinq des dix propriétaires réunis dans ce moulon détiennent un jardin. Philippe Campels, brassier sans doute à l’aise, qui prolonge ici par un jardin vague (n°17) le territoire familial décrit plus haut, Henri Dubois, plus petit brassier, Jacques Pons, bastier, Louis Jammi, hôte, Jean Pierre Soum, marchand, occupent ainsi, à eux tous, la quasi totalité de la surface du moulon. Les autres propriétaires connaissent quant à eux, dans leurs maisons dépourvues de jardins, la promiscuité, l’absence de potager, et le manque d’air.

 

27. Jean Malot, marchand : maison et autre couvert, jardin, al Sautadou
28. Jean Clémens Rouvairollis de Rigaud, écuyer : jardin al Sautadou
29 Bertrand Manent, marchand ; jardin al Sautadou
30. Jean Baptiste Denat, bourgeois : jardin à la rue de la porte de La Roque allant à Capitoul
31. Paul Rives, marchand : maison et autre couvert, jardin, aire, ferratjat al Sautadou

 

Ci-dessus, de gauche à droite : rue Carnot, ancienne grange de Jean Malot, [la maison enregistrée dans le compoix a été remplacée par une construction moderne] ; rue du 11 Novembre, porte donnant sur l’ancien ferratjat de Paul Rives.

 

Ci-dessus : à l’angle de l’avenue du Maréchal Foch et de la rue du 11 Novembre, très délabrée, l’ancienne maison de Paul Rives, marchand.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : à l’angle de la rue du 11 Novembre et de la rue Victor Hugo, l’autre maison de Paul Rives a été remplacée par une construction moderne ; rue du 11 Novembre, au flanc de cette construction moderne, un banc rustique se souvient des moeurs du bon vieux temps.

Voisin du précédent, le moulon délimité par la rue du Cimetière, la rue de Capitoul, la rue de Capitoul, et la rue del Sautadou, comporte en 1766 trois maisons ou autres couverts. L’une (n°27) d’entre elles se situe rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot) ; elle appartient à Jean Malot, marchand. Les deux autres (n°31) se situent de part et d’autre de la (petite) rue de Capitoul (aujourd’hui rue du 11 Novembre); elles appartiennent à Paul Rives, marchand lui aussi. La surface restante se trouve occupée par de vastes jardins, par une une aire (n°31) et par un ferratjat (n°31). Parmi les propriétaires de ces espaces bien aérés, on trouve, outre les marchands mentionnés ci-dessus, Bernard Manent, autre marchand, Jean Baptiste Denat, bourgeois, et Jean Clémens Rouvairollis de Rigaud, écuyer. L’entre-soi est ici fortuné, toujours sur fond de luzerne. La fortune, en 1766, ne va pas sans la possession de terres. Nobles, bourgeois, marchands, robins, sont aussi des agriculteurs.

 

32. Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud, écuyer : champ à Capitoul.

Le moulon délimité par la rue des Caves Vieilles (aujourd’hui allée de Palafrugell), la rue de Capitoul (aujourd’hui avenue Maréchal Foch) et la rue du Cimetière (aujourd’hui rue Victor Hugo) appartient tout entier à Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud, écuyer. C’est en 1766 un champ cultivé.

Ce moulon demeure aujourd’hui quasiment inchangé. C’est, comme on peut voir ci-dessous, un vaste jardin potager.

 

 

Ci-dessus : vues actuelles de l’ancien champ de Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud ; depuis ce champ, vue du clocher de l’église Notre Dame et Saint Michel.

 

13. François Rouvairollis, avocat au parlement, et Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud, écuyer : maison servant de grange al Sautadou, confronte d’auta la promenade du Jeu du Mail
14. François Ferrusse, prêtre et prébendier du chapitre : maison, autre couvert, jardin, vigne al Sautadou, proche du cimetière d’auta, la promenade du Jeu du Mail et autrefois les caves vieilles
15. Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud, écuyer : aire près du cimetière
16. Eglise et cimetière de la paroisse

Le moulon qui abrite l’église Notre Dame et Saint Michel ainsi que le cimetière se trouve délimité par la promenade du Jeu du Mail (cours du Jeu du Mail), la rue des Caves Vieilles (aujourd’hui cours du Jeu du Mail), la rue du Cimetière (aujourd’hui rue Victor Hugo), et la rue del Sautadou (aujourd’hui rue Carnot).

 

Ci-dessus : vues actuelles de l’ancienne grange de François Rouvairollis et de Clemens de Rouvairollis de Rigaud.

