A l’abbaye de Fontfroide

 

L’histoire de l’abbaye de Fontfroide débute à la fin du XIe siècle, sous l’épiscopat de Dalmas, anciennement abbé de Lagrasse. Il fallait aux moines bénédictins, désireux de s’installer dans la Narbonnaise, un « désert ». Ils le trouvent dans le massif des Corbières, à proximité d’une fons frigida qui a donné son nom à l’abbaye. La montagne fournit ici un beau grès qui servira à la construction des bâtiments abbatiaux.

Au milieu du XIIe siècle, l’abbaye de Fontfroide se voit rattachée à l’abbaye bénédictine de Grandselve, puis cédée à l’ordre de Cîteaux. Elle devient alors un haut-lieu de la lutte contre l’hérésie cathare. C’est à l’abbaye de Fontfroide que le pape Innocent III recrute Pierre de Castelnau et le frère Raoul, les deux légats dont l’assassinat en 1208 à Avignonet, dans le Lauragais, constitue le point de départ de la croisade contre les Albigeois. C’est comme abbé de Fontfroide qu’au début du XIVe siècle Jacques Fournier, futur évêque de Pamiers, futur président du tribunal de l’Inquisition à Pamiers, futur évêque de Mirepoix, commence la carrière qui le conduira au trône pontifical sous le nom de Benoît XII.

L’abbaye connaît à partir du XVe siècle des fortunes diverses. Ses biens sont mis sous séquestre durant le pontificat de Benoît XIII. Des dissensions éclatent entre l’abbé Ferrer et le chapitre. Expulsé de l’abbaye, l’abbé s’y réinstalle manu militari. Après la mort de l’abbé Ferrer, les abbés de Fontfroide se bornent à y gérer les revenus de leur bénéfice. Le nombre des moines diminue. L’observation de la règle se relâche. On joue ainsi au billard sous les voûtes austères…

Vendue en 1791, l’abbaye est rachetée et réinvestie par les Cisterciens en 1858. En 1901, suite au vote de la loi sur les congrégations, l’abbaye de Fontfroide est vendue à nouveau. Achetée par le peintre, grand collectionneur et mécène Gustave Fayet, elle fait l’objet d’une belle restauration et devient alors une sorte d’écrin pour les collections du mécène. Aujourd’hui encore propriétaire de l’abbaye de Fontfroide, la famille Fayet en a fait un lieu ouvert au public, dans lequel on peut visiter, outre les bâtiments abbatiaux, le petit musée dédié à l’artiste Gustave Fayet, la roseraie, ainsi que les jardins à l’italienne créés en 1579 par l’abbé Janus de Frégose, probablement à la l’instigation de sa mère Constance de Frégose, qui était veuve de l’ambassadeur de France à Venise.

 

Vue de la cour d’honneur de l’abbaye. A gauche, avec ses fenêtres à meneaux de style Renaissance, l’aile qui abritait jadis le séjour des frères convers. Ceux-ci, à la meilleure époque de l’abbaye, ont pu atteindre le nombre de 180 à 200.

Non tonsurés, les convers assuraient jadis au sein de l’abbaye les tâches domestiques et plus spécialement les travaux agricoles. Illiterati, i. e. non versés dans les Saintes Ecritures, probablement analphabètes, les convers ne participaient pas au chapitre et ne chantaient pas dans le choeur. Ils disposaient initialement d’un dortoir et d’un réfectoire séparés, et accédaient à l’église, par une ruelle qui canalisait leur circulation. Plus tard, lorsque la communauté s’amenuise, le dortoir des convers est transformé en hôtellerie et accueille des étrangers à l’abbaye, laïcs et autres gens de passage. A ce titre, elle est assortie d’une petite chapelle, dite « chapelle des étrangers ».

