A Mirepoix – Moulon du pont de Raillette jusqu’au ruisseau de Countirou et la rivière de l’Hers

 

Ci-dessus : dressée en 1766, carte du « moulon du pont de Raillette jusqu’au ruisseau de Contirou et à la rivière de l’Hers jusqu’au grand pont sur la dite rivière ».

Le moulon figuré ci-dessus jouxte celui de L’Isle 1Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le quartier de Lilo – L’Isle et le Bascou. et celui du Saint-Sacrement 2Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le moulin du Saint-Sacrement., sur le flanc nord de ces derniers. Il se trouve délimité sur ce flanc-là par l’ancien chemin de Countirou (aujourd’hui rue Jacques Miquel) et par le canal du moulin (aujourd’hui le Béal).

Les autres limites du moulon considéré sont à l’est le bord du Countirou, à l’ouest le grand chemin du pont à Mirepoix (aujourd’hui avenue du Pont), et au nord le bord de l’Hers.

On remarque que depuis 1766 l’embouchure du Countirou s’est déplacée. Elle se situe amont à plus grande distance du pont sur l’Hers.

Le cartographe dessine en 1766 un pont de bois. Le pont de pierre date de 1789 3Cf. La dormeuse blogue : Arthur Young à Mirepoix.. Issu du prolongement de l’ancienne promenade du Rumat, le cours du Jeu du Mail crée dans le moulon une trouée qui n’existait pas en 1766. Il longe le site qui fut jadis celui de la ladrerie (n°11). Initialement dédiée aux lépreux, d’où située hors les murs de la ville, la ladrerie accueillait de façon plus large les malades, les pauvres et les pèlerins de Saint Jacques. Au XVIIe siècle, elle a sans doute bénéficié de l’activité charitable de la Compagnie du Saint-Sacrement, qui avait investi, entre la promenade du Rumat et la rue du grand faubourg Saint Jammes, dans la boucle du canal du moulin, le moulon immédiatement voisin 4Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le moulin du Saint-Sacrement.. La dite ladrerie perd ensuite son affectation ancienne, puisque, comme signalé dans le compoix, François Dassier, bourgeois, est en 1766 propriétaire de « la maison, autrefois la ladrerie », ainsi que l’autre couvert et du ferratjat 5Cf. Louis Alibert, Dictionnaire Occitan-Français, Institut d’Estudis Occitans, 1966, p. 397 : ferratjat, champ de fourrage. attenants.

 

Vue de la façade principale de la résidence installée sur le site de l’ancienne ladrerie.

 

Vue de la façade latérale de la même résidence, depuis le cours du Jeu du Mail.

Prolongée par la suite sur son flanc est, la bâtisse qualifiée de simple « couvert » en 1766 a fait récemment l’objet d’une vaste opération immobilière. Rénovée et lotie, elle prétend aujourd’hui au statut de résidence, après distribution de son profil de longère, au bord du cours du Jeu du Mail, en une suite d’appartements et de jardins mitoyens.

 

La »maison, autrefois la ladrerie » demeure visible, quant à elle, dans la cour de la résidence. On l’entrevoit également, en arrière-plan, depuis le pont de Raillette 6Cf. Infra., lorsqu’on se place sous le chêne vert, réputé vieux de huit cents ans, comme on sait.

 

Voici la liste des propriétaires des parcelles enregistrées sur le compoix de 1766 :

