Enquête sur la descendance de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy

 

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Ci-dessus, de gauche à droite : signature de Jehan de [Lévis] Lomagne ; signature de Louise de Bertrand.

La descendance, initialement bâtarde, de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy, ou de Bertrand, ou Bertrand 1Cf. La dormeuse blogue : La triste histoire de Jean de Lévis Lomagne ; Christine Belcikowski, La trace du serpent. Au château de Mirepoix, L’Harmattan, 2014. ne semble avoir jamais fait l’objet d’une enquête serrée. J’ai tenté d’initier cette enquête à partir des deux sources, essentielles et principales qui suivent, : 1° le tome V des Archives du château de Léran. Inventaire historique et généalogique des documents de la branche Lévis Mirepoix. Procès du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle 2Siméon Olive et Félix Pasquier. Archives du château de Léran. Inventaire historique et généalogique des documents de la branche Lévis Mirepoix. Tome V. Procès du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle. Imprimerie et librairie Edouard Privat. Toulouse. 1927., inventaire constitué par Siméon Olive et Félix Pasquier, archivistes de la maison de Lévis ; 2° les registres paroissiaux de l’Ancien Régime.

Cette enquête m’a permis de constater que nombre d’informations fournies sur les sites de généalogie en ligne sont fausses ou carrément fantaisistes. Elle m’a permis aussi de constater que les généalogistes et les historiens du XVIIIe et du XIXe siècle, quoique proches encore du temps auquel remonte mon enquête, diffèrent souvent dans les noms et les dates qu’ils rapportent, voire se contredisent. De surcroît, ils ne s’intéressent guère aux femmes, qui ne transmettent pas le nom. Je signalerai ci-dessous les zones d’ombre qui subsistent dans leurs écrits.

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J’augure au demeurant que certaines informations demeureront toujours manquantes, parce que les registres paroissiaux, dans certaines communes, n’existaient pas encore à l’époque considérée, ou parce que ces registres ont été perdus, ou encore parce que les rats ont mangé le coin de page sur lequel figurait tel acte recherché.

I. Jean de Lomagne (1568 † 24 avril 1664) et Louise de Bertrandy († 1658 selon S. Olive et F. Pasquier). Premier couple et première génération

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Ci-dessus : grande tour du château de Terride aujourd’hui.

1616. Mort de Catherine Ursule de Lomagne, veuve de Jean VI de Lévis, mère de Jean de Lévis Lomagne. Celui-ci hérite du château de Terride, auparavant propriété de sa mère, et garde à son service Louise de Bertrandy, dame de compagnie de la défunte.

1620. Pacte de mariage de Louise de Bertrandy et d’Armand Labeur. Ce mariage n’a pas été célébré.

Entre 1619 et 1623. Naissance d’Agnès, fille naturelle de Jean de Lévis Lomagne et de Louise de Bertrandy. Daté du 17 avril 1679, l’acte de décès de « Madame Agnès de Lévis de Loumaigne » la dit âgée de 60 ans environ à l’heure de sa mort.

25 mars 1624. Baptême d’Hippolyte, fille naturelle de Jean de Lévis Lomagne et de Louise de Bertrandy. Mirepoix.

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Ci-dessus : ombres dans la tour du château de Terride.

30 août 1625. Premier testament de Jean de Lomagne, dans lequel il lègue l’essentiel de sa fortune à Agnès, sa fille première-née.

9 mai 1639. Mort de [Madame] Marguerite de Bertrandy, soeur de Louise de Bertrandy, au château de Terride. Mirepoix. BMS)

Nuit du 4-5 novembre 1642. Enlèvement d’Agnès et d’Hippolyte [de Bertrandy] par François de Béon de Massès, seigneur de Cazaux, ou de la Bastide de Cazaux, ou de la Bastide d’en Richard, aujourd’hui Gueytes-et-Labastide (S. Olive, F. Pasquier). Initiation d’un vaste procès qui durera jusqu’à 1677.

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28 octobre 1649. Louise de Bertrandy, marraine d’Antoine Auriol. Parrain, Monsieur Antoine Barrau. Mirepoix. Document 1NUM6/5MI662 (1597-1658). Vue 163.

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29 avril 1658. Louise de Bertrandy, marraine de Louise Barrau, fille d’Antoine Barrau, domestique et homme de confiance (!) de Jean de Lomagne. Mirepoix. Document 1NUM6/5MI662 (1597-1658). Vue 214.

Fin de l’année 1858. Mort de Louise de Bertrandy. (S. Olive, F. Pasquier)

23 avril 1664. Troisième et dernier testament de Jean de Lévis Lomagne (chez Joseph Dumas, notaire), dans lequel celui-ci déshérite ses deux filles non reconnues.

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24 avril 1664. Mort de Jean de Lomagne. Mirepoix. Document 1NUM7/5MI662 (1662-1667). Vue 167.

II. Qui est François de Béon de Massès, baron de Cazaux, suborneur des filles de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy ?

II.1. D’après le Nobiliaire de Guienne et de Gascogne

Voici ce qu’en dit le tome 3 du Nobiliaire de Guienne et de Gascogne 3Nobiliaire de Guienne et de Gascogne : revue des familles d’ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces, antérieures à 1789, avec leurs généalogies et leurs armes ; Traité héraldique sous forme de dictionnaire. Tome 3 / par M. Gabriel O’Gilvy, [puis] M. Pierre Jules de Bourrousse de Laffore ; pp. 332-334; édition Dumoulin, puis H. Champion, Paris, 1856-1883. concernant les ascendants et la personne de François de Béon Cazaux :

« SEIGNEURS DE CAZAUX, MARQUIS DE BEON CAZAUX.

Noble Jean de Béon du Massez, auteur du rameau des marquis de Béon Cazaux, était le frère puîné d’Aimeri de Béon du Massez, capitaine de 50 hommes d’armes, chevalier de l’ordre de Saint Michel, et le fils de noble Bernard II de Béon, seigneur du Massez, et de damoiselle Antonie de Devèze. Il fut enseigne de la compagnie de 50 hommes d’armes du maréchal de Thermes (Paul de La Barthe), son cousin, et se maria, par contrat passé le 29 janvier 1558 devant Maginel, notaire de Pamiers, avec Françoise de Casteras, dame de Cazaux, fille unique de Guillaume Arnaud de Casteras, seigneur de Cazaux, et nièce de Vésian de Casteras, seigneur de La Rivière.

Jean de Béon, seigneur de Cazaux, assiste et signe, avec son neveu Pierre de Béon du Massez, au contrat de mariage passé le 25 mars 1571 entre Paul de Casteras, seigneur de La Rivière (fils de Vésian et de Gabrielle d’Isalguier), et Gabrielle de Malhac, dame de la seigneurie du Palays (Laine, Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, t. IV, p. 5 à 7). Il eut de son union :

Noble … de Béon, seigneur de Cazaux, qui fut père de :

  • François, qui suit (c’est l’homme qui nous intéresse) ;
  • Messire Izaac de Béon de Cazaux, lieutenant général des armées du Roi, gouverneur de Bergues, puis de Thionville, a naturellement un article biographique dans le Dictionnaire des généraux français, comme Bernard de Béon du Massez, baron de Bouteville, Aymeri François de Béon du Massez, comte de Lamezan, et le vicomte de Béon La Palu, tous les trois maréchaux de camp. Le chevalier de Courcelles s’exprime ainsi sur ce lieutenant général :

