A Mirepoix – MiMa 2013 – 3 août

 

Sur mon chemin, ce matin, j’ai rencontré le Comme-ci Comme-ça Circus de Björn Voigt, son vélo, sa charrette bleue, et ses objets-délire, petites mécaniques amusantes, dont la poésie balance entre le non-sense à la Lewis Carroll et le Surréalisme de Magritte et des siens. J’avais déjà flashé sur ce petit monde l’an dernier 1Cf. La dormeuse blogue 2 : A Mirepoix, 24e Festival de la marionnette, le 3 août 2012 – Ici et là.. Ravie de le retrouver, je me suis arrêtée pour fixer quelques images de l’instant.

 

 

 

 

 

Björn Voigt, poète du Comme-ci Comme-ça Circus.

Un peu plus loin, sur mon chemin, j’ai rencontré Le Chat Somnambule, qui raconte des petites histoires, sur un air d’accordéon. Quelle gouaille ce (petit bout de marionnettiste) Chat 🙂

 

 

 

Vous aurez reconnu un certain Lièvre, et aussi une certaine Tortue…

Pendant ce temps, sur l’herbe de la place, un jongleur…

 

Apprentis saltimbanques. Ils ont des poids ronds ou carrés, des tambours, des cerceaux dorés, et ils s’y essaient. L’art est difficile.

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A Mirepoix – MiMa 2013 – Partition magnétique

 

01/08/2013 22:30
Chez MiMa, sous la halle, il y a du monde qui se serre comme harengs en caques. C’est l’heure du spectacle nocturne, ce soir : Partition magnétique, proposé par la compagnie Les Intouchables. Sur le grand écran, au fond de la halle, on voit bouger dans le noir des formes lumineuses, dont on ne sait quelle relation elles entretiennent avec le spectacle que l’on attend, mais dont on devine que, conformément aux mots d’Henrich von Kleist dans Sur le théâtre de marionnettes, « cette relation ressemble assez à celle des nombres envers leurs logarithmes ou de l’asymptote envers l’hyperbole » 1Heinrich von Kleist, Sur le théâtre de marionnettes, 1810.. Le programme indique en effet que le spectacle proposé ce soir par Les Intouchables est inspiré du texte canonique, daté de 1810, dans lequel Heinrich von Kleist prête à un premier danseur à l’opéra de la ville qui fréquente comme lui le théâtre des marionnettes, d’étranges considérations sur le rapport que le corps du danseur entretient avec celui des marionnettes, et sur l’avantage dont jouissent les marionnettes, qui est d’être « antigravitationnelles » : « L’inertie de la matière, ennemie impitoyable de la danse, leur est indifférente, car la force qui les élève dans les airs est supérieure à celle qui les tire vers la terre. » 2Ibidem.

 

 

 

Suspendu dans les cintres d’une machinerie géante, un couple de danseurs mime alternativement le mouvement antigravitationnel de la marionnette, puis l’effet du retour à la pesanteur. Ponctuée de citations du texte de Kleist, tantôt en allemand, tantôt en français, une musique inquiétante accompagne, en le dramatisant, le passage du régime antigravitationnel à celui de la pesanteur.

 

Le spectacle est beau, mais glacé, voire glaçant. L’esthétique n’est pas sans rappeler ici, dans le traitement des corps, peut-être aussi à cause de la répétition obsédante du mot « Kraft« , force, celle des statues d’Arno Breker. On se dit à la fin du spectacle qu’on n’a pas saisi l’intention. Dommage.

 

Après le spectacle, autre partition, autre danse.

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A Mirepoix – MiMa 2013 – 2 août

 

Toujours dans le Off, à l’Allée des Soupirs, j’ai vu ce matin Sur le Fil, un ravissant spectacle de 5 minutes, présenté par la compagnie L’arbassonge. Le « r » qu’on a dans l’oreille quand on lit sur l’affiche « L’arbassonge », ce « r »-là s’est envolé, comme fait la bulle de savon, envolé justement au pays des songes. Les deux artistes le disent bien d’ailleurs, avant que le rideau du petit théâtre s’ouvre : ils soufflent des bulles pour alimenter leur machine à songes. Autrement dit, ils carburent au songe.

 

Au pays des songes, les deux artistes mettent en scène un petit théâtre d’objets. Les deux artistes sont eux-mêmes, en king size, avec pour l’un le haut-de-forme de M. Loyal, pour l’autre, la jupette blanche de l’éphémère fildefériste, la réplique de leurs deux minuscules personnages. M. Loyal tire d’un petit porte-monnaie de rien du tout, un à un, les accessoires et le personnage du numéro qu’il présente. La bulle se savon a son importance ici. Elle assure au numéro, par effet de coup de théâtre, sa conclusion en forme d’apothéose, non sans une seconde de mélancolie. Le spectacle, si petit de jauge – 8 personnes environ -, si petit de scène, est très dense, très beau. Cinq minutes de poésie tout pure. Il se joue de quart d’heure en quart d’heure, à l’arrière d’une petite caravane. Fil de fer, par la compagnie L’arbassonge, Allée des Soupirs.

 

 

 

Ci-dessus : accessoires et personnages du spectacle Fil de fer, et les Mains qui manipulent !

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