Du côté de Limoux. Une visite à Pomy et à Castelreng

« Cette hospitalité mélancolique et sombre… » 1Victor Hugo. « Le 7 août 1829 ». Les Rayons et les Ombres. 1830..

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Ci-dessus : vue de l’église depuis la route, à l’entrée du hameau de Pomy.

C’est sous un ciel plombé que, sur la route qui court de Mirepoix à Limoux, nous avons hier fait halte à Pomy, puis à Castelreng, dans l’Aude.

1. A Pomy

Pomy est aujourd’hui un hameau de quelques maisons, situé sur le flanc d’un vallon boisé auquel on accède par une petite route en lacets. Pourquoi, hier, nous rendions-nous à Pomy ? — Est-ce que l’on sait où l’on va ?, dit Jacques le Fataliste. Nous le savions, nous, un peu quand même. Nous allions à Pomy parce que nous avions la curiosité de voir à quoi pouvait bien ressembler la fameuse seigneurie de Pomy, fameuse en tout cas pour nous, parce que devenue dans le cadre de notre académie du Gai Saber, le prototype de la petite seigneurie dont on ne sait rien, mais que l’on est censé connaître, puisque les archives la mentionnent de temps à autre, mais sans précision aucune.

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Pour accéder à l’église, située en contrebas de la route, nous empruntons la traverse Jean-Baptiste Botul. Jean-Baptiste Botul ??? Il y a donc à Pomy un rieur, adepte du canular littéraire. Voyez sur Wikipedia qui est Jean-Baptiste Botul ? ?

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Ci-dessus : ruinée, l’ancien presbytère de l’église.

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Ci-dessus : vue de l’église depuis le fond du vallon, sur l’autre bord du ruisseau.

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Ci-dessus : autre vue de l’église au bord du ruisseau.

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Ci-dessus : autre vue encore de l’église au bord du ruisseau.

Après être descendus jusqu’au ruisseau, nous remontons dans le hameau, installé en pente sous la route par laquelle nous sommes arrivés.

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C’est là, sous la route, que nous découvrons ce qui reste de l’ancien château de Pomy. Une tour, d’abord.

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Puis la demeure seigneuriale, avec ses fenêtres à meneaux et son échauguette.

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Ci-dessus : vue en contre-plongée de la façade princiale de la demeure seigneuriale.

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Ci-dessus : vue de la façade latérale de la maison seigneuriale.

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Ci-dessus : plus haut, au bord de la route, vestige d’une autre tour.

L’examen des vestiges qui susbsistent autour de la demeure seigneuriale, donne à penser que le château de Pomy constituait jadis un édifice important et qu’il occupait, avec ses communs et autres entours, une superficie largement supérieure à celle des restes qu’on voit aujourd’hui.

Quels ont été les seigneurs de Pomy ?

François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, dans son Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies…, nomme les seigneurs de Château :

« CHÂTEAU : ancienne noblesse éteinte, dont étaient les seigneurs de Calmont et de Pomy, et dont on ne trouve plus de vestiges depuis Léon Château, vivant en 1570. Il avait épousé une héritière de la branche des anciens Fontaines, seigneurs de Lafage. II eut quatre filles ; Marguerite Château, mariée à Antoine de Gouzens Comelles, laquelle hérita de ladite terre de Lafage, dont postérité ; Jeanne , religieuse au noble monastère de Prouille ; Madeleine, mariée à Pierre Berot ; et Gabrielle Château, femme de noble Paul de Pradines, seigneur de Barsa. » 2François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois. Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies…, p. 288.

Christine Tranchant, sur un site non-officiel consacré à Pomy, indique que le dernier seigneur de Pomy a été, « au XVIIIe siècle, Joseph d’Hautpoul, seigneur de Montaut et de Pomy » 3Les événements de Pomy..

2. A Castelreng

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— Pourquoi Castelreng maintenant ? demande le maître de Jacques, lequel demeure toujours aussi fataliste. — Est-ce que l’on sait où l’on va ? là encore. Et pourquoi pas ? Nous avions lu ceci sur la base Mérimée du ministère de la Culture :

« L’église fut consacrée par Dalmace, évêque de Narbonne, en 1088. Elle a été remplacée, probablement au XVIIIe siècle, par une nouvelle église plus vaste, orientée sensiblement est-ouest. De l’ancien bâtiment est conservé le mur du fond qui supporte un clocher-mur, et une partie des murs latéraux, délimitant un vaste porche. Ces murs latéraux ont eux-mêmes été remontés en 1833, à la suite d’affaissements qui touchaient tout l’espace compris entre l’église et la terrasse du presbytère.