1. Jacques Rivel, marchand tanneur : maison servant d’adoubairie à tanner des cuirs 7Adoubairie, ou adouvairie : atelier de tanneur/corroyeur. Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le quartier de Lilo – L’Isle et le Bascou. avec un patu 8Patu : à Mirepoix, cour ouverte. ou boulmières 9Boulmières : mot inconnu des dictionnaires ; il pourrait donc s’agir d’un mot forgé, propre au parler de Mirepoix, issu peut-être de la corruption de “holmières”, ou “olmières”, i. e. ormaie, terrain planté d’ormeaux., jardin et breil à Countirou
2. Demoiselle Anne Amat : maison et jardin, pré, breil et gravier à Countirou
3. Communauté
4. Jacques Rivel, teinturier dit le Romain : pré au pont
5. Jean Pierre Rivel marchand : pré au pont
6. Jacques Rivel, teinturier dit le Romain : vigne à Raillette
7. Alexandre et François Sutra frères, marchands tanneurs : vigne à Raillette
8. Jean Pierre Rivel marchand : vigne à Raillette
9. Maître Guillaume Letu, notaire royal et tabellion du marquisat de Mirepoix : champ à Raillette
10. François Dassier, bourgeois : pré à auzerda 10Cf. Louis Alibert, Dictionnaire Occitan-Français, Institut d’Estudis Occitans, 1966, p. 132 : auzerda, ou ausèrda, luzerne. à Raillette
11. François Dassier, bourgeois : maison, autrefois la ladrerie, et autre couvert, ferratjat à Raillette
12. M. le Marquis de Mirepoix : herm 11Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle, 1881-1902, version numérisée : herm, ou herme, terrain vague, terre inculte. au pont de Raillette.

 

Je vous invite à faire le tour de ce moulon resté champêtre malgré le flot de voitures et de camions qui le traversent quotidiennement, via la trouée naguère ouverte en son milieu par le prolongement de l’ancienne promenade du Jeu du Mail.

 

Je me trouve ici au pont de Raillette 12Faute d’autres renseignements sur le nom « Raillette », je renvoie ici aux articles « Raille », « Roile » ou « Roille », et « Reille » du Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle (1881-1902) de Frédéric Godefroy. « Reille » : « ais, bardeau, poutrelle » ; « barre pour fermer une porte » ; « sillon, ornière ». Le nom « Raillette » pourrait donc évoquer la façon d’un pont de bois, ou bien la barrière sise au passage du dit pont, ou encore l’aspect de ravin que présente ici le cours du Béal., sous lequel le Béal (autrefois le canal du moulin) continue son chemin vers le foulon et « moulin d’embas » 13Cf. La dormeuse : Le canal du moulin – 1. Du Countirou au pont de Raillette ; Le canal du moulin – 2. Du pont de Raillette au moulin.. Le moulon s’étend jusque »à l’Hers et au Countirou, à partir du Béal. On entrevoit sous le vieux chêne la façade sud de « la maison, autrefois la ladrerie » (n°11). Au bord du Béal, le jardin dans lequel s’élève une balançoire, c’est l’ancien herm du marquis de Mirepoix (n°12).

 

Longeant l’entrée de la résidence installée sur le site de l’ancienne ladrerie, je me dirige maintenant vers le pont sur l’Hers. Invisible en contrebas de l’avenue, derrière la haie de thuyas, sur ma droite, les anciens champ de Maître Guillaume Letu, notaire royal et tabellion du marquisat de Mirepoix (n°9), et pré à auzerda de François Dassier, bourgeois (n°10).

 

Juste avant le pont, j’emprunte à droite, derrière le banc, le chemin qui s’enfonce au coeur du moulon. Je m’engage ici sur un terrain qui avait en 1766 le statut de communal (n°3), de telle sorte que la population de Mirepoix y avait librement accès à l’eau et au bois.

 

Derrière moi, les arches du pont.

 

Sur ma droite, côté Countirou, les anciens « pré, breil et gravier » de Demoiselle Anne Amat (n°2) ; côté cours du Jeu du Mail, l’ancien « pré au pont » de Jean Pierre Rivel, marchand (n°5), et, sur fond de ciel, au loin, la flèche de l’ancienne cathédrale Saint-Maurice.

 

Je descends maintenant vers les bords humides de l’Hers. Le sentier débouche à proximité immédiate des piles du pont.