« De Béon de Cazaux (Isaac), lieutenant général, d’une branche de la même famille que les précédents, entra aux mousquetaires dans la compagnie du cardinal Mazarin en 1658, et servit au siége de Dunkerque. Il se trouva le 13 juin à l’expédition du marquis d’Humières, qui allait reconnaître les ennemis, y fit des prodiges de valeur, contribua, avec les volontaires, à la défaite des ennemis lorsque ces derniers attaquèrent le marquis d’Humières, et combattit le lendemain à la bataille des Dunes. Retourné au siége de Dunkerque, à la tête de 6 hommes de sa compagnie, il poussa avec beaucoup de hardiesse un logement sur la gauche de la contrescarpe, et y fut blessé à la main par une grenade. Il devint lieutenant de sa compagnie en 1659, et conserva ce grade jusqu’à la réforme de cette compagnie. Il se démit, au mois de mai 1666, d’une compagnie qu’il avait depuis longtemps dans le régiment d’infanterie de Saint-Génies ; servit comme volontaire, en 1667, aux siéges et à la prise de Tournay, de Douay, de Lille, et à la conquête de la Franche-Comté, en 1668. On le fit grand bailli de Bergues par provisions du 9 avril de la même année, et on lui donna, par provisions du 5 juin suivant, le gouvernement de cette place, sous l’autorité du gouverneur de Dunkerque. Il résida pendant plusieurs années dans ce gouvernement ; leva, par commission du 14 septembre 1673, une compagnie franche d’infanterie pour tenir garnison à Bergues, et une de dragons par commission du 18 février 1674, et fit la petite guerre avec ses compagnies.

Créé maréchal de camp le 25 février 1676 et employé à l’armée de Catalogne, il parvint à chasser de leurs postes les miquelets, qui harcelaient continuellement l’armée, les combattit en corps, les défit et les obligea de fuir si vite qu’on ne put les suivre. A la tête d’un détachement, il força un corps de garde des ennemis, auxquels il fit 400 prisonniers. Il passa à Messine, par lettres du 15 février 1677, et y resta jusqu’au retour des troupes en France. Employé à l’armée de Rousillon, par lettres du 9 avril 1678, il servit au siége de Puicerda, y montra beaucoup de valeur et de prudence, repoussa les ennemis dans plusieurs sorties, y eut un cheval tué sous lui, et fut blessé d’un éclat de grenade au-dessus de l’oeil ; Puicerda se rendit le 28 mai.

On le créa lieutenant général le 28 juin. II obtint en chef le gouvernement de Bergues par provisions du 25 février 1679, et on lui donna celui de Thionville par provisions du 13 janvier 1681. Il quitta alors celui de Bergues, et mourut le 2 du mois de mars de la même année, au moment où il allait prendre possession de son nouveau gouvernement » (Dépôt de la guerre, mémoires du temps, histoire de la maison du Roi, par l’abbé de Neufville, t. I, p. 216 ; Gazette de France. — De Courcelles, Dictionnaire historique et biographique des généraux français, t. II, p. 125 à 126).

  • François Paul Ier de Béon du Massez Cazaux, chevalier et commissaire de l’ordre de Malte, fit au grand prieuré de Toulouse, les 25 février et 16 mars 1649, les preuves exigées de François Timoléon de Montaut Labat pour entrer dans ledit ordre (Laine, Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, t. XI, art. de Montault, p. 7. — Laine ajoute : Voir à la Bibliothèque de l’Arsenal, Les chevaliers de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, grand prieuré de Toulouse, t.I, p. 488). Le même François Paul de Béon du Massez Cazaux devint grand prieur de Toulouse et fonda une commanderie de son ordre en 1685 en faveur de François Paul II de Béon de Cazaux, son neveu et son filleul, et de tous ceux de sa branche qui entreraient dans l’ordre de Malte (Biblioth. impér., cabinet des titres, fonds Chérin, dossier de Béon).

François de Béon, seigneur de Cazaux et de La Bastide, épouse, le 29 août 1645, Agnès de Lévis, fille de Jean de Lévis, seigneur de Roquefort, et de Louise Bertrand, et petite-fille de Jean IV de Lévis, seigneur de Mirepoix, baron de Lagarde et de Montségur, maréchal de La Foi, sénéchal de Carcassonne et de Béziers en 1378, et de Catherine Ursule de Lomagne Terride (P. Anselme, Histoire des grands officiers de la couronne, t. IV, p. 18 et 19). De cette union :

  • Pierre Hippolyte de Béon de Cazaux, marié à Constance de Villemur, veuve en 1686 de Jean Roger de Rochechouart, comte de Barbazan, fille d’Anne de Villemur, baron de Pailhès, de Bonnac et de Capens, et de Marie Andrée Catherine de Comminges, dite de Bourbon, comtesse de Péguilhan, et celle-ci fille de Roger de Comminges, comte de Péguilhan, capitaine de 50 hommes d’armes, et de Catherine de Bourbon Barbazan, des vicomtes de Lavedan et barons de Malauze (P. Anselme, cité, t.I, p. 368, et t. II, p. 660. — Laine, Archives citées, t. III, art. De Villemur, p. 32 et 33). Laine ajoute que Pierre-Hyppolite de Béon de Cazaux et Constance de Villemur n’eurent point d’enfants.
  • François Paul II de Béon de Cazaux, chevalier de Malte, petit-neveu et filleul du grand prieur de Toulouse, nommé plus haut, qui fonda une commanderie de son ordre en faveur dudit neveu.

Là s’arrêtent les renseignements trop incomplets que nous avons pu avoir sur le rameau de Cazaux. Nous savons seulement que sous Louis XVI, les Béon Cazaux n’étaient plus représentés que par :

  • le marquis de Béon Cazaux, enseigne des gardes du corps et brigadier des armées du Roi, sous-lieutenant des gardes du corps, en 1785, compagnie de Luxembourg, avec rang de mestre de camp (Annuaires militaires).
  • On voit au tome IV des Victoires et Conquêtes des Français, pages 201, 225 et 225, qu’à l’armée des émigrés, il y avait un régiment de Béon. Il était commandé soit par le comte de Béon La Palu, soit par le marquis de Béon Cazaux [hypothèse improbable, puisque Gabriel de Béon Cazaux (1729-1777) n’a pas eu d’héritier mâle ; cf. infra.) »

II.2. François de Béon Cazaux d’après F. Pasquier et Siméon Olive

Né circa 1601 ? fils de Jean Michel de Béon, seigneur de Cazaux (ca 1565 – ?), et d’Anne de Garaud de Montesquieu ; petit-fils de Jean de Béon, seigneur de Cazaux (ca 1530 – ?), enseigne de la 2e compagnie de Paul de Labarthe, maréchal de Thermes, et de Françoise de Casteras ; petit-fils de Jean de Garaud, seigneur de Cumières et d’Iphigénie Hélie de la Cassagne. Frère d’Izaac de Béon, gouverneur de Thionville (†1681), et de François Paul de Béon, commandeur de l’Ordre Souverain de Malte 1610-1688 ; neveu de François Paul de Garaud, seigneur de Montesquieu et de Cumiès, président trésorier de France au Bureau des finances de Toulouse.

13 septembre 1626. Mariage de François de Béon Cazaux et de Jeanne Labat d’Antignac, fille de Noble Jean Labat d’Antignac, seigneur de Caudeval 4Archives dép. de l’Ariège. Registres de Franççois Galaup père. Lignairolle et Escueillens (Aude). Cote : 5E2600 (1625-1626..

12 décembre 1642 ? Mariage de François de Béon Cazaux et d’Agnès [de Bertrandy].

