Passion Archives – Fin de partie

 

Ci-dessus : portrait de Louis Pons-Tande 1Louis Pons-Tande (1814-1894) : journaliste, grand républicain connu pour son opposition à Napoléon III, longtemps maire de Mirepoix, grand-père de Marie-Louise Escholier., dans le vide…

 

 

Ci-dessus : portrait d’Antoine Pierre Marie François Joseph de Lévis Mirepoix 2Antoine Pierre Marie François Joseph de Lévis Mirepoix (1884-1981) : écrivain, maire de Mirepoix de 1942 à 1944, mainteneur de l’académie des Jeux Floraux, académicien français., dans le vide…

 

Ci-dessus : en redescendant de la salle des archives, vide…

Avant-hier, lundi 2 juillet 2012, à la mairie de Mirepoix, j’ai travaillé comme d’habitude aux archives. Ce matin, mercredi 4 juillet 2012, pfft ! les archives étaient parties ! Personne ne m’a prévenue lorsque je suis montée à la salle qui abritait jusqu’ici ces archives sous le toit.

Les archives de Mirepoix sont parties rejoindre celles du département, à Foix. Elles pourront y être consultées, dans un certain temps, à certaines conditions, lorsqu’elles auront été inventoriées, à nouveau classées et cotées. Mais elles perdent ce jour, à tout jamais, l’accessibilité globale et directe qui en faisait le prix pour les Mirapiciens, chercheurs et autres passionnés, qui travaillaient à ressusciter l’histoire du vieux Mirepoix.

Ainsi considéré, le déménagement des archives est une grande perte pour notre ville. Il me consterne.

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Le Rumat à Mirepoix, qu’ès aquò ?

Epiphénomène de la guerre de Cent Ans, les Grandes Compagnies, ou bandes de « routiers » 1Route : en ancien français, « troupe ». Cf. Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française : Troupe. 2., mercenaires échappés au contrôle de l’autorité militaire, ravagent jusqu’à la fin du XIVe siècle les provinces françaises.
 
En 1362, menés par un certain Jean Petit, les routiers attaquent Mirepoix. Ils pillent et incendient une bonne partie de la ville. Terrorisés, les habitants des quartiers périphériques migrent vers d’autres contrées. En 1364, suite à cet épisode désastreux, la ville entreprend de se munir de remparts. Elle se confine de la sorte durant trois siècles.
 
En 1680, soucieux de mettre fin à ce confinement qui fait obstacle au développement de la commune, les consuls signent le décret de démolition des remparts. Le travail de démolition ne s’achèvera qu’au XVIIIe siècle.

Situé alentour de l’ancienne porte du Rumat, le quartier également dit « le Rumat » conserve dans son nom le souvenir du passage des routiers. Rumar ou rimar, en occitan, signifie « brûler, rissoler, faire trop cuire » ; rumada ou rimada, « lieu brûlé, défriché par le feu, bois brûlé » ; rumat ou rimat, « gratin, mets qui attache au fond de la casserole ou de la poêle, grillage d’une volaille, rouissure du linge que l’on repasse » 2Louis Alibert, Dictionnaire Occitan-Français, p. 610, Institut d’Estudis Occitans, Toulouse, 1966..

Le Rumat, c’est le quartier de Mirepoix que les routiers, en 1362, ont « grillé comme une volaille ».

Le toponyme, seul, se souvient ici d’un désastre que les Mirapiciens ont finalement oublié, au point qu’en ville lorsqu’on parle aujourd’hui du Rumat, tout le monde sait de quel quartier il s’agit, mais quant à dire d’où vient qu’on nomme ce vieux barri 3Barri : « rempart, fossé, faubourg ». Cf. Ibidem, p. 147. « le Rumat »…

Rumat… rumat… ?

 

 

 

Anno 2012, fait ce 24 juin, jour de la fête annuelle du Rumat.

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2 brumaire an III – A propos des citoyens qui forment les municipalités et les conseils généraux des communes

 

A l’automne de l’an III (octobre 1794), peu de temps après la chute de Robespierre (8, 9, 10 thermidor an II ; 26, 27, 28 juillet 1794), partout en France la misère est grande. Subsistance et biens de première nécessité, tout manque. Le peu de ressources encore disponible à Mirepoix se trouve réquisitionné au profit de l’armée des Pyrénées. Le conseil municipal de Mirepoix formule dans ce contexte de crise quelques fortes observations concernant les qualités auxquelles doivent atteindre les citoyens qui prétendent « remplir avec dignité les fonctions publiques » 1Source : Archives municipales de Mirepoix, D201..

Aujourd’hui deuxième brumaire troisième année de la République [23 octobre 1794] un membre a fait lecture de la lettre du substitut de l’agent national pour le district de Pamiers en date du 26 vendémiaire à l’état de prendre des renseignements avec les municipalités et agents nationaux des chefs lieux de canton et pour dresser les états de tous les citoyens qui forment les municipalités et conseils généraux des communes.

Le conseil municipal a délibéré de dresser l’état demandé par le substitut de l’agent national…

Observations générales

 

Les fonctions municipales dans un ci-devant chef-lieu de district qui a de nombreux aboutissants et qui se trouve centre d’un arrondissement de 24 communes, exigent pour l’expédition des affaires plus de connaissances et d’aptitude qu’on n’en trouve dans le général des patriotes les plus prononcés. La multiplicité du travail, surtout en matière de subsistances dans cette année disetteuse, demande une assiduité constante et non interrompue qui ne peut être remplie qu’à tour de rôle, attendu que dans les fonctions gratuites le besoin de subsister appelle à leur travail ceux qui n’ont d’autre moyen de vivre.

L’énergie est assez prononcée, l’exécution des lois maintenue, mais la disette des denrées de première nécessité, comme bois, lumière, huile, savon, dont le dénuement augmente chaque jour, par insouciance et les fraudes des communes environnantes, va de plus en plus rendre la chose difficile et pénible.

Pour remplir avec dignité les fonctions publiques dans le gouvernement révolutionnaire, il serait à désirer de trouver communément des personnages qui joindraient à un caractère énergique cet amour pur de la patrie qui se manifeste par le désintéressement, et qui montre cette droiture et cette modestie qui n’ambitionnent ni ne cavalent. La fonction d’agent national, qui est obligé de tenir une correspondance active avec le comité révolutionnaire du district et qui est tenu d’assister et conclure à deux tribunaux de paix, demande un substitut dans une commune dont la population est de 3300 individus — Nous désignons les citoyens Gabriel Clauzel, Jean Joseph Marie Vigarozy et Jean Bonaventure Vidalat.

Alibert, officier municipal, Fontes, maire

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