La seule partie ancienne est donc le mur du clocher. Son élévation présente trois parties. A la base, jusqu’à mi-hauteur, le parement montre un appareil assez régulier, travaillé au marteau. Au-dessus, le mur a été surélevé, peut-être dans un dessein défensif, dans un appareil plus sommaire. Enfin, les arcades des cloches ont été construites en retrait, en moyen appareil, beaucoup plus tardivement. Le pignon supérieur est arrondi en forme de cloche. Il est peu probable que cette partie, qualifiée de romane, soit antérieure au 17e siècle.

Les fortifications sont mentionnées à partir de 1119. La porte fortifiée ne paraît pas être antérieure au 14e siècle. C’est une porte en arc brisé, constitué par 17 claveaux, dont une clef médiane. L’encadrement intérieur est chanfreiné.

La croix à proximité paraît dater de la Restauration. Socle carré, sans inscription, avec tablette moulurée. La croix est en fer forgé, constituée par deux fers qui se retournent pour former la traverse, sans s’entrecroiser à la croisée des bras. Cette partie est seulement entretoisée par des fers plus petits et par la torsade épineuse qui forme l’ornement central. Les extrémités sont trilobées. L’intérieur de ces trilobes est orné par des palmettes en tôle, avec volutes de base, esquissant une fleur de lys. Divers instruments de la Passion sont disposés entre les armatures : échelle, glaive, porte-éponge, tenailles, clous. Sur le haut de la croix est perché un coq en tôle. »

Programme alléchant, en vertu de la libido vivendi.

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Ci-dessus : à l’entrée de Castelreng, la mairie et sa belle inscription patinée.

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Ci-dessus : à l’entrée de Castelreng, l’école de garçons et sa belle inscription patinée.

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Ci-dessus : à l’entrée de Castelreng, l’école des filles et sa belle inscription patinée.

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Ci-dessus : à l’entrée de Castelreng, première vue de l’église.

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Ci-dessus : passé le pont sur le Cougain, à droite, sorte de métope sur une maison privée.

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Ci-dessus : autre façon de métope sur la même maison.

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Ci-dessus : venelle dans le village.

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Ci-dessus : vielle porte du côté du barry.

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Ci-dessus : porte des remparts, anciennement fortifiée, photographiée dans les années 1900. Les traces de la herse subsistent.

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Ci-dessus : même porte aujourd’hui.

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Ci-dessus : « La porte fortifiée ne paraît pas être antérieure au XIVe siècle. C’est une porte en arc brisé, constitué par 17 claveaux, dont une clef médiane. L’encadrement intérieur est chanfreiné. La croix à proximité paraît dater de la Restauration. »

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Ci-dessus : « Socle carré, sans inscription, avec tablette moulurée. La croix est en fer forgé, constituée par deux fers qui se retournent pour former la traverse, sans s’entrecroiser à la croisée des bras. Cette partie est seulement entretoisée par des fers plus petits et par la torsade épineuse qui forme l’ornement central. Les extrémités sont trilobées. L’intérieur de ces trilobes est orné par des palmettes en tôle, avec volutes de base, esquissant une fleur de lys. Divers instruments de la Passion sont disposés entre les armatures : échelle, glaive, porte-éponge, tenailles, clous. Sur le haut de la croix est perché un coq en tôle. »

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Ci-dessus : Divers instruments de la Passion sont disposés entre les armatures : échelle, glaive, porte-éponge, tenailles, clous.

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Ci-dessus : vue rapprochée de la porte du XIVe siècle.

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Ci-dessus : derrière la porte, un blason, non documenté.

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Ci-dessus : vue en contre-plongée mur de fond de l’église, qui supporte le clocher-mur.

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Ci-dessus : sous le porche de l’église, une peinture murale, non documentée.

