Quelques reliques du Mirepoix de la Révolution

 

Section A n°14 et 18, couvert Saint Antoine. En l’an VII : Jean François Roubichou, menuisier, n°14 ; Jean Paul Denat, n°18.

 

Section a, n°19 couvert Saint Antoine ; section A, n°28 rue Maréchal Clauzel, autrefois rue Courlanel ou rue des Pénitents Bleus. En l’an VII : Joseph Pierre Marie Vigarozy, médecin, A 19 ; François Maleville, cultivateur, A 28.

 

Section A n°40 rue du Maréchal Clauzel ; section A n°103 Grand Couvert. En l’an VII : Charles Bertrand, négociant, A 40 ; Veuve Villeneuve, marchande, A 103.

 

Section A n°144 et 145 rue Porte d’Amont. En l’an VII : Jean Carrière, bourrelier, A 144 ; néant, A 145

 

Section A n°152 couvert Servant ; section A n°170 couvert de la Porte de Laroque. En l’an VII : Frères Vergnes, A 152 ; Louis Sartre, dit Belle Humeur, marchand du sel, A 170.

 

Section a n°176 couvert de la Porte de la Roque ; section b n°124 rue Victor Hugo. En l’an VII : Jacques Vidal, astronome, A 176 ; néant, B 124.

 

Section C n°272 rue Victor Hugo, autrefois rue du grand faubourg Saint Jammes. En l’an VII : Gaubert, aubergiste, C 272.

Sous l’Ancien Régime, le plan de la commune de Mirepoix comprenait 116 moulons, dont 7 moulons « intra muros ». La Révolution entraîne une révision de ce découpage. La commune comprend, à partir de 1791, 3 sections, A, B, C, et une section foraine dénommée « Métairies ». La nouvelle municipalité hélas n’a pas laissé de plan sur papier, mais elle a fait peindre, sur chacune des maisons de la ville, un cartel rectangulaire indiquant de façon bien visible la lettre de la section et le numéro de la maison concernée. Ce sont les restes de cette numérotation que j’ai photographiés ici.

Pour savoir qui logeait dans les années 1790 aux adresses photographiées ci-dessus, j’ai consulté aux archives le rôle de la contribution des portes et des fenêtres de l’an VII.

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3 réponses à Quelques reliques du Mirepoix de la Révolution

  1. Martine Rouche dit :

    Il n’y a pas que la poudre des vieux manuscrits, il y a aussi les rues par les pieds … Ou : le territoire et la carte !

    1. Pour le marchand de sel, j’avais déchiffré  » Louis Chartre Belimier « , mais rien n’est sûr. Il y avait aussi Louis Sartre, dit Betteneuv [sic], marchand de sel, à cette même période, qui vend 2 boisseaux de sel au citoyen Maudet pour 6 francs. Bien que Ballainvilliers, intendant du Languedoc à Montpellier, ait signé l’abolition de la gabelle, du quart-bouillon et des droits relatifs à la vente du sel avec effet au premier avril 1790, le  » grenié marchand du sel  » est encore mentionné à Mirepoix en Thermidor, an 6.
    2. Je suis enchantée de savoir où résident les frères Vergne (ou : Vernhes), trois frères qui apparaissent fréquemment sur le registre des demandes de certificats de résidence.
    Les trois frères s’appellent François, Barthélémy et Jean Antoine.
    François demande cinq fois un certificat de résidence, ce qui indique qu’il avait à se déplacer assez souvent, entre le 12 mars 1793 et le  » 20e jour du 2e mois de l’an 2 « . Il ne signale son état ecclésiastique que pour le troisième certificat, daté du 14 juin 1793. Il est  » ecclésiastique ci devant bénéficier du ci devant chapitre de Mirepoix « . Il a 65 ans, mesure 5 pieds et 3 pouces, a les cheveux gris et porte perruque, a les sourcils gris, les yeux châtain, un nez bien fait, la bouche petite, le menton rond, un grand front et un visage ovale.
    A deux reprises, le certificat de résidence lui est accordé en même temps qu’à d’autres prêtres.
    Barthélémy se présente comme cultivateur. Il a 63 ans, mesure 5 pieds et 4 pouces, a lui aussi les cheveux gris et porte lui aussi perruque. Il a aussi les sourcils gris, les yeux châtain, mais le nez aquilin, la bouche moyenne, le menton aplati, un grand front et le visage allongé.
    Jean Antoine est le plus jeune. Il a 59 ans, mesure 5 pieds et 5 pouces, et n’indique jamais de métier ni d’état. Il a lui aussi les cheveux gris mais ne porte pas perruque. Il a lui aussi les sourcils gris et les yeux châtain, son nez est long, sa bouche moyenne, son menton rond, son front moyen, son visage allongé. Le 12 mars 1793, lors de la première demande, il a la jambe cassée.
    Les trois frères sont chez eux depuis leur naissance, précise le registre.
    Au fil du temps, entre mars 1793 et le deuxième mois de l’an 2, les âges évoluent de façon très fantaisiste, les portraits ne changent en rien, au point que Jean Antoine garde sa jambe cassée. Quelque chose me dit que Jean Antoine devait causer souci à ses deux grands frères …
    Pour le dernier certificat, celui de l’an 2, il est précisé pour chacun des frères qu’ il  » n’a jamais émigré ni figuré sur la liste des émigrés.  »
    Ces descriptions physiques font rêver par leur précision et leur vocabulaire. Autres reliques de la Révolution …

    • La dormeuse dit :

      Variante : archiviste sans pieds vaut carte sans territoire.
      Je le vérifie tous les jours. Il y a là un plaisir, simple, gratuit, qu’on n’épuise pas.

    • La dormeuse dit :

      Le rôle de la population de 1811 permet de préciser le nom du « marchand du sel » : il s’agit de Louis Sartre, dit Belle Humeur, né en 1758 ou 1759, marié à Paule Sibra.

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