Après 1789, l’hôtel particulier de la famille Malroc de Lafage

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/3E125/4 (1779-1791). Vue 127-128.

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/3E125/4 (1779-1791). Vue 127-128.

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Pour mieux situer, détail du plan 3 du compoix de 1766 sur lequel se trouve reporté le nom du propriétaire du nº 13 – Charles Letu – en 1788. Le nº 13 du plan 3 de 1766 deviendra le nº 69 de la section B à partir de 1791.

Le 1er juillet 1788, Demoiselle Marie Anne Joséphine Malroc de Lafage, l’une des filles de Guillaume Dominique Malroc de Lafage et de Jeanne Airolles, a épousé à Mirepoix Monsieur Maître Charles Letu, avocat au parlement, fils de feu Monsieur Guillaume Letu, directeur de la Poste aux lettres, ancien notaire royal et tabellion du marquisat de Mirepoix, et de Dame Anne Alard. Les signatures des notables présents à ce mariage, Antoine Cairol, premier consul, maire de la ville, Monsieur Maître Guillaume Denat, avocat au parlement, Monsieur Maître Jean Pierre Charly, subdélégué de Monseigneur l’Intendant [du Languedoc], Jean Baptiste Mercadier, inspecteur des travaux publics, témoignent de la pompe de l’événement.

Marie Anne Joséphine Malroc de Lafage, épouse de Charles Letu, mourra le 25 avril 1815 à Mirepoix, section B nº 69, i.e. dans la maison qui sera démolie au XIXe siècle afin d’ouvrir au cours Saint Antoine (aujourd’hui cours du Colonel Petitpied) et à la promenade d’Amont (aujourd’hui cours Louis Pons-Tande) un débouché sur la rue du grand faubourg Saint Jammes (aujourd’hui avenue Victor Hugo.

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Rôle de la population de Mirepoix en 1793. Section A n° 165 (n° 128 du plan 3 de 1766) : Guillaume [Dominique] Malroc et Jeanne Airolles, père et mère ; Dominique [Antoine Carloman] Malroc, [Guillaume] Paul [Benoît] Malroc, Justine Malroc, enfants du couple ; Pétronille Malroc, cousine de Guillaume Dominique Malroc ; Marguerite, servante.

En 1791, Guillaume Dominique Malroc de Lafage est élu maire de Mirepoix. Il le reste jusqu’au 14 octobre 1792, date de son remplacement par Pierre Avignon. Accusé en effet d’être l’initiateur des mouvements séditieux qui ont éclaté dans la commune de Mirepoix les 28, 29 et et 30 août 1792 et qui ont entraîné section A nº 165 de la rue Courlanel (aujourd’hui rue Maréchal Clauzel) le pillage de son hôtel particulier 1Cf. Registre municipal. 10 septembre 1792 : « 200 à 300 hommes ont brisé, volé, incendié les meubles, effets, titres, papiers et documents de Malroc maire. », Guillaume Dominique Malroc de Lafage, ainsi que ses deux fils, Dominique Antoine Carloman Malroc de Lafage et Paul Benoît Malroc de Lafage, accusé d’une tentative d’émigration en 1792, sont arrêtés en juin 1793 et incarcérés aux Carmélites de Pamiers. Les biens de la famille sont mis sous séquestre.

Le 20 messidor an II (8 juillet 1794), alors que Dominique Antoine Carloman Malroc de Lafage a été libéré, Guillaume Dominique Malroc de Lafage et Paul Benoît Malroc de Lafage, son autre fils, sont extraits des Carmélites de Pamiers et, avec d’autres prévenus de Mirepoix, transférés en charrette à Paris pour y être déférés devant le Tribunal révolutionnaire. Arrivés à Paris le 3 fructidor an II (20 août 1794), ils s’y trouvent sauvés de la guillotine par la chute de Robespierre. Relaxés par le Tribunal révolutionnaire le 22 brumaire an III (12 novembre 1794), ils quittent Paris le 29 brumaire an III (19 novembre 1794) et, à l’issue d’un long périple obligé – Paris, Metz, Nancy, Langres, Dijon, Mâcon, Lyon, Montélimar, Nîmes, Béziers, Carcassonne, Toulouse, Pamiers -, ils arrivent à Mirepoix le 24 décembre 1794.

