Bonne année !

 

Les voeux ne sont pas magiques, mais inspirés par l’amitié. Alors, partageons, en même temps que l’amitié, ce beau passage de L’Envers et l’Endroit, dans lequel Albert Camus se souvient de sa jeunesse pauvre à Bal-El-Oued, et des « richesses naturelles » :

Les soirs d’été, les ouvriers se mettent au balcon. Chez lui, il n’y avait qu’une toute petite fenêtre. On descendait alors des chaises sur le devant de la maison et l’on goûtait le soir. Il y avait la rue, les marchands de glaces à côté, les cafés en face, et des bruits d’enfants courant de porte en porte. Mais surtout, entre les grands ficus, il y avait le ciel. Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose. A un certain degré de richesse, le ciel lui-même et la nuit pleine d’étoiles semblent des biens naturels. Mais au bas de l’échelle, le ciel reprend tout son sens : une grâce sans prix. Nuits d’été, mystères où crépitaient des étoiles ! Il y avait derrière l’enfant un couloir puant et sa petite chaise, crevée, s’enfonçait un peu sous lui. Mais les yeux levés, il buvait à même la nuit pure. 1Albert Camus, L’Envers et l’Endroit, 1958.

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Jousepet que ne boü camiso – Un Noël ariégeois

 

Ci-dessus : J. F. Faure, Adoration des bergers, toile exposée à la cathédrale de Mirepoix
L’oeuvre n’est pas documentée. J. F. Faure, peintre toulousain, élève de Jean Baptiste Despax (1710-1773), lui-même élève d’Antoine Rivalz (1667-1735), est l’auteur d’une autre Adoration des bergers, peinte pour le couvent Saint Pierre des Chartreux, à Toulouse.

Jousepet que ne boü camiso,
Jousepet que n’es tout nudet ;
Jousepet que ne boü culottos, camiso
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que ne boü matelotto,
Matelotto, culottos, culottos,
Camiso,
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que ne boü un gipou,
Un gipou, matelotto, culottos,
Culottos, camiso,
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que ne boü caussettos,
Caussettos, un gipou, un gipou,
Matelotto, matelotto, culottos,
Culottos, camiso,
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que ne boü garroutieros,
Garroutieros, caussettos, caussettos,
Un gipou, un gipou, matelotto,
Culottos, culottos, camiso,
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que ne boü sabatos, sabatos,
Gaussettos, gaussettos, garroutieros,
Garroutieros, matelotto, matelotto,
Un gipou, un gipou, un gipou
Culottos, culottos, camiso,
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que n’en boü yos bouglos,
Sabattos, sabattos, caussettos, caussettos,
Garroutieros, garroutieros, matelotto
Matelotto, un gipou, un gipou,
Culottos, culottos, camiso,
Jousepet que n’es tout nudet.

Jousepet que n’en boü michettos,
Michettos, yos bouclos, yos bouclos,
Sabattos, sabattos, caussettos, caussettos,
Garroutieros, garroutieros, matelotto,
Matelotto, un gipou, un gipou, culottos,
Culottos, camiso, camiso e barret,
Jousepet que n’es tout nudet.

Noël composé dans le comté de Foix vers le milieu du XVIIIe siècle ; in Recueil de noëls de l’Ariège en patois languedocien et gascon, précédé d’une préface et de règles orthographiques, page 20, par Louis Lafont de Sentenac ; 6 avril 1887 ; imprimerie Veuve Pomiès, Foix.

La langue romane pure florissait à l’époque des troubabours, et elle exerça une grande influence sur la poésie italienne et espagnole. La langue romane vulgaire, qui a joué aussi un rôle brillant, a donné naissance à un grand nombre de poésies, et principalement à des cantiques connus sous le nom de Noëls, récits naïfs et touchants créés par le peuple et conservés par lui dans le sanctuaire du coeur ; plusieurs ont traversé les siècles et sont venus jusqu’à nous. Transmis de bouche on bouche, le grand-père les chantait aux petits enfants assemblés autour de la bûche traditionnelle, et, eux, à leur tour, ils les apprenaient aux générations suivantes… 1Louis Lafont de Sentenac, Recueil de noëls de l’Ariège en patois languedocien et gascon, Préface.

Bon Noël à tous !
En polonais, Wesołych Świąt Bożego Narodzenia !

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Légendes urbaines – Deux places de marché derrière l’abside de la cathédrale

 

Ci-dessus : deux anciennes place de marché au pied de l’abside de la cathédrale.

 

 

Ci-dessus : le monument aux morts de Mirepoix au pied de l’abside de la cathédrale.

On remarque à peine ces deux inscriptions, apposées à droite de la petite porte Renaissance, derrière l’abside de la cathédrale. Elles correspondent sans doute à d’anciennes places du marché. Ces places ont fait l’objet d’un conflit entre les marchands et les anciens combattants dans les années 1920, lorsque le monument aux morts, créé par Evariste Jonchère, a été installé au pied de l’abside. Le souvenir, trop pesant, de la tragédie de 14-18 risquant de nuire à l’activité du marché, le monument a finalement été déplacé au bout de la promenade des Soupirs. Les inscriptions sur l’abside sont restées.

Ci-dessus : portrait d’Evariste Jonchère ; médaillon créé pour la tombe du sculpteur par J. Pourquet.

 

Ci-dessus : le monument aux morts de Mirepoix, allée des Soupirs.

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