Après la Révolution, à Gueytes-et-Labastide et au château de Cazaux…

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Ci-dessus : vue actuelle de l’ancienne Bastide de Cazaux depuis la vallée de l’Ambronne.

Après avoir enquêté sur l’histoire de François Béon de Massès, seigneur de la Bastide de Cazaux, et de ses descendants 1Christine Belcikowski. Enquête sur la descendance de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy., j’ai voulu savoir quel a été le sort de la seigneurie et celui de l’ancien village de Guettes après la Révolution.

1. Sous l’Ancien Régime

Primitivement nommée la Bastide d’en Richard, la Bastide de Cazaux, ou d’en Cazaux, dans l’Aude, a possiblement été à la fin du XIIe siècle une petite place forte intégrée au système de défense établi par Richard Coeur de Lion (duc d’Aquitaine), Roger Bernard Ier de Foix, puis Raimond Roger de Foix, et consorts, sur la ligne de frontière séparant leurs territoires de celui de Philippe Auguste, roi de France. Vu de l’intérieur, l’appareil de la tour qui subsiste sur le flanc nord du château fait montre d’une ancienneté d’apparence correspondante.

« En 1229, la Bastide d’en Richard fait partie de la donation qu’à l’instigation de Simon de Monfort, le roi Louis VIII consent à Guy de Lévis Ier après la fin de la guerre contre les Albigeois. La seigneurie comprend le château, cinq grandes fermes, ainsi qu’une étendue considérable de bois, prés, vignes et jardins. Les divers seigneurs qui, à partir de 1399, ont possédé tour à tour la dite seigneurie, devaient hommage au seigneur de Mirepoix, et leurs successeurs ont continué de le devoir jusqu’à la Révolution. De 1425 à 1462, François Isard, bourgeois de Limoux, est propriétaire de la seigneurie. En 1462, Jean de Saint Gassian rachète la seigneurie à Guillaume Isard, fils de François Isard. La seigneurie passe ensuite à la maison de Castéras, nous ne savons comment. Le 25 janvier 1558, Françoise de Castéras, dite « Dame de Cazaux », fille unique et héritière de Guillaume Arnaud de Castéras, seigneur de Cazaux (en Armagnac), et d’Iphigénie Elix de la Cassaque, fait entrer la dite seigneurie dans la maison de Béon, par son mariage avec Jean de Béon de Massès 2Contrat passé devant Magimel, notaire à Pamiers.. » 3Siméon Olive et Félix Pasquier. Inventaire des archives du château de Léran. Tome V, pp. 526-527. Editions Privat ; P. Louis Lainé. Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France. Volume 4.. La seigneurie prend alors le nom de la Bastide de Cazaux.

Situé à 425 m d’altitude, sur une éminence d’où l’on jouit d’une vue à 380° sur l’ensemble de la contrée, et plus particulèrement sur la vallée de l’Ambronne, le château de la Bastide de Cazaux, qui comprend dans son périmètre une église, domine aujourd’hui le village de Gueytes (autrefois Guettes), avec, de part et d’autre de l’Ambronne, le hameau de Gueytes d’en Haut et le hameau de Gueytes d’en Bas.

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Ci-dessus : vue actuelle de l’église de Gueytes.

Le hameau de Gueytes d’en Haut abrite, au centre d’un enclos ecclésial datant de l’an mille, l’église paroissiale, qui a été construite, avant le XIVe siècle, à l’emplacement d’une ancienne tour de guet 4Cf. Fondation du Patrimoine. Languedoc-Roussillon. Eglise Sainte Marie Madeleine de Gueytes-et-Labastide., origine du toponyme Guettes. Jusqu’en 1789, La Bastide de Cazaux et le village de Guettes ont fait partie du diocèse religieux et du diocèse civil de Mirepoix.

De 1558 aux années 1650, Jean de Béon (ca 1530 – ?), puis Jean Michel de Béon (ca 1565 – ?), puis François de Béon (ca 1601 ? – 1679) se succèdent à la tête de la seigneurie de la Bastide de Cazaux. Mais de 1654 à 1660, François de Béon vit au château de Mirepoix dont il s’est emparé par la force. A partir de 1688, Pierre Hippolyte de Béon (? – 1710), fils de François de Béon, se soucie surtout de gérer la commanderie de Plaigne au nom de ses propres fils. Il meurt toutefois en son château de la Bastide de Cazaux, le 27 février 1710. Henri Joseph de Béon (1674 – 1746) ainsi que Bernard de Béon (1681 – ?), fils d’Hippolyte de Béon, préfèrent séjourner au château de La Serpent, qu’ils tiennent de leur mère, Jeanne Dax de La Serpent. Gabriel de Béon (ca 1719 -1777), fils de Bernard de Béon, vit principalement à La Serpent. Là grandissent Marie Madeleine Charlotte de Béon (1757 – 1818) et Marie Marguerite de Béon (1765 – 1824), ses deux filles survivantes. A partir de 1780, Marie Madeleine Charlotte de Béon, qui a épousé à La Serpent François Frédéric de Béon La Palu, vit à Versailles, où elle est devenue dame de compagnie de Madame Adélaïde de France. A partir de 1786, Marie Marguerite de Béon vit quant à elle à Nébias, où elle a épousé François de Mauléon Narbonne.

2. De 1789 à 1836

De 1789 à 1836, concernant ce qu’il advient de l’ancienne seigneurie de la Bastide de Cazaux, les renseignements précis font défaut. Réunis sous le nom de Gueytes-et-Labastide, la Bastide de Cazaux et le village de Gueytes appartiennent maintenant au canton de Chalabre, arrondissement de Limoux, département de l’Aude.