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Rôle de la population de Mirepoix établi le 1er vendémiaire an VIII (23 septembre 1799). Section A n°165 : Guillaume [Dominique] Malroc, propriétaire ; Jeanne Airolles, son épouse ; Dominique [Antoine Carloman] Malroc, fils ; [Guillaume] Paul [Benoît] Malroc, autre fils ; Justine Malroc, fille ; Jeanne Douce, servante.

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM1/5MI667 (1793-An X). Vue 479.

Le 30 brumaire an VIII (21 novembre 1799), Guillaume Dominique Malroc de Lafage meurt dans son hôtel particulier du nº 165 de la section A rue Courlanel.

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Archives départementales de la Haute-Garonne : Baziège. 1 E 8 registre d’état civil : naissances, mariages, décès. (Collection communale). An XI-1812. Vue 83.

Le 3 floréal an XII, Dominique Antoine Carloman Malroc de Lafage épouse à Baziège, Haute-Garonne, Sabine Marie Thérèse Bernard de la Boucherolle, fille de Joseph Philippe Bernard de la Boucherolle 2« Cousin germain de Barthélémy Bernard de Saint-Julien, dont le père, François Bernard, bourgeois de Bélesta, a acheté le 14 décembre 1734 les seigneuries de Saint-Jean-de-Briola et de Pechdacou dans le diocèse de Mirepoix, Philippe Joseph Bernard, fils d’un avocat des ordinaires de Belcaire, puis de Puivert, devient chevalier de Saint-Louis, co-seigneur de Baziège, et prend le nom de La Boucherolle suite à son mariage avec la fille de X. de La Boucherolle, avec qui il partage la co-seigneurie de Baziège. » Cf. Pierre Arches, Une fédération locale, la confédération des Pyrénées (1789-1790), in Bulletin d’histoire économique et sociale de la Révolution française, Edition CTHS, Paris, 1960-1983., co-seigneur de Baziège, et de Catherine Madron.

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Rôle de la population de Mirepoix établi au mois de fructidor de l’an XII (septembre 1804). Section A nº 164 : [Dominique Antoine] Carloman Malroc ; Sabine Marie Thérèse Bernard de la Boucherolle, son épouse ; Marie Tournier, servante ; Jacquette Derize, servante. Section A nº 165 : Jeanne Airolles, veuve Malroc ; [Guillaume] Paul [Benoît] Malroc, fils ; Justine Malroc, fille ; Marie, servante.

Le rôle de la population de Mirepoix en 1804 montre qu’à cette date, l’hôtel particulier de la famille Malroc abrite désormais deux « feux », ou deux foyers, regroupés via une accolade sous les numéros 164 et 165 :

  • Nº 164. Dominique Antoine Carloman Malroc de Lafage, fils aîné de Guillaume Dominique Malroc de Lafage, et Sabine Marie Thérèse Bernard de la Boucherolle, son épouse, qui auront par la suite 7 enfants : Jeanne Joséphine Félix Malroc de Lafage, née le 25 pluviôse an 13 (14 février 1805), morte le 22 août 1806 ; Bathilde Paule Louise Malroc de Lafage, née le 23 avril 1806 ; Jeanne Marie Joséphine Malroc de Lafage, née le 25 août 1807 ; Charles Firmin Malroc de Lafage, né le 12 septembre 1808 ; Honorine Alexandrine Gabrielle Malroc de Lafage, née le 17 mai 1810, morte en nourrice à Malegoude le 16 juillet 1810 dans la maison de Joseph Lacoume ; Françoise Rosalie Pauline Malroc de Lafage, née le 1er août 1811 ; Anne Toinette Henriette Malroc de Lafage, née le 28 septembre 1812, déclarée par la sage-femme, en lieu et place du père de l’enfant, qui est alors proche de décéder. Anne Toinette Henriette Malroc de Lafage meurt le 29 novembre 1812 à Mirepoix.
  • Nº 165. Jeanne Airolles, veuve de Guillaume Dominique Malroc de Lafage ; Paul Benoît Malroc de Lafage, son fils cadet ; Marianne Justine Malroc de Lafage, son autre fille.