Commentaire

Je n’ai pu trouver aucun des deux actes correspondant aux deux mariages de François de Béon Cazaux. Cela ne veut pas dire toutefois que ces actes n’ont pas existé. Félix Pasquier et Siméon Olive écrivent que le mariage de François de Béon Cazaux et d’Agnès de Bertrandy a été célébré de nuit, à la cathédrale de Mirepoix, avec la complicité du chanoine Niort, qui entretenait un différend avec Jean de Lévis Lomagne. Félix Pasquier et Siméon Olive ne fournissent toutefois aucune preuve directe de ce mariage. Ils datent le dit mariage du 12 décembre 1642 sur la foi de la plainte que Jean de Lévis Lomagne dépose, le 12 décembre 1642 justement, au motif que le mariage conclu après un rapt, d’où sans le consentement des parents de la jeune fille, viole le droit. « Le rapt désigne en effet la subordination d’une fille mineure sous prétexte de mariage sans le consentement des parents, lequel, parce qu’il remet en question l’autorité parentale dans les stratégies matrimoniales, est théoriquement puni de mort, sans espérance de grâce selon les Ordonnances de Henri II (février 1556) et de Henri III (1585) » 5Stéphanie Gaudillat Cautela. Questions de mot. Le « viol » au XVIe siècle, un crime contre les femmes ? In Clio. Histoire‚ femmes et sociétés. 2016.

II.3 Autres informations

Mort de François de Béon Cazaux avant 1679, d’après l’acte de décès « Madame de Cazaux » ; circa le 13 juillet 1679, d’après F. Pasquier et S. Olive. On ne trouve pas d’acte de sépulture de François de Béon Cazaux à Mirepoix ni à Limoux. Les archives paroissiales de Gueytes-et-Labastide ne commencent qu’en 1707. Les archives de Caudeval manquent pour la période considérée.

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17 avril 1679. Mort de « Madame de Cazaux », i. e. « Madame Agnès de Lévis de Loumaigne, épouse à feu Messire François de Béon du Massès, seigneur baron de Cazaux, Loubens, la Bastide et autres place ». Limoux. Paroisse Saint-Martin. Document 100NUM/AC206/GG64 (1678-1680). Vue 66.

II.4. Enfants de François de Béon

II.4.1 Toutes sources Internet confondues

  • Pierre Hippolyte de Béon Cazaux (futur époux de Jeanne Dax ; puis de Constance de Villemur)
  • François Paul de Béon Cazaux. Existence douteuse.
  • Marguerite de Béon Cazaux, mariée le 1er mars 1667 à Jérémie de la Vergne de Tressan, maréchal de camp, fils d’Antoine de Monteynard, seigneur de la Tour († 1652), gouverneur d’Amboise, et de Blanche de Seguin. Source Internet également.

Question : duquel des deux mariages de François de Béon ces enfants sont-ils issus ? Pour les généalogistes, seule Marguerite peut-être serait issue du second mariage.

II.4.2 Indices fournis par F. Pasquier, dans l’Inventaire des procès de la maison de Lévis

  • Mai, juillet et novembre 1661. Exploits d’assignation contre… « le baron de Cazaux, Agnès de Bertrandy, sa femme, ses deux enfants… » (p. 496).
  • … « la conduite violente du fils de Cazaux contre son aïeul [Jean de Lévis Lomagne] » (p. 481).
  • 24 mai 1662. Arrêt du parlement de Rennes contre… « M. de Béon et Marguerite Philiberte de Béon, issus du mariage du baron de Cazaux et d’Agnès de Bertrandy » (p. 496).
  • 10 juin 1662. Arrêt du conseil privé du roi exposant… les sévices qu’il [Jean de Lomagne] a reçu du baron de Cazaux, de ses filles, et des enfants du baron » (p. 496).
  • 27 juin 1762. Arrêt contre… contre « le baron de Cazaux, sa femme et leurs enfants » (p. 497).
  • 13 mai 1663. Mémoire des diverses instances contre… » François de Béon de Massès, seigneur de Cazaux, Agnès de Bertrandy, sa femme, et leurs enfants » (p. 49).
  • 22 avril 1664. A la requête du baron de Terride, arrêt du conseil privé du roi à faire comparaître… « ses filles naturelles, Agnès et Hippolyte de Bertrandy, et les enfants du baron de Cazaux » (p. 499).

Commentaire

Je n’ai trouvé aucun acte de baptême qui concerne ces enfants, ni à Gueytes-et-Labastide, où le registre paroissial n’existe qu’à partir de 1707, ni à Caudeval, pour une raison analogue, ni à Limoux, ni à Mirepoix, où la célébration de ces baptêmes eût été de toute façon malvenue.

D’après les sources Internet, Pierre Hippolyte de Béon Cazaux serait l’aîné, né circa 1630 (?) de Jeanne Labat.

D’après moi, François de Béon Cazaux n’a eu qu’un seul fils, Pierre Hippolyte de Béon Cazaux, et une seule fille, Marguerite Philiberte de Béon Cazaux, nés tous deux d’Agnès de Bertrandy.

Le prénom de Pierre Hippolyte indique probablement que l’enfant a eu pour marraine Hippolyte [de Bertrandy]. Henri Joseph de Béon, né le 10 avril 1674, premier né de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux, aura lui pour marraine « Agnès de Lévis et Lomagne » (Agnès de Bertrandy), sa grand-mère maternelle (cf. infra)..

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Ci-dessus : extrait du Catalogue des Chevaliers de Malte, appelés successivement Chevaliers de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes & de Malte, 1099-1890 par Louis de la Roque, chez Alp. Decide, graveur héraldique, éditeur de médailles, Paris, 1891. A noter que « Bernard de Béon de Massez Casaux » et « Béon de Casaux » [qui est-ce ?] ne figurent pas dans le Registre manuscrit des réceptions des chevaliers de Malte, depuis 1685 jusqu’en 1768, en raison peut-être du statut de bien familial propre à la commanderie de Plaigne.

François Paul II de Béon Cazaux, fils de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux et de Jeanne Dax de La Serpent, sera fait chevalier de Malte en 1677, puis commandeur de Plaigne de 1688 à 1716 6Source : Antoine du Bourg (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur : L. Sistac et J. Boubée. Toulouse. 1883..

Sachant que François Paul Ier de Béon Cazaux, en 1685, a « fondé la commanderie de Plaigne en faveur de François Paul II de Béon de Cazaux, son petit-neveu et son filleul, et de tous ceux de sa branche qui entreraient dans l’ordre de Malte », on remarque qu’il subsiste une sérieuse zone d’ombre dans l’histoire des deux premiers titulaires de cette commanderie.

Voici comment Antoine du Bourg, dans son Histoire du grand prieuré de Toulouse, rapporte l’histoire en question :

« La suite des archives nous permet de voir fonctionner l’organisation établie par le Grand Prieur [François Paul I de Béon Cazaux (1610-1688), commandeur de l’Ordre Souverain de Malte de 1673 à 1688, frère de François de Béon Cazaux]. A sa mort, arrivée en 1688, nous voyons messire Pierre Hippolyte de Béon, marquis de Cazeaux, accompagné de François de Robin Barbentane, receveur du Grand-Prieuré, procéder à l’inventaire des meubles du Château de Plagnes [aujourd’hui Plaigne], dont il se charge pendant la minorité de son fils [François Paul de Béon Cazaux], désigné pour succéder à son grand-oncle » [François Paul I de Béon Cazaux].

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Ci-dessus : vue de la commanderie de Plaigne aujourd’hui.

Le propos d’Antoine du Bourg donne ici à penser que la succession des deux premiers titulaires de la commanderie de Plaigne ne s’est pas faite de façon directe, puisqu’à bien lire Antoine du Bourg, il semble que Pierre Hippolyte de Béon Cazaux ait administré la commanderie pendant la minorité de François Paul II, son fils.

III. Pierre Hippolyte de Béon Cazaux

Armes de Pierre Hippolyte de Béon, seigneur et baron de Saint-Paul-Cazaux : porte d’or à deux vaches passantes de gueules accolées, clarinées, accornées et onglées d’azur. Source : Baron de Cauna. Armorial des Landes, précédé des assemblées de la noblesse et du clergé de Dax et des cahiers de la noblesse d’Albret. Tome 2. Impr. Vve J. Dupuy. Bordeaux. 1865.