Sachant que François Frédéric de Béon Lapalu et Marie Madeleine Charlotte de Béon et leur fils François Antoine Henry de Béon La Palu ont émigré, et que François de Mauléon Narbonne, époux de Marie Marguerite de Béon, a été guillotiné en 1794, le château et les terres de la Bastide de Cazaux ont-ils été vendus au titre des biens nationaux ?

Sachant que Frédéric de Béon La Palu est mort en 1802 à La Trinité-sous-le-Vent, que Marie Madeleine Charlotte de Béon s’est remariée en 1808 à Joseph Marie Grégoire Prosper d’Hautpoul, qu’elle est morte en 1818 à Carcassonne, et que François Antoine Henry de Béon La Palu, son fils unique, est mort en 1820 à La Serpent, le château et les terres de la Bastide de Cazaux sont-ils revenus à la famille de Mauléon Narbonne ou encore à celle d’Hautpoul au titre des liquidations faites par la commission d’indemnité de 1826 ?

Il se peut bien que le château et les terres de la Bastide de Cazaux soient revenus à la famille de Mauléon Narbonne, dernière héritière des biens de la famille de Béon Cazaux. Parmi les bénéficiaires des liquidations mentionnées ci-dessous, Mathieu Antoine de Mauléon Narbonne et Elisabeth Françoise Perrette Emilie de Mauléon Narbonne, veuve d’Henry Gaston de Bellissens Durban, sont les fils et fille de François de Mauléon Narbonne et de Marie Marguerite de Béon. On manque toutefois de précisions concernant la mise en oeuvre des dites liquidations, décrétées le 11 mars 1826. Il se peut bien également que la vente de la Bastide de Cazaux ait suivi du partage de ces liquidations bienvenues. Mais il s’agit là d’une hypothèse, pour le moment sans preuves expresses.

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Ci-dessus : Etats détaillés des liquidations faites par la commission d’indemnité à l’époque du 1er avril 1826. Première partie. Département de l’Ain jusques et y compris celui de la Lozère.

A partir de 1836, cinq recensements de la population de Gueytes-et-Labastide fournissent de nouvelles informations concernant l’évolution de la propriété ainsi que celle de l’emploi à Gueytes village et à Labastide château. Je ne rapporte ci-dessous que les noms des divers propriétaires et ceux des personnes dotées d’un métier ou d’un emploi déterminé.

3. Gueytes-et-Labastide en 1836 5Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M50/26 (1836).

D’après le recensement de population de 1836, Document 102NUM/6M50/26, le village de Gueytes-et-Labastide compte, tous hameaux confondus, 152 habitants, dont une majorité de cultivateurs, parmi lesquels Michel Escande, 29 ans, Maurice Jalade, 22 ans, et Jean Marie Canet, 19 ans, sont dits « cultivateurs/domestiques ».

François Sourrail, 34 ans, et Jean Pierre Tisseyre, 14 ans, sont bergers. Pierre Combes, 40 ans, Baptiste Fonts, 40 ans, et Thomas Bassolier, 26 ans, sont bergers/domestiques. Marie Bilanou, 22 ans, est simplement domestique. Guillaume Martimort, 41 ans, est tisserand ; Jean Gaxieu, 26 ans, soldat dans un régiment non précisé ; Pierre Tisseyre, 29 ans, cordonnier ; Marc Tisseyre, 24 ans, maçon ; Jean Lafargue, 40 ans, garde forestier ; Raymond Barbe, 22 ans, agent d’affaires.

Jean François Senesse, cultivateur, 40 ans, est maire ; Maurice Canet, cultivateur, 48 ans, lui sert d’adjoint. Le recensement ne mentionne la présence d’aucun propriétaire dans le village de Gueytes. Le nom du ou des propriétaires de Labastide (anciennement la Bastide de Cazaux) n’est pas renseigné.

4. Gueytes-et-Labastide en 1846 6Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M68/27 (1846).

Le recensement de 1846 distingue dans le village les hameaux et lieux-dits suivants : Gueytes d’amont ; Gueytes de bas ; métairie de l’Esquille ; métairie de la Crémade ; Couly ; Labastide ; métairie de Calvet. Le village compte 121 personnes, dont 23 ménages, répartis dans 23 maisons. Le jeune agent d’affaires n’est plus là. Mais le village compte maintenant 4 propriétaires cultivateurs : Jacques Gaxieu, 56 ans, propriétaire à Gueytes d’amont ; Antoine Tisseyre, 68 ans, Jean Marie Tisseyre, 63 ans, Joseph Tisseyre, 51 ans, propriétaires à Gueytes de bas.Jean François Senesse reste maire du village.

Armand Farail, 35 ans, gendre de Jacques Gaxieu, a remplacé Jean Lafargue dans le poste de garde forestier. Jean Pierre Gaxieu, 58 ans, est tisserand ; Jean Marquié, 38 ans, est berger ; Baptiste Doumerc, 58 ans, et Marie, 40 ans, servent de domestiques chez Joseph Tisseyre, propriétaire cultivateur ; François Gage, 26 ans, est domestique chez Bernard Tisseyre, cultivateur.

Le recensement ne mentionne pas le nom du ou des propriétaires de Labastide. Labastide rassemble Pierre Lebraud, fermier, 59 ans ; François Baron, cultivateur, 45 ans ; François Marquié, cultivateur, 40 ans ; Jean Saint Félix, cultivateur, 50 ans ; Joseph Bousquet, cultivateur, 50 ans ; ainsi que leurs familles respectives ; soit 4 maisons, 4 familles, 21 personnes.