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Archives départementales de l’Ariège. Document 1NUM/4E2360 (An XI-1812). Vue 484.

Jeanne Airolles meurt le 21 avril 1811 dans la maison familiale, section A nº 165 rue Courlanel.

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2360 (An XI-1812). Vue 539.

Dominique Antoine Carloman Malroc de Lafage, fils aîné de Guillaume Dominique Malroc de Lafage et de Jeanne Airolles, meurt dans la maison familiale le 30 septembre 1812.

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Rôle de la population de Mirepoix établi le 30 juin 1827.

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Pour mieux situer : détail du plan 3 du compoix de 1766, sur lequel se trouvent reportés les noms des propriétaires de 1822.

Le 23 avril 1822, Anne Malroc de Lafage, épouse du vicomte de Lasset 3Cf. Christine Belcikowski. A propos de la réouverture de l’ancien hôtel particulier de la famille Malroc de Lafage., meurt dans la demeure de son époux, section A n° 167 4Sur le plan 3 du compoix de 1766, cette maison porte le nº 149. En 1766, elle appartenait à Jean Rabinel, avocat au parlement. Au XVIIe, elle appartenait à Henri de Calages, officier du sel, et Pierre Pol Riquet, alors lui aussi officier du sel, y a travaillé en association avec Henri de Calages douze années durant. Cf. La dormeuse blogue 3 : A Mirepoix – Moulon de… la porte d’Aval, rue Courlanel, le Grand Couvert, place Saint Maurice et grande place – n°128 à 166. soit dans la même rue, en face de l’hôtel particulier de la famille Malroc.

Le rôle de la population de Mirepoix en 1827 montre que, à cette date, section A nº 164 rue Courlanel, l’hôtel particulier de la famille Malroc n’abrite plus que quatre personnes. Hormis le nom de la famille Malroc, les noms des membres de cette dernière ne sont pas précisés.

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Rôle de la population de Mirepoix établi le 1er août 1836.

Entre 1824 et 1836, le système de numérotation des maisons semble avoir changé. Dans le rôle de la population de Mirepoix de 1836, on trouve Guillaume Paul Benoît Malroc de Lafage, propriétaire, au nº 182, et, pierre de touche de la localisation de cette nouvelle adresse, au nº 185 Raymond Etienne Xavier Rouger, descendant d’une lignée de notaires dont l’ancienne maison, aujourd’hui comme hier, fait face à l’ancien hôtel particulier de la famille Malroc. En 1835, la présence de deux domestiques indique que, outre Guillaume Paul Benoît Malroc de Lafage, resté célibataire, la vaste demeure abrite probablement encore d’autres membres de la famille Malroc.

Après 1836, les registres de population font défaut. Bathilde Paule Louise Malroc de Lafage, fille aînée de Guillaume Dominique Carloman Malroc de Lafage et de Sabine Marie Thérèse Bernard de la Boucherolle, est devenue religieuse. Elle mourra le le 11 juillet 1890 à Toulouse, au nº 13 de la rue de la Dalbade.

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2363 (1839-1852). Vue 35.