III.1 Premier mariage de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux avec Jeanne Dax, fille du seigneur de la Serpent

Je n’ai pas trouvé l’acte de mariage correspondant. En tout cas ni à Limoux, ni à la Serpent. D’après les généalogistes, Pierre Hippolyte de Béon Cazaux aurait épousé Jeanne Dax le 25 février 1661 (?) (où ?), i. e. à l’époque où François de Béon Cazaux, son père, occupait le château de Terride et où lui-même exerçait des violences à l’encontre de son aïeul Jean de Lomagne ! On jugera d’autant moins plausible la date supposée de ce mariage, que le premier enfant de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux et de Jeanne Dax naît en 1674 !

Pour info : 1er novembre 1645. Naissance de Jeanne Dax, fille de noble Henry Dax, seigneur de [La Serpent], Bouriège [et Tessonières], et de noble damoiselle Anne de Saint Jean. Limoux. Document 100NUM/AC206/GG32 (1644-1646). Vue 38.

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9 juin 1685. Mort de Jeanne Dax, probablement de suite de couches, après la naissance et la mort de Bernard II de Cazaux le 20 mai 1785 (cf. infra). Limoux. Document 100NUM/AC206/GG67 (1683-1686). Vue 100.

III.1.1 Enfants de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux et de Jeanne Dax

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Date, lieu et acte de baptême manquent concernant la naissance de François Paul II de Béon Cazaux. François Paul II de Béon Cazaux, alors commandeur de Plaigne, sera inhumé à Limoux le 16 juin 1716.

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10 avril 1674. Baptême d’Henri Joseph de Béon Cazaux. Parrain, messire Henri Dax, seigneur de la Serpent. Marraine, dame Agnès de Lévis et de Lomagne, femme de messire François de Béon et de Massès, seigneur de Cazaux. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG63 (1673-1677). Vue 43.

22 janvier 1677. Baptême de Marie Marguerite de Béon Cazaux. Parrain, messire François de Montesquieu, seigneur de Boust… et autres places. Marraine, dame Marguerite de Béon [tante de l’enfant ; fille de François de Béon Cazaux et d’Agnès de Bertrandy]. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG63 (1673-1677). Vue 270.

  • Marie Marguerite de Béon Cazaux épousera le 21 juillet 1693 Alexandre du Vivier, marquis du Vivier, comte de Lansac. Elle meurt à Pamiers, le 29 avril 1742, chez les soeurs de Sainte Ursule. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Notre Dame du Camp. Document 1NUM1/5MI545 (1739-1746). Vue 128.

2 juin 1678. Baptême de Jean François de Béon et de Anne de Béon. Limoux. Document 100NUM/AC206/GG64 (1678-1680). Vue 17.

  • « Noble François de Béon du Massès, sieur de Loubens », mourra à l’âge de deux ans, le 27 août 1680. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG64 (1678-1680). Vue 119.

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26 mars 1681. Baptême de Bernard I de Béon Cazaux. Parrain, Henry Joseph de Béon. Marraine, demoiselle Hippolyte de Lévis pour dame Claire de Garaud, marquise de la Filière. Document 100NUM/AC206/GG65 (1681-1682). Vue 15.

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20 mai 1685. Naissance et mort de Bernard II de Cazaux, baptisé par la sage femme. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG67 1683-1686). Vue 98.

III.2 Second mariage de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux

Pierre Hippolyte de Béon Cazaux épouse (date ? lieu ?) Constance de Villemur, fille d’Anne de Villemur, baron de Pailhès, de Bonnac et de Capens, et autres places, petite fille de Georges de Villemur (seigneur de Pailhès et de Saint-Paul en 1607, veuve en 1686 de Jean Roger de Rochechouart, comte de Barbazan. Pierre Hippolyte de Béon Cazaux et Constance de Villemur, ensemble, n’auront pas d’enfants.

Grâce sans doute à ce second mariage, Pierre Hippolyte de Béon Cazaux se trouve être désormais, en sus de ses titres précédents, seigneur de Saint-Paul [aujourd’hui Saint-Paul de Jarrat].

« Il a été fait une reconnaissance devant notaire par les habitants de Freychenet et Saint-Paul, le 27 mai 1683, à « Messire Pierre Hippolyte de Béon de Masses, seigneur et baron de Saint Paul, Freychenet, Cazaux et Loubens » 7Source : Histariège. Les seigneurs de Saint-Paul..

« Pierre Hippolyte de Béon Cazaux testa en faveur de son fils aîné [François Paul II de Béon Cazaux] : ADHG, 4° 266 ». 8Cf. « Lettre de succession du 23 mars 1689 par Béon de Masses, seigneur de Saint-Paul, Cazaux et autres places. » ADA : 1 J 562. Source : ibidem.

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27 février 1710. Mort de Pierre Hippolyte de Béon Cazaux. Gueytes-et-Labastide. Document 100NUM/AC171/1E1 (1707-1765). Vue 6.

14 mars 1710. Mort de Constance de Pailhès, fille d’Anne de Villemur, « épouse quand vivait de feu Monsieur de Cazaux ». Gueytes-et-Labastide. Document 100NUM/AC171/1E1 (1707-1765). Vue 6.

IV. François Paul de Béon Cazaux

Fait chevalier de Malte en 1677, François Paul II de Béon Cazaux, est oiiciellement commandeur de Plaigne de 1788 à 1716, date de son décès.

V. Henri Joseph de Béon Cazaux

10 avril 1674. Baptême d’Henri Joseph de Béon Cazaux à Limoux (cf. supra).

26 mars 1681. Henri Joseph de Béon Cazaux parrain de Bernard I de Béon, son frère puîné, en remplacement de Messire Bernard de Béon Massès Cazaux de Luxembourg. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG65 (1681-1682). Vue 15.

Henri Joseph de Béon Cazaux page de la Petite Ecurie 9Source : Cabinet des titres PAGES du Roi de la Petite & de la Grande Écuries – M. David de RIOCOUR. 1880..

1682. Henri Joseph de Béon Cazaux chevalier de Malte 10Source : René de Vertot. Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, tome IV, 1726 ; Catalogue des Chevaliers de Malte, appelés successivement Chevaliers de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes & de Malte, 1099-1890 par Louis de la Roque, chez Alp. Decide, graveur héraldique, éditeur de médailles, Paris, 1891..

17 mai 1713. Messire Henri Joseph de Béon Cazaux et noble Gabriel Dupac présents au baptême de Marie Anne « des Coulouvre ». Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG94 (1713-1714) Vue 13.

A partir de 1737. Henri Joseph de Béon Cazaux, commandeur de Plaigne 11Source : Antoine du Bourg (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs, p. 163..

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7 septembre 1746. Mort de noble Messire Henri Joseph de Béon, marquis et seigneur de la Serpent, âgé d’environ 75 ans. La Serpent. Document 100NUM/AC376/1E3 (1692-1792). Vue 57.

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Ci-dessus : extrait de l’Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs par Antoine du Bourg, p. 163.

Question : D’où vient que Henri Joseph de Béon Cazaux, d’après Louis de la Roque dans son Catalogue des Chevaliers de Malte, ne devienne qu’en 1737 commandeur effectif de Plaigne ? S’agit-il chez Louis de la Roque d’une erreur de date ? Et s’il n’y a pas erreur de date, qui a donc administré la commanderie de Plaigne entre 1716 et 1737, sachant que Pierre Hippolyte de Béon Cazaux est mort en 1710 à Gueytes-et-Labastide ? Les historiens ne disent rien de clair concernant, de François Paul II de Béon Cazaux à Henri Joseph de Béon Cazaux, cette succession retardée. A noter également que Louis de la Roque prête à François Paul II de Béon Cazaux le prénom de « Pierre François » ! et à Henri Joseph de Béon Cazaux la commanderie de Plaigne de 1737 à 1753, alors que le dit Henri Joseph de Béon Cazaux est mort à la Serpent en 1746 !