François Rouvairollis et Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud possèdent dans ce moulon, à l’angle de la rue du Cimetière et de la rue del Sautadou, une maison servant de grange (n°13), assortie d’un jardin et d’un grand terrain, d’usage agricole. Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud y possède également une aire (n°15) qui jouxte l’église, sur l’arrière de cette dernière.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : deux vues actuelles de l’ancienne maison de François Ferrusse, transformée aujourd’hui en magasin Gamm Vert ; dans une maison privée, vue de la cour qui a remplacé l’aire de Jean Clémens de Rouvairollis de Rigaud

François Ferrusse, prêtre et prébendier du chapitre, tient quant à lui tout le reste du moulon (n°14), à l’exclusion de l’église et du cimetière. IL est probablement le desservant de l’église, spécialement chargé du service des morts et autres obituaires. On note qu’il cultive sur son domaine une vigne de belle surface, dont il tire le vin de messe, et, pourquoi pas, son propre « sirop vignolat », qu’on devine, dans le cadre de l’usage profane, source de joies discrètement rabelaisiennes.

 

La vigne de l’abbé Ferrusse a depuis longtemps disparu. Occupé depuis les années 60 par la Copami, le site a fini en friche industrielle ((Cf. Analogies – Friche industrielle et néo-plasticisme ; Analogies – Architectural cadence ; Analogies – Cathédrale industrielle et église romane ; Analogies – Le silo.)). Les restes de la Copami viennent tout juste d’être démolis ((Cf. Analogies – En attendant Godot ; A Mirepoix – Esthétique du désordre, énergie des ruines ; Analogies – Jungle.)). Après les montagnes de gravats, reste aujourd’hui un champ de caillasse, dont la nouvelle affectation n’a pas été rendue publique. Derrière ce champ de caillasse, demeurent l’église et le cimetière. Je ne parlerai pas ici de cette église ni du cimetière. Témoins d’une histoire longue et riche, ils méritent de faire l’objet d’un article à part.

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3 Responses to A Mirepoix – Moulon du cimetière al Sautadou et quartier du faubourg d’Amont

  1. Martine Rouche says:

    Sais-tu que le souvenir du chanoine François Ferrusse demeure dans la mémoire collective, sous une forme particulière ? Les anciens de Mirepoix, parlant du cimetière, disent  » aller à Ferrusse  » , sans pouvoir expliquer. Le chanoine desservant de cette église, sans doute préposé aux obsèques par effet de proximité, ne reconnaîtrait pas sa vigne ni son jardin …

  2. Martine Rouche says:

    Je sais que tu connais les lignes suivantes, qui sont bien intéressantes, au même titre que  » Nouvelles ecclésiastiques ou Mémoires pour servir à l’Histoire de la Constitution Unigenitus pour l’année 1773″ (page 109 & ff. ), et qui nous révèlent les malheurs du chanoine François Ferrusse à la fin de sa vie :

    « Prouver la catholicité des persécutés : le fantôme du jansénisme
    La maladie apparaît quelquefois comme une cause de réprobation. Le récit du refus de sacrements dont est victime M. Ferrusse à Mirepoix insiste sur le changement d’attitude du curé ( = M. Cassaignaud de Maynard) qui se met à le traiter en hérétique dès qu’il le sait gravement malade.
     » Depuis quelques années, M. Ferrusse n’assistoit plus aux Offices du Choeur à cause de son âge & de ses infirmités. Etant tombé malade en 1769, il fut administré pour lors. Depuis cette époque, M. Ferrusse a fait ses Pâques tous les ans & communié plusieurs autres fois dans l’année, à la Sainte Table, de la main même du Curé ou de ses Vicaires.
    Il tomba de nouveau malade au mois d’août 1772, et le Curé lui fit des difficultés pour recevoir les sacrements, disant que faute de déclarer son entière soumission à la Bulle, il risque d’être éternellement séparé du Sauveur.
    L’auteur s’insurge contre ce revirement de la part du prêtre, qui veut profiter de la situation critique de son paroissien.
    Quand M. Ferrusse auroit été Appelant, ce discours n’en seroit pas plus tolérable ; car indépendamment du fond y a-t-il du bon sens à vouloir traiter au lit de la mort en hérétique & en excommunié un homme qui a toujours joui de tous les droits de la catholicité, comme si c’était la maladie qui le rendît hérétique ?
    …  »
    in jansenisme.free.fr.chapitre XIII

    (L’évêque du temps était Mgr François Tristan de Cambon, qui, sollicité, donna un avis défavorable à l’attitude de M. Cassaignaud de Maynard, mais n’usa pas de son autorité pour le faire adoucir son fanatisme. )

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