5. Gueytes-et-Labastide en 1851 7Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M91/13 (1851).

Le village de Gueytes-et-Labastide compte désormais 134 habitants ; dont 54 habitants à Gueytes de haut ; 26 habitants à Gueytes de bas ; 28 habitants à Labastide ; 11 habitants à la métairie de la Crémade ; 7 habitants à la métairie de Calvet ; 4 habitants à la métairie de Couly ; 4 habitants à la métairie de l’Esquillé. Jacques Gaxieu a succédé à Jean François Senesse dans le rôle de maire.

Le nombre des propriétaires a fortement augmenté.

Propriétaires à Gueytes de haut : Joseph Sicre, 49 ans, propriétaire cultivateur ; François Gaxieu, 49 ans, propriétaire cultivateur ; Jacques Gaxieu, 61 ans, propriétaire cultivateur ; Jean Castres, 53 ans, propriétaire cultivateur/journalier ; Gauderic Gaxieu, 30 ans, propriétaire/journalier ; Rose Gaxieu-Mauduit, 49 ans, propriétaire/journalière ; Guillaume Martimort, 26 ans, propriétaire cultivateur tisserand.

Toujours à Gueytes de haut, on trouve encore Antoine Serié, 23 ans, tisserand ; Sabin Mauduit, 25 ans, fils de Rose Gaxieu-Mauduit, charpentier et cultivateur.

Propriétaires à Gueytes de bas : Antoine Tisseyre, 72 ans, propriétaire cultivateur ; François Tisseyre, 49 ans, fils d’Antoine Tisseyre, propriétaire cultivateur ; Pierre Tisseyre, 44 ans, autre fils d’Antoine Tisseyre, propriétaire/cordonnier ; Jean Marc Tisseyre, 68 ans, propriétaire cultivateur ; Antoine Tisseyre, 36 ans, fils de Jean Marc Tisseyre, propriétaire cultivateur ; Arnaud Tisseyre, 68 ans, propriétaire cultivateur ; Bernard Tisseyre, 68 ans, propriétaire cultivateur ; Joseph Tisseyre, 56 ans, propriétaire cultivateur.

Autour du clan Tisseyre gravitent, toujours à Gueytes de bas : Jean Pierre Boyer, 27 ans, domestique chez Jean Marc Tisseyre ; André James, 34 ans, domestique chez Bernard Tisseyre ; Marguerite Balussou, 45 ans, fille de service, Jean Lafitte, 30 ans, domestique, Justin Garros, 47 ans, domestique, et François Marty, 22 ans, berger, tous chez Joseph Tisseyre.

Propriétaire à la métairie de la Crémade : Jean François Senesse, 54 ans, ancien maire de Gueytes-et-Labastide, qui est désormais propriétaire cultivateur et fermier.

Propriétaire à la métairie de Couly : Maurice Canet, 64 ans, anciennement simple cultivateur, ancien adjoint de Jean François Senesse ; aujourd’hui propriétaire cultivateur et garde.

Propriétaires à Labastide : Albin Douays, propriétaire rentier, et Pierre Lebraud, fermier (déjà fermier de Labastide en 1846) et propriétaire cultivateur.

 

 

 

Outre Pierre Lebraud, Albin Douays emploie Geneviève Florence, 37 ans, fille de service ; Jean Baron, 43 ans, métayer ; Jean Birol, 50 ans, berger ; Guillaume Bièche, 47 ans, métayer ; Jean Auduy, 31 ans, métayer.

La métairie de Calvet et celle de l’Esquille demeurent confiées à des métayers : Joachim Monié, 59 ans, et François Anglade, 38 ans, à Calvet ; Marthe Comme, 48 ans, à l’Esquille.

6. Albin Douays

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/5E511/1 (1802-1812). Vue 38. Acte de naissance de Jean Baptiste Douaix jeune, le 31 mars 1811.

Albin Douays, plus exactement Jean Baptiste [Albin] Douays jeune, nouveau propriétaire du château et d’une partie des terres de Labastide, est originaire de Chalabre.

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Aude. Dénombrement des habitants de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M191/25 (1872). Vue 3.

Le dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide en 1872 permet de vérifier que le dit Albin Douays, propriétaire de Labastide est bien le Jean Baptiste Douays, né le 31 mars 1811 à Chalabre.

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG11 (1747-1778). Vue 361. 7 mars 1777. Acte de baptême de Jean Baptiste Douaix aîné.

 

 

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/5E91/9 (1802-1812). 31 mars 1810. Vue 1. Acte de mariage de Jean Baptiste Douaix aîné.

Jean Baptiste Albin Douays, ou Douaix 8La famille signe Douays ; les officiers d’état civil écrivent tantôt Douays, tantôt Douaix., est le fils unique de Jean Baptiste Douays aîné, négociant, et de Marie Ursule Tisseyre. L’acte de mariage de Jean Baptiste Douays aîné, fils de feu Jean Douays, marchand droguiste, d’une part ; et de Marie Ursule Tisseyre, fille de feu Pierre Tisseyre, marchand teinturier, d’autre part ; indique qu’il s’agit là d’une union dont les considérations de fortune ne sont pas absentes.

Indépendamment de ses activités de marchand drapier, Jean Baptiste Douays aîné donne dans la politique. La lecture du Journal politique et littéraire de Toulouse et de la Haute-Garonne et du Journal de Toulouse montre qu’il donne dans la politique, aux côtés de Louis Auguste de Peyre (1797, Limoux – 1869, Limoux), avocat, maire de Limoux et député de l’Aude de 1832 à 1848, siégeant dans la majorité conservatrice soutenant les ministères de la Monarchie de Juillet, puis conseiller référendaire à la cour des Comptes de 1844 à 1869.