 

Vues de la cour centrale, réaménagée au XVIIIe siècle. Sa belle extension procède d’une reconfiguration de l’espace médiéval, initialement moins vaste, occupé sur ses bords par les ateliers de menuiserie, la forge et la boulangerie des frères convers. Le réaménagement opéré au XVIIIe siècle entraîne la destruction de ces ateliers ainsi que le recul du mur du réfectoire, dont la surface se trouve ainsi fortement réduite. Egalement datée du XVIIIe siècle, la façade au fronton triangulaire abrite, en lieu et place de l’ancien noviciat, les appartements du prieur. Ce corps de logement est assorti d’une orangerie.

 

Belle porte de ferronnerie aux motifs de pampre, donnant sur le cloître ; autre ferronnerie, donnant sur le réfectoire des convers ; voûte à cinq croisées d’ogive et cheminée Renaissance du réfectoire des convers. Ce réfectoire a été réaménagé au XVIe et au XVIIe siècle. La grande porte de ferronnerie et la cheminée constituent des éléments de remploi. Elles proviennent sans doute du château des ducs de Montmorency à Pézenas, qui a été détruit sur ordre du roi en 1632.

Vue du cloître depuis l’une des galeries. Le cloître abrite en son centre un puits, alimenté par la fons frigida qui a permis l’implantation de l’abbaye à Fontfroide. Colonnettes géminées, chapiteaux à décor de feuillage, petits arcs en plein cintre datent de l’époque romane. Reprises à l’époque gothique, les baies ont été intégrées dans des arcs brisés, dont le remplage a été percé d’oculi sur certaines des galeries.

 

Ombres projetées sur le mur intérieur de la galerie par les oculi ouverts dans le remplage des arcatures gothiques qui surmontent les colonnettes romanes.

 

Vue de la voûte de la salle capitulaire. Les croisées d’ogive sont ornées ici d’un lierne torique, symbole peut-être de l’autorité divine et du poids dont celle-ci pèse sur les âmes, dans le cadre du chapitre.

 

Les motifs qui ornent les chapiteaux de la salle capitulaire représentent, de façon plus ou moins stylisée, romane ou gothique, le « cistel », ou roseau des bords de la Saône, qui, en 1098, a donné son nom à l’abbaye de Cîteaux.

 

Vue du choeur et de l’abside, puis de la grande rose ouverte au sommet de la façade occidentale de l’église abbatiale. Construite à la fin du XIIe siècle dans le style austère qui convient à la règle cistercienne, l’église comportait des vitraux en grisaille. Gustave Fayet, son restaurateur, choisit de remplacer par des vitraux de couleur les vitraux en grisaille depuis longtemps disparus. Il fait appel au maître verrier René Billa, dit Richard Burgsthal, qui crée ainsi, dans les années 1910, un ensemble de 34 vitraux pour l’abbaye Fontfroide, dont la grande rose reproduite ci-dessus, témoin de la maîtrise atteinte par l’artiste, qui souhaitait retrouver le « bleu de Chartres ».

Rompant avec l’orthodoxie cistercienne, Richard Burgsthal développe ici, dans un style symboliste traversé d’intuitions abstractionnistes, les figures d’une spiritualité composite, conforme à ses aspirations personnelles et à celles de Gustave Fayet. Tentés par l’hermétisme, tous deux s’intéressent également au bouddhisme et, de façon plus générale, aux religions orientales.

Outre qu’ils font valoir la superbe minéralité des lieux, les vitraux de Richard Burgsthal illustrent au sein de l’abbaye cistercienne le renouveau d’une aspiration spirituelle qui se déploie chez lui sur le mode de l’universalité sans principe et qui annonce à ce titre le syncrétisme contemporain.

 

Outre les vitraux de Richard Burgsthal, l’abbaye de Fontfroide abrite également trois vitraux de Kim En Joong, installés en 2008 dans la petite chapelle des morts. Prêtre dominicain né en Corée, Kim En Joong, après sa formation aux Beaux-Arts de Séoul, a continué de peindre parallèlement à son sacerdoce, d’abord sur toile, puis sur verre. Sans revenir à la grisaille initiale, il retourne d’une certaine façon aux valeurs de l’esthétique cistercienne en proposant des vitraux non figuratifs, animés de couleurs simples, dédiées à la vie, à la joie, à l’espérance.

