Clémence Isaure

 

Puisque Henri Rumeau, dans un commentaire, relève chez Chateaubriand l’allusion à Clémence Isaure, voici une photo qui prouve l’existence de nostre Clémence. Je l’ai prise à l’académie des Jeux Floraux, lors de la réception de Michel Roquebert, en janvier dernier. Dame Clémence tient dans sa main la joya, la fleur de métal précieux, qui est ici celle de la poésie et du gai savoir.

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2 réponses à Clémence Isaure

  1. Martine Rouche dit :

     » Codicille à mon testament du 10 juillet 1894.
    L’Hôtel situé à Toulouse, place d’Assézat, que je viens d’acquérir de M. Gèze et qui devra s’appeler hôtel d’Assézat et de Clémence Isaure, appartiendra, comme les autres immeubles dont je n’aurai pas disposé à un titre quelconque, à la ville de Toulouse, mais à la condition formelle qu’il lui sera donné la destination suivante, le tout sous peine de révocation de ce legs relatif audit hôtel.
    Les Sociétés savantes devront y être parfaitement et gratuitement installées. Chacune d’elles devra y trouver les locaux nécessaires pour ses réunions et ses archives. La préférence dans le choix des locaux sera laissée à l’Académie des Jeux Floraux, après elle viendront l’Académie des Sciences et Belles-Lettres, l’Académie de Législation, la Société de Géographie, et, s’il se peut, les Sociétés de Médecine et d’Archéologie.
    La ville sera expressément tenue de faire à ses frais tous les travaux, modifications et améliorations nécessaires à cette installation.
    La ville devra aussi établir une grande salle où auront lieu les réunions générales et publiques données par ces diverses Sociétés.
    Je demande qu’il ne soit jamais traité de questions politiques ou religieuses, car j’aime tout ce qui réunit les coeurs et je déteste tout ce qui les divise.
    Ma fondation actuelle n’a d’ailleurs qu’un but exclusivement littéraire et scientifique. En donnant ainsi au susdit hôtel d’Assézat le nom de Clémence Isaure, je me suis inspiré de ce nom gracieux qui a donné à Toulouse le doux rayon de gloire qui l’embellit depuis plusieurs siècles.
    Fait à Toulouse, le 30 août 1895.
    Ozenne, signé  »
    Note sur l’Hôtel d’Assézat et de Clémence Isaure, par Antonin Deloume, in Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, nouvelle série n° 31, séances du 24 mars 1903 au 7 juillet 1903, pages 384, 385.

  2. Martine Rouche dit :

    La Prière à Dame Clémence
    Ode qui a obtenu une églantine d’argent, par M. Raymond Lizop, de Paris, 1910

    Princesse de soleil, raideuse Emperière,
    Toi dont chaque regard fait éclore un printemps
    Et qui pris pour nimber ton visage troublant
    L’orbe où s’épanouit la mystique verrière ;

    O dame dont le nom est doux comme un espoir,
    Du grand rêve latin miraculeuse amante,
    Entends monter vers toi la prière fervente
    D’un humble troubadour qui chante dans le soir.

    Lorsque le ciel de mai vibrait d’apothéoses,
    Combien de fins disants et de nobles rimeurs,
    Pour cueillir le baiser de tes lèvres en fleurs,
    Vinrent pieusement sous les tourelles roses !

    Dans leur lice, autrefois, les héros et les preux
    Au nom d’un idéal ne croisaient que la lance :
    Tes loyaux chevaliers, dans les jeux d’éloquence,
    Font assaut pour Toulouse et l’âme des aïeux.

    Leur verbe délicat distille une ambroisie.
    Ils ont cueilli la rose aux célestes pourpris,
    Et leur main va semant l’églantine et le lys
    Selon l’ordre subtil des lois de courtoisie.

    Loin des vergers sacrés où s’assemble ta cour,
    Loin de ta Basilique, ô chaste Souveraine,
    Sous les cieux embrumés d’une ville lointaine,
    Je t’aimais d’un obscur, mais ineffable, amour.

    Tes poètes cherchaient les accords les plus rares
    Sur le luth patrial que ta dextre a béni,
    Je combattais là-bas dans l’embrun et la nuit
    Pour ton culte et ta loi, tout seul, face aux barbares !

    La foule se ruait, ivre, vers la Laideur,
    Aux temples monstrueux de l’Idole étrangère ;
    Je disais l’Harmonie auguste, la Lumière,
    La paix des champs bleuis où passe un laboureur ;

    L’horizon infini de ma terre Occitane,
    Et la lourde moisson croulant sous les étés ;
    L’or de notre soleil aux vieux murs des cités,
    Et l’aïeul doux et fort qui règne sur Maillane.

    Ceux du pays natal vont bientôt m’oublier,
    Puisque dans son fracas sauvage la tourmente
    Etouffe les appels de ma voix impuissante
    Et que l’oeuvre a vaincu la main de l’ouvrier.

    Les beaux bras de la gloire en leur blanche caresse
    Vous presseront, ô vous qui rythmez sous l’azur !
    Je garde un seul trésor, mélancolique et pur,
    L’orgueil d’avoir aimé la plus belle princesse !

    Ils ont conquis la joie insigne de la Fleur,
    Eux qui surent chanter au jardin de Clémence ;
    D’elle j’implorerai pour seule récompense
    Celle que Notre Dame accordait au jongleur.

    Reine du sol latin, radieuse Emperière,
    Qui trônes dans ton ciel de gemmes et d’émail,
    Cueille un humble saphir au nimbe du vitrail
    Et pose sur mon front ce bleuet de lumière !

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