 

Ci-dessus : à Limoux, sur le site de l’ancienne métairie de Peyre, le château de Flandry, qui a été la demeure de Louis Auguste de Peyre jusqu’en 1843.

« Pendant la durée de son mandat municipal, Auguste Peyre créé l’abattoir de la rue de l’Hospice ; acquiert divers terrains pour l’établissement des promenades du Tivoli et du Cimetière ; ouvre un débouché par la Porte de la Brèche ; créé l’ancienne Place du Salé, aujourd’hui appelée Place du général Leclerc ; achète la maison et ses dépendances à M. Jean Thalamas, affineur, pour établir le Presbytère de l’Eglise de l’Assomption » 9Fondation du Patrimoine. Languedoc-Roussillon..

Scrutateur des élections de 1834 et de 1839 auxquelles se présente Louis Auguste de Peyre, Jean Baptiste Douays aîné se trouve également requis en 1841 comme juré au tribunal d’assise de Carcassonne.

« Sous le Premier Empire, il faut être électeur du second degré pour exercer la fonction de juré, et c’est le Préfet qui constitue la liste. Jury de classe donc et contrôlé par le pouvoir central. Après la Révolution de 1848, la sélection se fait par deux commissions successives : juge de paix et maire à l’échelle du canton, juge de paix et Préfet au niveau de l’arrondissement. Les commissions qui se réunissent ont tendance à choisir des jurés appartenant à des classes sociales favorisées » 10Cf. http://www.juripole.fr/Pellerin/assises.html.. « Au second degré 50 000 électeurs environ sont choisis parmi les plus riches des citoyens « actifs » car il faut en plus, posséder ou louer un bien dont le revenu varie entre cent ou quatre cents journées de travail selon les catégories. Les femmes et les domestiques ne peuvent pas voter ni être candidats 11Maurice Duverger, Les constitutions de la France, PUF, 2006, p. 40.

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/5E91/26 (1845-1847). Vue 221. 29 juin 1847. Acte de décès de Jean Baptiste Douaix aîné, veuf.

 

Ci-dessus : extrait de l’Almanach général des commerçants de Paris et des départements en 1840 12Almanach général des commerçans de Paris et des départemens : contenant plus de 100,000 adresses vérifiées à domicile / rédigé par A. Cambon. Éditeur : au bureau de l’Almanach des commerçans (Paris). 1840., Douaix aîné et Douaix jeune sont fabricants de draps.

Jusqu’en 1847, comme indiqué ci-dessus, Jean Baptiste [Albin] Douays jeune collabore au négoce familial.

Après la mort de son père, quittant Chalabre pour Labastide de Cazaux, Jean Baptiste [Albin] Douays s’installe dans le statut de propriétaire rentier. En 1859, il se trouve requis à son tour comme juré au tribunal d’assise de Carcassonne.

 

Ci-dessus : 17 avril 1759. Journal de Toulouse.

Jean Baptiste [Albin] Douays consacre toutefois l’essentiel de son temps, durant trois décennies, à la gestion de son domaine de Labastide. Resté célibataire, sans descendance, il meurt en son château le 26 février 1882.

7. Gueytes-et-Labastide en 1856 13Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M121/9 (1856).

En 1856, le village de Gueytes-et-Labastide compte 145 habitants, dont 57 habitants à Gueytes d’en haut, 30 habitants à Gueytes d’en bas, 29 habitants à Labastide, 10 habitants à la métairie de Calvet, 9 habitants à la métairie de la Crémade, 7 habitants à la métairie de Couly, et 6 habitants à la métairie de l’Esquille. Il a pour maire Jacques Gaxieu.

A Gueytes de haut comme à Gueytes de bas, la propriété s’est concentrée.

Gueytes d’en bas rassemble désormais 4 propriétaires, tous issus de la famille Tisseyre : Antoine Tisseyre, 75 ans ; Marc Tisseyre, 70 ans ; Bernard Tisseyre, 70 ans ; Joseph Tisseyre, 58 ans. Plus 3 valets de labour : Antoine Roques, 27 ans, chez Marc Tisseyre ; Jean Laffite, 25 ans, chez Joseph Tisseyre ; François Girard, chez Bernard Tisseyre. Jean Birol, 55 ans, est métayer chez Joseph Tisseyre, et Marguerite Vilanou, 45 ans, fille de service chez le même ; Marie Colette Ricalens, 30 ans, est fille de service chez Bernard Tisseyre.

Gueytes d’en haut ne compte plus qu’un seul propriétaire : Jacques Gaxieu, 64 ans, propriétaire et maire. Armand Farail, 44 ans, beau-fils de Jacques Gaxieu, est garde forestier ; François Gaxieu, 53 ans, cultivateur ; Jean Gaxieu, 45 ans, cultivateur ; Guillaume Gaxieu, 52 ans, tisserand ; Joseph Sicre, 54 ans, cultivateur ; Raymond Grauby, 38 ans, garde champêtre ; Guillaume Martimort, 61 ans, cultivateur ; Sabin Mauduit, 30 ans, maçon ; Dominique Mateille, 60 ans, domestique chez Jacques Gaxieu.

La métairie de Couly a pour propriétaire François Canet, 33 ans, fils de Maurice Canet, 65 ans, devenu garde.

La métairie de Calvet abrite deux métayers : Pierre Fabre, 36 ans ; Pierre Bar, 43 ans.