 

L’escalier ci-dessus conduit au dortoir des moines. Initialement construit en bois, il a été rebâti en pierre au XVIIe siècle. L’installation des lanternes de style vénitien, partout présentes dans l’abbaye, est due à Gustave Fayet.

 

L’éclairage, qui à la fois sculpte les formes et en vaporise mystérieusement les entours, révèle ici la belle courbure de la voûte demi-circulaire qui surplombe la ruelle destinée à la circulation des frères convers, et la fluide envolée de l’escalier de pierre qui conduit au dortoir des moines.

 

Les vitraux actuels du dortoir des moines sont également l’oeuvre de Richard Burgsthal. Celui-ci les a composés à l’aide de fragments de vitraux anciens, rachetés à cette intention par Gustave Fayet. On dit à l’abbaye de Fontfroide que ces fragments viennent des ruines de la guerre de 14. Mais Claude Arnaud, dans une thèse soutenue en 1995 à l’université de Toulouse-Le Mirail 1Claude Arnaud, Richard Burgsthal, maître verrier, Université de Toulouse-Le Mirail, 1995. Cf. Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, tome LVI, p. 309 (cliquer sur 1995, puis descendre jusqu’à l’item Fontfroide) : « Richard Burgsthal a créé des vitraux modernes ou restauré des vitraux anciens. L’inventaire ne compte pas moins de soixante-neuf monuments, pour la plupart dans le Midi de la France, parmi lesquels des monuments prestigieux : les cathédrales de Carcassonne, Narbonne, Albi, Saint-Bertrand de Comminges, etc. […]. L’oeuvre de Burgsthal à Fontfroide se constitue par étapes successives entre 1910 et 1925 : 1. Composition à partir de fragments anciens (XVIe siècle), sans doute originaires de la cathédrale de Narbonne. Remontés avec des verres modernes, Burgsthal en fait des fenêtres pour l’escalier d’honneur, le dortoir des moines (transformé en salle de musique), le cellier au rez-de-chaussée, et surtout le dortoir des convers. 2. Toiles peintes de la salle à manger (1912-1914)… »., date d’avant 1914 la création des vitraux du dortoir des moines, et elle en conclut que les fragments de vitraux anciens réemployés dans ce dortoir viennent de la cathédrale de Narbonne, sachant que Richard Burgsthal travaillait précédemment à la restauration des vitraux de la dite cathédrale. Le résultat obtenu est, quoi qu’il en soit, superbe, étrangement nocturne en son éclat mordoré.

 

Vues de l’église et du cloître depuis le grenier qui jouxte le dortoir des frères convers.

 

Vue de l’oculus qui éclaire la chapelle des étrangers.

 

Figure peinte en 1910 par Odilon Redon au-dessus de la porte, à l’intérieur de la bibliothèque de l’abbaye de Fontfroide. La figure fait partie du grand décor mural créé par l’artiste à la demande de Gustave Fayet. Odilon Redon représente ici Le Silence.

 

Détails empruntés aux deux grands triptyques installés en face à face sur les murs latéraux de la bibliothèque et représentant d’un côté La Nuit, de l’autre Le Jour.

 

Vue du triptyque représentant La Nuit in situ.

 

Vue du même triptyque publiée en 1970 dans la revue Chefs d’oeuvre de l’art 2Chefs d’oeuvre de l’art n°9 : L’art ornemental – Odilon Redon à l’abbaye de Fontfroide, Hachette-Fabbri-Skira, Milan, 1970..

 

Vue du triptyque représentant Le Jour. Odilon Redon y réinterprète dans un paysage de montagne proche de celui dans lequel s’élève l’abbaye, le motif du char d’Apollon.