 

 

Quittant la rive de l’Hers, je remonte sur le chemin qui circule à l’intérieur du moulons, entre prés et jardins. Ici, au pied d’un tas de gravats, une belle pierre, dont le profil muet pourrait être celui d’une idole primitive, en tout cas celui d’une sorte de génie du lieu.

 

Le cabanat au toit lesté de pierres, marque le début du territoire qui fut jadis, au bord du Countirou, celui de Demoiselle Anne Amat (n°2). A droite du chemin, sur l’image, là où s’ouvre une longue perspective de jardins, s’étendait en 1766 le « pré au pont » de Jacques Rivel, teinturier dit le Romain (n°5).

 

Vues de l’ancienne propriété de Demoiselle Anne Amat (n°2). La ligne d’arbres au fond ourle la rive du Countirou.

 

Au-delà de l’ancien champ de Maître Guillaume Letu, notaire royal et tabellion du marquisat de Mirepoix (n°9), vues de la résidence installée sur le site de l’ancienne ladrerie (n°11). Et, par-dessus le toit de la résidence, le clocher de l’ancienne cathédrale Saint Maurice.

 

Sous l’avenue du Pont, vues des anciens champ de Maître Guillaume Letu, notaire royal et tabellion du marquisat de Mirepoix (n°9), et pré à auzerda de François Dassier, bourgeois (n°10). Au dessus de l’ancien « pré à auzerda« , l’avenue du Pont.

 

Avant de quitter le vieux chemin que je viens de parcourir, un dernier regard sur le paysage que je laisse derrière moi. Au bout du chemin, sur la colline, on aperçoit le château de Terride. Encore debout au bord du chemin, un pan du mur qui fermait jadis la propriété de Demoiselle Anne Amat (n°2). En face de moi, de l’autre côté du cours du Jeu du Mail, là où s’étendent un vaste jardin et une serre, il faut imaginer les vignes de Jacques Rivel, teinturier dit le Romain (n°6), d’Alexandre et François Sutra frères, marchands tanneurs (n°7), et de Jean Pierre Rivel marchand (n°8).

 

Remontant le cours du Jeu du Mail en direction du Rumat, je longe ici l’ancienne propriété de Demoiselle Anne Amat (n°2). Je vois apparaître progressivement la façade arrière de la maison.

 

Je double ici le portail qui donne sur l’arrière de la maison.

 

Construite sur un terrain qui descendait jadis en pente douce depuis le pont de Raillette jusqu’au Countirou, la maison hélas se retrouve aujourd’hui surbaissée et comme abîmée en contrebas du cours du Jeu du Mail, dont le prolongement vient crever ici l’unité de l’ancien moulon.

 

Vues de la façade principale de l’acienne maison de Demoiselle Anne Amat.

 

Continuant de cheminer cours du Jeu du Mail en direction du Rumat, j’aperçois, à proximité de l’entrée de la rue Jacques Miquel, la façade arrière de l’ancienne « maison servant d’adoubairie à tanner des cuirs avec un patu ou boulmières, jardin et breil à Countirou » (n°1), de Jacques Rivel, marchand tanneur.

 

Vues de l’ancienne « maison servant d’adoubairie » depuis l’entrée de la rue Jacques Miquel, et à partir de la passerelle sur le Countirou.

 

Vue du site de l’ancienne adoubairie depuis la passerelle sur le Countirou.

 

Le terme de ma promenade aujourd’hui est au Countirou. Je vous quitte sur la passerelle. L’eau concentre sous les saules un reflet bleu. L’étiage est bas. L’été s’avance…

A bientôt.

