A Mirepoix – MiMa 2013 – Partition magnétique

 

01/08/2013 22:30
Chez MiMa, sous la halle, il y a du monde qui se serre comme harengs en caques. C’est l’heure du spectacle nocturne, ce soir : Partition magnétique, proposé par la compagnie Les Intouchables. Sur le grand écran, au fond de la halle, on voit bouger dans le noir des formes lumineuses, dont on ne sait quelle relation elles entretiennent avec le spectacle que l’on attend, mais dont on devine que, conformément aux mots d’Henrich von Kleist dans Sur le théâtre de marionnettes, « cette relation ressemble assez à celle des nombres envers leurs logarithmes ou de l’asymptote envers l’hyperbole » 1Heinrich von Kleist, Sur le théâtre de marionnettes, 1810.. Le programme indique en effet que le spectacle proposé ce soir par Les Intouchables est inspiré du texte canonique, daté de 1810, dans lequel Heinrich von Kleist prête à un premier danseur à l’opéra de la ville qui fréquente comme lui le théâtre des marionnettes, d’étranges considérations sur le rapport que le corps du danseur entretient avec celui des marionnettes, et sur l’avantage dont jouissent les marionnettes, qui est d’être « antigravitationnelles » : « L’inertie de la matière, ennemie impitoyable de la danse, leur est indifférente, car la force qui les élève dans les airs est supérieure à celle qui les tire vers la terre. » 2Ibidem.

 

 

 

Suspendu dans les cintres d’une machinerie géante, un couple de danseurs mime alternativement le mouvement antigravitationnel de la marionnette, puis l’effet du retour à la pesanteur. Ponctuée de citations du texte de Kleist, tantôt en allemand, tantôt en français, une musique inquiétante accompagne, en le dramatisant, le passage du régime antigravitationnel à celui de la pesanteur.

 

Le spectacle est beau, mais glacé, voire glaçant. L’esthétique n’est pas sans rappeler ici, dans le traitement des corps, peut-être aussi à cause de la répétition obsédante du mot « Kraft« , force, celle des statues d’Arno Breker. On se dit à la fin du spectacle qu’on n’a pas saisi l’intention. Dommage.

 

Après le spectacle, autre partition, autre danse.

Notes   [ + ]

1. Heinrich von Kleist, Sur le théâtre de marionnettes, 1810.
2. Ibidem.
Ce contenu a été publié dans art, Midi-Pyrénées, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.