 

Ami de Gustave Fayet, Odilon Redon dispose ici du modèle fourni par la sculpture éponyme, achetée par Gustave Fayet en 1908. Il s’agit d’une statue en terre cuite, créée au XIXe siècle pour Vaux-le-Vicomte par Etienne et Louis Gossin. Amoureux du motif, qu’il admirait déjà chez Delacroix, Odilon Redon le reprend ici à l’intention de Gustave Fayet afin de célébrer les puissances de la vie et de la couleur, qui l’emportent toujours sur les forces de mort.

 

Vue d’une toile signée Gustave Fayet, conservée au sein du petit musée Gustave Fayet, installé au coeur de l’abbaye de Fontfroide ; puis photo du paysage correspondant, dominé par les ruines imposantes du château de Saint-Martin de Toques, non loin de l’abbaye de Fontfroide.

Egalement ami de Gustave Fayet, l’écrivain André Suarès note que celui-ci a « fait de la montagne son grand thème secret ».

 

 

Diverses figures de la montagne autour de Fontfroide, peintes par Gustave Fayet. Le style de l’artiste se rapproche ici de celui des Nabis. Puissant coloriste, doué d’un trait merveilleusement flexible, Gustave Fayet créera par la suite des tapis d’une beauté étonnante, que les collectionneurs s’arrachent aujourd’hui.

 

La journée que j’ai passée à l’abbaye de Fontfroide se termine par la visite des jardins. Ceux-ci ont été ravagés par le feu en 1986. Mais, restaurés depuis lors, ils ont conservé cet air italien qui plaisait tant en 1579 à Dame Constance de Frégose.

 

 

 

Créés sur la pente du ravin de Fontfroide, les jardins s’élèvent en une suite de terrasses d’où l’on peut contempler l’abbaye, de plus en plus petite en contrebas. On distingue mieux en altitude son clocher, de style byzantin.

 

 

 

Certaines terrasses, conçues pour la méditation, abritent des statues, ou, comme ci-dessus, un bassin dédié à Neptune.

 

Dernière image de cette visite à l’abbaye de Fonfroide, l’anneau orné d’un motif en forme de feuille de chêne qui ponctue la chaîne tendue à l’entrée du site afin d’y interdire l’entrée des voitures. Le soin du détail témoigne ici du goût raffiné sous le signe duquel, au début du XXe siècle, Gustave Fayet entreprenait la restauration d’un site tel que l’abbaye de Fontfroide. Le soin d’un tel détail a ici valeur d’exemple.

Notes   [ + ]

1. Claude Arnaud, Richard Burgsthal, maître verrier, Université de Toulouse-Le Mirail, 1995. Cf. Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, tome LVI, p. 309 (cliquer sur 1995, puis descendre jusqu’à l’item Fontfroide) : « Richard Burgsthal a créé des vitraux modernes ou restauré des vitraux anciens. L’inventaire ne compte pas moins de soixante-neuf monuments, pour la plupart dans le Midi de la France, parmi lesquels des monuments prestigieux : les cathédrales de Carcassonne, Narbonne, Albi, Saint-Bertrand de Comminges, etc. […]. L’oeuvre de Burgsthal à Fontfroide se constitue par étapes successives entre 1910 et 1925 : 1. Composition à partir de fragments anciens (XVIe siècle), sans doute originaires de la cathédrale de Narbonne. Remontés avec des verres modernes, Burgsthal en fait des fenêtres pour l’escalier d’honneur, le dortoir des moines (transformé en salle de musique), le cellier au rez-de-chaussée, et surtout le dortoir des convers. 2. Toiles peintes de la salle à manger (1912-1914)… ».
2. Chefs d’oeuvre de l’art n°9 : L’art ornemental – Odilon Redon à l’abbaye de Fontfroide, Hachette-Fabbri-Skira, Milan, 1970.
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5 réponses à A l’abbaye de Fontfroide