Marianne Justine Malroc de Lafage, soeur Guillaume Paul Benoît Malroc de Lafage, meurt le 17 novembre 1839 dans sa demeure de la rue du faubourg d’Amont. On reconnaît la localisation de cette dernière à la mention « au faubourg d’Amont », quartier auquel l’hôtel particulier de la famille Malroc appartenait sous l’Ancien Régime déjà.

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2363 (1839-1852). Vue 143.

Le 12 janvier 1843, Sabine Marie Thérèse Bernard de la Boucherolle, veuve de Guillaume Antoine Carloman Malroc de Lafage, meurt dans cette même « maison d’habitation de la rue du faubourg d’Amont ».

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2356 (1819-1835). Vue 455 sqq.

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2363 (1839-1852). Vue 214.

Jeanne Marie Joséphine Malroc de Lafage, autre fille de Dominique Antoine Carloman Malroc et de Sabine Marie Thérèse Bernard de la Boucherolle, mariée le 26 août 1833 à Gustave Hyacinthe Barthélémy de Calouin, comte de Tréville 5Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Mariages. Document 1NUM/4E2356 (1819-1835). Vue 455 sqq., capitaine des dragons, meurt sans descendance le 8 novembre 1844 « dans sa maison d’habitation, sise en ville au faubourg d’Amont ».

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Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2363 (1839-1852). Vue 351.

Guillaume Paul Benoît Malroc de Lafage, fils cadet de Guillaume Dominique Malroc de Lafage et de Jeanne Airolles, meurt le 26 août 1848 « dans sa maison d’habitation, sise rue Saint Maurice », du nouveau nom sans doute de l’ancienne rue Courlanel.

Après 1848, on ne trouve plus trace de la famille Malroc de Lafage dans les tables décennales de Mirepoix. Charles Firmin Malroc de Lafage, né le 12 septembre 1808 ; Françoise Rosalie Pauline Malroc de Lafage, née le 1er août 1811, demeurent absents des registres mirapiciens. Que sont-ils devenus ? Je l’ignore pour le moment. On ne retrouve en tout cas nulle part aucun Malroc dans la Liste nominative des habitants de la commune de Mirepoix en 1906. A suivre donc.

References   [ + ]

1. Cf. Registre municipal. 10 septembre 1792 : « 200 à 300 hommes ont brisé, volé, incendié les meubles, effets, titres, papiers et documents de Malroc maire. »
2. « Cousin germain de Barthélémy Bernard de Saint-Julien, dont le père, François Bernard, bourgeois de Bélesta, a acheté le 14 décembre 1734 les seigneuries de Saint-Jean-de-Briola et de Pechdacou dans le diocèse de Mirepoix, Philippe Joseph Bernard, fils d’un avocat des ordinaires de Belcaire, puis de Puivert, devient chevalier de Saint-Louis, co-seigneur de Baziège, et prend le nom de La Boucherolle suite à son mariage avec la fille de X. de La Boucherolle, avec qui il partage la co-seigneurie de Baziège. » Cf. Pierre Arches, Une fédération locale, la confédération des Pyrénées (1789-1790), in Bulletin d’histoire économique et sociale de la Révolution française, Edition CTHS, Paris, 1960-1983.
3. Cf. Christine Belcikowski. A propos de la réouverture de l’ancien hôtel particulier de la famille Malroc de Lafage.
4. Sur le plan 3 du compoix de 1766, cette maison porte le nº 149. En 1766, elle appartenait à Jean Rabinel, avocat au parlement. Au XVIIe, elle appartenait à Henri de Calages, officier du sel, et Pierre Pol Riquet, alors lui aussi officier du sel, y a travaillé en association avec Henri de Calages douze années durant. Cf. La dormeuse blogue 3 : A Mirepoix – Moulon de… la porte d’Aval, rue Courlanel, le Grand Couvert, place Saint Maurice et grande place – n°128 à 166.
5. Archives départementales de l’Ariège. Mirepoix. Mariages. Document 1NUM/4E2356 (1819-1835). Vue 455 sqq.

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