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Ci-dessus : reproduite sur la base Mérimée, « plafond peint sous la tribune de l’église ». Nous ne l’avons pas vue : l’église est fermée ; c’est une propriété privée. Mais la peinture murale photographiée sous le porche et le plafond peint que nous n’avons pas vu sont-ils deux oeuvres distinctes, ou une et la même ?

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Ci-dessus : autre vue de l’église photographiée sur l’arrière. « De l’ancien bâtiment est conservé le mur du fond qui supporte un clocher-mur, et une partie des murs latéraux, délimitant un vaste porche. Ces murs latéraux ont eux-mêmes été remontés en 1833, à la suite d’affaissements qui touchaient tout l’espace compris entre l’église et la terrasse du presbytère ». La structure demi-sphérique que l’on voit ici est sans doute celle de l’ancien presbytère 4Attention ! Le mot presbytère est à prendre ici au sens de « partie du choeur d’une église située derrière le maître-autel »..

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On distingue nettement sur cette vue : 1. Le mur du fond qui supporte le clocher-mur. 2. Le vaste porche surmonté d’un fronton triangulaire. 3. Le presbytère de forme demi-spérique. 4. La nef, reconstruite en 1833, dans le sens est-ouest, entre le porche et le presbytère, à la suite d’affaissements qui touchaient tout l’espace compris entre ces derniers.

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Ci-dessus : autre vue de la nef reconstruite en 1833.

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J’ai cherché à savoir quel avait été, avant la Révolution, le statut de Castelreng. Les renseignements sont minces.

« Le premier seigneur de Castelreng qui nous est connu, dit Jacques Lemoine dans L’Histoire de la Bezole et de ses environs 5Jacques Lemoine. L’Histoire de la Bezole et de ses environs. Société d’études scientifiques de l’Aude, 1970., est Ancel de Cauda en 1325″. M. Mahul, dans Cartulaires et archives des communes de l’ancien diocèse de Carcassonne, cite Mathieu de Ruppe (de Laroque), seigneur de Castro Rescindo (Castelreng) 6M. Mahul. Cartulaires et archives des communes de l’ancien diocèse de Carcassonne. Volume V. Didron Libraire, Paris, 1867.. Le Livre vert de Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne, indique que celui-ci était au XIV siècle propriétaire de Malemate, écart de Castro Resindo (Castelreng) 7Livre vert de Pierre de la Jugie.. L’Inventaire sommaire des Archives départementales de l’Hérault note que « Messire de Saint Jean de Thurin, baron d’Hounoux, était en 1687 seigneur en toute justice, haute, moyenne et basse du dit lieu de Castelreng » 8Inventaire sommaire des Archives départementales de l’Hérault antérieures à 1790 : Art. 2813 à 3893., et que ses descendants ou alliés ont suivi. Parmi ces derniers, un certain Bernard de Béon Cazaux, puis Gabriel de Béon Cazaux, son fils… 9Cf. Christine Belcikowski. Enquête sur la descendance de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy.

Après notre halte à Pomy, puis à Castelreng, nous sommes arrivés à Limoux, où nous avons pris un verre sur la place de la République, au pied de la fontaine de Vénus, érigée en 1881 par Oscar Rougé en hommage à la République en 1881. Cette fontaine est l’oeuvre de Mathurin Moreau (1822-1912).

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References   [ + ]

1. Victor Hugo. « Le 7 août 1829 ». Les Rayons et les Ombres. 1830.
2. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois. Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies…, p. 288.
3. Les événements de Pomy.
4. Attention ! Le mot presbytère est à prendre ici au sens de « partie du choeur d’une église située derrière le maître-autel ».
5. Jacques Lemoine. L’Histoire de la Bezole et de ses environs. Société d’études scientifiques de l’Aude, 1970.
6. M. Mahul. Cartulaires et archives des communes de l’ancien diocèse de Carcassonne. Volume V. Didron Libraire, Paris, 1867.
7. Livre vert de Pierre de la Jugie.
8. Inventaire sommaire des Archives départementales de l’Hérault antérieures à 1790 : Art. 2813 à 3893.
9. Cf. Christine Belcikowski. Enquête sur la descendance de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy.

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  • Gironce at 11 h 54 min

    Intéressante approche de l’architecture de Caslereng; l’église mériterait une étude approfondie quant au clocher. Le « presbytère », qui n’est autre que le chœur dans son entier, pourrait bien remonter à l’âge roman.