Les Z’Arts En Douc – A l’église de Vira

 

C’était hier, 20 août, la fête des Arts en Douc, ou l’Estivale en vallée du Douctouyre, et, dans le cadre du programme « Un jour, un village… », la fête à Vira. Nous sommes allés au concert qui se donnait en la petite église de Vira. Nous avons ainsi entendu, en première partie, le Rameau musical de Dun, et en seconde partie Yol Hikayesi, un groupe d’inspiration anatolienne, qui navigue entre tradition et jazz.

 

Voici, à gauche, reconnaissables à leurs mantes pourpres, les chanteurs du Rameau musical de Dun, dont j’évoque fréquemment les aventures sur ce blog ; à droite, le groupe Yol Hikayesi. Yol signifie en turc « l’histoire en chemin ». Né de la rencontre entre Raphaël Sibertin-Blanc – ici au violon, puis au kemençe – et Ümit Ceyhan -chanteur et instrumentiste (baglama, oud, duduk), le groupe se produit en Midi-Pyrénées.

 

Colette Autissier anime l’atelier-chant et dirige les concerts du Rameau musical de Dun. Ceux-ci sont essentiellement dédiés à des pièces courtes, choisies dans l’immense répertoire de la musique sacrée, et plus spécialement dans celui des maîtres de chapelle de l’âge baroque.

 

 

Le groupe Yol mèle à la mélancolie des mélodies anatoliennes, surgies des lointains comme du fond des temps, la ciselure d’un jazz qui brille comme un diamant. Pureté des lignes et fantaisie virtuose s’allient ici dans le cadre d’une proposition musicale qui, tout particulièrement devant l’autel de cette petite église, s’adresse à l’âme de façon pénétrante.

 

La plupart des pièces chantées par le Rameau musical de Dun sont accompagnées au piano électronique et/ou à l’accordéon classique. Gagnée ici par l’émotion collective, la pianiste s’est levée pour frapper le rythme du gospel final. C’est celui du célèbre Swing low, sweet chariot, créé par les Fisk Jubilee Singers dans les années 1870.

 

Le contrebassiste du groupe Yol a des doigts de mille-pattes qui grouillent de façon réjouissante sur le vermeil de son instrument. Le batteur, dans l’ombre rouge, fait naître des éclairs, des nuages, des tonnerres, montés des solitudes lointaines.

 

Nostalgie d’autres rives, alacrité de l’instant présent. Le baglama et le violon, comme deux oiseaux, font aile commune.

 

Voix de soprano, voix de mezzo, voix de ténor, voix de basse, toutes viennent du profond, mobilisent l’âme, soulèvent les corps.

 

Quand le frisson de la musique soulève les corps…

 

Quand naissent des éclairs, des nuages, des tonnerres, montés des solitudes lointaines…

 

 

Ovations prolongées. Nous avons partagé dans un lieu propice un moment de musique exceptionnel. Il y a un charme singulier à voir s’ouvrir toutes grandes les portes de la petite église de Vira pour accueillir tour à tour deux groupes de musiciens si différents par le style et cependant rendus si proches d’âme par la qualité d’inspiration, la sensibilité, la profondeur d’âme. Un moment de musique exceptionnel, disais-je.

 

Je n’ai pas pu assister plus tard dans la soirée aux autres concerts, qui se donnaient à la salle municipale. Mais je reviendrai l’an prochain aux Z’Arts en Douc de Vira, car cette manifestation est une petite merveille.

A écouter :
Yol Hikayesi sur MySpace Music

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Une réponse à Les Z’Arts En Douc – A l’église de Vira

  1. La dormeuse dit :

    Après avoir lu cet article, Raphaël Sibertin-Blanc, du groupe Yol Hikayesi, m’a envoyé un petit mot amical, dans lequel il apporte les précisions suivantes :
    « Yol signifie bien ‘le chemin’, et Yol Hikayesi ‘ l’histoire en chemin’
    Pour les instruments, Ümit Ceyhan a joué sur 2 baglamas (la famille d’instrument est le saz, instrument traditionnel de Turquie qui se différencie de oud entre autre par un manche beaucoup plus long) et le duduk (flûte arménienne, le premier morceau). Pour ma part, en plus du violon j’ai joué du kemençe, instrument traditionnel turc, dont on retrouve des semblables sur tout le pourtour de la méditerranée.
    Nous avons un disque…certes artisanal ‘ fait maison’, mais qui reflète je pense assez bien notre musique…
    Salutations musicales,
    Raphaël Sibertin-Blanc »

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