L’ancienne maison de la famille Fontanilhes aux Pujols

fontanilhes_pujols_carte

 

Ci-dessus : extrait du cadastre des Pujols de 1825 ; section D, rue des Cols ; parcelles n° 467 et 471.

1. Localisation de la maison de la famille Fontanilhes aux Pujols

Après avoir fait fortune dans le négoce du pastel et dans divers autres secteurs du commerce de détail, Antoine Fontanilhes 1Cf. Christine Belcikowski. Sur les chemins de Jean Dabail, d’autres « bandits royaux » – 2. Charles Fontanilhes., grand négociant toulousain, relève l’héritage d’Anne Toursier, sa mère, aux Pujols ; il y augmente les biens de cette dernière et s’y crée un vaste domaine sur lequel il met en oeuvre les principes d’une agriculture éclairée, inspirée de l’idéal des Physiocrates 2Cf. Christine Belcikowski. Aux Pujols, Charles Fontanilhes, auteur d’un Manuel d’agriculture et de ménagerie en l’an II.. Lorsque la Révolution éclate, il s’installe définitvement aux Pujols et entreprend de ménager directement son domaine. Je publierai bientôt un article relatif aux résistances et conflits que susciteront dans la commune le style de ménagement propre au Sieur Antoine Fontanilhes. Après la mort d’Antoine Fontanilhes, Jean Marie Fontanilhes, dit Tarsac, son fils survivant, Claude Bernarde Cestac, épouse de Jean Marie Fontanilhes, ainsi que Pétronille et Pétronille Françoise Fontanilhes, demi-soeurs du dit Jean Marie Fontanilhes, poursuivent ensemble, tant bien que mal, l’exploitation du domaine. En 1832 la totalité de l’exploitation sera vendue. Quittant pour toujours les Pujols, la famille Fontanilhes survivra petitement à Toulouse…

Parmi quantité d’autres parcelles situées en dehors du village même, Antoine Fontanilhes possédait aux Pujols, dans la section D, dite Espujols (village même), les n° 366 masure ; 451 pré ; 452 jardin ; 465 jardin ; 466 masure ; 467 maison ; 467 sol ; 469 bâtiment rural ; 470 vivier ; 471 sol et bâtiment rural.

A l’aide du cadastre des Pujols de 1832, lequel signale comme désormais vendus la totalité des biens pujolais de la famille Fontanilhes, j’ai pu localiser l’emplacement du bâtiment rural (n° 469) et celui de la maison dans laquelle Antoine Fontanilhes et Jean Marie Fontanilhes, son fils, ont vécu, depuis la Révolution jusqu’en 1832, et où Antoine Fontanilhes est mort le 15 novembre 1820.

L’inventaire après décès d’Antoine Fontanilhes laisse entrevoir quelque chose d’un climat familial rendu détestable depuis 1810 par le mariage de Jean Marie Fontanilhes avec Claude Bernarde Cestac, mariage qu’Antoine Fontanilhes a critiqué et auquel il s’est vainement opposé. Jean Joseph Conferon, notaire royal venu de Pamiers, procède ci-dessous à l’inventaire, en présence de Claude Bernarde Cestac :

« Etant entrés dans la chambre qu’occupait le dit Sieur feu Antoine Fontanilhes père, dans la présente maison appartenant à ses susdits fils et filles, du côté du couchant et prenant jour au midi, dans laquelle il est décédé, il y a été trouvé…