VI. Bernard de Béon Cazaux

26 mars 1681. Baptême de Bernard de Béon Cazaux à Limoux. Marraine de Bernard de Béon Massès Cazaux, « demoiselle Hippolyte de Lévis« . Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG65 (1681-1682) Vue 15.

28 juillet 1693 . Réception de Bernard de Béon Cazaux dans l’ordre de Saint Jean de Jérusalem 12Source : Correspondance familiale, officielle, et d’affaires. XVIIIe-1810 ; Catalogue des Chevaliers de Malte, appelés successivement Chevaliers de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes & de Malte, 1099-1890 par Louis de la Roque, chez Alp. Decide, graveur héraldique, éditeur de médailles, Paris, 1891..

10 avril 1713. Mariage de messire Bernard de Masses, sieur de Loubens, capitaine au régiment de la Reyne cavalerie, fils naturel et légitime de messire Pierre Hippolyte de Béon de Massès marquis de Cazaux, et de feue Anne Dax de la Serpent et de Laume, de la paroisse Saint Martin de Limoux ; et de demoiselle Claire de Saint Jean de Thurin, fille de Jean Anne de Saint Jean de Thurin, seigneur de Hounoux, et de feue Jeanne Louise de Cyran de Cabanac de la paroisse de Villelongue. Limoux. Paroisse Saint Martin. Document 100NUM/AC206/GG94 (1713-1714). Vue 8.

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1er septembre 1759. Dans la nef de l’église Saint Etienne de la Serpent, sépulture de Dame Madeleine de Saint Jean, d’Hounoux, de Béon, seigneuresse de la Serpent, âgée d’environ 80 ans. La Serpent. Document 100NUM/5E376/1 (1737-1769). Vue 73.

Je n’ai pas trouvé dans les registres paroissiaux de Limoux ou de la Serpent l’acte de décès de Bernard de Béon Cazaux.

Commentaire

Fuyant Naples, le Caravage à Malte en 1607 et s’y fait nommer en 1698 « chevalier de grâce », échappant ainsi aux juridictions ordinaires, puisque « les chevaliers relèvent exclusivement des instances disciplinaires de cet ordre » 13Emmanuelle Sabouret, La disjonction du Caravage, in Adolescence, 2008/2 n° 64, pp. 423-448.. Après avoir été fait chevalier de Malte en 1693, Bernard de Béon Cazaux, quant à lui, se marie en 1713 et poursuit une carrière militaire. Il ne s’agit pas là d’un fait rare. Valérie Piétri, dans un article intitulé « Bonne renommée ou actes authentiques : la noblesse doit faire ses preuves (Provence, XVIIe-XVIIIe siècles) », note que « l’Ordre offre la possibilité de rappeler ces jeunes gens [de la noblesse] à la vie conjugale lorsque les familles l’estiment nécessaire, en cas de décès de l’aîné par exemple, ou lorsque son mariage n’apporte aucune postérité. Le chevalier peut, en effet, assez facilement être relevé de ses voeux. Les chevaliers savent, de plus, qu’ils peuvent envisager d’échapper à leur état s’ils font une brillante carrière qui leur permette de subvenir aux besoins d’une famille » 14Valérie Piétri, Bonne renommée ou actes authentiques : la noblesse doit faire ses preuves (Provence, XVIIe-XVIIIe siècles), in Genèses, 2009/1, n° 74..

VI.1 Enfants de Bernard de Béon Cazaux et de Claire de Saint Jean de Thurin

20 octobre 1714. Enfant mort-né anonyme, inhumé le lendemain. Villelongue d’Aude. Vue 39. 15Précision apportée par Antoine de Moismont.

7 mai 1716. Baptême de Madelaine Loubens de Béon de Cazaux. Limoux. Document 100NUM/AC206/GG97 (1715-1717). Vue 29. Inhumée le 16 mai de la même année 16Précision apportée par Antoine de Moismont..

15 mars 1717. Baptême de Marie Madelaine de Béon de Massès. Document 100NUM/AC206/GG98. Limoux. Paroisse… (1717-1718). Vue 8.

  • 3 aout 1753. Marie Madeleine de Béon de Massès marraine de Marie Madeleine Rougé. Parrain, messire Joseph François de Paule de Lombard, marquis de Montauroux, par mains de François Capdeville, maître d’hôtel de M. le marquis de Béon. La Serpent. Document 100NUM/5E376/1. Vue 53.
  • 29 avril 1765. Mariage de messire Adrien de L’huillier, fils de messire Jean François de L’huillier, seigneur de [illisible], Gabiès, Fontcouverte et autres places, et de dame Marie [illisible] de Cassaigneau ; et de demoiselle Marie Madeleine de Béon Massès de Cazeaux, fille de messire Bernard Béon Massès de Cazaux, seigneur d’Hounoux et autres places, maître de camp de cavalerie, et de dame Claire de Saint Jean de Thurin d’Hounoux. Présents, messire François de L’huillier, père, autre messire François de L’huillier, chanoine du chapitre d’Alet, grand vicaire du dit saint évêque, frère du contractant, et messire Gabriel Guillaume de Béon Massès de Cazaux, frère de la contractante, et messire Jean François Coutaud, chanoine du chapitre d’Alet. La Serpent.
  •  

    16 septembre 1718. Baptême de Marguerite de Béon Cazaux. Villelongue d’Aude. Vue 52. 17Précision apportée par Antoine de Moismont.

  • 9 juillet 1765. Marguerite de Béon marraine de Marie Marguerite de Béon, fille de Messire de Béon Cazaux, seigneur de la Serpent, et de Dame Christine Lombard de Montauroux. Document 100NUM/AC376/1E3. La Serpent. Actes de… (1692-1792). Vue 96.
  • 23 janvier 1776. Marguerite de [Béon] Massès présente au mariage de sa nièce et filleule Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux. Cf. infra. Document 100NUM/5E376/2 (1770-1792). Vue 26.
  • 2 février 1778. Marguerite de Béon marraine de Marie François Augustin Fonta, fils d’un tuilier. La Serpent. Document 100NUM/5E376/2 (1770-1792). Vue 103.
  •  

    Fin 1719. Naissance de Gabriel Guillaume, marquis de Béon.

    1er juin 1722. Baptême et obiit de Marie de Masses Béon. Limoux. Document 100NUM/AC206/GG101 (1721-1722). Vue 28.

    François Paul de Béon III ? Sans date ni lieu (source Internet). Existence douteuse. Absent de tous les registres que j’ai consultés.

    27 novembre 1723. Baptême de Anne de Béon Cazaux. Limoux. Paroisse Saint-Martin. 18Précision apportée par Antoine de Moismont.

    • 24 avril 1754. Anne de Béon marraine d’Etienne Anne Rollan. Parrain, Monsieur de Saint Aulin, seigneur de la Fajole. La Serpent. Document 100NUM/5E376/1 (1737-1769). Vue 55.
    • 2 décembre 1758. Mariage de messire Marc Antoine de Capriol de Payra, fils de feu messire Barthélémy et de dame Françoise de Montfaucon de Faste ; et de demoiselle Anne de Béon Massès de la Serpent, fille de feu Bernard, et de feue dame Claire de Saint Jean d’Honous. Présents, maître Martin, curé de Roquetaillade ; messire Rességuier, François Capdeville, et Raymond Raynaud. La Serpent. Document 100NUM/5E376/1 (1737-1769). Vue 71. Compte tenu de la médiocre qualité des témoins, il semble que ce mariage n’ait reçu le soutien d’aucune des deux familles respectives.