Notes   [ + ]

1. Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le quartier de Lilo – L’Isle et le Bascou.
2, 4. Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le moulin du Saint-Sacrement.
3. Cf. La dormeuse blogue : Arthur Young à Mirepoix.
5. Cf. Louis Alibert, Dictionnaire Occitan-Français, Institut d’Estudis Occitans, 1966, p. 397 : ferratjat, champ de fourrage.
6. Cf. Infra.
7. Adoubairie, ou adouvairie : atelier de tanneur/corroyeur. Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix – Le quartier de Lilo – L’Isle et le Bascou.
8. Patu : à Mirepoix, cour ouverte.
9. Boulmières : mot inconnu des dictionnaires ; il pourrait donc s’agir d’un mot forgé, propre au parler de Mirepoix, issu peut-être de la corruption de “holmières”, ou “olmières”, i. e. ormaie, terrain planté d’ormeaux.
10. Cf. Louis Alibert, Dictionnaire Occitan-Français, Institut d’Estudis Occitans, 1966, p. 132 : auzerda, ou ausèrda, luzerne.
11. Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle, 1881-1902, version numérisée : herm, ou herme, terrain vague, terre inculte.
12. Faute d’autres renseignements sur le nom « Raillette », je renvoie ici aux articles « Raille », « Roile » ou « Roille », et « Reille » du Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle (1881-1902) de Frédéric Godefroy. « Reille » : « ais, bardeau, poutrelle » ; « barre pour fermer une porte » ; « sillon, ornière ». Le nom « Raillette » pourrait donc évoquer la façon d’un pont de bois, ou bien la barrière sise au passage du dit pont, ou encore l’aspect de ravin que présente ici le cours du Béal.
13. Cf. La dormeuse : Le canal du moulin – 1. Du Countirou au pont de Raillette ; Le canal du moulin – 2. Du pont de Raillette au moulin.
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8 réponses à A Mirepoix – Moulon du pont de Raillette jusqu’au ruisseau de Countirou et la rivière de l’Hers

  1. Martine Rouche dit :

     » On appelait Maladrerie l’hôpital où l’on recueillait pour les soigner, les malheureux atteints de la lèpre.
    Les lépreux, nombreux autrefois, avaient pour patron saint Lazare, frère de Marie et de Marthe, qu’on supposait être mort de la lèpre. Le nom de Lazare fut changé par la langue populaire en celui de ladre. Les lépreux furent appelés ladres et les hôpitaux dans lesquels on les soignait, léproseries ou maladreries.
    L’ Eglise chercha toujours à vaincre la répugnance qu’inspiraient les lépreux ; elle leur assigna une place distincte dans le lieu saint et au cimetière; un ordre religieux, celui de Saint Lazare, fut institué pour leur soulagement spécial. Au XIIIe siècle, on comptait 10 000 léproseries dans la chrétienté, 3 000 en France seulement.
    Il y en avait une à Pamiers sur le plateau de la Roquette. Mirepoix avait la sienne. Elle était située à droite du pont du canal sur le chemin qui conduit au pont de l’Hers, dans la ferme appelée encore aujourd’hui La Malaoutio.
    Un acte du notaire Vidalat nous donne la nature, la superficie et les confronts de cet établissement charitable.
    « Le 6 mai 1698…. Michel Gaillard, marchand de Mirepoix et Antoine Gautié, hoste, bailles modernes de l’hôpital de la présente ville, baillent à ferme et à arrentement à Jean et Guillaume Fiolles, frères laboureurs et habitants dudit Mirepoix, la maison et le jardin autour d’icelle dépendant de la Maladrerie de Mirepoix, confrontants d’auta et acquilon rues; midy le bézal du moulin; cers le ruisseau descendant dudit bézal, ensemble un petit loupin de terre audessous de la Croix plantée au planol de ladite Maladrerie confrontant dauta le breil de Pierre Rivel, un petit canal au milieu, midy ledit planol, cers et acquilon rues, pour le temps et terme de six années… moyennant la somme de 15 livres payable à chaque feste des Saints, etc… Témoins Paul Fourtassy, bourgeois Jean Amiel. »