  • Savoir dans l’alcôve, un lit composé de son bois à large paillassière, couette et traversin garnis de plume ; d’une courtepointe d’indienne bleu et blanc à fleurs ; le tout vieux, estimé ensemble par le dit Alexis Delbosc, expert présent, la somme de 50 francs.
  • Plus, une paire de rideaux devant la dite alcôve, suspendus à une barre de fer ; estimés les dits rideaux avec la dite barre de fer, le dit rideau de cotonnade, le tout ensemble, 3 francs.
  • Ayant ensuite ouvert l’armoire à deux ouvrants et trois étages qui est appliquée et fichée au mur dans la dite alcôve, il n’y a été rien trouvé dedans.
  • Plus, il a été trouvé dans la dite chambre une armoire à deux ouvrants avec ferrures et une serrure ; et de plus surmontée d’une bibliothèque qui a deux rayons, le tout en bois de sapin ; estimées tout ensemble 8 francs.
  • Ayant ouvert la dite armoire, il y a été trouvé dedans, savoir une lévite de nanquinette blanche ; une culotte de toile de coton, aussi blanche ; deux gilets, aussi toile de coton ; deux chemises ; deux serre-tête ; une paire de bas de soie blancs ; tous lesquels effets, qui sont très vieux, ont été estimés 6 francs.
  • Plus, divers papiers inutiles que nous n’avons pas trouvé susceptibles d’être inventoriés, tous lesquels objets ont été renfermés dans la dite armoire.
  • Plus, à la bibliothèque quatre-vingts volumes ou livres d’ouvrages tronqués, vieux, estimés ensemble 15 francs.
  • Plus, un sac à poudre en peau, suspendu à la dite bibliothèque, estimé 5 centimes.
  • Plus dans la dite chambre, il a été encore trouvé une paire de vieux souliers, estimée 1 franc.
  • Plus une autre petite armoire à deux ouvrants, bois de noyer, à un étage, avec ferrures et serrure, estimée 15 francs
  • Dans laquelle il y a été trouvé aussi divers papiers qui, après vérification, nous ont paru inutiles et non susceptibles d’être inventoriés.
  • Ayant ensuite ouvert l’armoire qui est placée dans le mur de la dite chambre, à gauche de la cheminée, il n’y a été rien trouvé dedans.

N’ayant trouvé plus rien à inventorier dans la dite chambre, et comme nous voulions passer dans les autres appartements de la présente maison, la dite dame Cestac nous a déclaré que le dit feu Antoine Fontanilhes, son beau-père, n’occupait d’autre appartement que celui ci-dessus dans lequel nous avons inventorié les susdits objets, et que le restant de la dite maison a été toujours occupé pendant le vivant de son dit beau-père et l’est encore par le dit Sieur Fontanilhes, son mari, la dite dame comparante et leur famille, et que tous les meubles et effets qui s’y trouvent leur appartiennent en toute propriété et ne font aucunement dépendance de la succession de son dit beau-père et font en conséquence qu’elle s’oppose à ce qu’ils soient inventoriés. »

Il n’a été trouvé au décès du dit feu Antoine Fontanilhes qu’une somme de 50 francs en dix pièces ou louis d’argent de 5 francs chacun que la dite dame comparante demeure tenant et qu’elle offre de représenter et remettre sur la première réquisition qui lui en sera faite et à qui de droit… »

Antoine Fontanilhes était chasseur. Il lisait par ailleurs beaucoup, et il écrivait aussi. Il a manifestement inspiré le Manuel d’agriculture et de ménagerie, signé en l’an II par Charles Fontanilhes, son fils aîné, malheureusement fusillé comme « bandit royal » le 10 floréal an VI (29 avril 1798) 3Cf. Christine Belcikowski, Sur les chemins de Jean Dabail, d’autres « bandits royaux » – 2. Charles Fontanilhes.. On regrette que Me Conferon, notaire royal, ait jugé « inutiles » les divers papiers laissés par le défunt Antoine Fontanilhes et qu’il ne les ait « pas trouvé susceptibles d’être inventoriés ».

2. Vues actuelles de la maison et du bâtiment agricole qui ont anciennement appartenu à la famille Fontanilhes aux Pujols

pujols_fontanilhes1

 

Ci-dessus : un des deux lions qui ornent le portail de l’ancienne maison fontanilhes.

pujols_fontanilhes2

 

pujols_fontanilhes3

 

Ci-dessus : vues actuelles de l’ancienne maison de la famille Fontanilhes.

pujols_fontanilhes5

 

Ci-dessus : côté est, vue actuelle du bâtiment rural appartenant jadis à la famille Fontanilhes.

pujols_fontanilhes6

 

Ci-dessus : autre vue du même bâtiment.

pujols_fontanilhes4

 

Ci-dessus : côté sud, autre vue du même bâtiment.

pujols_fontanilhes7

 

Ci-dessus : côté sud, autre vue du même bâtiment à travers les branches qui le masquent.

References   [ + ]

Leave a Comment