A Coutens – Visite aux ruines de l’ancienne église Saint Martin

 

Histoire et Patrimoine en pays de Mirepoix, la bible du promeneur de notre contrée, signale à flanc de côteau, au dessus de Coutens, l’existence de ruines qui sont celles d’une église ou d’une chapelle d’amount (en-haut) dédiée jadis à Saint Martin, distincte au demeurant de l’église d’aval (en-bas), édifiée au XVIIe siècle, également dédiée à Saint Martin, saint sous le patronage duquel le village se trouve originairement placé :

Coutens, Eglise Saint Martin
Il n’en reste aujourd’hui que quelques pans de murs envahis de ronces. Elle se trouve dans les collines. En 1692, d’après les reconnaissances du Marquis de Mirepoix, elle était entourée d’un jardin. « On dit qu’un petit sarcophage d’enfant aurait été trouvé dans les environs de l’église Saint Martin, puis revendu… »
1Cf. Coutens, in Histoire et Patrimoine en pays de Mirepoix, p. 151, édition Communautés de Communes du Pays de Mirepoix et de la Vallée Moyenne de l’Hers, 2006.

Le « jardin » mentionné sur les reconnaissances du Marquis de Mirepoix s’est depuis longtemps perdu. Mais le vert du pré bien entretenu au milieu duquel s’élèvent les restes de l’église conserve quelque chose de l’esprit qui fut celui de l’ancien jardin. Désormais utilisées à des fins agricoles, les ruines de l’ancienne église Saint Martin abritent cet automne des balles de paille. Ainsi occupé, l’intérieur de l’édifice se trouve presque totalement interdit à la vue. Impossible d’en mieux observer les détails. Une baie toutefois, de style roman comme la voûte sous laquelle elle ouvre un jour étroit, demeure visible derrière les balles.

Le tour extérieur de l’édifice permet de constater la belle qualité de l’appareil de pierre ainsi que le cintre très pur de la baie. Quoique peuplée de graminées et gravement bouleversée par endroits, la couverture de lauzes subsiste. Les trous de boulin visibles à l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice constituent sans doute les vestiges de l’échafaud 2Cf. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, tome V, article Echafaud. qui a servi jadis à la construction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La visite des ruines de Saint Michel à Coutens, comme auparavant celle des ruines de Notre Dame de Sonac à La Bastide de Bousignac, me fait revenir en mémoire ce distique très fameux d’Angelus Silesius dans le Pèlerin chérubinique :

La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit,
elle ne soucie pas d’elle-même, elle ne réclame pas qu’on la voie.
3Johann Scheffler, dit Angelus Silesius, Cherubinischer Wandersmann oder Geistreiche Sinn- und Schlussreime zur göttlichen Beschaulichkeit anleitende, Le Pèlerin chérubinique. Description sensible des quatre choses dernières, I, 289 : Die Ros’ ist ohn Warum ; sie blühet, weil sie blühet,
Sie acht’t nicht ihrer selbst, fragt nicht, ob man sie siehet ?
.

Saint Michel à Coutens, Notre Dame de Sonac à La Bastide de Bousignac, ces chapelles retirées dans leur solitude semblent, comme la rose, « sans pourquoi ». L’examen attentif de la position qu’elles occupent sur la carte de Cassini, montre qu’au moins sub specie temporis, ces chapelles ne sont pas sans pourquoi, puisqu’elles marquent de leur présence discrète la limite qui est en cet endroit celle du diocèse de Mirepoix 4Cf. Histariège, Diocèses et évêques, Cartes des diocèses avant la Révolution (en bas de page)..

 

Notez ci-dessus, à proximité de Coutens et de La Bastide de Bousignac, la ligne discontinue qui symbolise la limite de l’ancien diocèse de Mirepoix.

A lire aussi : A la Bastide de Bousignac – Visite aux ruines de Notre Dame de Sonac

Notes   [ + ]

1. Cf. Coutens, in Histoire et Patrimoine en pays de Mirepoix, p. 151, édition Communautés de Communes du Pays de Mirepoix et de la Vallée Moyenne de l’Hers, 2006.
2. Cf. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, tome V, article Echafaud.
3. Johann Scheffler, dit Angelus Silesius, Cherubinischer Wandersmann oder Geistreiche Sinn- und Schlussreime zur göttlichen Beschaulichkeit anleitende, Le Pèlerin chérubinique. Description sensible des quatre choses dernières, I, 289 : Die Ros’ ist ohn Warum ; sie blühet, weil sie blühet,
Sie acht’t nicht ihrer selbst, fragt nicht, ob man sie siehet ?
.
4. Cf. Histariège, Diocèses et évêques, Cartes des diocèses avant la Révolution (en bas de page).
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