Garbure et fromage fermier à Gabas

 

Ci-dessus : à Oloron, au bord du gave.

D’Oloron à Gabas, dernier village avant le Pic du Midi d’Ossau, la route circule entre « rocs horribles » et « gouffres affreux ». Malgré la pluie qui menaçait, nous sommes montés à Gabas pour le plaisir du paysage romantique. Nous avons trouvé la pluie en chemin, puis la brume, et le froid.

 

 

 

 

 

 

A Gabas, pyrénéisme oblige, nous avons mangé la garbure au café-restaurant du Pic du Midi. Il n’y a pas mieux que la garbure par un temps si noir.

 

Les murs du café sont ornés de raquettes et de photos anciennes.

 

Madame Turon nous a fait visiter le saloir, installé sous le café. Il y a ici 500 à 800 fromages, qu’il faut retourner et frotter tous les jours.

 

Ci-dessus, de gauche à droite : fromages vieux d’un an ; marques des estives et des bergers qui ont fourni le lait nécessaire à la fabrication des meules de fromage.

 

Ci-dessus : l’un des trois chiens qui veillent sur le saloir.

 

 

Nous redescendons maintenant de Gabas vers Oloron. J’ai prévu de prendre au passage quelques photos des Eaux-Chaudes.

 

 

Le Grand Hôtel n’a pas changé depuis le XIXe siècle. On soigne aux thermes des Eaux-Chaudes les maladies des voies respiratoires hautes, les rhumatismes, les séquelles de traumatismes ostéo-articulaires et la fibromyalgie.

 

Il me faut des torrents, des rochers, des sapins, des bois noirs, des montagnes, des chemins raboteux à monter et à descendre, des précipices à mes côtés, qui me fassent bien peur, dit Jean Jacques Rousseau dans les Confessions 1Jean Jacques Rousseau, Confessions, Livre IV..

Moi aussi, j’aime ces beautés de vignettes romantiques.

 

Et j’aime, comme vous l’avez remarqué, prendre des photos en voiture, surtout en montagne quand il pleut, pour l’effet dramatique, pour le pittoresque sombre.

 

A l’entrée d’Oloron, panneau de signalisation marqué Oloron/Saragosse : Or la distance de Saragosse à Béarn, est de cent doufe mille pas … 2Pierre de Marca, Histoire de Béarn, contenant l’origine des rois de Navarre, des ducs…, 1640..

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A Pau – Curiosa

 

Dans une maison amie.

 

Au café. Chez le marchand de journaux.

 

En ville. Chez le bouquiniste Chilperic.

 

En ville.

 

Sur la porte d’une église.

 

Au milieu de la rue.

 

Dans la vitrine d’un parfumeur.

Choses vues à Pau le vendredi 18 mai après-midi.

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Une balade avec les Amis de Riquet – Dans la forêt de Ramoundès, la rigole d’essai du canal du Midi

 

Le rendez-vous est à La Galaube, dans la Montagne Noire, en plein coeur de la forêt de Ramoundès. On s’y rend à partir de Bram, via Alzonne, Montolieu, Saint-Denis, et Lacombe.

 

A La Galaube, le bord de l’Alzeau.

 

Autour de Gérard Crevon, grand connaisseur de l’aménagement audois du canal, organisateur de la balade, la fine équipe des Amis de Riquet.

 

 

Au bord de l’Alzeau, l’un des emplacements possibles de la prise d’eau.

Là se situe, au bord de l’Alzeau, la prise d’eau à partir de laquelle court la rigole d’essai, aménagée par Pierre Pol Riquet durant l’été 1665 afin de démontrer la faisabilité du projet de conduction des eaux qui doit permettre d’acheminer ces dernières – celles de l’Alzeau, celles de la Vernassonne, et celles du Lampy – du flanc méridional de la Montagne Noire jusqu’au seuil de Naurouze. « En octobre 1666 Louis XIV signe l’édit pour la jonction des mers Océane et Méditerranée par un canal de communication et confie la réalisation de cette jonction à l’auteur du projet » 1Gérard Crevon, Couleur Lauragais n°134, juillet-août 2011 : La rigole de la montagne, de l’idée à la réalisation.. Le canal du Midi peut dès lors voir le jour.

 

Que reste-t-il de la rigole d’essai de 1665 ? Gérard Crevon, qui connaît la forêt comme sa poche, nous invite à marcher sur les traces du passé. Nous le suivons en file indienne, et après avoir doublé ce vieux moulin, nous nous engageons dans ce qui semble être un sentier forestier.

 

 

Après nous avoir fait observer les pierres qui subsistent de loin en loin au bord du sentier : – C’est le tracé de la rigole d’essai sur laquelle nous marchons ! avertit Gérard Crevon. Vertige de la profondeur du temps ! C’était l’été 1665. Riquet et ses ouvriers, en deux mois, ont aménagé ici, à flanc de montagne, une rigole d’essai de 16 kilomètres… Ils ont, pour ce faire, nivellé pas à pas tout le territoire ; aménagé des chaussées pour permettre à la rigole de traverser, sans se perdre, les différents ruisseaux ; creusé des tranchées pour assurer à la rigole la possibilité de franchir les cols… Puissance du concept ; génie de la réalisation.

 

Plus loin, nous arrivons à l’endroit où la rigole croise le ruisseau des Coudières.

 

Le ruisseau, en 1665, a été équipé d’une chaussée dont on distingue encore ici quelques restes. L’eau de la rigole se chargeait ici de celle du ruisseau sans se perdre dans ce dernier.

 

 

Les Amis de Riquet ne se cachent pas d’appartenir, parmi les historiens, à l’engeance passionnée. Les visages qui rayonnent à la vue des reliques de la chaussée en disent long sur l’émoi du temps qui revient.

 

Au bord du ruisseau des Coudières, ce bloc rocheux, qui fait face à la chaussée, figure une sorte de monument d’histoire. Riquet l’a vu, et noté sa forme imposante, puisque celle-ci se trouve signalée dans la relation du travail de chantier, qui a été conservée.

 

Nous voici maintenant au bord du bassin du Lampi. La brume ne s’est pas levée. Le paysage se pare d’une grâce d’estampe japonaise.

 

Après le bassin du Lampi, le tracé de la rigole perd provisoirement de sa netteté. Ou bien, comme ici, il sert de guide-ligne à la clôture d’une propriété privée.

 

Nous franchissons ici le pont du Lampi.

 

A nouveau, la rigole.

 

Restes encore d’une autre chaussée.

 

 

La Fontaine, inspecteur des Eaux et Forêts, passe aux yeux de la tradition pour le seul des classiques qui ait, en son temps, connu et aimé la nature.

Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
2La Fontaine, Fables, Le Laboureur et ses Enfants.

On omet de considérer le cas de Pierre Pol Riquet, qui a été, semblablement à La Fontaine, un homme du grand air, toujours parti à cheval pour sillonner la montagne, empreint du sentiment du paysage, capable de lire, à même les eaux qui le parcourent, la géographie de ce dernier, fort de la certitude qu’on peut tirer parti des forces en présence.

 

 

Pierre Pol Riquet, homme doué d’une curiosité et d’une intelligence aiguës du territoire, c’est là l’impression belle et forte que nous a laissée collectivement la balade conduite ce samedi 12 mai par Gérard Crevon.

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