    VII. Gabriel Guillaume, marquis de Béon

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    Ci-dessus : portrait de Gabriel Guillaume de Béon Cazaux. Source : Musique et patrimoine de Carcassonne. Une bien mystérieuse sépulture.

    • Né en 1719.
    • Brigadier des gardes du corps du roi. Chevalier de Saint Louis.
    • Marié à Aix-en-Provence, paroisse Sainte Madeleine, le 19 juillet 1753 à Marie Madeleine Christine Lombard de Montauroux, ondoyée le 27 décemmbre 1728 à Aix en Provence, paroisse St-Sauveur 19Compléments du baptême 01/09/1738, Aix Saint-Sauveur p21. Précision apportée par Antoine de Moismont.
    • Mort le 3 novembre 1777, à l’âge de 58 ans. Lieu ?

    VII.1 Enfants de Gabriel Guillaume de Béon et de Marie Madeleine Christine de Lombard

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    9 décembre 1754. Baptême, au château de la Serpent, de Marie Louise Gabrielle de Béon Cazaux, fille de messire Gabriel de Béon Cazaux et de dame Marie Madeleine Christine de Lombard. 9 mars 1755. Baptême à l’église Saint Etienne de la Serpent. Parrain, messire Bernard de Béon Cazaux, maître de camp de cavalerie. Marraine, Dame Marie Louise de Forbin Janson, marquise de Montauroux, de la ville d’Aix-en-Provence. La Serpent. Document 100NUM/5E376/1 (1737-1769). Vue 59.

    • Marie Louise Gabrielle de Béon Cazaux, morte le 31 août 1762 20Précision apportée par Antoine de Moismont., a été inhumée le 1er septembre 1762.

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    10 août 1757. Baptême de Marie Madeleine Charlotte de Béon Cazaux, fille de messire Gabriel de Béon Cazaux, seigneur de la Serpent, et de dame Marie Madeleine Christine de Lombard de Montauroux. Parrain, messire Charles Lombard de Montauroux, qui, en son absence, a fait tenir sa filleule par Joseph Fraiche, de la Serpent. Marraine, Madeleine de Saint Jean d’Hounoux de Béon, douairière, qui a fait tenir sa filleule par Catherine Cachalot, tous deux du même lieu. La Serpent. Document 100NUM/5E376/1 (1737-1769). Vue 87.

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    9 juillet 1765. Baptême de Marie Marguerite de Béon Cazaux, fille de Messire de Béon Cazaux, seigneur de la Serpent, et de Dame Christine Lombard de Montauroux. Parrain, messire Joseph Lombard de Montauroux, « qui a fait tenir l’enfant sur les sacrés fonts par noble Pierre de Lombard Montauroux, chevalier de justice de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem ». Marraine, demoiselle Marguerite de Béon Massès. La Serpent. Document 100NUM/AC376/1E3 (1692-1792). Vue 96.

    • Marie Marguerite de Béon sera présente le 23 janvier 1776 au mariage de sa sœur Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux.

    VII.2 Mariages de Marie Madeleine Charlotte de Béon Cazaux et de Marie Marguerite de Béon Cazaux

    VII.2.1 Mariage de Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux et de François Frédéric de Béon, comte de Béon La Palu

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    Ci-dessus : datée de 1788, signée de Mlle Boquet, réplique du portrait de Marie Madeleine Charlotte de Béon Cazaux, peint en 1787 par Mme Vigée-Lebrun. Source : Musique et patrimoine de Carcassonne. Une bien mystérieuse sépulture.

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    23 janvier 1776. »Mariage de haut et puissant seigneur messire François Frédéric de Béon, comte de Béon, chevalier seigneur d’Armentieux, de Lapalu, Belloc et d’autres lieux et en partie de la présente paroisse de Moncassin, habitant d’icelle, capitaine au régiment de cavalerie du roi, fils de très haut et puissant seigneur messire François de Béon, comte de Béon, et de haute et puissante dame Anne de Puyberail, dame de Troncens, dont le certificat dument légalisé par Monsieur l’abbé Duglas, vicaire de Monsieur l’archevêque d’Auch, a été remis à Messire Clergué, curé de la Serpent ; et de demoiselle Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux, fille de haut et puissant seigneur messire Gabriel Guillaume, marquis de Béon Massès Cazaux, chevalier seigneur de la Serpent, Bouriège, Hounoux, La Serre de Prouilhe, Labastide, et autres lieux, brigadier des armées du roi, chef de brigade d’une compagnie des gardes, et de haute et puissante dame Marie Magdeleine Christine de Lombard de Montauroux.

    Nous, Jean Joseph Louis de Béarn Béon, vicaire général du diocèse de Couserans, prieur de Bellegarde et Vanoise, en présence de maître Clergué, curé de la Serpent, et du consentement d’icelui, avons conjoints en mariage et donné la bénédiction nuptiale aux susdits, en présence de messire Jean Antoine de Béon, vicomte de Béon, maréchal de camp aux armées du roi, messire Nicolas de Béon, abbé commendataire des abbayes de Lieu Dieu ? et de Saint Quentin de Beauce, aumônier de Madame Adélaide de France, oncles de l’épouse ; et Gabriel Guillaume, marquis de Béon Massès Cazaux, père de l’épouse, et frère Pierre Lombard de Montauroux, chevalier de Malte, son oncle… » La Serpent. Document 100NUM/5E376/2 (1770-1792). Vue 26.

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    Ci-dessus : portrait de François Frédéric de Béon La Palu. Source : Musique et patrimoine de Carcassonne. Une bien mystérieuse sépulture.

    Pour info : « François Frédéric de Béon, comte de Béon La Palu, fils de très haut et puissant seigneur François, comte de Béon, seigneur de La Palu, Armentieux, etc., est né le 5 février 1754. Parrain et marraine, Charles François de Montmorency Luxembourg, duc et pair de Luxembourg, de Montmorency, et de Pinay, et de très haute et très puissante dame Magdeleine Angélique de Neufville, son épouse. Il sera admis aux honneurs de la cour, ainsi que l’avaient été déjà six autres membres de sa famille, en vertu de preuves de noblesse faites devant le généalogiste des ordres du roi. Il fera également ses preuves pour l’ordre de Saint Lazare, devant Chérin, le 23 octobre 1788″ 21Source : Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. 1876..

    VII.2.2 Mariage de Marie Marguerite de Béon et de François Savary de Mauléon Narbonne

    17 septembre 1786, à Nébias 22Précision apportée par Antoine de Moismont.. Mariage de Marie Marguerite de Béon et de François de Mauléon Narbonne, seigneur de Nébias, de Brénac, de Trilla et de Caramany, coseigneur de Saint-Arnac, guillotiné en 1794, fils de Marc Antoine V de Mauléon Narbonne, comte de Mauléon-Narbonne (1724-1774), capitaine au Régiment de cavalerie d’Aquitaine, et de Suzanne de Roger de Carmaing (1735-1790). Deux enfants, Elisabeth et Mathieu Antoine, sont issus de ce mariage.

    Commentaire

    Via le mariage de Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux avec François Frédéric de Béon La Palu et celui de Marie Marguerite de Béon avec François de Mauléon Narbonne, la maison de Béon Cazaux scelle deux grandes alliances. Via ensuite l’intervention de Nicolas de Béon, aumônier de Madame Adélaïde de France, Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux accèdera en 1780 à la Cour (cf. infra).

    VII.2.3 Destinée de Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès

    En 1779. Naissance de François Antoine Henry de Béon La Palu, fils de de François Frédéric de Béon La Palu et de Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux. Lieu ? Date computée à partir de l’acte de décès, daté de 1820. Cf. infra.)