    La Maladrerie de Mirepoix était sans doute connue comme tant d’autres sous l’invocation de saint Jacques, d’autant qu’elle pouvait donner abri aux pèlerins se dirigeant vers Compostelle; c’est pourquoi la rue qui s’ouvre directement sur le faubourg (barry) s’appelle rue Saint-Jammes (autre forme de « Saint-Jacques »).
    La lèpre étant devenue plus rare et moins dangereuse depuis le XVIe siècle, Louis XIV donna les biens des léproseries aux hôpitaux, aussi voyons-nous l’hôpital de Mirepoix, à partir de cette époque, affermer à des particuliers la Maladrerie de notre ville.
    Depuis la Révolution, la maison des lépreux n’est plus la propriété de l’hospice. Peut-être fut-elle aliénée au profit de la Nation en même temps que les métairies de la Redonde à Moulin-Neuf, de Saint-Peyre à Troie d’Ariège, trois autres métairies à Caudeval, etc… vendues par ordre des districts de Pamiers et de Limoux.

    La famille Pons-Tande a possédé pendant tout le XIXe siècle la Malaoutio de Mirepoix. Il y a à peine vingt-cinq ans qu’elle s’en est dessaisie.
    Nous avons remarqué qu’une croix s’élevait au milieu du planol de la Maladrerie. Cette croix fut déplacée après la vente de cet établissement charitable et installée à côté du pont du béal et remplacée elle-même par une croix en pierre de taille qui porte au centre le millésime de 1796.  »

    Chanoine Robert, avril 1926, bulletin diocésain

  2. Martine Rouche dit :

    Tu connais ce document que je t’ai déjà communiqué, et qui a une saveur extraordinaire! La période n’est pas la même (1825) que celle du compoix, mais les lieux correspondent au moulon que tu proposes de visiter, alors … je ne résiste pas au plaisir de partager la savoureuse aventure de la barrique tiercerolle !