La métairie de l’Esquille se trouve confiée au métayer Jean Fabrigue, 44 ans.

Parmi les 29 habitants que compte Labastide, on trouve Albin Douays, 45 ans, « chef propriétaire » ; Baptiste Marty, 45 ans, domestique ; Eugènie Delpech, 45 ans, cuisinière ; Joseph Sainte Colombe, 42 ans, régisseur ; Bertrand Marty, 44 ans, métayer ; Pierre Lacoume, 55 ans, métayer ; Pierre Chambert, 20 ans, valet de labour de Pierre Lacoume ; Jean François Senesse, 59 ans, fermier ; Anselme Pacareau, 58 ans, valet de labour de Jean François Senesse.

8. Gueytes-et-Labastide en 1861 14Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M139/41 (1861).

Le village de Gueytes-et-Labastide compte maintenant 151 habitants, dont 71 habitants à Gueytes d’en haut, 34 habitants à Gueytes d’en bas, 28 habitants à Labastide, 9 habitants à la métairie de Calvet, 9 habitants à la métairie de la Crémade, 6 habitants à la métairie de Couly, 3 habitants à la métairie de l’Esquille. Armand Farail a remplacé Jacques Gaxieu, son beau-père, dans le rôle de maire.

Le processus de concentration de la propriété s’est poursuivi depuis 1856.

Le hameau de Gueytes d’en haut ne compte plus aucun propriétaire. Armand Farail, 49 ans, maire, est garde particulier ; Jean Marquié, 50 ans, cultivateur ; Jean Baptiste Béziat, 28 ans, cultivateur ; Jean Pierre Bouquet, 28 ans ; Sabin Mauduit, 35 ans, charpentier ; Anselme Pacareau, 63 ans, cultivateur ; Guillaume Gaxieu, 57 ans, tisserand ; François Gaxieu, 31 ans, fils du précédent, tisserand ; Antoine Serié, 50 ans, tisserand ; François Gaxieu, 58 ans, cultivateur ; Jean Gaxieu, 50 ans, cultivateur ; Antoine Castel, 34 ans, cultivateur ; Jean Castres, 66 ans, cultivateur ; Pierre Savary, 62 ans, berger.

Le hameau de Gueytes d’en bas demeure une sorte de fief du clan Tisseyre, avec Joseph Tisseyre, 66 ans, propriétaire ; Antoine Tisseyre, 47 ans, propriétaire ; Raymond Tisseyre, 35 ans, propriétaire. Marguerite Villanou, 55 ans, est domestique chez Joseph Tisseyre ; et François Marquié, 55 ans, berger chez le même Joseph Tisseyre. Pierre Tisseyre, 55 ans, est cordonnier.

La métairie de la Crémade reste la propriété de Jean François Senesse, 64 ans, ancien maire de Gueytes-et-Labastide. Celui-ci a pour domestique Marcelin Labatut, 60 ans.

La métairie de Couly demeure la propriété de François Canet, 40 ans.

Esprit Senesse, 35 ans, est fermier de la métairie de l’Esquille.

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Aude. Gueytes-et-Labastide. Extrait du dénombrement de 1861. Document 02NUM/6M139/41.

Au château de Labastide, Albin Douays, 50 ans, exerce maintenant son statut de « propriétaire chef de ménage » en compagnie de Madeleine Douays, « 26 ans, sa cousine ». Michel Bousquet, 21 ans, sert de domestique. Marguerite Sans, 20 ans, a remplacé Eugénie Delpech dans la fonction de cuisinière, et Jean Laurent Roussel, 39 ans, fait suite à Joseph Sainte Colombe dans le statut de régisseur. Jean Ilhat, 50 ans, et Jacques Barbe, 50 ans, sont métayers. Barthélémy Bac, 18 ans, sert de domestique chez Jean Ilhat ; Jean Faure, 21 ans, sert de domestique chez Jacques Barbe. Antoine Gayé, 48 ans, est berger.

9. Gueytes-et-Labastide en 1866 15Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M165/14 (1866).

Guettes-et-Labastide ne compte plus que 132 habitants, (19 de moins qu’en 1861), dont 59 habitants à Gueytes le haut, 25 habitants à Gueytes le bas, 23 habitants à Labastide château, 7 habitants à la métairie de Couly, 6 habitants à la métairie de Calvet, 6 habitants à la métairie de la Crémade, 6 habitants à la métairie de l’Esquille. Le maire est Esprit ? ou François ? [le prénom n’est pas précisé] Senesse.

Gueytes le haut compte alors un seul propriétaire, Elisabeth Sicre, veuve Marquié, 60 ans. Parmi les autres habitants, Armand Farail, 54 ans, reste garde particulier. Sabin Mauduit, 40 ans, est redevenu maçon. Antoine Castel 39 ans ; Armand Castel, 16 ans ; Auguste Castres, 17 ans ; Antoine Chaubet, 23 ans ; Baptiste Beziat, 33 ans ; Jean Pierre Bousquet, 43 ans ; Marie Bousquet, 18 ans sont journaliers ; Pierre Savary, 70 ans, berger.

Gueytes le bas demeure le fief de la famille Tisseyre, avec Raymond Tisseyre, 45 ans, propriétaire cultivateur ; Antoine Tisseyre, 52 ans, propriétaire cultivateur, assisté d’Antoine Bousquet, berger ; Joseph Tisseyre oncle, 71 ans, propriétaire ; Joseph Tisseyre, 42 ans, neveu du précédent, propriétaire cultivateur. Pierre Tisseyre, 60 ans, est cordonnier. François Fontaneau, 16 ans, est le berger des Tisseyre. Marguerite Villanou, 60 ans, sert de domestique chez Joseph Tisseyre. Henri Capis, 46 ans, est berger.