    16 février 1780. Présentation de Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux à la cour de Louis XVI.

    1782. Sur recommandation de Nicolas de Béon La Palu, aumônier de Madame Adélaïde de France, Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux est nommée dame de compagnie de la princesse. « Mademoiselle de Montauroux [Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux] avait épousé le comte de Béon Lapalu. Elle eut les honneurs de la Cour le 16 février 1780 et elle était dès 1782 dame pour accompagner Madame Adélaïde, tante du Roi. » 23Source : Les Souvenirs de jeunesse et d’émigration du Chevalier Jean-Sixte d’Antras de Gardères (1785-1791) (suite), par M. J. Barada, in Bulletin de la société d’histoire et d’archéologie du Gers, 1927, A28..

    « Présent à Versailles durant les journées d’octobre 1789, François Frédéric de Béon, époux de Marie Madeleine Charlotte de Béon, rejoint bientôt les rangs de l’armée des princes : « François Frédéric de Béon, prit pendant l’émigration du service en Angleterre et obtint le grade de colonel d’un régiment de son nom au service de Sa Majesté Britannique. Il servit en Angleterre et en Hollande comme il avait servi en France, toujours avec honneur, bravoure et distinction. À la bataille de Boussigny, il eut deux chevaux tués sous lui. En 1795, le comte de Béon, qui était un des principaux chefs de l’armée royale, commandait la brave légion de Béon qui, le 20 juillet, se couvrit de gloire dans son héroïque défense au milieu de la sanglante catastrophe de Quiberon » 24Source : Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. 1876..

    Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux a suivi son époux en Angleterre. C’est là sans doute qu’elle met au monde François Antoine Henri de Béon La Palu, unique enfant du couple.

    12 août 1802. Mort de François Frédéric de Béon La Palu à l’île anglaise de La Trinité-sous-le-Vent, laissant un fils unique, François Antoine Henry 25Source : Les Souvenirs de jeunesse et d’émigration du Chevalier Jean-Sixte d’Antras de Gardères (1785-1791) (suite), par M. J. Barada, in Bulletin de la société d’histoire et d’archéologie du Gers, 1927, A28..

    2 mai 1808. Mariage de Marie Madeleine Charlotte de Béon Massès Cazaux, veuve de François Frédéric de Béon La Palu, avec Joseoh Marie Grégoire Prosper d’Hautpoul. Lieu ?

    Pour info : Né le 17 novembre 1767, Joseph Marie Grégoire Prosper d’Hautpoul est fils de Joseph Marie d’Hautpoul, marquis d’Hautpoul ‭(1723-1782‬), ancien capitaine de cavalerie, et de Marie d’Hautpoul de Rennes (1732-1781).

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    15 juillet 1818. Sépulture de Marie Madeleine Charlotte de Béon, morte le 14 juillet 1818, à 11 heures du soir, âgée de 60 ans, à Carcassonne, dans la maison d’habitation de M. Monnerie, rue de Bourbon, carré des Cordeliers. Carcassonne. Document 100NUM/5E69/135(1818). Vue 141.

    • La tombe de Marie Madeleine Charlotte de Béon se trouve dans le parc du château de Baudrigue, jadis propriété de la famille d’Hautpoul, commune de Roullens 26Cf. Une bien mystérieuse sépulture…..

    18 décembre 1820. Mort de François Antoine Henry de Béon, 41 ans, au château de la Serpent. La Serpent. Document 100NUM/5E376/5 (1813-1822). Vue 127.

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    « Revenu en France avec sa mère, Antoine Henry de Béon La Palu mourut, interdit, le 18 décembre 1820, au château de La Serpent, près de Couiza, dans l’Aude. La Serpent. Document 100NUM/5E376/5 (1813-1822). Vue 127.

    Béon porte : d’or à deux vaches passantes de gueules, accollées, accornées, ungulées et clarinnées d’azur » 27Source : Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. 1876..

    VIII. A propos de la maison de Béon

    Le site Wikipedia propose une excellente analyse de la situation de la famille de Béon Cazaux à la fin du XVIIIe siècle. Je reproduis cette analyse ci-dessous :

    « Alors qu’elle figure parmi les familles les mieux représentées aux cours de Foix puis de Navarre, occupant les plus grandes distinctions et bénéficiant de grandes marques de confiance (chambellan, tuteur des enfants princiers, exécuteur testamentaire…) la famille peine à percer au sein de la cour de France.

    Lorsque la dernière maison de Navarre accède au trône de France, tous les espoirs semblent possibles pour les Béon. C’est d’ailleurs à cette époque (le début de XVIIe siècle) que l’on assiste à la plus audacieuse tentative d’ascension : la substitution de Luxembourg. La branche des Béon du Massés est au sommet de sa carrière curiale, les autres branches n’ont pas eu les mêmes distinctions militaires et sont en retrait. Louise de Béon, comtesse de Brienne et épouse du premier Loménie de Brienne, est une amie d’Anne d’Autriche, d’une grande vertu et sans beaucoup d’éclat. Sa position est bonne mais sa famille ne résistera pas à la prise en main du pouvoir par Louis XIV car son mari est remercié. Il faudra attendre un siècle avant de retrouver un Loménie à un poste ministériel. Louise parvient tout de même à obtenir une place d’enfant d’honneur pour son neveu Bernard. Celui-ci meurt sans alliance et son petit neveu Charles de Béon Luxembourg ne réussira qu’à s’attirer la défaveur du roi par le scandale de sa vie privée (époux séparé de Marie Amelot de Bisseuil, marquise de Boutteville) : O1 47-239 « Lettre du Roy à Mr de Béon Luxembourg pour luy dire de sortir incessamment de la ville de Paris et de se retirer dans celles de ses terres qu’il jugera à propos pour y demeurer jusqu’à nouvel ordre. »

    [Sur les lointains commencements de la famille Béon du Massès, cf. René Toustain de Billy, René (1643-1709). Histoire ecclésiastique du diocèse de Coutances. De la famille de Béon du Massès 28volume III, p. 320..]

    La branche des Béon-Cazaux à cette même période semble profiter de l’embellie puisqu’elle obtient une place de gentilhomme de la chambre auprès de Gaston d’Orléans. Plus éloignés, on compte deux écuyers du nom de Béon aux petites écuries sous le règne de Louis XIV – probablement appartenant aux Béon de Bière, cette branche cadette des Béon d’Armentieu.

    Durant tout le début du XVIIIe siècle il y a un vide en ce qui concerne l’occupation des charges de la cour. C’est le moment où s’éteignent les Béon-Luxembourg et même avant cela … tout espoir de faveur. Une nouvelle tentative de réussite curiale est lancée au milieu du siècle, cette fois-ci à l’initiative des Béon d’Armentieu, restés en retrait au siècle précédent.

    Le 13 février 1754, Jean Antoine de Béon, abbé de son état, obtient un brevet d’Aumônier de Madame Adélaïde de France. La situation extraordinaire de cette princesse et de ses sœurs, restées si longtemps à la cour puisque non mariées à l’exception d’une seule, favorisa la lente agrégation des Béon au système curial. La place passera à un neveu de l’abbé de Béon, également abbé, et celui-ci obtiendra une promotion puisqu’il deviendra Aumônier ordinaire, au second rang dans la chapelle. En même temps, François Frédéric de Béon Béarn [Lapalu], neveu du dernier abbé, accède aux honneurs de la cour en 1780 et les obtient deux ans plus tard à son épouse ainsi qu’une place de dame de compagnie de Madame Adélaïde devenue le principal soutien de la famille. Elle presse la reine Marie Antoinette d’obtenir un évêché du sud ouest pour l’abbé de Béon, mais cette dernière préfèrera l’attribuer à son propre protégé, l’abbé de Comminges (intrigue rapportée dans les mémoires du marquis de Bombelles, époux d’une amie et dame pour accompagner Madame Elisabeth qui fera une carrière diplomatique).