     » Charles par la grace de Dieu Roi de France et de Navarre, a tous presens et avenir salut:
    Le tribunal de la justice de paix du canton de Mirepoix a rendu le jugement dont la teneur suit:
    Audience du vingt-deux octobre Mil huit cent vingt cinq, tenue a Mirepoix par M. pierre jean Baptiste Denat juge de paix du canton de Mirepoix:
    cause du Sieur pierre Cassé propriétaire habitant de Mirepoix, demandeur comparans
    contre Lesieur Pascal Cassé négociant – habitant de Mirepoix defendeur comparans
    Par jugement du quatorze du courant qui sera enregistré avant le présent, Le demandeur fut admis aprouver tant par actes que par témoins acette audience, comm’il avait fait audit Sieur Pascal Cassé son frère la remise de la barrique tiercerolle cerclée de quatre cercles en fer et qui fait l’objet du procès, et
    Par exploit du dix du courant de Lhuissier Mathieu enregistré, Ledit Sieur Pierre Cassé demandeur a fait citer en temoins, françois génis roulier, françois bourges et baptiste cathala portefaix et marie Maris tous habitans de Mirepoix pour deposer sur les faits et circonstances dela remise de ladite barrique et attendu que les temoins cités sont presens il a requis qu’il nous plaise de recevoir leur audition:
    Ledit Sieur Pascal Cassé ne s’est pas opposé à cette audition, reservant de proposer ensuite ses moyens de défense.
    Il a été procédé al’audition des temoins comme suit:
    françois génis roulier, agé comme a dit de trente un ans demeurant à Mirepoix, a juré de dire vérité, et n’être parent serviteur ni domestique des parties, et sur le jugement interlocutoire dont lecture lui a été faite
    Dépose qu’il y a environ deux ans qu’il vit pierre cassé faisant rouler devant lui une barrique tiercerolle dans la rue dite des potiers et qui arrivé au bout de cette rue prit sa direction vers la maison dudit Sieur pascal cassé, que ledit pierre Casse dit au déposant cest une barrique que mon frère avait pretée asutra et que jevais lui rendre, mais qu’il n’a pas vu si effectivement Ladite barrique entra chez ledit pascal cassé.
    Lecture faite au temoin de sadeclaration adit quelle contenait vérité et sursa demandeL’avons taxé cinquante centimes requis de signer.
    Francis Bourges portefaix, agé comme a dit de vingt-un ans demeurant à Mirepoix ajuré de dire vérité et n’etre parent serviteur ni domestique des parties et sur le contenu audit jugement:
    Dépose qu’il ne sait rien sur la remise de la barrique dont s’agit:
    Lecture faite autemoin desadeclaration adit qu’elle contient vérité, et sur sa demande L’avons taxé cinquante centimes requis de signer a dit nesavoir.
    Baptiste Cathala portefaix agé, comme a dit, de trente ans demeurant aMirepoix, ajuré de dire vérité, et n’etre parent, serviteur ni domestique des parties et sur le contenu aususdit jugement dont lecture lui a été faite:
    Dépose qu’il ne sait rien derelatif a laremise de la barrique dont s’agit:
    Lecture faite au temoin desa Declaration adit quelle contient verite et sur sa demande nous l’avons taxé cinquante centimes requis de signer adit ne savoir.
    Marie Maris femme Gibent, agée comme a dit de vingt quatre ans, demeurant aMirepoix, ajuré dedire la vérité et n’etre parent Serviteur ni domestique des parties, et sur le contenu aususdit jugement dont lecture lui a été faite Dépose qu’il y a environ deux ans, passant sur le pont du béal, elle vit le sieur pierre cassé faisant rouler une barrique devant lui cerclée en fer, que le sieur Pascal Cassé était aussi sur ledit pont et dit ason frère
    Pierre, est-ce que tu me rends la Barrique, oui repondit pierre cassé: – quelle vit les deux frères prendre la direction vers la maison de pascal cassé.
    Interpelle, Le témoin; si la barrique que conduisait pierre cassé était une tiercerolle et si elle était cerclée en fer
    Repond, après avoir un peu réfléchi, qu’il n’ensavait trop rien, et puis il ajouté que c’était une tiercerolle parce qu’elle en avait vu comme cela chez son frère:
    Lecture faite au temoin de sa déclaration adit quelle contient vérité, et sur sa demande, nous l’avons taxée cinquante centimes – Requise de signer adit nes avoir.
    L’enquete etant etant terminée ouï ledit sieur pascal cassé qui a conclu ason relaxe par la raison que L’enquete n’est pas concluante:
    oui Ledit sieur pierre cassé qui conclut au contraire autre relaxe de la demande fournie contre lui par sutra en remise de la barrique tiercerolle cerclée en fer, attendu qu’il resulte de la deposition des temoins qui ont été entendus que cette remise a été faite par lui pierre cassé à pascal cassé, il y a environ deux ans:
    en fait pierre cassé a demandé afaire preuve par temoins comm’il avait remis apascal cassé son frère la barrique tiercerolle que sutra lui demande et qu’il appartenait audit pascal cassé qui la lui avait pretée
    endroit la preuve offerte par pierre cassé et qui a eu lieu – preuve t’elle suffisament la remise decette barrique par pierre cassé à pascal cassé?
    Sur quoi
    considerant que sur quatre temoins produits par pierre cassé,pour établir la preuve qu’il a été chargé de faire, deux déclarent ne rien savoir sur cette remise de la barrique
    qu’un troisième temoin depose seulement d’avoir vu, il y a environ deux ans, pierre cassé faisant rouler devant lui dans la rue des potiers une barrique tiercerolle cerclée en fer et que ledit pierre cassé lui dit appartenir ason frère pascal cassé qu’il allait La lui rendre sans que le temoin puisse affirmer si cette remise eut lieu
    qu’un quatrième temoin depose qu’a cette meme epoque il vit pierre cassé faisant rouler devant lui une barrique sur le pont du canal du moulin ou se trouva pascal cassé et qu’il les vit ensuite s’acheminer tous les deux vers la maison de pascal cassé
    que de la deposition de ce temoin combinée avec celle du troisième, on pourrait conjecturer que laremise de la barrique a été faite; mais que la deposition de ce temoin ne paraît pas etre bien digne de foi; parce que interrogé s’il se rappelle que cette barrique fut grande ou moyenne ou petite il repond qu’il ne s’en apercut pas qu’il ne connait pas la qualité des barriques, qu’il ne peut acet égard donner aucun renseignement; et neanmoins a déclaré ensuite que c’était une tiercerolle, et sur la nouvelle interrogation, aquoi il a connu que ce fut une tiercerolle, puisqu’il ne se rappelle pas si la barrique était grande ou petite et qu’il ne connait la qualité des barriques, ce qui implique contradiction, puisque s’il a connu que ce fut une tiercerolle il aduvoir et connaître sa capacité, il ne repond autre chose sinon que c’était une tiercerolle qu’il en avait vu chez son frère:
    que la deposition de ce temoin neprésentant pas au tribunal un Degré de confiance asses grand, la preuve offerte n’est pas concluante.