La métairie de Couly reste la propriété de François Canet, 43 ans.

La métairie de l’Esquille continue d’avoir pour fermier Esprit Senesse, 40 ans. Celui-ci emploie Louis Martre, 30 ans, berger.

La métairie de la Crémade est tenue à ferme par François Senesse, 45 ans. Celui-ci s’y trouve assisté par François Raulet, 59 ans, domestique, et par Pierre Tourney, 19 ans, berger.

Au château de Labastide, Albin Douays, 55 ans, demeure « propriétaire chef de ménage ». Labastide compte encore Madeleine Douays, 34 ans, cousine d’Albin Douays ; Victor Coste, 24 ans, domestique ; Félicité Coste, 24 ans, cuisinière ; Jean Roussel, 45 ans, régisseur ; Jan Marty, 45 ans, berger ; Marie Senié, 19 ans, journalière ; Baptiste Senié, 53 ans, et Pierre Senié, 25 ans, fils du précédent ; Joseph Cabié, 42 ans, Jean Cabié, 19 ans, fils du précédent ; Dominique Berdot, 60 ans, et Raymond Berdot, 30 ans, fils du précédent, tous bouviers.

10. Gueytes-et-Labastide en 1872 16Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M191/25 (1872).

Gueytes-et-Labastide, en 1872, compte 116 habitants, dont 47 habitants à Gueytes d’en haut, 22 habitants à Gueytes d’en bas, 23 habitants au château de Labastide, 7 habitants à la métairie de Couly, 6 habitants à la métairie de Calvet, 6 habitants à la métairie de la Crémade, 5 habitants à la métairie de l’Esquille. Le maire est J. Tisseyre [Joseph Tisseyre, oncle, ou Joseph Tisseyre, neveu ?]. Seul propriétaire mentionné de façon expresse : Albin Douays.

Outre une majorité de cultivateurs, on trouve à Gueytes d’en haut Sabin Mauduit, 46 ans, maçon, et Armand Farail, 60 ans, garde forestier.

Outre une majorité de cultivateurs également, on trouve à Gueytes d’en bas Pierre Tisseyre, 66 ans, cordonnier ; Charles Robert, 71 ans, domestique de Pierre Tisseyre ; François Marceron, 70 ans, et Jean Palmade, 52 ans, bergers.

Baptiste Senié, 59 ans, est métayer à la métairie de Calvet. Il y emploie Antoine Bousquet, 29 ans, domestique.

Le statut de François Canet, 51 ans, à la métairie de Couly, ou celui de François Senesse, 51 ans, à la métairie de la Crémade demeure non précisé.

Esprit Senesse, 46 ans, reste fermier de la métairie de l’Esquille.

Jean Baptiste Albin Douays, 61 ans, demeure au château de Labastide « propriétaire chef de ménage ». Il s’y trouve assisté de Madeleine Douays, « sa cousine, née à Pamiers, Ariège », ainsi que de Félicie Amouroux, 25 ans, cuisinière (enfant de l’hospice) ; Pierre Gaubil, 25 ans, régisseur ; François Rascanières, 41 ans, métayer ; Bernard Floure, 54 ans, métayer ; Jean Marty, 53 ans, berger.

11. Gueytes-et-Labastide en 1876 17Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M209/35 (1876).

Gueytes-et-Labastide ne compte plus en 1876 que 112 habitants, dont 37 habitants à Gueytes le haut, 25 habitants à Gueytes le bas, 27 habitants au château de Labastide, et 23 habitants dans les métairies, ici confondues. Le maire est ? [le prénom manque] Tisseyre.

Outre l’habituelle majorité de cultivateurs, on trouve à Gueytes le haut Sabin Mauduit, 50 ans, maçon ; Armand Farail, 64 ans, redevenu garde particulier.

Outre cette même majorité de cultivateurs, on trouve à Gueytes le bas Antoine Tisseyre, 63 ans, propriétaire ; Pierre Bac, 58 ans, métayer ; et Baptiste Cominge, 15 ans, domestique.

La métairie de Calvet a pour métayer Louis Costesèque, 18 ans.

La métairie de Couly se trouve tenue par François Canet, 55 ans, dont le statut n’est pas précisé.

La métairie de la Crémade a pour fermier François Senesse, 50 ans, assisté de François Canet, 19 ans, domestique.

La métairie de l’Esquille a pour fermier Esprit Senesse, 50 ans.

Le château de Labastide compte au nombre de ses habitants Jean Baptiste Albin Douays, 61 ans, propriétaire ; Magdeleine Douays, 49 ans, « sa cousine, originaire de Pamiers » ; Jeanne Lacroix, 10 ans, « leur parente, originaire de Mirepoix » ; Jean Marquié, 36 ans, régisseur ; Marie Senié, 24 ans, cuisinière ; Antoine Castel, 49 ans, métayer ; Guillaume Marceron, 28 ans, métayer ; Pierre Delpech, 45 ans, métayer.

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12. Conclusion

12.1 A propos de l’évolution de Guests-et-Labastide

gueytes_population

 

De 1836 à 1876, après une première baisse en 1846, puis une remontée en 1861, le village de Gueytes-et-Labastide a perdu 40 habitants, soit presque un quart de sa population. La population des métairies a, quant à elle, peu varié.

Rare encore en 1846, la propriété se développe jusqu’en 1851, se concentre ensuite à Gueytes de bas, puis reflue fortement, de telle sorte qu’en 1876, outre Albin Douays, propriétaire du château de Labastide, le dénombrement ne mentionne plus qu’Antoine Tisseyre, propriétaire à Gueytes de bas.