    Il n’est pas certain que ces assises à la cour, en d’autres circonstances que celles de la fin de l’ancien régime, eussent été longtemps capables de les soutenir, la position de Mesdames étant alors de plus en plus marginale dans les réseaux de pouvoir. Néanmoins, la présence croissante des Béon à la cour en cette fin du XVIIIe siècle prouve les nouvelles priorités stratégiques de cette famille et sa volonté ferme d’accéder à la faveur par sa fréquentation.

    La carrière curiale de cette maison, très inégale dans le temps, nous montre les difficultés parfois rencontrées pour s’adapter aux évolutions de la société et des modes d’ascension sociale. Les Béon n’ont manifestement pas été en mesure d’investir la cour avec l’énergie nécessaire à une période où elle devient un passage obligé pour celui qui veut faire carrière et où il ne suffit plus de bien servir le roi dans ses armées. La fin des clientèles féodales et militaires qui avaient porté la plupart de ses membres jusqu’au XVIe siècle et leur remplacement par l’absolutisme royal qui fait du roi le seul maître des destinées, vont déstabiliser durablement cette maison.

    Il apparaît également, au travers de l’étude de ce clan, qu’une grande division des forces, si elle permet d’explorer plusieurs voies, ne permet pas toujours de se constituer une assise assez solide en cour et qu’à ces fins il est préférable de posséder une famille moins étendue ou de rassembler derrière une seule tête si ce n’est pas le cas. La correspondance entre les différentes branches devient plus nombreuse au XVIIIe siècle. Et c’est sans doute dans cette optique qu’il faut comprendre l’union des deux branches en 1776 par le mariage de François-Frédéric de Béon Béarn avec Marie Madeleine Charlotte de Béon du Massès de Cazaux. » 29Wikipedia. Maison de Béon. 4.3 Présence à la Cour.

    References   [ + ]

    1. Cf. La dormeuse blogue : La triste histoire de Jean de Lévis Lomagne ; Christine Belcikowski, La trace du serpent. Au château de Mirepoix, L’Harmattan, 2014.
    2. Siméon Olive et Félix Pasquier. Archives du château de Léran. Inventaire historique et généalogique des documents de la branche Lévis Mirepoix. Tome V. Procès du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle. Imprimerie et librairie Edouard Privat. Toulouse. 1927.
    3. Nobiliaire de Guienne et de Gascogne : revue des familles d’ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces, antérieures à 1789, avec leurs généalogies et leurs armes ; Traité héraldique sous forme de dictionnaire. Tome 3 / par M. Gabriel O’Gilvy, [puis] M. Pierre Jules de Bourrousse de Laffore ; pp. 332-334; édition Dumoulin, puis H. Champion, Paris, 1856-1883.
    4. Archives dép. de l’Ariège. Registres de Franççois Galaup père. Lignairolle et Escueillens (Aude). Cote : 5E2600 (1625-1626.
    5. Stéphanie Gaudillat Cautela. Questions de mot. Le « viol » au XVIe siècle, un crime contre les femmes ? In Clio. Histoire‚ femmes et sociétés. 2016.
    6. Source : Antoine du Bourg (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur : L. Sistac et J. Boubée. Toulouse. 1883.
    7. Source : Histariège. Les seigneurs de Saint-Paul.
    8. Cf. « Lettre de succession du 23 mars 1689 par Béon de Masses, seigneur de Saint-Paul, Cazaux et autres places. » ADA : 1 J 562. Source : ibidem.
    9. Source : Cabinet des titres PAGES du Roi de la Petite & de la Grande Écuries – M. David de RIOCOUR. 1880.
    10. Source : René de Vertot. Histoire des chevaliers hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, tome IV, 1726 ; Catalogue des Chevaliers de Malte, appelés successivement Chevaliers de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes & de Malte, 1099-1890 par Louis de la Roque, chez Alp. Decide, graveur héraldique, éditeur de médailles, Paris, 1891.
    11. Source : Antoine du Bourg (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs, p. 163.
    12. Source : Correspondance familiale, officielle, et d’affaires. XVIIIe-1810 ; Catalogue des Chevaliers de Malte, appelés successivement Chevaliers de l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes & de Malte, 1099-1890 par Louis de la Roque, chez Alp. Decide, graveur héraldique, éditeur de médailles, Paris, 1891.
    13. Emmanuelle Sabouret, La disjonction du Caravage, in Adolescence, 2008/2 n° 64, pp. 423-448.
    14. Valérie Piétri, Bonne renommée ou actes authentiques : la noblesse doit faire ses preuves (Provence, XVIIe-XVIIIe siècles), in Genèses, 2009/1, n° 74.
    15, 16, 17, 18, 20, 22. Précision apportée par Antoine de Moismont.
    19. Compléments du baptême 01/09/1738, Aix Saint-Sauveur p21. Précision apportée par Antoine de Moismont.
    21. Source : Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. 1876.
    23. Source : Les Souvenirs de jeunesse et d’émigration du Chevalier Jean-Sixte d’Antras de Gardères (1785-1791) (suite), par M. J. Barada, in Bulletin de la société d’histoire et d’archéologie du Gers, 1927, A28.
    24, 27. Source : Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l’Europe. 1876.
    25. Source : Les Souvenirs de jeunesse et d’émigration du Chevalier Jean-Sixte d’Antras de Gardères (1785-1791) (suite), par M. J. Barada, in Bulletin de la société d’histoire et d’archéologie du Gers, 1927, A28.
    26. Cf. Une bien mystérieuse sépulture….
    28. volume III, p. 320.
    29. Wikipedia. Maison de Béon. 4.3 Présence à la Cour.

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    • françoise Brown at 21 h 01 min

      Remarquable recherche !

    • Antoine de Moismont at 13 h 20 min

      quelle richesse ! merci !
      quelques précisions/compléments :
      VI enfants de Bernard de B-C et Claire de St-Jean :
      Rajouter un premier enfant mort-né anonyme ° 20/10/1714 et inhumé le lendemain à Villelongue d’Aude (vue 39)
      Pour Madelaine, j’ai cru lire qu’elle était inhumée le 16 mai, lendemain de sa naissance
      Pour M. Mad. j’ai cru lire son baptême le 15 mars 1717, Limoux paroisse St-Martin. Son mariage a eu lieu à La Serpent.
      Marguerite a été baptisée le 16/09/1718 à Villelongue d’Aude (vue 52)
      Gabriel Guillaume semble né à la fin de 1719, mais je n’ai pas trouvé son baptême… Il s’est marié à Aix-en-Provence, paroisse Ste Madeleine le 19/07/1753 à M. Madeleine Lombard de Montauroux, née vers 1730-1731.
      Anne a été baptisée le 27/11/1723 à Limoux, paroisse St Martin

      VI 1 enfants de Gabriel Guillaume et M. Madeleine de Lombard
      Marie Louise Gabrielle a été inhumé le 01/09/1762, mais était morte la veille
      Le mariage de M. Marguerite avec François Savary de Mauléon Narbonne a eu lieu à Nébias (Aude)

      • La dormeuse at 13 h 36 min

        Grand merci pour ces précisions, qui viennent améliorer ma recherche !

    • Antoine de Moismont at 19 h 20 min

      Marie Madeleine Lombard de Montauroux : ondoyée 27/12/1728 Aix en Provence St-Sauveur p36, compléments du baptême 01/09/1738 Aix Saint-Sauveur p21

      • La dormeuse at 23 h 05 min

        Merci, Monsieur, pour cette précision, que j’ai reportée dans l’article ci-dessus. J’aime que, grâce à l’aide des descendants, l’histoire se carre mieux ainsi.