    Par ces motifs

    Le tribunal jugeant en dernier ressort arelaxé et relaxe Lesieur pascal cassé dela demande en garantie formée contre lui par pierre cassé son frère et statuant sur le fonds condamne pierre cassé arendre a sutra demandeur dans le délai de deux mois acompter de ce jour la Barrique tiercerolle cerclée de quatre cercles en fer qu’il areçue dudit sutra atitre de comodat et qui peut être de valeur de vingt francs , condamne Ledit Sieur pierre casse atous les frais parlui exposés et à ceux exposés par sutra seportant a quatre francs cinquante centimes et aucy du present jugement.

    Ainsi jugé en audience publique les jour et an susdits
    acette cause requerant Ledit Sutra mandons et ordonnons atous huissiers requis demettre le present jugement aexecution , anos procureurs generaux et nos procureurs pres les tribuanux de première instance dy tenir la main , a tous commandans et officiers de la force publique de preter main forte lorsqu’ils en seront legalement requis:
    En foi dequoi lepresent jugement aété signé par le juge et par le greffier sur la minute enregistrée aMirepoix le dix novembre 1825 f° 65 M.C.3 Reçu cinq francs cinquante centimes Dupuy signé

    cautionné
    Boudouresque greffier

    timbre…..3 – 75
    E.roles….2 – 40
    _____
    6 – 15  »

    (Archives personnelles)

  3. autissier dit :

    merci Christine et par ricochet Martine – Une promenade magnifique que je n’aurais pu faire moi-même, des photos lumineuses, quelques endroits que j’ai reconnus, et des commentaires très pointus – super! colette

  4. Martine Rouche dit :

     » Le 5 jour (décembre 1604) a esté baptise Jean François Vernhes fils de Guilhaume Vernhes et de Marie Foulquier mariés demeuran à présent à la maladrerie de ceste ville natifs de figat de laumagne, parrin Mr Jean Allard consul, marrine damoizelle Françoise d’Ernot feme à Mr Isaac Tournier docteur et le baptesme a esté administré dans la chappelle de ladite maladrerie come est la coustume.  »

    Registre BMS Mirepoix

  5. Jacques Gironce dit :

    Découverte importante: le numéro 3 du moulon de la maladrerie, signalé comme » commun « . Question: ne serait-ce pas l’emplacement du cimetière et de la chapelle St. Michel, que je cherchais en vain ? Si non, coïncidence insoutenable…
    Je découvre avec reconnaissance l’existence de la chapelle de la léproserie, que je supputais. Merci Martine. Souvenez-vous que je reste preneur pour toute nouvelle découverte du genre; (vous savez pourquoi.)

  6. josèp dit :

    Je recherche l’origine toponymique du terme « Countirou » sans doute en oc « Contiron »
    Merci de me renseigner si vous avez une idée

  7. H Rumeau dit :

    Merci Christine pour cette visite ;ce quartier je l’imagine maintenant comme il devait être il y a deux siècles :bien animé !
    Merci Martine pour toutes ces précisions .

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