Le partage des tâches agricoles nécessite chaque fois le travail de la famille toute entière, parents et alliés y compris, ainsi que l’aide de journaliers ou de domestiques. Présents jusqu’en 1856, les tisserands disparaissent dans la seconde moitié du siècle. Le cordonnier et le maçon/charpentier se maintiennent jusqu’en 1876. La présence continue de bergers et bouviers témoigne de l’importance de l’activité pastorale. Celle d’un garde forestier s’explique par le souci de préservation des forêts dont Albin Douays se trouve propriétaire à partir de 1850.

Albin Douays était-il un homme distant ou difficile ? Il n’a jamais été maire de Gueytes-et-Labastide en tout cas. Et le turn-over régulier de ses cuisinières et de ses régisseurs ne laisse pas d’interroger quant à ses raisons.

12.2 A propos de Madeleine Douays et de Jeanne Lacroix, les deux inconnues du château de Labastide

Pour comprendre qui sont pour Albin Douays, Madeleine Douays et Jeanne Lacroix, il faut revenir à Chalabre et aux années 1710.

 

 

Le 21 février 1713, Jean Douays, marchand, épouse Isabeau Villeneuve à Chalabre 18Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG8 (1700-1712). Vue 138.. Deux des fils du couple, Jean Douays, né le 6 décembre 1723 à Chalabre 19Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG9 (1713-1732). Vue 76., et Maurice Douays, né le 30 janvier 1740 à Chalabre 20Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG10 (1733-1746). Vue 76., nous intéressent ici.

Maurice Douays épouse Catherine Jammet, le 17 février 1767 à Chalabre 21Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG11 (1747-1778). Vue 247.. Jean Douays jeune épouse Susanne D’Antoine le 14 mai 1771 à Chalabre 22Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG11 (1747-1778). Vue 292..

Jean Baptiste Douays aîné, né le 7 mai 1777 à Chalabre, fils de Jean Douays jeune et de Susanne d’Antoine, épouse Marie Ursule Tisseyre le 31 mars 1810 à Chalabre. Bernard Douays, né le 6 février 1781 à Chalabre, fils de Maurice Douays et de Catherine Jaumet, épouse Anne Canut le 20 pluviôse an VIII (9 février 1800) à Mirepoix) 23Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Table décennale des mariages. Document 1NUM3/5MI667 (1793-An X). Vue 8.. Bernard Douays et Catherine Jaumet auront à Mirepoix douze enfants.

Jean Baptiste [Albin] Douays jeune, né le le 31 mars 1811 à Chalabre, fils de Jean Baptiste Douays aîné et de Marie Ursule Tisseyre, reste célibataire. Il meurt à Gueytes-et-Labastide le le 26 février 1882, sans descendance.

Jean Marie Douays, né le 19 septembre 1802 à Mirepoix, fils de Bernard Douays et de Catherine Jammet, épouse Anne Marfaing le 18 juillet 1826 à Pamiers 24Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2775 (1822-1826). Vue 280.. Le couple aura sept enfants :

    à Mirepoix

  • Jeanne Philippe Victorine Douays, née le 23 mars 1828 25Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2347 (1826-1839). Vue 154.
  • Pierre Paul Douays, né le 22 janvier 1830 26Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2347 (1826-1839). Vue 249.
    à Pamiers

  • Hélène Douays, née le 17 janvier 1831 27Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2747 (1827-1831). Vue 563.
  • Raymond Douays, né le 3 avril 1832 28Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2748 (1832-1836). Vue 27.
  • Jean Baptiste Douays, né le 5 février 1834 29Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2748 (1832-1836). Vue 218.
  • Julie Douays, née le 31 mai 1837 30Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2749 (1837-1841). Vue 46.
  • Maria Douays, née le 6 mars 1839 31Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2749 (1837-1841) Vue 254-255.

 

 

 

Jeanne Philippe Victorine Douays, née le 23 mars 1828 à Mirepoix, fille de Jean Marie Douays et d’Anne Marfaing, épouse Jean Pierre Lacroix le 4 décembre 1851 à Lavelanet 32Archives dép. de l’Ariège. Lavelanet. Document 1NUM/4E1779 (1846-1859) Vue 101.. Le couple aura six enfants :

    à Mirepoix

  • Louis Lacroix, né le 24 avril 1861 33Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2349 (1852-1864). Vue 307. Mort le 2 mai 1861.
    à Camon

  • Pauline Marie Lacroix, née le 12 août 1862 34Archives dép. de l’Ariège. Camon. Document 1NUM/4E477 (1853-1864). Vue 73.
  • Augustine Eugénie Lacroix, née le 29 avril 1864 35Archives dép. de l’Ariège. Camon. Document 1NUM/4E477 (1853-1864). Vue 85-86..
    à Varilhes

  • Jeanne Augustine Marie Lacroix, née le 29 avril 1864 36Archives dép. de l’Ariège. Varilhes. Document 1NUM/4E4114 (1865-1873). Vue 38.
    à Mirepoix

  • Elodie Marguerite Lacroix, née le 30 mars 1869 37Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2350 (1865-1873). Vue 133.
  • Marie Auguste Julie Lacroix, née le 3 octobre 1870 38Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2350 (1865-1873). Vue 179. Morte le 12 septembre 1871 à Mirepoix ((Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2365 (1865-1873). Vue 217.

Qui peuvent bien être dans cette longue généalogie Madeleine Douays, originaire de Pamiers, et Jeanne Lacroix, originaire de Mirepoix ?

