La chambre secrète – Nicolae Fleissig expose à la galerie de la Porte d’Amont, à Mirepoix

 

La belle rieuse, c’est Monique Abellanet-Le-Minez, qui accueille dans sa galerie, rue Porte d’Amont à Mirepoix, un ensemble de sculptures, peintures, dessins, oeuvre de l’artiste d’origine roumaine, Nicolae Fleissig. Basé à Sainte-Colombe sur l’Hers, déjà chargé de nombreuses commandes sur des chantiers artistiques internationaux, Nicolae Fleissig cette fois revient d’Egypte où il a conçu et réalisé une sculpture monumentale intitulée La chambre secrète.

Liées, semble-t-il, au moment de la commande égyptienne, les oeuvres exposées à la galerie de la Porte d’Amont constituent une sorte de variation autour du thème de la « chambre secrète ».

Taillées dans le granit ou le marbre, les sculptures font appel à l’imagination des chemins qui donnent accès au coeur de la matière. Ménageant des voies de circulation entre le dehors et le dedans de la pierre dure, l’artiste offre ainsi à l’air et à la lumière le pouvoir de filtrer dans le secret de la matière, de l’animer invisiblement, et l’énigme de cette animation est si forte que l’on se prend à attendre qu’ici, soudain, la pierre respire, qu’elle rayonne ou bien qu’elle vibre, comme le colosse de Memnon, qui chante, dit-on, au soleil levant.

Avec l’imagination des chambres secrètes, l’artiste convoque forcément celle des pyramides et celle des mythes du voyage de l’âme dans l’au-delà. Il confère ainsi à la sculpture, dans le seul jeu que matière et forme entretiennent, une puissance de signification qui touche au sacré, qui en éveille en tout cas le pressentiment, sans en révéler jamais le visage inconnu.

Simple d’accés, l’oeuvre est très forte.

Incluse dans un reste du rempart de la ville et, plus précisément, dans une partie de l’ancienne demeure médiévale de la maison de Lévis Mirepoix, la galerie forme, elle-même, autour des sculptures de Nicolae Fleissig une sorte de « chambre » propice, où les sculptures concentrent leur mystère sous l’incidence changeante des rayons, ou, ailleurs, dans le miroitement obscur d’un reflet de verre.

Le lieu lui aussi est très fort.

L’exposition dure jusqu’au 23 mai. Heures d’ouverture : lundi, de 10h à 13h ; vendredi, samedi, dimanche, de 15h à 19h ; sur rendez-vous, au 06 22 40 58 45.

Galerie Porte d’Amont, 10 cours Louis Pons-Tande, 09500 Mirepoix.

Plastic Blues

 

 

 

 

Plastic Blues, c’est le titre de la nouvelle exposition de Labaronne, organisée par l’association Mille Tiroirs, du 2 mai au 31 mai 2011. Le vernissage aura lieu le jeudi 5 mai à partir de 18h30 à Pamiers, salle Espalioux, rue Jules Amouroux.

Je ne montre ici rien de l’exposition, mais seulement quelques impressions de lumière, de matière et de couleur, captées dans l’atelier-galerie de Labaronne, à Mirepoix, rue Monseigneur de Cambon. L’atelier est ouvert. Il suffit d’entrer.

L’expo, quant à elle, sera étonnante…

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Les Hérétiques – Créé à Béziers en 1905, un opéra de Ferdinand Hérold et Charles Levadé

 

 

Ci-dessus : cartes postales anciennes, communiquées par Martine Rouche.

Le succès de Charles Levadé (1869-1948), disent les musicologues, commence vraiment avec un opéra en trois actes, Les Hérétiques, tragédie lyrique sur un poème de Ferdinand Hérold (1791-1833), compositeur plus ancien, très connu à l’époque romantique.

Le poème évoque, dans le cadre de la croisade contre les Albigeois, les heures tragiques qui précèdent le sac de Béziers par les troupes de Simon de Montfort, le 22 juillet 1209.

Ni Ferdinand Hérold ni Charles Levadé, tous deux parisiens, n’ont d’attaches personnelles avec le Midi. Mais comme Charles Peytavie le faisait récemment remarquer dans sa belle conférence, Et si Ivanhoé avait été occitan ?, dédiée au cycle des romans historiques de Frédéric Soulié (Le Vicomte de Béziers ; Le comte de Toulouse ; Le Comte de Foix), grâce à nostre Frédéric Soulié qui, dans les années 1830, initie le public aux histoires de la croisade, la matière languedocienne jouit d’une grande popularité au XIXe siècle, car elle symbolise, par effet de glissement métaphorique ((Cf. Les cheminements de la mémoire albigeoise – Une conférence de René Soula)), l’horreur de tout pouvoir qui opprime, l’héroïsme de tout peuple opprimé. La sensibilité de la France d’alors, qui demeure éprise de liberté, va bien sûr aux opprimés, ici aux victimes de la monarchie française et de l’église catholique romaine.

 

A ma connaissance, il n’existe pas d’enregistrement audio des Hérétiques. Mais le livret, à lui seul, est très beau. A télécharger sur le site Internet Archive.org : Les hérétiques : opéra en 3 actes, musique de Charles Levadé … (1905) (dans la colonne de gauche intitulée « View the book », choisir l’option « All Files : HTTP » ; cliquez ; puis téléchargez le fichier leshrtiquesopra00levagoog.pdf).

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