  1. Martine Rouche dit :

    9 septembre 2011 – 9 septembre 1910 :
    A cent un ans d’écart, nous avons mis, à Fontfroide, nos pas dans ceux de Déodat de Sévérac. Il a écrit sur la première page du livre d’or de l’abbaye :  » Fontfroide … les eaux y sont glacées mais les coeurs y sont de flamme et je m’en réjouis … Un pèlerin pénitent, Déodat de Sévérac. « 

  2. Entrer et parcourir Fontfroide sont des instants que l’on oublie jamais
    Le reportage de la Dormeuse est à la dimension des lieux, évocateur, suggestif
    plus encore que ces témoins artistiques, on y ressent l’ambiance qui y règne.
    Ma découverte de ces lieux est plus ancienne, quel plaisir de les revoir !!!

  3. Martine Rouche dit :

    Toujours sur le livre d’or, toujours en septembre 1910 :

     » Le temps ne couvre pas de son ombre cruelle
    Ce qu’il a mis en nous de vie et de peur.
    Pour de chers souvenirs, je garde la douceur
    Du charme harmonieux d’une amitié réelle.  »

    Odilon Redon

  4. Martine Rouche dit :

    « Je vous écris de sous la voûte de la grande salle que je décore, dans le vieux cloître. J’ai emporté le travail pour le continuer sur place. Ca m’intéresse énormément. […]
    J’ai risqué la représentation (toujours indéterminée) d’un quadrige conduit par un ou deux être ailés, sorte de fleurs – au milieu des montagnes et de divers gris lumineux.
    Au mur de face est un autre panneau que j’esquisse en noir, et avec la permission de laisser au dévergondage toute la fantaisie imaginaire possible.
    Le Noir sur grande surface est terrible. Il ne faut pas en abuser, je le vois. On ne sait, on n’apprend qu’au cours d’une exécution.
    C’est la première fois que je me tourmente en face de pareille surface […].
    Je conduis la chose, entouré d’une société d’invités fort vivants, enjoués, sous le soleil gai et lumineux du Midi.
    Belle région, non loin de celle que représenta Cézanne, aussi Van Gogh. Je la vois avec des yeux autres, naturellement.  »
    Eté 1910, lettre d’Odilon Redon à son ami André Bonger.

  5. Martine Rouche dit :

     » L’abbaye fut saccagée et elle tomba en ruines ; en 1805, Armand Ferdinand de Laporte, évêque de Carcassonne, permit à diverses églises d’y prélever autels, statues et dalles. C’était la fin de Fontfroide. C’est ainsi que l’église Saint-Michel, de Carcassonne, possède trois belles statues de marbre et que le beau bénitier de pierre a terminé sa carrière dans le Musée Lapidaire de la Cité.
    […]
    Les nouveaux propriétaires, Mme et M. Gustave Fayet, grands amateurs d’art, ont consacré leur fortune à ce monastère qui vit, maintenant, d’un renouveau artistique. Gardé par la lance hautaine des cyprès, Fontfroide est devenu, en plus du monument abbatial, un véritable musée, ouvert à quelques privilégiés. C’est à la bibliothèque de Fontfroide qu’on peut admirer les grandes décorations murales d’Odilon Redon, le peintre de la Lumière et du Mystère ; à gauche, la Nuit, avec l’angoisse des cauchemars et la hantise des rêves personnifiés par des visages immatériels et des fleurs, aux regards vivants ; à droite, l’Aurore, conduisant un quadrige de pégases cabrés, s’élançant dans le monde inconnu des origines cosmiques. Les appartements privés de Fontfroide sont, ou plus exactement étaient, un véritable musée Odilon Redon ; ce peintre, dans la solitude de ce val désert, a peint pendant plusieurs années de sa vie inquiète et a fixé la magie colorée de ses étranges visions.
    […]  »
    Jean Girou, L’itinéraire en Terre d’Aude, Causse, Graille & Castelnau, Montpellier, 1936, pages 296-297.

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