 

Concernant la dite « Magdeleine Douays, née à Pamiers », le dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide donne une suite d’âges incohérente : 26 ans en 1861 (-> née en 1835 ?) ; 34 ans en 1866 (-> née en 1832 ?) ; 45 ans en 1872 (-> née en 1827 ? ; 49 ans en 1876 (-> née en 1827 ?).Les seuls Douays représentés à l’époque correspondante dans les registres de naissance de Mirepoix ou de Pamiers sont les enfants de Jean Marie Douays et d’Anne Marfaing. On ne trouve aucune Magdeleine Douays parmi ces enfants, mais une Hélène Douays, née le 17 janvier 1831, qui demeurera célibataire. D’Hélène à Magdeleine, compte tenu de la variabilité de l’usage prénonymique dans la famille Douays et dans les registres de population, il n’y a peut-être qu’un pas.

 

Concernant « Jeanne Lacroix, 10 ans, originaire de Mirepoix » d’après le dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide en 1876, il s’agit de Jeanne Augustine Marie Lacroix, née le 25 février 1867 à Varilhes, fille de Jean Pierre Lacroix et de Jeanne Philippe Victorine Douays.

Jeanne Philippe Victorine Douays, en 1876, a donc probablement confié Jeanne Augustine Marie Lacroix, l’une de ses filles, à Magdeleine, ou Hélène, Douays, sa soeur qui vit paisiblement au château de Cazaux. On sait au vu des actes de naissance des autres enfants du couple Lacroix que Jean Pierre Lacroix, alors entrepreneur de travaux publics, est souvent absent et que Jeanne Philippe Victorine Douays, son épouse, collabore à l’activité de ce dernier.

Un dernier mot concernant la famille Lacroix. Celui-ci intéressera plus particulièrement les Mirapiciens.

 

 

 

Ci-dessus : Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2372 (1885-1895). Vue 133. 7 octobre 1891. Acte de mariage de Pierre Sylvain Marie Alfred Dubié et de Jeanne Augustine Marie Lacroix.

Le 7 octobre 1891, Jeanne Augustine Marie Lacroix, née le 25 février 1867 à Varilhes, épouse à Mirepoix Pierre Sylvain Marie Alfred Dubié. Bientôt alliées, les familles Dubié et Puntis créeront par la suite l’hôtel-restaurant nommé Le Commerce…

References   [ + ]

1. Christine Belcikowski. Enquête sur la descendance de Jean de Lomagne et de Louise de Bertrandy.
2. Contrat passé devant Magimel, notaire à Pamiers.
3. Siméon Olive et Félix Pasquier. Inventaire des archives du château de Léran. Tome V, pp. 526-527. Editions Privat ; P. Louis Lainé. Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France. Volume 4.
4. Cf. Fondation du Patrimoine. Languedoc-Roussillon. Eglise Sainte Marie Madeleine de Gueytes-et-Labastide.
5. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M50/26 (1836).
6. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M68/27 (1846).
7. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M91/13 (1851).
8. La famille signe Douays ; les officiers d’état civil écrivent tantôt Douays, tantôt Douaix.
9. Fondation du Patrimoine. Languedoc-Roussillon.
10. Cf. http://www.juripole.fr/Pellerin/assises.html.
11. Maurice Duverger, Les constitutions de la France, PUF, 2006, p. 40.
12. Almanach général des commerçans de Paris et des départemens : contenant plus de 100,000 adresses vérifiées à domicile / rédigé par A. Cambon. Éditeur : au bureau de l’Almanach des commerçans (Paris). 1840.
13. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M121/9 (1856).
14. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M139/41 (1861).
15. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M165/14 (1866).
16. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M191/25 (1872).
17. Archives dép. de l’Aude. Dénombrement de la population de Gueytes-et-Labastide. Document 102NUM/6M209/35 (1876).
18. Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG8 (1700-1712). Vue 138.
19. Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG9 (1713-1732). Vue 76.
20. Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG10 (1733-1746). Vue 76.
21. Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG11 (1747-1778). Vue 247.
22. Archives dép. de l’Aude. Chalabre. Document 100NUM/AC91/GG11 (1747-1778). Vue 292.
23. Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Table décennale des mariages. Document 1NUM3/5MI667 (1793-An X). Vue 8.
24. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2775 (1822-1826). Vue 280.
25. Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2347 (1826-1839). Vue 154.
26. Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2347 (1826-1839). Vue 249.
27. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2747 (1827-1831). Vue 563.
28. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2748 (1832-1836). Vue 27.
29. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2748 (1832-1836). Vue 218.
30. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2749 (1837-1841). Vue 46.
31. Archives dép. de l’Ariège. Pamiers. Document 1NUM/4E2749 (1837-1841) Vue 254-255.
32. Archives dép. de l’Ariège. Lavelanet. Document 1NUM/4E1779 (1846-1859) Vue 101.
33. Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2349 (1852-1864). Vue 307. Mort le 2 mai 1861.
34. Archives dép. de l’Ariège. Camon. Document 1NUM/4E477 (1853-1864). Vue 73.
35. Archives dép. de l’Ariège. Camon. Document 1NUM/4E477 (1853-1864). Vue 85-86.
36. Archives dép. de l’Ariège. Varilhes. Document 1NUM/4E4114 (1865-1873). Vue 38.
37. Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2350 (1865-1873). Vue 133.
38. Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2350 (1865-1873). Vue 179. Morte le 12 septembre 1871 à Mirepoix ((Archives dép. de l’Ariège. Mirepoix. Document 1NUM/4E2365 (1865-1873). Vue 217.

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