Bonne année !

 

Les voeux ne sont pas magiques, mais inspirés par l’amitié. Alors, partageons, en même temps que l’amitié, ce beau passage de L’Envers et l’Endroit, dans lequel Albert Camus se souvient de sa jeunesse pauvre à Bal-El-Oued, et des « richesses naturelles » :

Les soirs d’été, les ouvriers se mettent au balcon. Chez lui, il n’y avait qu’une toute petite fenêtre. On descendait alors des chaises sur le devant de la maison et l’on goûtait le soir. Il y avait la rue, les marchands de glaces à côté, les cafés en face, et des bruits d’enfants courant de porte en porte. Mais surtout, entre les grands ficus, il y avait le ciel. Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose. A un certain degré de richesse, le ciel lui-même et la nuit pleine d’étoiles semblent des biens naturels. Mais au bas de l’échelle, le ciel reprend tout son sens : une grâce sans prix. Nuits d’été, mystères où crépitaient des étoiles ! Il y avait derrière l’enfant un couloir puant et sa petite chaise, crevée, s’enfonçait un peu sous lui. Mais les yeux levés, il buvait à même la nuit pure. 1Albert Camus, L’Envers et l’Endroit, 1958.

Notes   [ + ]

1. Albert Camus, L’Envers et l’Endroit, 1958.
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